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 Être parisien, ce n’est pas être né à Paris, c’est y renaître + Léanche

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bowenien
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MessageSujet: Re: Être parisien, ce n’est pas être né à Paris, c’est y renaître + Léanche   Lun 10 Sep 2018 - 22:36

Blanche et Léo étaient touchés d'une malédiction. Le genre de mauvais sort qui détruisait tout sur son passage. Ils n'arrivaient jamais à être heureux, ensemble. Leur bonheur finissait, tôt ou tard, par être saccagé sur leur passage. Il y avait eu leurs erreurs de jeunesse, celles que l'on fait alors qu'on est encore que des adolescents naïfs, mais aussi leurs erreurs conscientes : leur jeu de séduction, cette relation amicale qui débouchait sur des sentiments cachés, l'avortement, le mariage... Ils s'étaient retrouvés, des années après la tempête, sans pour autant changer leur sort. Maudits, ils l'étaient, et ils s'étaient quittés comme ils savaient le faire, dans des au revoir qui les caractérisaient bien. Blanche n'avait su trouver le sommeil. Seule dans la chambre d'invité, elle ressassait le passé de ses mauvaises décisions. Ces choix qui avaient commencé par cet enfant qu'elle avait dû apprendre à laisser partir. Mains sur son ventre, là où il aurait pu résider pour quarante semaines, la blonde sanglotait silencieusement sur son lit à peine défait. Cette décision, qu'elle avait prise seule, avait été la pire de toutes. Pire que de laisser l'homme qu'elle aimait être heureux, enfin. Pire que de lui permettre de trouver finalement l'amour, le vrai, celui qu'il saurait porter. Aujourd'hui, elle se demandait si les choses auraient pu être différentes. S'il l'avait supporté dans la démarche, lui qui ne semblait pas prêt pour une relation aussi sérieuse à l'époque. Ou si, au contraire, il lui aurait implorer de le garder, cet enfant surpris, le fruit de leur amour inavoué. Tant de questions qui demeureraient sans réponses. C'était terminé, cette histoire et toutes les autres. Tout ce qui concernait Léo était loin derrière elle. Cette rencontre inattendue, aujourd'hui, n'avait rien à voir avec la réalité. Paris, c'était grand. Rien n'assurait les deux ex-amants de se retrouver, encore une fois, sur la grande place. Après avoir fermé son tiroir de mémoire, enfouissant ces souvenirs dans ses pensées, Blanche trouva enfin le sommeil, épuisé. Les jours passèrent, elle prit du temps pour se remettre sur pied sans laisser paraître le vide que Léo avait fait en elle. Il avait emporté avec lui une partie de son coeur qu'elle n'arrivait plus à combler, à présent. Pour sa Grand-mère, et le peu de temps qu'il leur restait encore ensemble, Blanche s'efforçait d'être le boutentrain qu'elle était toujours. Présente, comme elle le pouvait, pour celle à qui elle devait son prénom. Blanche lui ressemblait beaucoup d'ailleurs, il ne fallut donc pas de temps à sa grand-mère pour comprendre que sa petite fille n'était pas au top de sa forme. Et c'est en lui ordonnant d'aller visiter la ville que la blonde comprit ce pour quoi elle aimait tant cette femme. Blanche donna un doux baiser sur la joue de sa grand-mère et, carte en main, elle reprit la route vers la découverte de ce pays dont elle avait tant rêvé.
Devant un étant de nouveaux paysages, il était rassurant d'apercevoir un visage connu au travers des foules inconnues. Léo, dos à elle, sirotait son café exactement au même endroit qu'à leurs retrouvailles. Blanche se précipita vers lui. Il sentait bon, le vent frais lui permettant d'humecter ce mélange de gel douche et de Cologne délicate. En sa présence, c'était comme si elle avait finalement retrouvé le morceau qui manquait à son coeur. La tatoueuse lui fit face, finalement, après s'être faite secrète, lissant un sourire adressé que pour lui sur ses lèvres rosées par le brillant à lèvres. Fidèle à tes habitudes, Emerson. Toujours où il y a de jolies filles. Blanche riait doucement, sans une pointe de méchanceté dans son commentaire. Elle le connaissait, après ces années, elle savait bien trop comment il était. Léo et ses dames, impossible de leur résister. Du moins, autrefois. Blanche espérait pour sa femme qu'il avait changé un peu. Qu'il était à présent satisfait d'une seule, de celle à qui il avait mis la bague au doigt. Prête à rebrousser chemin, à la laisser terminer son petit-déjeuner dans le calme, l'Australienne fit part de son départ à l'homme qui se leva d'un bon. Il attrapa le bras de la blonde dans un doux contact, assez fermement pour lui imposer de rester près de lui. Blanche regarda la main de l'homme posé sur son bras, ses doigts qui serraient légèrement sa peau bronzée. Son coeur battait fort, trop fort, elle était persuadée qu'il arrivait à l'entendre. Elle finit par lever les yeux vers lui, lui faisant affront. Je... Oui et non en fait.. Par ses paroles, elle lui fit comprendre qu'elle ne le quitterait pas, pas pour le moment du moins. Il lâcha sa prise, le regard toujours posé sur elle. Je voulais visiter la ville, tu sais les attraits touristiques un peu clichés de Paris. La tour Eiffel, l'Arc de Triomphe, le Musée du Louvre, les Champs-Élysées... Enfin tout ce que les touristes veulent visiter. Elle gloussait en regardant ses chaussures, un peu gênée par ses envies clichées, mais aussi par sa présence. Il était beau et il la regardait, droit dans les yeux comme il en avait l'habitude. Ce regard qui la faisait fondre. Enfin... Si je ne me perds pas en route!

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MessageSujet: Re: Être parisien, ce n’est pas être né à Paris, c’est y renaître + Léanche   Jeu 13 Sep 2018 - 21:52

Blanche connaissait Léo par cœur, elle l’avait fréquenté durant tellement d'année, elle avait subi ses frasques et son caractère. Elle connaissait évidemment son point faible pour les jolies filles, celui-ci n'étant plus à prouver, elle avait elle-même été l’une de ses faiblesses. Il baissa les yeux furtivement avec un mince sourire aux lèvres. Tu me connais… il confirmait ses dires, même s’il avait changé avec les années, même s’il s'était grandement assagi. Mais c’était parfois plus simple de se faire passer pour celui qu’on avait toujours été, de garder cette image qu’elle avait de lui, même erronée.
Paris était tout petit, les locaux n’arrêtaient pas de le dire, mais Paris était si dense, pour celui qui ne connaissait pas. Il était si facile de se perdre dans le dédale de ses rues, de lever le nez pour regarder une jolie façade en marchant et puis de se tromper de route sans s’en rendre compte, juste parce qu’on avait été distrait. Léo s’était mainte fois perdu, mais c’était sa façon favorite de découvrir une ville, il se laissait guider par son instinct, il découvrait au gré de ses pérégrinations, parfois sans but, il aboutissait dans un endroit superbe. Il poussait de lourds portails pour découvrir des cours fleuries, il se laissait attirer par une bonne odeur et entrait dans un restaurant qui ne payait pas de mine mais où il mangeait bien, il n’avait pas peur d’être seul pour arpenter la ville, c’est de cette façon qu’il avait rencontré plusieurs de ses amis, des rêveurs solitaires, comme lui. Et puis il y avait les bouquiniste du bord de Seine qui vendaient de vieux livres aux couvertures patinées par le temps et qui avaient cette odeur si particulière. Paris le faisait rêver et il vivait ce rêve tous les jours. Parfois il y avait les jours de pluie et le froid de l’hivers, les pannes de métro et les gens malpolis, il y avait les odeurs d’urine dans les rues étroites et les vendeurs à la sauvette qui le prenaient pour un touriste, parce que Paris n’était pas que jolie, mais ça faisait parti du jeu. Léo adorait Montmartre, celui, surprenant, qui se cachait des badauds, celui un peu éloigné de la foule et qui avait un charme fou, celui où il ne manquait pas d’aller pour se rappeler de Fleur avec qui il avait tant de souvenirs joyeux. Il aimait aussi aller chiner chez les brocanteurs, en vérité il avait cette immense chance de pouvoir prendre le temps de vivre et il en profitait largement. Alors rencontrer Blanche ce matin, avec son sourire toujours aussi mutin et ses taches de rousseur qui lui donnait cet air d’éternelle gamine, c'était une occasion, celle de redécouvrir ce Paris qu’il aimait tant, au bras de la blonde qui ne connaissait pas. C'était se prêter au jeu du tourisme, se mêler à la foule et s’enivrer de son parfum délicat tout en renouant cette fois avec des souvenirs plus heureux que ceux évoqués l’autre jour. Encore fallait-il qu’elle accepte qu'il l’accompagne, elle qui semblait tellement le craindre, lui et son charme auquel elle ne savait pas résister, lui et tout le mal qu’il avait fait, lui qu’elle pensait en couple et heureux. Je pourrais te servir de guide, avec moi tu ne te perdrais pas. Et puis ça fait un moment que je ne suis pas allé voir la dame de fer, j’imagine qu’elle n’a pas changé de place ! Il fit le tour de la table, déjà prêt à la suivre. Enfin si tu veux bien d’un peu de compagnie. Il n’allait pas s'imposer. Pourtant il en mourrait déjà d’envie, de l’accompagner, de lui parler de cette ville qu’il aimait tellement, de l'écouter rire et de la voir s'émerveiller. Blanche semblait épuisée, sûrement que ce séjour était éprouvant pour elle, voir sa grand-mère malade, être loin de ses proches. Elle avait besoin de se changer les idées, de voir que la vie était belle même dans les épreuves et que lui n’était plus cet idiot qui l’avait éconduit de façon si brutale. Tu es consciente que Paris ce n’est pas Bowen ?! Si tu fais le tour de la ville en une journée, ici il t’en faudra plusieurs pour faire au moins tout ce que tu viens de me citer, sans parler de tout le reste. Et cette idée là lui plaisait bien, à Léo, celle de passer plusieurs jours à flâner auprès d’elle.

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MessageSujet: Re: Être parisien, ce n’est pas être né à Paris, c’est y renaître + Léanche   Lun 1 Oct 2018 - 22:15

L'image qu'elle s'était faite de Paris, de la France, c'était celle typique dans les livres de tourisme. Celle que l'on voyait en ouvrant google image et que l'on parcourait les différents clichés des aspects de sa ville d'origine. Mais de tout ce qu'elle n’avait vu, de toutes les recherches qu'elle avait faites, rien de valait la photo mentale qu'elle se faisait à présent qu'elle découvrait la ville sous ses propres yeux, des clichés pris par ses propres souvenirs qui définissaient réellement la vision qu'elle avait de cette si belle ville. Cette si belle ville qu'elle avait trop longtemps eu l'envie de découvrir accompagnée de son amour de jeunesse. Celui qui lui avait promis de l'y amener un de ces jours et sur qui elle était tombée, totalement par hasard, alors qu'elle happait les rues de pavées qui menaient vers ses découvertes. Ces rues qu'elle avait à nouveau empruntées aujourd'hui et qui l'avait menées encore une fois vers celui qu'elle tentait si bien que mal de fuir, celui qu'elle espérait chasser de ses pensées. Il était là, son sourire jauger à ses lèvres, déjà prêt à se joindre à elle dans de nouvelles aventures. Toujours aussi partant, sa gentillesse légendaire prenant le dessus, alors que le non verbal de Blanche exprimait son malaise. Il y avait eu tant de non-dits dans leur départ, tant de choses qu'elle avait choisi de taire pour leur bien, pour qu'ils puissent s'épanouir tous deux chacun de leur côté sans se laisser freiner par les fantômes du passé. Le revoir avait réveillé toutes les portes qui s'étaient fermées sans qu'elle ne puisse s'y opposer, sans qu'elle n'ait son mot à dire, parce que son coeur était destiné à une autre qu'elle, qu'il ne l'avait jamais aimé et que, tout ce temps, rien n'avait été cette relation à ses yeux. Et maintenant, le voir dans ce qui semblait être heureux, épanoui dans sa vie malgré ses petits démons, rappelait à la blonde à quel point misérable sa vie était sans lui. Elle afficha d'abord une moue incertaine, le regardant en grimaçant légèrement avant qu'il ne prononce ses dernières phrases. Blanche inspira longuement en fermant les yeux, se concentrant sur ce que son esprit et son coeur tentaient de lui crier. Sa tête disait non, son coeur disait oui, c'était un sacré mélange d'émotions qui se bousculaient dans son être alors que la question était pourtant si simple : pouvait-il l'accompagner dans sa découverte de la ville, comme il lui avait promis cinq ans auparavant. Mais elle ne pouvait s'empêcher de penser à leur relation qui avait été vouée à l'échec et à la relation amoureuse présente du photographe qui valait plus que leur amourette passée. Blanche ouvrit ses yeux bleus, les reposant sur Léo qui attendait sa réponse et sans vraiment réfléchir, elle accepta. Si tu n'as rien d'autre à faire, j'imagine que tu peux remplir ta promesse. Il y a cinq ans encore tu m'avais promis de m'y amener. Elle lui sourit, même si au fond elle se sentait encore un peu malaisée par la situation. Même si elle savait que plus rien ne pouvait se passer entre eux maintenant que leur relation s'était évaporée, qu'il avait été honnête avec elle, la blonde sentait qu'elle trahissait le mariage de l'homme. Qu'il n'aviserait certainement pas son épouse de ses plans de la journée, avec son ex, pour ne pas l'inquiéter, et c'était bien cela qui l'embêtait. Être seconde, l'être cachée comme elle l'avait été tout au long de leur relation passée, c'était comme revenir cinq ans auparavant sans les rapprochements qui les définissaient. Alors, on commence par quoi ?
Ils s'étaient mis en route, marchant côte à côte sur les pavés qui habitaient les rues commerçantes du quartier dans lequel ils étaient. Blanche marchait sur les pierres, une à une, en évitant de toucher les joints qui séparaient chacune de ces dalles comme une enfant. Du haut de ses 36 ans, elle n'avait pas perdu cette partie d'elle attachante qui profitait du moment présent sans trop se soucier des autres. De ses grands yeux, elle regardait attentivement l'architecture des édifices qui ornaient les rues en silence. Dans ses sautillements gracieux, sa main frôla à nouveau celle de Léo. Rapidement, elle accrocha son regard au sien. Ses joues s'enflammèrent alors qu'elle replaçait sa main vers elle. Ta femme ne sera pas trop furieuse de te savoir avec ton ex aujourd'hui ? Songea-t-elle à haute voix. Elle lui sourit timidement. On est pas obligé d'en parler, tu sais.

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MessageSujet: Re: Être parisien, ce n’est pas être né à Paris, c’est y renaître + Léanche   Mar 9 Oct 2018 - 17:11

Léo en avait fait beaucoup de promesses. Des grandes et des petites, des folles et des idiotes. Des promesses au vent mais pour la plupart, de celles qu’il avait envie de tenir. Lui, le grand idéaliste, le rêveur, l’éternel enfant, il avait bonne mémoire et tentait toujours de tenir parole, il ne faisait jamais de promesses qu’il ne pensait pas tenir, mais dans sa grande bonté il oubliait souvent que rien n’était idéal, que le monde était imparfait et lui aussi. Il oubliait que l’argent ne pouvait pas tout acheter que toute histoire ne finissait pas toujours bien. Alors il y avait certaines promesses qu’il n’avait pas tenu, pas parce qu’il était menteur, mais plus parce que la vie l’avait fait mentir. Et c’était le cas avec Blanche et cette invitation à visiter Paris. Il y avait toujours cru, qu’il finirait par l’y emmener, dans la ville lumière, qu’il lui ferait tourner la tête aux pieds de la tour Eiffel, mais le temps avait eu raison de ses paroles et elles avaient fini par s’envoler au vent. Et aujourd’hui, sans vraiment le dire, la blonde le traitait de menteur. C’était peut-être bien tout ce qu’il méritait, à force de lui promettre la lune, elle avait fini par se méfier de lui. D’ailleurs elle hésitait et ce qu’il avait ressentit quelques jours plus tôt revenait aujourd’hui, il lui semblait qu’elle avait peur de lui. Probablement qu’elle avait raison, en chat échaudé elle restait distante, pourtant ce n’était qu’une balade dans la ville, même pas une invitation à danser. Je t’ai fait cette promesse bien plus tôt que ça ! Déjà quand on était gamins je te parlais de Paris. Il se souvenait de leur adolescence et des projets qu’ils faisaient, il se souvenait de tout, des mots susurrés au creux de l’oreille sur la plage, des baisers échangés et des promesses d’avenir, parce qu’à cet âge là on était encore rêveurs et bien trop romantique. Léo termina sa tasse en une gorgée et laissa un billet sur la table, comme à son habitude et puis ils se mirent en marche, dans une ambiance lourde et pesante, loin de la fausse légèreté que Blanche semblait vouloir afficher. Emerson ne dit rien durant quelques mètres, même s’il n’aimait pas ce silence lourd de sens. Ce fut donc  Blanche qui le brisa avec sa question. Il réfléchit un instant, les mains dans les poches puis finit par hocher la tête. Si tu aimes marcher on pourrait se rapprocher des quais et en remontant la Seine, on finirait par tomber sur Notre-Dame, si mon sens de l’orientation ne nous perd pas. Il lui lui sourit malicieusement, il connaissait à bien connaître cette ville alors il ne s’inquiétait pas trop. Et puis on pourrait aller jusqu’au Louvre, peut-être en métro…  si tu veux, enfin on verra, d’ici là tu en auras peut-être marre de moi ! Il n’aimait pas faire de plans, partisan de la philosophie de se perdre il aimait marcher au gré des rues et des beaux espaces, curieux de voir ce qui l’attendait à chaque nouvelle découverte. Léo observait la démarche de Blanche, gracieuse, même quand elle sautait de pavé en pavé, telle une gamine, adorable, craquante en tous points. Le sourire aux lèvres il se laissait guider par le court de l’eau qu’ils avaient fini par retrouver, ainsi que la foule, un peu plus dense, alors qu’ils longeaient la Seine. Sans parler beaucoup ils semblaient bien, les quelques minutes que leur balade contemplative dura. Et puis la main de Blanche frôla celle de Léo, leurs regards se croisèrent et elle repris ses distances, comme si rien ne s’était passé, pourtant la belle australienne semblait s’être fermée à nouveau. Et puis cette question jetée comme un pavé dans l’eau, l’air de rien et ses joues qui s’empourprèrent, délicieusement. Et Léo soupira, conscient qu’il la laissait dans l’ignorance depuis déjà trop longtemps. Si, on doit en parler. Il le faut. Il attrapa sa main, et la seconde, l’obligeant à se placer face à lui pour qu’elle affronte enfin ce regard qu’elle fuyait depuis le départ et qu’importe les touristes auxquels ils bloquaient le passage. Ma femme est probablement furieuse, oui, parce que je n’ai pas signé les papiers de divorce qu’elle m’a envoyé depuis des mois déjà. On est séparés depuis un moment. Mais je n’arrive pas à retirer mon alliance parce que je suis lâche, tu en sais quelque chose. Donc si je veux passer du temps avec toi il n’y aura personne pour redire quoi que ce soit. Alors laisse-moi profiter de ta présence ici, parce que c’est une chance pour moi. Parce que tu m’as manqué et que je ne veux pas que tu restes sur l’image du sale con qui t’a fait du mal. Je préfère mille fois te voir sourire en sautant de pavé en pavé. Il lui sourit timidement, espérant ne pas être trop maladroit. Je suis heureux que tu partages mon air à nouveau, même si c’est temporaire. On pourrait… Et Roméo ! Tu vois pas que tu gênes là. Bougez les amoureux ! Ces touristes… Un homme, visiblement pressé autant que désagréable, venait de couper Léo dans son élan. Interdit, il le regarda partir en bougonnant. Perdant le fil de ce qu’il allait dire, ce ne devait pas être si important, le principal était dit de toute façon. Il se retourna vers Blanche. La cathédrale n’est plus très loin.

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MessageSujet: Re: Être parisien, ce n’est pas être né à Paris, c’est y renaître + Léanche   Jeu 11 Oct 2018 - 20:05

L'image de leur jeunesse sur les plages de Bowen, main dans la main, à regarder insoucieusement l'avenir par leurs yeux beaucoup trop jeunes pour se douter de l'ampleur de leur relation lui revenait au moment où Léo adressa leur passé. Des promesses, il lui en avait fait. Beaucoup trop. De grandes, de petites, d'importantes, d'insignifiantes. Certaines avaient été tenues, d'autres n'avaient jamais vu le jour finalement. Malgré tout, elle ne l'avait jamais dépeint comme menteur. La vie étant la vie, les choses étant les choses, Blanche avait toujours compris que certaines de ses promesses ne pourraient voir le jour. Elle n'était pas grand-chose, finalement, dans sa vie. Une bonne amie qui lui servait de passe-temps, certes, mais pas avec qui il avait un attachement quelconque. Il ne lui devait rien, elle ne lui devait rien. Et Léo avait toujours été clair là-dessus, surtout le soir où leur chemin s'était brisé. Du moins, c'était la vision de Blanche et l'homme ne pouvait pas lui en vouloir de penser ainsi : il avait été responsable de ses idées préconçues. Malheureusement. Le soir d'avril, alors qu'ils auraient pu être honnêtes, il avait choisi de lui mentir en contournant les vérités, en contournant les coeurs brisés, mais aujourd'hui ce mensonge prenait tant d'importance qu'il lui faisait quand même mal. Et malgré tout, Blanche accepta tout de même l'invitation du photographe quelle venait de retrouver, visiblement toujours incapable de se passer de lui. Alors elle accepta, le laissant lui déballer ses plans pour la journée, lui qui connaissait mieux Paris qu'elle. Il n'en était pas à sa première visite. Sa proposition plaisait à la blonde qui hocha simplement la tête en guise d'acquiescement, et ils se mirent en route sur les pavés de la ville. C'était magnifique, l'architecture de ce vieux pays l'émerveillait tant il différait de ce qu'elle connaissait. Elle admirait les fresques et les grandes maisons au look vieillot, des pignons et des pavés qui parsemaient toutes les rues.
Ils avaient pris la route et déjà l'Australienne se sentait mieux. La beauté des quais et de la Seine était suffisante pour calmer ses ardeurs. Elle retrouvait sa joie de vivre contagieuse qui la définissait bien mieux que cette peur de se blesser dans le feu qu'était Léo. Mais, comme si cette crainte ne faisait que la guetter pour lui miner son voyage, elle n'était pas très loin, prête à refaire surface. Ce qui se passa lorsque ses doigts frôlèrent ceux de l'homme. Blanche avait chaud, un courant électrique venait de lui traverser le corps alors qu'ils s'étaient à peine touchés. Ils n'avaient pas eu de contact depuis trop longtemps et en l'espace d'une seule seconde toute l'envie de se trouver près de lui à nouveau était réapparue. Troublée, Blanche avait repris ses distances, plus froide, plus sérieuse. Non, Léo, vraiment, on est pas obligé d'en parler. Je ne te dois rien, tu ne me dois rien. Nous sommes deux êtres humains qui vivons notre vie chacun de leur côté et c'est tout, tenta-t-elle de se convaincre, mais elle échouait à plate couture. Léo, lui, était convaincu que la situation devrait être adressée, ce à quoi il s'imposa. Blanche n'eut d'autre choix que lui faire face, mains dans celles de l'homme, le regard plongé dans le sien. Elle regardait Léo, sans échappatoire possible, forcée à écouter ce qu'il avait à lui dire. Et la vérité, c'était qu'elle n'en avait pas envie. Elle l'aimait, elle l'avait toujours aimé, et aujourd'hui elle devait accepter qu'il eût refait sa vie avec une autre, qu'il était heureux et qu'elle n'y était pour rien dans ce bonheur. La blonde n'avait pas envie de le savoir. Jalousement, elle posait des questions, mais au fin fond de son coeur elle avait mal de penser qu'il était marié à une autre qu'elle. Mais Léo, lui, chercha à clarifier les choses. Sa première phrase eut l'effet d'un couteau tranchant dans le coeur de la tatoueuse qui ferma les yeux pour éviter de laisser paraitre son malêtre. En effet, sa femme serait furieuse. Mais pas pour les raisons qu'elle s'était imaginée. Rapidement, elle ouvrit les yeux pour le regarder à nouveau, ses grands yeux bleus écartelés qui le regardaient remplis d'incompréhension. Ils étaient séparés. Ses mains, dans celles de Léo, devenaient moites. Son coeur battait trop vite. Elle se sentait ridicule face à lui, elle qui par jalousie lui avait lancé des pointes froides sur sa relation amoureuse. Son visage s'empourpra de plus belle alors qu'il invoqua son plaisir à être avec elle, la blonde qui lui avait manqué et qui devra retourner, tôt ou tard, à sa vie à Bowen. Blanche se pendait aux lèvres de Léo, s'abreuvant de son discours mot après mot, parole après parole, jusqu'au moment où ils furent poussés du pavé par un habitant pressé. Blanche gloussa avant de reposer les yeux vers l'homme pour qui son coeur bâtait à nouveau, sans barrière, mais encore malaisée. Elle n'avait pas le droit de se sentir ainsi, les papillons dans le ventre, alors que l'homme se séparait à peine de sa femme. Que sa vie, pas si parfaite que ça, tombait en lambeaux. Alors qu'ils se déplaçaient vers le bord de la route, et qu'il s'apprêtait à changer de sujet, Blanche le coupa. Je suis désolée..., dit-elle simplement. J'aurais pas dû m'acharner sur ce détail.. tu mènes ta vie comme tu l'entends... Elle n'avait aucune excuse de s'être comporté ainsi, autre que ses propres sentiments personnels qui avaient interféré avec sa capacité à être objective. Et elle s'en voulait. Au final, elle le souhaitait heureux, même s'il devait l'être loin d'elle. Pour l'instant, la blonde ne sentait pas qu'il l'était, ni avant son arrivé, ni près d'elle. Elle reprit ses esprits, lui souriant avant de poursuivre. Je te suis, monsieur le guide., lui dit-elle avec une légèreté dans la voix.

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MessageSujet: Re: Être parisien, ce n’est pas être né à Paris, c’est y renaître + Léanche   Lun 15 Oct 2018 - 16:43

Il y avait toujours eu quelque chose entre eux, c’était une vérité que Léo avait tenté de fuir depuis toujours. Sans vraiment savoir pourquoi. A chaque fois qu’il se rapprochait un peu trop de Blanche, à chaque fois qu’il sentait son cœur sur le point de s’emballer, il prenait ses jambes à son cou. Préférant la garder comme une amie, comme une maîtresse mais sans jamais succomber. Il avait pourtant bien failli craquer, plusieurs fois, mais la peur, trop grande et inexplicable, avait eu raison de leur éventuel bonheur. Laissant la blonde sur le carreau à chaque fois, lui laissant croire que toute autre fille aurait plus d'intérêt aux yeux de son amant, il l’avait égratignée à chaque fois un peu plus jusqu’à laisser une cicatrice, marque de tous les tourments qu’il lui avait fait subir. Lui aussi en gardait, quelques traces de son passage, à Blanche, elle ne l’avait pas laissé indemne, malgré ce qu’il lui avait laissé croire et souvent il y avait pensé, osant parfois même se demander comment il avait pu être assez stupide pour couper les ponts avec elle ou même pour ne pas accepter qu’elle pourrait être plus qu’une amie ou qu’une conquête. Aujourd’hui, avec cette balade dans Paris il avait la chance de pouvoir rattraper un peu les choses, il ne changerait pas le passé, il le savait bien. Et il ne rattraperait pas le temps perdu non plus. Mais il avait appris de ses erreurs et il avait à cœur de redorer son image auprès de celle dont l’avis comptait toujours autant à ses yeux. Voilà pourquoi, quand elle lui posa la question sur sa femme, il sauta sur l’occasion de lui dire enfin la vérité, celle qu’il cachait depuis le départ en affichant son alliance qui brillait toujours fièrement à son doigt. Un rire jaune sortit de sa gorge alors que Blanche semblait si détachée face à leur relation actuelle, relation, soit dit en passant, inexistante. Ouais, on vit chacun de notre côté. A tel point qu’on arrive quand même à se retrouver à l’autre bout du monde… On sentait une pointe d’amertume et de regret dans sa voix. Et puis il finit par lui parler de sa femme, ou plutôt de son absence de femme, de ce divorce qu’il n’arrivait pas à digérer et de l’échec qu’était son couple, lui qui l’avait tant idéalisé. Il avait eu la bêtise de se faire avoir par l’amour et par ses sentiments si fort envers celle auprès de qui il se voyait pour la vie. Il l’avait épousée, lui qui détestait les mariages, il avait vu les choses en grand, décroché les étoiles. Pour finir plus bas que terre, comme si toute la voie lactée n’était pas suffisante pour qu’ils puissent être heureux. Il avait manqué quelque chose, comme toujours, quelque chose qu’il n’avait pu acheter ou trouver. Et sa fuite autour du monde n’avait rien arrangé, au lieu de réparer leurs cœurs meurtris il avait ouvert les plais encore plus grand. A croire qu’il était le roi pour prendre les mauvaises décisions, blonde différente mais toujours la même erreur. Durant toute son explication Blanche était resté silencieuse mais elle avait fermé puis ouvert de grands yeux à la fois surpris et soulagés qui fixaient son amant terrible. S’il avait voulu continuer ou elle répondre quelque chose, ils furent interrompus par le passant, visiblement son intervention amusa la belle australienne et l’atmosphère fut d’un coup plus détendue. Léo sourit dans sa barbe en fixant le bout de ses chaussures alors qu’elle finit par s’excuser pour son comportement. Ce n’est pas un détail. Pas vraiment... quand il s’agit de nous, j’imagine. Il insinuait qu’entre eux rien n’était jamais anodin quand on touchait aux affaires de sentiments. Je n’ai jamais trompé ma femme. C’est la vie qui nous a trompé. Pourquoi ajoutait-il ça ? Elle n’avait pas besoin de ce détail et puis même s’il y avait encore quelque chose entre Grace et lui, il n’était pas au point de commettre une bêtise avec Blanche, il n’était pas interdit de se promener avec une fille dans la rue, aussi jolie soit-elle. Non, il ne se donnait pas bonne conscience, n’y pensez même pas. Tout d’un coup tout fut plus léger entre eux, le soleil caressait leur visage et mettait en valeur le sourire à présent radieux de la belle blonde. Léo l’attrapa par la main pour lui faire traverser le pont qui les séparait de la cathédrale. Il ne dit rien, laissant à Blanche le plaisir d’admirer sa beauté avec ses yeux neufs. Lui il la connaissait déjà, l’élégante Notre-Dame, mais il ne se lassait pas du spectacle qu’elle offrait, ni de celui qu’il découvrait, à la dérobée en observant sa partenaire qui semblait être réellement heureuse pour la première fois depuis leurs retrouvailles.

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MessageSujet: Re: Être parisien, ce n’est pas être né à Paris, c’est y renaître + Léanche   Lun 15 Oct 2018 - 19:54

Jeune, Blanche ne savait pas comment contrôler ses émotions. Elle ne comprenait pas ce qui pouvait se passer dans son corps lors qu'une sensation désagréable présageait son avenue. Les boules de colères et de tristesses montaient en elle comme un feu qui menaçait de tout raser sur son chemin. Elle devenait le monstre qu'elle n'aimait pas. Ses crises lui avaient causé plusieurs pertes : des amis qui n'en pouvaient plus, des hommes qui ne pouvaient pas se permettre de rester avec elle, mais la blonde s'en fichait. Au font, une seule personne contribuait à son bonheur. La seule personne qui ne lui accordait pas d'importance. Elle l'avait cherché, au travers de toutes ses relations passées, sans avoir la chance de voir ne serait-ce qu'une parcelle du photographe dans tous les hommes qu'elle avait tenté de séduire. Ils n'étaient pas assez bons pour elle, du moins c'était ce qu'elle pensait. Aujourd'hui, alors qu'elle retrouvait l'homme dans l'endroit le plus romantique au monde, dans une relation qu'elle croyait jusqu'à présent parfaite, l'Australienne réalisait que son égoïsme avait eu foi d'elle. Elle était franchement malheureuse et seule. Cette solitude qui rongeait tout son corps, elle aurait pu l'éviter. Facilement. Elle aurait pu se donner la peine de voir plus loin que ses propres intérêts, s'ouvrir aux autres et apprendre à découvre de nouvelles choses, mais son mauvais caractère, heureusement un peu adouci, demeurait là, présent pour la tirer vers le bas. Il la faisait périr, seule dans son monde, à souffrir alors qu'elle méritait elle aussi le bonheur. Ce qui la rendait aujourd'hui si amère, ce n'était pas seulement la faute de Léo. Il y avait contribué, oui, à force de la maintenir comme un second plan, au cas où ses histoires échouaient. Incapable de l'aimer, mais incapable de la laisser filer non plus. Ce serait de se mentir de penser qu'il n'avait pas eu son rôle à jouer dans tout ça. Mais, au final, c'était surtout Blanche la fautive. Elle n'avait jamais su mettre ses limites avec lui, jamais assez. Le laissant profiter d'elle et de son envie d'être aimer jusqu'à en plus être capable, jusqu'à en apprendre la blessante vérité qui l'avait poussé à se séparer indéfiniment de lui. Pour son propre bien. Une seule fois dans sa vie. Puis, elle s'était donné la chance d'être aimée à son tour, à sa juste valeur, et elle s'était finalement ouverte à un homme pour qui de vrais sentiments avaient été développés. Une vraie histoire d'amour. Malheureusement, la vie étant la vie, les choses étant les choses, cette histoire n'avait su connaître une fin de conte de fées et ils avaient fini par se laisser aller, chacun de leur côté, reprendre leur vie solitaire. Blanche n'aurait peut-être finalement jamais la chance d'entendre les cloches de l'église sonner dans l'écho de ses promesses à un autre et de pouvoir écrire sur le livre de sa vie « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants ». Comme si l'espoir qu'une nouvelle flamme pouvait naître dans son ventre lui était inconcevable. Alors, elle se contentait de regarder une ancienne flamme qui avait tant brulé dans son coeur, de loin, par respect pour lui et pour elle. Léo lui confia son histoire et Blanche le regardait de ses grands yeux bleus, incertaine de comprendre tout ce qui se passait à présent. Incertaine de comprendre pourquoi il ne lui avait pas dit plus tôt qu'il était sur le point de se divorcer au lieu de la laisser croire qu'il était heureux. Incertaine de comprendre pourquoi alors il portait encore son alliance. Incertaine de comprendre les raisons qui le poussaient à tant la vouloir près de lui. Comme si, encore une fois, il se jouait d'elle. Et même si l'idée lui frôla l'esprit, la blonde la refusa par sagesse et maturité qui avaient coulées après ces cinq dernières années. Elle avait choisi de ne plus se laisser atteindre par lui. Le photographe la corrigea, comme toujours lorsqu'il était question de leur relation. Blanche, coupable, le regardait sans vraiment savoir quoi ajouter. Il n'y a jamais vraiment eu de nous, Léo... Se contenta-t-elle de marmonner, surtout pour elle. Il avait été clair : il ne l'avait jamais aimé. Elle n'avait été que la bonne personne au bon moment pour lui permettre de s'évader de ce qui, parfois, était trop lourd à porter. Il était doué pour lui rappeler, et elle était encore loin de se douter qu'il lui avait largement menti pour éviter de se perdre. Il avait tenté de se préserver, mais aujourd'hui Léo coulait tout de même. Et même si Blanche ne voulait pas se l'avouer, elle se sentait coupable de le voir dans cet état. Blanche avait compris l'allusion, mais les paroles qu'il avait prononcées lors de leurs derniers ébats avaient laissé un si grand trou dans son corps qu'à présent elle choisissait de taire toutes les ouvertures qu'il pouvait y avoir entre eux. Les nouvelles confessions de l'homme surprirent l'artiste qui recula d'un pas. Qu'essayait d'insinuer ? Blanche secoua la tête frénétiquement. Je n'ai jamais douté de ta fidélité, Léo, ajouta-t-elle rapidement. S'il pensait qu'à présent il serait plus facile pour lui de se rapprocher d'elle, il avait tort. Elle avait retrouvé son passé dans une ville qu'ils s'étaient promis, certes, mais elle n'avait pas accepté sa compagnie dans le seul espoir de passer un moment intime en sa compagnie. Femme ou non. Même si être près de lui sans pouvoir sentir la chaleur de son corps était insupportable pour la trentenaire avancée, elle n'aurait jamais osé transgresser une frontière qu'ils s'étaient eux-mêmes infligée lorsqu'ils s'étaient quittés cinq ans plus tôt. L'homme attrapa sa main, répondant à son désir de passer à autre chose et découvrir la ville de l'amour qu'il ne lui restait plus beaucoup de temps à visiter. Devant eux se trouvaient les pignons de la grande Cathédrale qui se dressaient fièrement dans le ciel et tous les détails architecturaux qu'il s'y trouvait. Pour une artiste comme elle, c'était le paradis. Blanche observait, malgré la foulée de touriste, toute la stature et la splendeur du monument qui habillait Paris, presque plus impressionnant que la tour Eiffel à son avis. C'est magnifique... souffla-t-elle alors qu'ils s'avançaient suivant la foule présente juste pour la belle Notre-Dame. Dans la foulée, Blanche perdit la main de Léo sans réellement le remarquer, obnubilée par ce qu'elle voyait. C'est tellement plus beau qu'en photo, ajouta-t-elle, les yeux toujours rivés sur les différentes parties de l'édifice. D'un anglais mâché, pas trop compréhensif, celui qu'elle pensait être Léo à ses côtés lui répondit : Pas autant que vous, chère dame. Blanche se retourna rapidement vers l'homme qui se tenait dangereusement près d'elle, à une distance qu'elle n'appréciait point. Il sortit son portable et l'agita sous ses yeux. Vous êtes en visite pour longtemps ? Peut-être que l'on pourrait se revoir et visiter la cathédrale sous un autre angle. Ça vous dit ? Elle fronça les sourcils, refusant son invitation. Mon fiancé ne risque pas d'apprécier l'invitation, il n'aime pas vraiment partager. La blonde chercha du regard Léo qui avait été séparé d'elle depuis maintenant trop longtemps. Il lui avait laissé l'air dont elle avait besoin pour apprécier ses découvertes, mais à présent elle avait besoin de lui pour la sortir de l'embarras. Arrêtez vos excuses, il n'y a personne avec vous, je sais que vous en avez envie. On entend de belles choses sur les femmes australiennes, précisa-t-il alors qu'il avait reconnu son accent.

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MessageSujet: Re: Être parisien, ce n’est pas être né à Paris, c’est y renaître + Léanche   Lun 15 Oct 2018 - 23:06

Léo n’attendait rien de ces retrouvailles avec Blanche. Il ne s’attendait déjà pas à la revoir un jour et surtout pas ici, dans cette ville qui signifiait tant pour lui et qui était devenu sa maison. Il n’avait aucune mauvaise intention envers elle, c’était peut-être la première fois, d’ailleurs, qu’il la côtoyait sans avoir d’idée derrière la tête ou d’envie d’écourter la balade pour aller s’enfermer dans une chambre. Il avait probablement changé, le garçon plein de fougue avait laissé place à un homme, enfin ! Un homme qui prenait le temps de contempler les choses en bonne compagnie, qui ne s’empressait pas de la charmer pour lui en mettre plein les yeux. C’était peut-être le charme de cette ville qui faisait son effet sur lui, l’art de vivre à la française qui déteignait sur son caractère, visiblement ça lui faisait le plus grand bien en tout cas. Malgré tout il restait ce même garçon, incapable de ne pas lui courire après, à la blonde de qui il s’était volontairement éloigné cinq ans plus tôt. Celle à qui il avait menti pour qu’elle puisse l’oublier plus facilement, il avait dit ne jamais l’avoir aimé, il n’avait pas cillé, mais la vérité était quelque peu différente et celle-ci lui avait arraché les tripes alors qu’il la sentait lui échapper pour de bon. Pour de bon ? Pas tellement, puisqu’il avait cette chance inespérée de pouvoir la côtoyer à nouveau. A une étape de sa vie où il ne courait pas après une autre, où il se sentait bien finalement, loin de tout. Comme s’il lui avait fallu s’éloigner de son monde pour pouvoir enfin renaître. Tout n’était pas réglé dans sa vie et il lui arrivait encore de passer des nuits blanches quand il pensait à ces papiers qui attendaient sa signature et à son fils qui souffrait de l’absence d’un père. Mais il se levait chaque matin heureux du choix qu’il avait fait en quittant l’Australie, pour l’instant elle ne lui manquait pas, son île chérie, pour l’instant il restait admiratif de cette ville qui l’adoptait, il aimait son café en terrasse et s’émerveiller de l’architecture parisienne. Il aimait aussi la liberté qu’il avait de pouvoir s’assoir n’importe où pour pouvoir écrire ce livre qu’il prenait plaisir à écrire et à prendre des photos des endroits qu’il affectionnait particulièrement. Il aimait ses nouveaux amis qui l’avaient accepté tel qu’il était et avec qui il refaisait le monde autour d’un verre de vin le week-end. Il s’était construit une toute nouvelle vie, où il n’était pas le gamin Emerson, digne fils de son père, éternel coureur de jupons et célibataire convoité, il n’était que Léo, Léopold, parfois, sans rien d’autre à ajouter. Blanche, pourtant le connaissait, celui qu’il tentait tellement d’étouffer avec ses nouvelles habitudes et il appréciait aussi de retrouver ce visage familier, cette fille qui savait quelle attitude il allait avoir envers elle, celle qui connaissait ses défauts et son passé peu glorieux. Il la convoitait presque, celle qui avait été sienne bien des fois, de façon éphémère. Mais il ne savait pas bien quoi faire de cette envie qu’il avait de prendre sa main, de l’attirer contre lui ou de se justifier sur son statut amoureux. Alors il se baladait à côté d’elle, sans trop se rapprocher, il se satisfaisait de la voir s’émerveiller et ça lui suffisait pour le moment. Et sur le parvis de Notre-Dame, il laissa s’éloigner de lui, l’observant d’abord, le sourire aux lèvres il la voyait papillonner, admirant l’architecture, frôlant les autres touristes, elle semblait danser au milieu de la foule, gracieuse. Et puis il la perdit de vu, au départ il ne s’en inquiéta pas, ce n’était plus une enfant, Blanche savait se débrouiller. Mais au bout de quelques courtes minutes à force de regarder cette foule dense qui se massait devant le monument il fut pris d’une peur soudaine. Et s’il ne la retrouvait pas. Léo chercha alors la blonde des yeux, sans résultat, puis il fendit la masse, de plus en plus pressé alors qu’il ne la trouvait pas. C’est alors qu’il la vit, semblant discuter avec un homme, de loin c’était ce qu’on pouvait penser, mais il connaissait la jolie Cambridge et remarqua son agacement et puis l’homme qui semblait insister. Emerson bouscula les gens pour arriver jusqu’à eux. Je vais te dire de quoi elle a envie, que tu vires tes sales pattes de son épaules. C’est bien compris ? Viens, Blanche, on s’en va. Visage fermé, l’oeil brillant d'une lueur mauvaise, Léo n’hésiterait pas à frapper l’imposteur s’il ne lâchait pas sa proie. Il attrapa alors Blanche par la taille et l’attira vers lui. Et il l'attira loin de cet homme. Tu vas bien ? Je suis désolé, je n’aurais pas dû te laisser seule. C’était aussi l’un des mauvais côtés de Paris, comme de toutes les grandes villes, on ne croisait pas que des personnes bien intentionnés. On peut entrer, si tu veux, Notre-Dame est magnifique à l’intérieur ou sinon on s’en va, il y a des endroits charmants et moins touristiques. Après avoir eu peur pour elle, il ne la quittait plus toujours la main sur sa hanche, la serrant contre lui, il avait cette impression que, de cette façon, il ne pouvait rien arriver à Blanche. Et même s’ils s’étaient éloignés du monde, Léo gardait toujours cette expression crispée et fermée, il s’en voulait de l’avoir perdu de vue, ne pouvant s’empêcher de penser à cet autre qui avait osé la toucher.

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MessageSujet: Re: Être parisien, ce n’est pas être né à Paris, c’est y renaître + Léanche   Mar 16 Oct 2018 - 6:33

D'être finalement les deux pieds sur les terres de la France, accrochés à Paris depuis si longtemps, c'était surréaliste. Il avait fallu la maladie pour permettre à la blonde qui n'avait jamais voyagé d'enfin se rendre dans le pays qui l'obsédait. C'était bien plus que la culture d'un nouvel endroit et la beauté stéréotypée qu'on lui accordait, mais surtout l'envie insoutenable de découvrir ses origines. De découvrir d'où elle venait. Même si elle avait renoncé à sa vie de famille, Blanche demeurait marquée par ceux qui l'avaient mis au monde. Après tout, elle était liée avec eux par le sang. Après toutes ses années, les choses n'avaient pas été en s'améliorant. D'ailleurs, elle avait fini par découvrir que son père avait jadis trahi sa mère, celle qu'il jurait pourtant aimer plus que tout au monde, avec un autre. Une Grecque, exotique pour une nuit, qui était finalement tombée enceinte de lui et qui était venue cogner à sa porte. Son père, frileux de voir la nouvelle éclater au grand jour, s'était empoigné de son seul moyen de persuasion pour la faire taire : l'argent. Et de l'argent, il en avait à tout rompre. Il pouvait l'acheter elle, et toute sa famille s'il fallait, pour la convaincre de garder le silence et de maintenir un équilibre au sein de la maison familiale. Et malgré tout, Blanche avait envie de découvrir ses racines, comprendre d'où elle venait et qui elle était. Et surtout, qui elle n'était pas. Ses grands-parents, assez aisé pour détenir un appartement au plein coeur de la ville, n'avaient rien à voir avec la femme qu'était devenue sa mère, avide d'argent et de pouvoir. Elle qui avait pourtant grandi dans les rues de Paris, comme la petite fille de Jean-Paul Aubé, était maintenant vide de sens et pleine aux as parce qu'elle avait épousé un Cambridge. Ses grands-parents n'avaient jamais voulu suivre leur fille lorsqu'elle leur annonça qu'elle les quittait pour l'Océanie, malgré l'insistance qu'elle avait eue à cet égard. Ils avaient voulu préserver leur petite vie tranquille, ici à Paris, et recevoir leur fille pour un enracinement lorsque nécessaire. Avec réflexion, ils avaient eu raison. Blanche se plaisait ici, elle pouvait bien comprendre leur envie de rester. Elle découvrait la ville, parcelle après parcelle, et elle n'avait plus envie de la quitter même si son départ était inévitable. À cet instant précis, les yeux dans ceux de Léo, elle se demandait, d'ailleurs, si son attachement à la ville était lié à ses origines ou à leur retrouvailles. Une question qu'elle décida de chasse de son esprit plutôt que de l'adresser ouvertement, pas certaine d'être prête à entendre la vérité. Parce que la vérité, c'était surement ce qu'elle essayait de fuir depuis trop longtemps déjà. Des sentiments encore présents, mais non adressés.
Découvrir la ville à ses côtés était un véritable cadeau. Léo respectait le rythme de Blanche qui s'arrêtait à chaque fioriture et babiole pour les admirer comme si elle n'y reviendrait plus. Elle tâchait de prendre des photos mentales, en guise de souvenirs, de toutes les choses qu'elle apercevait. Il fallait être raisonnable, la tatoueuse n'aurait probablement plus la chance de revivre cette expérience, autant en profiter maintenant. Alors, une main dans celle de Léo, l'autre sur son portable pour prendre de jolies photos, ils s'avancèrent sur les pavés menant à la cathédrale Notre-Dame, un des grands emblèmes de Paris. La vue était à couper le souffle, assez pour lui faire remonter des émotions qu'elle pensait bien cacher. Dans sa quête, Blanche perdit contact avec son guide. Elle ne s'en était même pas rendu compte, tellement absorbée par l'envie de tout emmagasiner les images mentales qu'elle pouvait avant de retourner à sa petite vie ennuyante et routinière. À ce moment, elle enviait Léo de s'être installé ici, malgré tous les désavantages que cela pouvait occasionner. Et elle voulait désormais profiter de chaque partie de son voyage avec son ancien ami, parce qu'il était le meilleur compagnon de voyage qu'elle aurait pu souhaiter. La blonde pensait s'adresser au photographe, s'exclamant de la beauté des lieux et de l'architecture qui était à couper le souffle. Comment se pouvait-il qu'il y ait de cela plusieurs années, les humains aussi peu armés technologiquement avaient pu bâtir d'aussi beaux monuments tout travaillés à la main. La construction de l'église avait dû leur prendre des mois, voir des années, tant elle était décorée avec des détails de précision. Ce ne fut pas Léo qui lui répondit et c'est d'ailleurs ce pour quoi Blanche sembla déstabilisée, elle qui croyait son guide personnel à proximité. Pourtant, c'était un local qui se dressait devant elle, visiblement charmé par l'inconnu de l'étranger et qui croyait avec assurance se dénicher un rencard pour la soirée. La barrière de la culture bloquait la blonde qui, pourtant, ne se laissait en temps normal jamais impressionné. Elle tâchait de comprendre, d'analyser son approche. Était-ce comme ça qu'on charmait les filles à Paris ? Ce n'était pourtant pas ce que la ville laissait présager. Blanche n'eut pas le temps de réfléchir trop longtemps alors que Léo arriva, tel un prince sauveur sur son cheval blanc, à sa rescousse. Il s'occupa de faire déguerpir l'homme qui, avec insistance, avait lâché un petite pétasse en un bon français bien articulé avant de tourner les talons. Léo emmena son ex-copine loin des regards curieux des touristes qui n'avaient rien manqué de la scène, protecteur comme ses vieilles habitudes l'entendaient. Les images de leurs soirées en boite de nuit revenaient à l'esprit de la trentenaire alors qu'il chassait tous les hommes qui daignaient trop s'en approcher. Ça va, le rassura-t-elle en souriant. Ne t'inquiètes pas, ce n'est pas ta faute. Puis, l'important c'est que je n'ai rien. Même pas une petite égratignure ! Elle lui souriait maintenant franchement, pas un petit sourire timide comme elle en avait l'habitude depuis leurs retrouvailles. Un sourire franc marqué de toute son affection envers lui. Comme à Bowen. Merci d'être intervenu. Léo la tenait près de lui, comme pour la protéger de tout ce qui était environnant, comme si la situation pourrait se produire à nouveau. Une main sur sa hanche et le coeur de l'Australienne augmenta de vitesse, battant maintenant à un rythme dangereux. Ses yeux bleus se dirigèrent vers sa main forte et ferme de l'homme qui ne semblait pas vouloir lâcher sa prise. Ses yeux suivaient le trajet des bras du voyageur, de ses jointures à la naissant de son avant-bras, jusqu'à son épaule bâtie et musclée. Puis, son regard se posa sur son cou où elle eut le frisson d'envie d'y poser ses lèvres, remontant vers sa mâchoire définie qui était encore crispée par l'altercation qui s'était produite plus tôt. Ses prunelles se posèrent finalement sur les lèvres de l'homme qui s'ouvrirent et qui prononcèrent dans ce qui lui sembla une mélodie de passer l'entre de l'endroit qu'ils étaient venus visiter. En fixant ses lèvres, Blanche hocha la tête. On peut enter, oui, je veux tout voir de Paris. Elle voulait tout voir de Paris, oui. Les lieux touristiques, les secrets des locaux, mais aussi son corps renaitre au son de celui qui se tenait près d'elle. Sans vraiment réfléchir, l'Autralienne posa des lèvres timides sur celles encore crispées de son ancien amant pour retrouver, dans un instant de passion, la sensation d'un baiser qui lui avait semblé une éternité. Blanche profita de toutes les secondes que ce baiser dura, appréciant la douceur de ses lèvres et la fermeté de ses mains qui enroulaient la taille fine de la blonde alors qu'elle apposait les siennes sur la nuque dénudée de l'homme. Loin des regards, il n'y avait qu'eux pour assister à cet échange. Blanche finit par se détacher de l'homme, à contrecœur, replongeant alors son regard dans les perles noisettes de celui qui avait été son amant. En se mordillant la lèvre, elle recula le forçant à défaire son étreinte. Pardon, je ne voulais pas. C'est... c'est arrivé tout seul... Comme un vieux réflexe, s'assura-t-elle de clarifier. Je ne veux certainement pas brouiller tes pensées, Léo, tu en as tellement déjà sur les épaules... Loin de moi l'idée de te compliquer la vie avec une... ancienne flamme... Blanche grimaça, franchement désolée. C'était électrique, quand elle regardait dans ses yeux, elle sentait l'attirance. Mais il fallait se contrôler. Il fallait éviter de succomber à l tentation. Léo en avait déjà plein les bras : le divorce, son livre, son fils. Il n'avait pas besoin d'un fantôme de son passé pour venir troubler sa vie paisible de Parisien. Et puis, elle s'en voulait d'avoir était faible alors qu'il n'avait pas encore prononcé le divorce. À ce jour, même s'il en disait le contraire, il n'était pas réellement libre comme l'air.

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MessageSujet: Re: Être parisien, ce n’est pas être né à Paris, c’est y renaître + Léanche   Mer 17 Oct 2018 - 13:56

Aussi souvent qu’il le pouvait, Léo s’échappait en province. Il louait une voiture, pour cela il avait dû apprendre à conduire avec le volant à gauche ce qui avait été drôle au départ. Et puis il partait, il allait découvrir la campagne, les forêts, les montagnes, la plage, les français ne connaissaient pas leur chance d’avoir cette diversité de paysages dans leur seul petit pays, Emerson en prenait plein les yeux. Il allait visiter des vignobles, lui qui était amateur de vin, il découvrait, il se perdait, inlassablement. De temps en temps il allait visiter sa famille, il avait réussi à tisser des liens bien plus fort avec quelques uns de ses cousins, maintenant qu’il pouvait les voir plus régulièrement. Il s’était rendu compte qu’ils avaient des enfants, plus ou moins du même âge que John et que peu importe l’endroit ou la culture, lorsqu’il s’agissait de gamins les problèmes et les histoires étaient les mêmes partout dans le monde, alors ça avait aidé à ce qu’ils se rapprochent. C’était toute un tissu social qui se construisait petit à petit autour du bel australien, un tissu de plus en plus dense et qui allait le freiner le jour où il déciderait de retourner au pays. Mais pour l’heure il n’en était pas question, il ne se lassait pas de la France, de ce vieux pays qui avait tant à lui offrir et où il se sentait bien et à chaque fois qu’il rentrait de ses week-ends loin de la capitale, il la retrouvait toujours avec plaisir et émerveillement, comme s’il était encore incapable d’être blasé de cette ville, de ses grèves de métro et de sa population plus ou moins agréable. Puis il fallait dire que depuis quelques jours, depuis qu’il savait qu’une jolie blonde de son passé foulait les mêmes pavés que lui et qu’il était possible qu’il la croise à chaque coin de rue, il était d’autant plus pressé de flâner dans son quartier, de se balader hors de chez lui, comme dans l’espoir inavoué de tomber sur elle par hasard. Pourtant ce n’était pas arrivé au coin d’une rue, mais bien au même endroit que leur première rencontre, comme si ce café devait être leur point de repère. Depuis il prenait un plaisir non dissimulé à marcher auprès d’elle pour lui faire découvrir cette ville. Et bien qu’il ait fallu éclaircir quelques détails, comme celui de l’alliance qu’il portait toujours, cela n’avait pas entaché leur joie de passer du temps l’un auprès de l’autre, ça avait même aidé à ce qu’ils se sentent plus à l’aise, après tout, il le lui avait fait comprendre, il était libre comme l’air. Mais ça ne voulait pas dire qu’il était prêt à se jeter sur elle, loin de là, il comptait ne pas réfléchir et ne pas se précipiter non plus, il avait tout son temps et aucune idée de ce qu’il souhaitait réellement alors autant ne pas se montrer trop gourmand. Et pour l’instant, sa seule présence, son doux parfum et son sourire adorable lui suffisaient amplement. Elle était cette vieille amie qu’il était heureux de revoir et qu’il redécouvrait petit à petit. Laissez-lui croire à ça, au fait qu’ils n’étaient qu’amis et rien de plus, laissez-lui cette ultime œillère comme dernier garde fou. L’incident avec cet inconnu avait pourtant réussi à l’ébranler, réveillant sa jalousie et ses réflexes protecteurs envers Blanche. Il avait eu peur pour elle, peur qu’elle soit importunée, blessée et peut-être aussi qu’elle se laisse charmer par un autre. C’était une vieille habitude qui perdurait, visiblement, Léo avait toujours été du genre à trop couver ses proches, s’inquiétant toujours pour lui, surtout pour les personnalités féminines de son entourage, ses amies, sa mère et d’autant plus pour les filles pour qui il avait une affection particulière. Il ne se referait pas, pas aujourd’hui encore. Et puis c’était sa façon à lui de leur signifier qu’il tenait à elles, qu’il n’était jamais loin, aussi maladroit que ça puisse paraître. Mais aujourd’hui cela semblait avoir été opportun, ce séducteur de pacotille semblait être bien trop près de Blanche qui avait l’air de ne pas réussir à s’en éloigner, les hommes pouvaient être bien trop entreprenants et ce n’était malheureusement pas qu’un trait de caractère français. Léo peina à reprendre ses esprits et à retrouver son calme, toujours très proche de la blonde, son regard passant de visage en visage, il fixait les autres, fébrile, comme s’il avait peur qu’il arrive quoi que ce soit, c’était stupide, mais il lui faudrait certainement quelques minutes avant qu’il arrive à se ressaisir.  Blanche, elle, semblait toujours aussi enjouée, comme si la situation ne l’avait pas atteinte, comme si c’était sans importance. Elle lui offrit un sourire si rayonnant qu’il aurait dû se dérider, mais il n’y arrivait pas. C’est normal, je n’allais pas le laisser continuer. Ce genre de personne devrait se faire embarquer par les flics. Mais évidemment jamais la police n’interviendrait pour un problème aussi mineur que celui-là. Il ne remarqua pas la façon dont Blanche l’observait, ni combien elle semblait suspendue à ses lèvres, son esprit était ailleurs, bouillonnant d’une colère bien trop exagérée. Et ce fut sans crier gare, alors qu’ils venaient d’entrer dans la cathédrale et qu’ils se trouvaient dans une petite alcôve tranquille, loin de la foule et du bruit, que Blanche embrassa Léo. D’abord surpris par ce geste, il retrouva malgré tout bien vite ses anciennes habitudes, enserrant sa taille de ses mains, la rapprochant de lui pour que plus rien ne les sépare, il se laissa faire et cet instant suspendu lui sembla hors du temps. Mais il ne lui rendit pas son baiser et la sulfureuse australienne se détacha progressivement de lui, Léo la lâcha, alors qu’elle semblait lire toute la confusion dans son regard qui virait au gris. Il avait apprécié cet échange, comme tous ceux qu’ils avaient déjà partagé et comme il apprécierait les suivants. Il ne résisterait jamais si elle recommençait, mais Blanche avait raison, il avait beaucoup sur les épaules et sa vie, d’apparence si frivole, était en vérité bien compliquée. Sans parler du fait qu’il s’était promis d’arrêter les frais avec elle pour ne plus jamais qu’elle souffre par sa faute, pour qu’elle arrête de se faire de faux espoirs. Il était différent, il avait changé mais au fond il était toujours cet homme qui ne pouvait rien lui promettre alors qu’elle en attendait bien trop. C’est rien. Enfin je ne dis pas que ce n’était pas agréable. Il mentirait s’il l’affirmait et elle le savait bien. Mais je n’veux pas… Il ne se passera rien entre nous Blanche, ce n’était pas le but de cette balade ni de mon interversion auprès de cet homme. Voilà, c’était dit, c’était clair. Enfin pour elle, parce que dans sa tête à lui c’était un vrai bordel, sans parler de son palpitant, sur le point d’exploser ni de ce désir qu’il ressentait à chaque fois qu’il voyait sa poitrine se soulever. Il la maudirait presque d’exister et d’être cette fille si attirante, à cet instant précis. Viens, les détails les plus beaux sont par ici. Il changea de sujet pour mieux se concentrer sur autre chose. Et déjà il s’échappait, mettant un distance nécessaire entre eux.

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MessageSujet: Re: Être parisien, ce n’est pas être né à Paris, c’est y renaître + Léanche   Mer 17 Oct 2018 - 23:28

La maladie avait emmené Blanche à visiter la ville de l'amour, seule, alors que son seul but était véridiquement d'être au chevet de sa grand-mère malade. Par intermédiaire, il lui avait été permis de profiter de son séjour, ce qui faisait le plus grand bien à la tatoueuse. Paris, c'était son rêve. Elle en avait toujours parlé, des étoiles dans les yeux, qu'un jour elle y mettrait les pieds. Elle s'était d'ailleurs déjà surprise à s'y imaginer une vie, paisible, loin de ses problèmes à Bowen. Loin de la prison de son frère, loin de ses parents qui ne méritaient pas d'attention, loin de son coeur brisé. Qui aurait cru que sa visite à Paris déboulerait sur des retrouvailles du passé qu'elle avait tenté de chasser de son esprit, celui à l'origine de son coeur brisé. Léo, elle l'avait enfoui dans un coffre fort, sous clé, loin dans son coeur, dans l'espoir de ne plus jamais en souffrir. Et voilà qu'aujourd'hui, elle tombait nez à nez avec lui dans une ville beaucoup trop grande, à croire qu'il l'avait fait suivre par un agent secret et qu'il avait cherché à la retrouver. Même si cela était difficile à croire, ils s'étaient réellement retrouvés ici sans le savoir, comme deux âmes liées par le destin le pouvaient. Mais le destin, il n'avait pas choisi une fin heureuse. Pas pour le moment du moins. Au contraire, le destin les poussait à contrôler cette tension permanente, cette pression de le sentir près d'elle sans pouvoir le toucher comme un objet dans une vitrine. Parce qu'elle ne voulait plus souffrir, parce qu'il n'était pas si libre que ça finalement, parce que c'était mieux ainsi. Le destin ne voulait pas d'eux, ensemble. Alors, lorsqu'il ne répondit pas à son baiser, Blanche ne fit pas surprise, baiser qu'elle avait échappé sans le contrôler. Sans contrôler ses pulsions. C'était toujours comme ça, entre eux. Blanche, irraisonnable, succombait toujours à ses pulsions lorsqu'il était question de l'homme, alors que lui restait de marbre, beaucoup plus raisonné qu'elle. Beaucoup plus en contrôle. Blanche, elle, était faible lorsqu'il était question de son ex. Il travaillait en elle toutes les parcelles de l'interdit qu'elle avait envie de toucher, comme un diamant placé sur un plateau d'argent devant un voleur, elle voulait y dérober son amour. Chose qu'elle n'avait jamais su faire, finalement, puisqu'il avait toujours choisi une autre plutôt qu'elle. Toujours blonde, toujours jolie, mais toujours plus intéressante que la fille Cambridge connue pour ses colères et ses excès. Elle avait posé, timidement, ses lèvres contre celles de Léo et, comme l'histoire le prédisait, il mit fin à l'échange. Sans la réprimander, sans la remettre à sa place, mais sans en apprécier le geste. Je comprend, prononça-t-elle d'une voix qui menaçait de se briser. Il avait été correct avec elle, juste et droit, et son intervention étaient légitime, Blanche le comprenait, mais elle se sentait, encore une fois, rejetée par lui. Il ne se passera rien entre nous, tu as raison. Oui, il n'y a rien entre nous, de toute façon, continua-t-elle, plus pour elle même, en espérant se convaincre elle-même qu'il n'y avait rien entre eux. Mais il fallait être aveugle pour ignorer qu'entre eux, malgré la retenue, un nuage d'électricité statique planait au dessus de leur tête. C'était clair : Léo, lui, voulait s'abriter de ce nuage et attendre la fin de la tempête, au sec, sans se mouiller dans le désir qui ne l'habitait peut-être pas autant que l'Australienne. Une pensée pour sa femme traversa l'esprit de la blonde qui, tout à coup, se sentit à nouveau comme à l'époque où elle était l'amante, la maîtresse, presque. Elle se sentit mal envers cette femme qui se voyait noyer son chagrin d'un mariage qui n'avait pas fonctionné. Libertine, Blanche savait aussi se mettre à la place de cette bientôt divorcée, forcer de vivre l'échec de son mariage jour après jour. Alors, elle se résigna, tout de même penaude, à maintenir une distance raisonnable entre elle et l'homme, qui lui n'avait aucun mal à n'afficher aucune émotion sur son visage. Triste, elle entra dans la cathédrale pour y découvrir, sous ses yeux ébahis, la beauté du monument qu'elle n'avait que vu en photo auparavant. Elle le suivit, le laissant lui présenter les détails et les recoins de l'endroit, une beauté irréfutable. C'est magnifique, vraiment, émue d'une part par l'endroit, mais aussi par la distance qui s'installait vraisemblablement entre eux et qui lui faisait plus mal qu'elle aurait cru. Comme quoi, elle ne l'avait pas totalement oublié. Sa voix était tremblante, mais somme toute, elle tentait de garder son humeur joviale. Il n'avait pas à subir ses sautes d'humeur. Tu as faim ? Est-ce qu'on peut trouver un endroit où pique-niquer ?

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MessageSujet: Re: Être parisien, ce n’est pas être né à Paris, c’est y renaître + Léanche   Jeu 18 Oct 2018 - 20:19

Dans une autre vie Léo avait dû être historien, ou guide touristique peut-être, il semblait intarissable sur l’histoire de Notre-Dame et il en avait encore plus en stock sur tout Paris. A tel point qu’il devait être soûlant à écouter. Mais Blanche lui donnait l’air d’être réellement intéressée et puis c’était le meilleur moyen qu’il ait trouvé pour ne pas laisser de blanc entre eux, pour mettre une distance suffisante et primordiale depuis qu’elle l’avait embrassé. Il n’en avait pas dit plus, elle avait respecté son silence, l’incident était, à priori, clôt. Bien que tous les deux semblent terriblement gênés à présent, il n’y avait plus cette fraîcheur ni le même entrain qu’avant dans leurs échange. Ce qui chagrinait Léo quand il s’autorisait à penser à autre chose que la voûte de la cathédrale. Parfois la blonde osait un commentaire, quelques exclamations, elle semblait heureuse de découvrir cet édifice. Après tout, elle était venue pour ça, non ? Mais au bout d’un moment elle sembla se lasser, de la visite ou bien de lui, ou de ce froid qui s’était installé entre eux. Il regarda sa montre, ayant perdu la notion du temps depuis qu’ils avaient commencé leur balade, pourtant il n’était pas loin de treize heure à présent, les heures défilaient. En vérité il n’avait pas faim, le malaise qui qui pesait sur ses épaules depuis leur échange lui donnait comme une boule à l’estomac et il se sentait bien incapable de manger quoi que ce soit. On va trouver un petit square où s’installer et une bonne boulangerie où prendre quelque chose à manger ! Il voulait lui aussi paraître le plus enjoué possible, pas besoin de faire une tête d’enterrement, Il ne fallait pas qu’elle sache qu’il était écartelé entre ce qu’il désirait réellement et la raison qui devait l’emporter sur tout le reste. Il semblait impassible, il semblait insensible, bien loin du Léo qu’on connaissait, mais il se contrôlait, chaque geste, chaque mot, pour que rien ne transparaisse, elle ne devait pas savoir. Ils trouvèrent de quoi manger et un endroit charmant et puis la journée passa, agréablement, certes, mais à la fin, quand Léo raccompagna Blanche à la porte de son immeuble, il lui semblait que ses épaules pesaient une tonne. Il avait gardé ses distances toute l’après-midi, restant courtois, amical, mais rien de plus, il ne lui avait plus jamais pris la main, alors qu’il faisait ça habituellement sans même une arrière pensée et plus les heures avaient passé plus Blanche semblait dépitée malgré son apparente bonne humeur. Une fois qu’il se furent séparé en promettant de se revoir mais sans se donner rendez-vous pour autant, sans un baiser, sans un geste tendre, Emerson eut l’impression d’être vidé et il appela un ami pour passer prendre une bière chez lui et se changer les idées. Quelques jours passèrent des journées vides de sens où il n’avait aucune inspiration pour écrire son livre, il lui semblait qu’il errait chez lui et dans les rues, cela faisait bien longtemps qu’il n’avait pas été dans un état pareil. Au bout du compte il comprenait bien ce qu’il lui arrivait et il finit par accepter que le seul moyen pour qu’il se sente mieux c’était de la revoir. Alors il passa chez une fleuriste et puis dévora les quelques centaines de mètres qui le séparait de leur immeuble Haussmannien.  Une fois arrivé devant la résidence il se sentit bête, il ne connaissait rien de ces gens, même pas leur nom de famille, Cambridge étant le nom de son père. Il resta comme un crétin devant l’interphone, hésitant à sonner partout et en même temps il avait peur de déranger, sachant que la grand-mère de Blanche n’était pas en état. Il resta là de longues minutes sans savoir quoi faire avant d’être abordé par un vieil homme aux regard espiègle. Vous cherchez quelque chose mon garçon ? Léo l’observa une seconde avant de répondre. En fait… oui. Enfin quelqu’un. Je cherche une amie mais je ne connais pas le numéro de son appartement. L’homme le dévisagea à son tour, semblant le détailler puis lui offrit un petit sourire presque moqueur. C’est vous, Léopold ? Emerson eut un moment d’égarement, ne sachant quoi répondre ni comment ce vieillard pouvait connaître son prénom. Celui-ci se mit à rire franchement. Je ne suis pas devin. Votre accent vous a trahi. Et je pense avoir une petite idée du goût de ma petite fille pour les hommes. Ne restez pas planté là, montez avec moi. Léo, toujours surpris et incapable de répondre quoi que ce soit le suivit dans la cours de l’immeuble. Blanche est parti faire une course mais vous pouvez l’attendre en haut. Et puis si je raconte à ma femme que je vous ai croisé sans qu’elle ait le loisir de vous rencontrer elle va me faire toute une vie. Il venait de se faire avoir par le grand-père de Blanche, comme pris au piège alors qu’elle n’était même pas chez elle. Il se sentait idiot, ne sachant ce qu’il allait pouvoir raconter à ces inconnus. Merci. Mais je pourrais repasser, ce n’est pas un problème. Allons, ne soyez pas impoli, jeune homme. Ce à quoi il ne sut quoi dire, cet homme avait réponse à tout. L’appartement était coquet, chic mais sans être ostentatoire, bien loin du luxe apparent de la maison Cambridge à Bowen. Léo s’y sentit bien tout de suite. Dans le salon il fut accueillit par une vieille femme élégante malgré son teint blafard, elle lisait un livre en écoutant de la musique dans son fauteuil. L’australien s’était attendu à ce qu’elle soit au fond de son lit, branchée de partout, mais il se trompait, ou peut-être arrivait-il un jour où elle était en forme. Il alla la saluer, son bouquet à la main qu’il lui tendit avec un sourire. Elle était encore belle, Blanche lui ressemblait beaucoup jusqu’à ses yeux d’un bleu saisissant. Madame, j’espère que vous aimez les fleurs. Evidemment elles ne lui étaient pas destiné au départ mais il trouva que c’était plus élégant de les lui offrir et son sourire confirma que c’était une bonne idée. Les présentations furent rapides et ils parlèrent du quartier un instant. Puis la grand-mère regarda par la fenêtre, l’air absent et soudainement fatiguée. C’était ça alors, la maladie, elle la prenait sans crier gare, semblant la vider de toute énergie. Alors c’est donc vous, Léo. Vous savez, notre Blanche parle de vous… Je vous remercie de lui changer les idées, elle n’a pas besoin de passer tout son temps avec sa vieille mamie mourante. Et puis la vie continuera, même après moi, il faut le lui rappeler. Elle tourna finalement la tête vers lui, plongeant son regard dans le sien. Elle mérite d’être heureuse. Le ton était appuyé pour qu’il comprenne bien le message. Léo, gêné, sembla rougir dans sa barbe. Je vais vous laisser, vous avez besoin de repos. Dites… non. Ne dites pas à Blanche que je suis passé. On se recroisera bien d’ici peu. Merci pour votre temps. Et il se levait déjà. La vieille femme attrapa sa main. Je comprends pourquoi elle vous aime bien, vous êtes charmant. Vous savez, ses fleurs préférés ce soit les orchidées, du moins elle adorait ça quand elle était petite. Mais celles-ci sont superbes aussi... L’oeil rieur malgré la fatigue apparente, elle esquissa un petit sourire, elle n’était pas dupe, évidemment qu’elle avait compris à qui ces fleurs étaient destiné au départ. Prenez soin de vous. A bientôt, j’espère ! Et il s’enfuyait déjà, après avoir salué le vieil homme. Une fois dehors il pris le temps de respirer, de prendre l’air. Jamais Léo n’aurait pensé se retrouver face à ces deux personnes si pleines de vie malgré le temps qui passe ou la maladie, si bienveillantes envers leur petite fille et envers lui aussi, même s’ils ne le connaissaient pas. Il avait été touché par leur accueil et en même temps incapable de se détendre, par peur de faire mal, d’être mauvais face à leur interrogatoire à peine déguisé. Lui avait peu de contact avec ses grands parents, même ceux qui vivaient ici, à Paris, parce qu’il ne prenait pas le temps de les visiter, mais peut-être devrait-il, peut-être… En attendant il rentra chez lui, n’attendant pas que Blanche revienne, de toute façon il ne savait pas combien de temps il devrait patienter et puis il avait eu son lot d’émotions pour la journée. En plus il ignorait si elle serait heureuse ou en colère d’apprendre qu’il était avait rencontré sa famille. Alors autant laisser couler un peu et se faire petit. Il rentra chez lui et écrivit un chapitre de son récit de voyage, tout n’était pas perdu.

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MessageSujet: Re: Être parisien, ce n’est pas être né à Paris, c’est y renaître + Léanche   Ven 19 Oct 2018 - 4:40

Ils profitèrent de leur journée ensemble, acceptant la distance qu'ils s'étaient infligée pour protéger leurs deux coeurs meurtris par leur passé ensemble. Deux coeurs qui n'étaient plus prêts à souffrir et qui les imploraient de renoncer à la douleur inévitable qu'ils auraient s'ils se laissaient tentés par les habitudes d'avant. Ils acceptèrent à contrecœur de devenir platonique, rien qu'amical, même s'ils étaient visiblement malaisés par la situation en soi. C'était plus facile de fuir, plus facile d'éviter de confronter le passé et les émotions naissantes alors qu'ils découvraient, à deux, Paris sous un tout nouvel angle. Alors, Blanche se laissa guider, appréciant les bribes d'histoires sur la belle capitale qu'elle rencontrait pour la première fois que Léo lui livrait. Il la connaissait, sa ville chérie, et avec plaisir il en parlait sous les expressions d'admiration de sa comparse pour la journée, Comparse qui, malgré l'intérêt qu'elle portait pour Notre-Dame et toutes les autres attractions environnantes et touristiques, souffrait malgré tout de la distance volontaire qu'ils s'étaient imposée, comme une barrière les empêchant d'être eux-mêmes. Ensemble, ils étaient tactiles. Plus que n'importe qui. Même sans arrière-pensée. Mais, à présent, ils ne se permettaient plus d'erreurs, traçant une ligne claire et définie sur leur relation présente : sans contact, moins de tracas il y aurait. À la fin de la journée qui passa, somme toute, rapidement, Blanche était épuisée de contrôler son coeur qui menaçait d'éclater devant les yeux du photographe. Leur séparation, même s'ils avaient envie de se revoir, leur ferait à tous deux du bien. Se quitter pour mieux se retrouver, voilà ce dont ils avaient besoin. Alors, ils se quittèrent toujours aussi platoniques qu'ils l'avaient été, sans même se frôler la peau. Et passèrent quelques jours où la blonde n'osa plus bifurquer vers le petit café qui, à présent, était leur point de rencontre commun.
Il lui fallait toute l'énergie du monde pour se lever du lit et sortir de la chambre d'invité, lavée par la vie. Les derniers jours avaient été des montagnes russes d'émotions alors qu'elle avait dû accepter la perte de toute fluidité dans sa relation avec Léo, mais, aussi, l'acceptation que l'état de sa grand-mère s'aggravait, de semaine en semaine. Elle la voyait perdre son énergie, beaucoup plus rapidement, et cela ne lui donnait pas envie de se balader dans les rues de la ville. Pas le moins du monde. Blanche préférait nettement rester au chevet de sa grand-mère souffrante et profiter de temps de qualité avec elle. C'était sa motivation de se lever chaque matin, pensant qu'il s'agirait peut-être de leur dernier ensemble. Elles jouaient aux cartes, regardaient des feuilletons à l'eau de rose stéréotypés et discutaient beaucoup. Elles créaient à nouveau la complicité qu'elles avaient lorsqu'elle était la petite Cambridge. Lorsque ses grands-parents les visitaient, elle et son frère, dans leur grande maison à Bowen et qu'ils dormaient dans la chambre près de la sienne. Lorsqu'elle s'évadait de son lit, la nuit, pour que sa mamie lui flatte les cheveux en lui chantant des mélodies, ce que sa mère ne faisait pas. Elle s'était confié à elle, sur sa vie à Bowen, ses erreurs, ses relations et en l'espace de quelque temps, elles étaient devenues proches. Claire en savait plus sur sa vie et bien des gens qu'elle fréquentait tous les jours dans sa routine australienne.
Un beau matin, elle s'était proposée pour aller ramasser les médicaments de Claire à la pharmacie pendant que son grand-père, lui, s'occupait du paysagement devant leur immeuble haussmannien. C'était son péché mignon et, même si l'immeuble ne lui appartenait pas, avec les années, il avait gagné la confiance du propriétaire qui lui avait donné cette tâche. Jean-Paul était satisfait et les fleurs ne s'étaient jamais mieux portées que sous sa charge. Cette courte sortie fit du bien à la tatoueuse qui avait passé les derniers jours enfermée entre les quatre murs du logement, sans vraiment voir la lumière du soleil. Elle fit alors le plein de grand air, mais aussi de la beauté des rues de Paris qui lui avait manqué durant son exil dans la maison. Exil qu'elle s'était elle-même imposé. Blanche n'avait besoin que d'elle-même pour s'imposer des souffrances, elle l'avait toujours fait tiraillée entre ses envies et ses réels besoins. Première responsable de ses désespoirs. À son retour, pimpante de l'énergie qu'elle avait retrouvée en se baladant avec légèreté sur les pavés de la ville, sautillant presque pour éviter de toucher les joints de ciments sur le sol, elle fit face à sa grand-mère et un beau et somptueux, mais en toute simplicité, bouquet de fleurs blanches. Des roses blanches, aussi blanches que son nom. La blonde sourit à la vieille dame qui avait l'air beaucoup plus épuisée qu'avant son escapade vers la pharmacie. Wow, grand-mère, elles sont magnifiques ces fleurs! S'exclama-t-elle en déposant les médicaments sur la table basse où reposait le bouquet, dans un grand vase orné de fioritures que son grand-père venait de remplir d'eau. Ton grand-père est un vrai romantique, un français né, lui sourit-elle de toutes les forces qui lui restaient. Elle lui avait menti, mais Blanche n'en avait aucune idée. Un mensonge qui évitait de lui faire encore plus mal qu'elle en avait déjà. Tu le rencontreras, toi aussi, ton grand romantique. Ne perds pas espoir, ma toute belle. Viens. Blanche s'approcha d'elle, les yeux remplis de larmes silencieuses qui menaçaient de tomber. Elle n'avait pas envie d'un grand romantique français, elle avait envie de son grand romantique français. Celui qu'elle aimait taquiné de son nom entier, juste pour le voir réagir parce qu'il en détestait la résonance. Elle s'asseyait sur le sol, aux pieds de la vieille femme, et se laissa jouer dans ses longues boucles blondes comme lorsqu'elle était petite, des larmes ruisselantes sur ses joues. Sans adresser une parole ou un geste. Appréciant les doigts fins de sa douce grand-mère qui supportaient toute la douleur de son être.
Après des jours de quarantaine, Blanche décida de sortir de la maison, un peu - beaucoup - forcée par ses grands-parents qui s'inquiétaient de la voir passer toutes ses vacances à l'intérieur. Jour après jour, elle s'était présenté au café du Monde, petit coin qui était devenu tout spécial pour elle, dans l'espoir de croiser un visage connu parmi tous les inconnus qui y passaient. Elle en avait vu des visages, mais jamais celui qu'elle cherchait. Jour après jour, elle restait des heures sans le croiser jusqu'à ce jour où elle perdit espoir de le revoir. Elle ne savait pas où il habitait et, même si elle l'avait appris, elle n'aurait su comment s'y rendre. Blanche devait tirer un trait sur lui, malgré la promesse de se revoir, ils s'étaient perdus dans la grande ville. Ce matin là, sans espoir de le trouver, elle avait commandé un croissant et un café et elle s'était assise sur la terrasse pour regarder les passants, tout à fait innocemment, juste avant de pouvoir enfin retrouver la chaleur des bras de sa grand-mère Claire.

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MessageSujet: Re: Être parisien, ce n’est pas être né à Paris, c’est y renaître + Léanche   Ven 19 Oct 2018 - 13:54

Il fallut quelques jours à Léo pour se remettre de cette rencontre peu ordinaire, le couple Aubé, parce qu’il connaissait enfin leur nom, était charmant, mais ils avaient clairement mis le doigt sur ce qui faisait le plus peur à l’australien : Blanche parlait de lui et elle avait des sentiments bien plus qu’amicaux. Il s’en était rendu compte, dans la cathédrale, mais cette visite le lui avait confirmé. Après toutes ces années, après tout le mal qu’il lui avait fait, après son attitude totalement incorrecte, elle restait toujours la même, il n’avait pas eu raison d’elle. Et pourtant il avait tout fait pour qu’elle le déteste, pour qu’elle comprenne qu’il n’était pas bon pour elle, mais ce devait être autre chose, c’était plus fort qu’eux. Puis à bien y réfléchir, il n’avait pas non plus réussi à se convaincre lui-même, alors… Le temps avait eu beau passer, il avait épousé à la femme de sa vie, il avait été heureux puis terriblement misérable, il avait fait son tour du monde et à présent il avait trouvé cet équilibre dans sa vie. Pourtant la belle Cambridge déboulait toujours, comme un chien dans un jeu de quilles, pour tout chambouler. Les choses auraient pu être simples, il aurait pu lui rendre son baiser dans Notre-Dame, il aurait pu prendre son numéro et la rappeler ou bien demander à ses grands-parents de lui parler de sa visite. Mais, allez savoir pourquoi, Emerson trouvait toujours le moyen de compliquer les choses, au lieu de simplement voir ce que ça pouvait donner avec Blanche, de leur offrir une chance, il fuyait, incapable d’assumer les sentiments qu’il avait pour elle. C’était une bien vieille habitude, tenace. A chaque fois qu’il tentait de faire un pas vers elle, quelque chose le faisait reculer de deux, inlassablement. Par le passé il y avait toujours une autre fille, plus jolie, plus attirante, plus sexy, l’attrait de la nouveauté et du défi, tout bêtement. Aujourd’hui pourtant il n’y avait personne, il ne cherchait même pas à en rencontrer de nouvelles, lui, l’éternel amoureux, s’était lassé des conquêtes. Alors on pourrait croire que le champ était libre pour l’australienne, mais une peur subsistait, bien plus profonde, inexplicable. Pour l’étouffer il s’occupait, il avait pris quelques jours pour se changer les idées, passant un week-end prolongé chez l’un de ses cousins en Bourgogne, il avait profité de ses enfants aux rires communicatifs et de la convivialité de ce couple qui l’accueillait toujours avec plaisir. La dernière nuit il avait discuté avec sa femme, Marie, jusqu’à pas d’heure, autour d’une bouteille de vin qui avait eu raison de son mutisme. Elles étaient fortes pour sentir ce genre de choses, les filles, Marie avait tout de suite compris qu’il y avait une histoire de cœur sous son sourire crispé et ses regards absents et il avait finit par lui parler de la blonde qui hantait ses pensées. Elle n’avait pas trouvé de solutions qu’il ne connaissait pas, ni de miracle, mais discuter avait au moins fait du bien à notre homme et il était retourné sur Paris le cœur un peu plus léger. Ce matin il avait un rendez-vous avec son éditeur pour faire un point sur l’avancée de son récit. Ils s’étaient rejoint dans ce fameux café où il avait se habitudes mais cette fois-ci il était à l’intérieur pour pouvoir discuter en toute discrétion. Son éternel café face à lui, il l’écoutait lui parler de ses idées pour faire la promotion du livre qui n’était pas encore achevé. Le peu de pages que Léo avait envoyé était prometteur et il prédisait un beau succès pour ces mémoires. Mais il fallait qu’il donne envie à ceux qui le connaissaient de l’acheter et de parler de lui pour que le bouche à oreille fonctionne. Il avait dans l’idée qu’il communique un peu plus sur Instagram, là où il avait une communauté importante, qu’il leur montre des bouts de son travail, sans trop en dévoiler, du teasing en gros. Le barbu l’écoutait avec attention plus ou moins convaincu par son idée mais néanmoins docile. Puis il remarqua une chevelure blonde qui s’installait en terrasse et son palpitant rata un battement. Il mit quelques courtes minutes avant d’être certain que c’était elle, jusqu’à ce qu’elle tourne son visage vers le serveur pour prendre sa commande et là plus aucun doute n’était permis. Elle portait une robe légère et ses cheveux lâchés dansaient dans son dos, à peine maquillée elle ne cachait pas les taches de rousseur qui lui donnait cet air d’éternelle gamine. Bref, à présent le pauvre éditeur aurait beau tout faire, il n’avait plus aucune attention de la part de Léo. Celui-ci finit par le remarquer au bout d’un moment et le signifia par un soupire appuyé. Pardon ! Excuse-moi, c’est juste… j’ai bien compris le message. Je te fais parvenir les prochains chapitres rapidement. En fait j’ai un autre rendez-vous. Je dois te laisser. Merci pour tes conseils, j’en tiendrais compte. Et sans attendre il se leva de table pour aller rejoindre Blanche. Il faillit bousculer le serveur qui arrivait avec la commande de la blonde et rattrapa le croissant in-extremis. Laissez, je vais l’apporter à la jeune fille. J’en veux bien un également s’il vous plais. Et un autre café ! Le serveur ne comprit pas grand chose mais il retourna en cuisine, bredouille. Léo, quant à lui, endossa son rôle et posa la commande sur la table en terrasse. Un croissant et un café long pour mademoiselle. Il avait essayé d'utiliser son plus beau français sans accent. Puis il s’installa en face d’elle, portant sur son visage une expression rieuse. Je peux me joindre à toi ? Il ne lui laissait pas vraiment le choix en vérité. Tu as adopté mon habitude je vois ! C’est agréable, non ? Comment va Claire ? Il la bombardait de questions comme pour ne pas lui laisser le temps de réfléchir ni de prendre la fuite face à lui. Il n’était plus ce Léo qui gardait ses distances à Notre-Dame, il semblait redevenu lui-même.

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Think I want it to stay
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MessageSujet: Re: Être parisien, ce n’est pas être né à Paris, c’est y renaître + Léanche   Sam 20 Oct 2018 - 7:06

Qu'est-ce qu'elle cherchait au juste? Qu'avait-elle de plus à confirmer? Même s'il avait été clair, même si plus aucune questions ne se posaient, Blanche cherchait encore à le revoir. Lui, l'homme qui avait écrasé son cœur dans tous les sens et qui avait fini par refaire sa vie, sagement, sans se soucier de ce qui restait de la blonde, touchée par balle. Elle ne savait pas qu'elle confirmation elle tentait toujours d'avoir, pourtant Blanche avait passé les derniers jours à traîner au café. Puis, elle rentrait bredouille retrouvant sa grand-mère pour une partie de dame de pique en sirotant un thé bien chaud dans le séjour, juste devant la grande fenêtre en baie qui habillait la pièce. C'était à présent sa routine. Jusqu'à ce matin, matin où elle avait perdu totalement l'espoir de le croiser à nouveau. Et puis, même si il avait foulé l'endroit, qu'aurait-elle trouver à lui dire ? Elle se serait encore emmêlée les pinceaux en tentant de raccrocher son coeur, puis malaisée elle s'en serait excusée gênée d'exister. C'était inévitable, irréfutable même, quand il était question du photographe. Lui même n'avait certainement plus envie de croiser Blanche dans les rues de Paris, bien trop apeuré à l'idée qu'elle ne lui saute encore dessus en lisant mal les signes et devant s'efforcer d'être poli et muni de tact pour régler le malaise. Elle pouvait bien comprendre pourquoi il n'avait pas remis les pieds au café du Monde. Mais Blanche était obstinée. Et elle s'était créée une routine qu'elle faisait, maintenant, ce matin, que pour elle. Assise à la table qu'ils avaient partagé les deux fois qu'ils s'étaient rencontrés au café, l'Australienne avait commandé son éternel croissant et son café allongé, demie-crème et demi-sucre. Puis, elle attendit patiemment sa commande, ouvrant le livre qu'elle avait emprunté à sa grand-mère. Les misérables, Victor Hugo, écrit en français pour l'efforcer à maîtriser toujours plus la si belle langue de l'amour. Elle ne comprenait pas tous les passages, certains étaient difficile à déchiffrer pour l'Australienne qui n'avait pas pratiquer la langue depuis des années, mais somme toute elle se débrouillait bien. Parfois, elle demandait à son grand-père de lui traduire un mot ou deux histoire de bien se situer dans la fiction.
Son croissant arriva, se déposant droit devant elle suivit de son café. La livraison avait sortie Blanche de ses pensées, absorbée par son livre, à un tel point qu'elle ne reconnu pas l'accent familier qui venait de lui adresser la parole jusqu'à ce qu'il se place devant elle. Bouche-bée, elle le regardait perplexe. Rêvait-elle ? Était-il réellement là ? Elle se racla la gorge. C'est agréable, oui, affirma-t-elle essoufflée par ses questions qui battaient sans cesse, sans lui laisser le temps d'assimiler qu'il venait réellement de prendre place à ses côtés. Léo prit soin de lui demander des nouvelles de sa grand-mère, ce qui fit instantanément plaisir à la blonde. Elle ne voulait pas devenir émotive devant lui, elle pet donc une petite pause avant de lui répondre, lui laissant le temps de replacer soigneusement les boucles blondes de ses cheveux derrière ses oreilles. Oh, tu sais, chaque jour est un combat... Aujourd'hui, ça allait, mais hier.. Blanche s'arrêta sèchement. Elle le regarda, les sourcils froncés, le regard plein de questionnement. Attends une seconde... Elle ne comprenait pas, il y avait des éléments qui lui manquaient pour assembler les pièces du puzzle. Comment tu peux connaître le prénom de ma grand-mère, Léo ? Je ne te l'ai jamais mentionné, lui demanda-t-elle sévère. Elle se rappelait de tous les détails de sa vie qu'elle lui avait donnés, mais pas de lui avoir parlé de sa grand-mère en utilisant son prénom. L'espionnait-il ?
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MessageSujet: Re: Être parisien, ce n’est pas être né à Paris, c’est y renaître + Léanche   

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Être parisien, ce n’est pas être né à Paris, c’est y renaître + Léanche
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