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 Être parisien, ce n’est pas être né à Paris, c’est y renaître + Léanche

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adm h
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MessageSujet: Re: Être parisien, ce n’est pas être né à Paris, c’est y renaître + Léanche   Mer 24 Oct 2018 - 13:10

Léo se pensait plus sage, plus réfléchi, alors qu’il avançait doucement vers la quarantaine. Il repensait parfois à cette soirée sur la plage de Bowen durant laquelle il avait fêté l’anniversaire de Violet avec quelques amis à elle, à cette fin de nuit où ils restaient tous les deux, les gamins du soir, entourés de trentenaires déjà bien avancés qui semblaient regretter la jeunesse qu’ils voyaient face à eux. Emerson ne regrettait pas ses vingt ans ni les trente. Il avançait sereinement dans l’âge, se disant que ce n’était qu’un nombre et puis que finalement, vieillir avait du bon, il était certes moins fougueux, il avait gagné quelques rides et deux ou trois cheveux blancs qui lui donnaient l’air plus mature. Sa silhouette taillée n’était peut-être plus aussi ferme qu’avant mais il faisait aussi moins de sport et dans ce domaine là il n’y avait pas de secret, pour rester en forme il fallait s’entretenir, mais il n’avait pas encore à rougir de son corps qui se dessinait harmonieusement sous ses vêtements bien coupés. Il avait changé, sur quelques points, mais il en allait de même pour tout le monde et il n’avait pas peur de prendre encore quelques années, c’était le propre de l’être humain, on ne pouvait pas regarder son passé en pleurant sur celui que l’on avait été, il fallait avancer, continuer et jouir de cette vie qu’on avait la chance de vivre. Surtout lui, qui avait eu la chance d’être gâté par celle-ci, finalement. Et puis face à Blanche il semblait de moins en moins sage, totalement irréfléchi, comme si les années n’avait pas eu de prise sur les réactions qu’elle provoquait chez lui. Il était toujours cet éternel gamin qui mettait les deux pieds dedans, qui se faisait avoir par sa beauté et par l’effet qu’elle lui faisait, incapable de se raisonner alors qu’il fonçait droit dans le mur. Il avait pourtant essayé, plusieurs fois, en la repoussant dans Notre-Dame, en rebroussant chemin après avoir rencontré sa famille et en leur demandant de ne rien dire de sa visite. Il avait vraiment essayé oui, d’être détaché, de lui montrer qu’il était indifférent, qu’il n’était pas important dans sa vie et de lui faire croire qu’elle ne l’était pas non plus dans la sienne. Mais à croire que c’était peine perdue parce qu’il revenait encore, inlassablement vers elle, toujours plus surprenant, toujours plus galant, comme si, par ses gestes et ses mots irréfléchis, il cherchait à la séduire. Comme si, au combat du coeur contre la raison, c’était aujourd’hui le coeur qui gagnait la bataille.
Absorbée par sa lecture, la tatoueuse ne releva pas l’accent de son serveur et mit quelques secondes à réaliser qui se trouvait à présent face à elle. Les Misérables, c’était un livre ambitieux pour une étrangère qui ne connaissait pas parfaitement la langue de Molière, Léo s’était découragé aux premiers chapitres, mais c’était à une autre époque, quand il était adolescent. Elle était rayonnante, dans la lumière matinale, ses jolis boucles encadraient son visage et lui donnaient cet air faussement angélique. Il L’observait sourire, ne manquant pas une miette du spectacle. Et même quand son visage s’assombrit, alors qu’elle pensait à sa grand-mère, elle était toujours aussi belle, avec ses gestes délicats qui remettaient ses mèches derrière ses oreilles. Léo comprenait mieux ses paroles, maintenant qu’il avait rencontré Claire, il avait vu, en l’espace d’une courte visite, que son état pouvait changer en quelques minutes. Il hochait alors la tête de façon affirmative, aussi pour l’encourager à poursuivre. Mais elle s’arrêta là dans sa réponse et fronça le nez, signe que quelque chose n’allait pas. Sa question le saisit, n’avait-elle réellement jamais mentionné son prénom ? Il venait de se piéger lui-même. Mais si, tu m’en as parlé, on se connait depuis longtemps toi et moi Blanche ! Il voulait avoir l’air assuré mais lui-même doutait de son affirmation. Le serveur arriva pour déposer sa commande et lui sauver la mise par la même occasion parce que le visage sévère de Blanche montrait qu’elle n’était pas convaincu par sa réponse. Et Léo connaissait assez la blonde pour savoir qu’elle avait bonne mémoire pour ce genre de choses, bien trop bonne même. Il remercia le serveur et le regardait retourner en salle un moment, fuyant volontairement le regard accusateur de son ex. Léo avait beaucoup de défauts dont deux que Blanche connaissait bien. Un, il ne savait pas bien mentir quand il n’était pas préparé. Et deux, il avait une très mauvaise mémoire des prénom. Il soupira alors avant d’affronter le regard de celle qui attendait des réponses. Je les ai renconté, la semaine dernière. Tu étais sortie, j’ai croisé ton grand-père sur le trottoir qui m’a reconnu dès que j’ai ouvert la bouche, il m’a piégé en me faisant monter chez eux, me faisant croire que tu allais revenir d’une minute à l’autre et j’ai parlé un instant avec Claire. Je ne suis pas resté bien longtemps. Je crois que j’ai pris peur. Il avait carrément flippé, oui ! Je suis parti avant que tu ne rentres et je leur ai demandé de ne pas te parler de ma visite. Il se sentait idiot, comme pris la main dans le sac, sans vraiment comprendre pourquoi. Il était entré dans son intimité sans qu’elle l’y ait invité, il avait rencontré sa famille sans savoir si elle aurait voulu qu’il le fasse et puis il était parti comme un voleur, comme s’il avait fait une erreur, sans savoir si s’en était vraiment une. C’est un couple charmant. Tu ressembles beaucoup à ta grand-mère.

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MessageSujet: Re: Être parisien, ce n’est pas être né à Paris, c’est y renaître + Léanche   Mer 7 Nov 2018 - 5:27

Les années passent, mais se ressemblent. Elles diffèrent, mais sont finalement toujours un peu similaires. Mis à part les années qui s’accumulaient au compteur, finalement, l’humain demeure inlassablement toujours la même personne. Un peu plus ridé, mais toujours la même. Plus Blanche avançait dans la trentaine, plus elle se dirigeait vers les quarante années terrifiantes, plus elle réalisait qu’à force d’essayer de se battre contre ce qu’elle ressentait vraiment, elle finissait par se perdre elle-même. La blonde avait tenté, les dernières années, de combattre l’inévitable. De changer, pour ce qui lui semblait à cet instant mieux pour sa personne. Et pourtant. Il avait fallu qu’elle tombe sur les yeux de son ténébreux pour que tout le travail qu’elle avait fait sur elle s’écroule comme un château de carte sur lequel on aurait soufflé. Elle avait fini par faire face à la réalité : jamais elle n’avait pu l’oublier complètement. Jamais elle n’avait été en mesure de vivre pleinement, sans lui, sa réelle personne. La réalité en avait cependant décidé autrement forçant Blanche, une nouvelle fois, à renoncer à ses sentiments. À devenir distante, à se voiler la face devant son cœur qui lui ne battait seulement en la présence de Léo. Léo, qui, contribuait à la distance imposée entre leurs deux esprits refusant catégoriquement de revenir dans leurs mauvaises habitudes du passé. C’était pourtant tout ce qu’elle connaissait, la tatoueuse, lorsqu’il était question d’eux et de leur relation tapageuse. Il avait mis fin à leur relation et aujourd’hui encore il refusait de se laisser aller. Même s’il en avait envie. Même s’ils étaient, peut-être un peu, faits l’un pour l’autre. Même s’ils avaient besoin de sentir qu’ils ne s’étaient pas totalement perdus après toutes ses années. Blanche respectait les envies de Léo, toujours docile lorsqu’il était question de lui alors qu’elle aurait eu matière à refuser de tels comportements. Mais, dans cette relation dysfonctionnelle, il fallait mieux pour être d’éviter de se battre pour préserver son cœur, déjà beaucoup trop meurtri par ce qu’il avait subi. Il était déjà fragilisé, presque prêt à tomber en miette, à être balayé et jeté aux oubliettes pour l’éviter, comme trop souvent, d’avoir mal à vouloir crever. La blonde n’en pouvait plus de ce sentiment qui bourdonnait dans sa cage thoracique. Ce sentiment qui menaçait de tout briser sur son passage en emportant tout ce qui restait d’eux. Elle aurait aimé vivre pleinement son amour et arrêter de le taire, mais pour ça il aurait fallu que Léo soit du même avis. Qu’il veuille, lui aussi, vivre ouvertement ce qu’ils tentaient de cacher depuis trop longtemps.
Alors elle s’était installée sur la terrasse du café du Monde chaque matin, sirotant son café, en s’imaginant ce que sa vie aurait pu être si le passé avait été différent pour eux. Elle s’était œuvrée de patiente à l’idée de peut-être un jour le croiser à nouveau. En attendant, elle avait ses vacances pour lire et passer du temps avec sa famille. Sa grand-mère lui avait recommandé une lecture face à ses attentes : un défi de taille, qui lui prendrait sans doute tout le reste de son séjour à éplucher, mais qui la maintenait quelque peu occupée. Sans ça, la blonde se laissait distraire par l’envie fougueuse de quémander l’aide de tous les passants afin de retrouver celui qu’elle avait regagné ici, dans ce même café. Les yeux rivés sur la complexité des mots devant elle, Blanche n’avait même pas remarqué qu’une présence s’était ajoutée au décor. Elle ne s’était pas rendu compte que sa commande, éternel café et croissant, s’était posée de mains qui n’appartenait pas à son serveur habituel. Elle aurait pu reconnaitre ses bras parmi tant, mais ce fût la voix de l’homme qui l’a sorti de ses rêveries le regard plein de surprise. Surprise, elle l’était, mais qui plus est, la belle était d’autant plus heureuse de voir que cette fois, cette simple et unique fois, ce n’était pas elle qui lui avait couru derrière. Il s’était délibérément dirigé vers elle, consciemment, de son plein gré. Elle n’avait pas forcé les choses, elle n’avait rien fait excepté espérer que ce jour vienne. Et il était là, assis devant elle avec ses grands yeux doux qui s’étaient posés sur la blonde. Le serveur fit de nouveau apparition, déposant devant l’homme une viennoiserie et un café, signe que Léo s’était installé au moins le temps d’une conversation. Blanche souriait, un sourire niais et naïf, acceptant son imposition. Elle souriait, jusqu’à ce qu’elle s’arrête sèchement, nette, la discussion prenant une drôle de direction. Les sourcils froncés, elle secouait la tête. Non, Léo, je sais ce que je t’ai raconté… Et ça n’en fait pas partie. La douleur était trio grande, Blanche n’aurait pu lui parler de ses grands-parents maternels. Alors qu’elle avait seulement dix ans, sa mère s’était disputée avec eux, parce qu’ils essayaient de lui démontrer qu’ils ne l’avaient pas élevé comme une bourgeoise. Célia avait pris six ans avant de s’expliquer face à eux et de reprendre contact. À 16 ans, Blanche était loin d’être proche de ses parents. Elle les évitait et contestait toutes leurs décisions. Elle n’avait jamais profité des voyages en Europe, préférant demeurer le plus loin possible de ses géniteurs. La seule chose qu’elle regrettait, c’était d’avoir perdu des années de sa vie sans sa grand-mère. Déjà si jeune, elle protégeait son cœur de la souffrance. La suite de l’histoire était d’autant plus surprenante. Les fleurs, le sourire peu subtil de son grand-père et les remarques de sa grand-mère auraient dû lui mettre la puce à l’oreille. Et pourtant, rien ne lui avait sauté aux yeux. Rien du tout. La jeune Blanche aurait été furieuse. Elle lui aurait piqué une crise d’être entrée dans son intimité ainsi, alors qu’elle ne l’avait pas invité, Léo. Mais la nouvelle Blanche, celle qui était plus mure, se contenta de le regarder, le visage doux, expression qui était rare chez elle. Tu aurais dû rester… Se contenta-t-elle de dire, après un moment de silence bien posé. Dans tous les cas, ils ont respecté ta requête.. Son grand-père était le pire menteur au monde, tout comme Blanche. Elle retenait fortement ce trait de caractère de l’homme. Et pourtant, il ne lui avait rien dit et même s’il s’était échappé, elle était beaucoup trop perturbée pour s’en rendre compte. Ils sont charmant, oui, mais ce qui est surprenant, c’est qu’ils sont encore aussi amoureux qu’au premier jour. Elle sourit tristement, posant ses coudes sur la table pour reposer sa tête contre les paumes de ses mains. Je rêve d’un jour vivre ne serait-ce que la moitié de leur amour.


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MessageSujet: Re: Être parisien, ce n’est pas être né à Paris, c’est y renaître + Léanche   Dim 11 Nov 2018 - 19:23

Comme toujours la tornade Blanche avait tout bousculé sur son passage. Tout ce qui donnait un semblant de stabilité à l’existence du photographe. Elle, avec ses boucles blondes, ses taches de rousseur et ses sourires mutins, celle qui, de sa beauté insolente le bouleversait plus qu’il ne l’aurait voulu. Elle était sa faiblesse, elle était sa plus grande histoire d’amour, même s’il ne voulait pas se l’avouer, peut-être pas la plus belle, ni la plus forte, par sa faute à lui, parce qu’il n’avait jamais daigné leur donner une chance, mais la plus longue, celle qui revenait, inlassablement le hanter même quand il la chassait. Ce besoin déraisonnable de l’avoir auprès de lui, contre lui, dans son coeur même si sa raison s’y refusait. Ce matin il était à mille lieues de penser à elle, il avait ce rendez-vous professionnel qui devait occuper tout son esprit, mais c’était elle qui s’était rappelé à son bon souvenir et d’un coup plus rien n’eut de sens. C’était idiot, son monde ne tournait pas autour d’une seule fille, mais fidèle à son habitude d’éternel amoureux, Léo ne répondait plus de lui lorsque son palpitant s’emballait. La véritable question étant donc, était-il amoureux de la belle australienne ? Celle qu’il s’était toujours refusé à aimer pour d’obscures raisons. Pour l’heure il ne se la posait pas, comme toujours il préférait agir et il verrait plus tard pour les conséquences. Inconscient que plus il se rapprochait de Blanche plus il serait difficile de s’en éloigner par la suite. Il baissa la tête sur son café, le remuant avec sa cuillère alors qu’il n’avait pas de sucre, simplement pour se donner une contenance alors que la blonde lui faisait comprendre qu’elle n’était pas si facile à berner. Donc il était pris la main dans le sac lui qui avait voulu que sa petite visite à ses grands-parents passe inaperçu, il était démasqué. Alors il avoua tout, puisqu’il ne servait plus à rien de faire de mystère, quitte à ce qu’elle lui en veille, de toute façon ce ne serait pas la première fois, à croire qu’il était réellement incapable de savoir bien se comporter avec la belle Cambridge. C’est gentil de leur part, ils auraient pu me vendre… Il sourit faiblement, il lui était impossible de savoir si Blanche lui en voulait ou non et ça le déstabilisait. Sa petite histoire lui arracha un second sourire timide. Il l’avait bien remarqué, l’amour que se portait ce petit couple, celui qu’il lisait dans les yeux de cet homme qui tentait comme il pouvait de profiter de sa femme chaque instant parce qu’il savait à quel point le temps leur était compté. En véritable romantique il aurait aimé lui aussi connaître ce genre de d’affection qui le lie à une personne toute sa vie, qui le rend faible et fort à la fois. Mais à priori ce n’était pas pour lui. Il fixa Blanche avec tendresse, elle avait tout d’une adolescente qui songeait au prince charmant alors qu’elle lui faisait part de ses rêves. Vous les filles et vous idées romantiques… Il se moquait gentiment d’elle, pour ne pas montrer qu’il était troublé. Rapidement, Léo chercha à changer de sujet, il avisa son livre une nouvelle fois. Si tu veux apprendre correctement le français il y a une meilleure méthode que t’imposer ça. Viens avec moi ce soir, j’ai une soirée avec des amis parisiens, ça discutera de tout, de rien. Ils sont très sympas. L’air de rien, il l’invitait à lui présenter son entourage, ayant dans l’idée que ça pourrait la sortir de son quotidien un peu triste et puis, sans se l’avouer, c’était une façon de la revoir, une véritable invitation. Ca t’intéresse ? On changera du café croissant au moins… Il regarda furtivement sa montre, en vérité il ne pouvait pas rester très longtemps, il avait un autre rendez-vous à l’autre bout de la ville.


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MessageSujet: Re: Être parisien, ce n’est pas être né à Paris, c’est y renaître + Léanche   Jeu 15 Nov 2018 - 23:19

Léo était comme une maladie incurable pour le coeur de la blonde. Et chaque fois qu'il faisait apparition de nouveau dans son entourage, les symptômes de son infirmité faisaient surface, plus forts et plus grands qu'avant. Elle ne pouvait pas s'en sauver, c'était inévitable : chaque rencontre l'a trainait vraisemblablement vers le manque de l'homme, vers l'anxiété d'un jour le perdre pour de bon. Tant Blanche était consciente que de le perdre définitivement l'achèverait, tant elle ne voulait pas se donner la chance de s'attacher de nouveau et, inévitablement, finir par être blessée. Parce que, au final, c'était bien tout ce dont elle connaissait de leurs relations. Chaque fois, elles s'étaient terminées en un Léo plus heureux autrement et une Blanche meurtrie en silence par peur de déranger. Elle aurait pu parler, exploser, faire des crises sans fin parce qu'il l'avait mal mené et qu'il n'avait pas pris le temps de découvrir ce qu'elle avait à lui apporter, mais aussi parce que le photographe finissait toujours, d'une façon ou d'une autre, de revenir près d'elle quand il en jugeait nécessaire, quand il en avait besoin. Mais elle était trop gentille envers lui, Blanche, toujours à respecter ses besoins et ses sentiments en oubliant, par moment, les siens. Et pourtant, elle ne se gênait pas pour piquer des crisettes à d'autres. Mais Léo, c'était Léo. Son Léo. Rien ni personne ne pouvait se mettre entre elle et lui. Sauf sa femme, jadis sa copine. Elle avait été leur seule barrière, celle qui avait su charmer le globetrotteur plus que la Française l'avait fait. Après toutes ses années, elle n'était pas rancunière. Elle avait fini par accepter le destin, accepter que leur vie à deux se résumait à un vague rêve impossible à réaliser, bon quand on y pensait, mais mauvais quand on l'appliquait. C'était mieux ainsi, le destin avait bien fait les choses.
Blanche était sans expression, l'une des rares fois où elle ne laissait pas vraiment paraitre ses sentiments. Exactement comme les fois où, éprise de grande blessure face à l'homme, elle se fermait pour éviter de l'empêcher de vivre son bonheur ailleurs. Par contre, cette fois, il n'y avait rien de négatif dans l'histoire. Il l'avait cherché, il était venu la voir, visiblement, malgré leurs embuches. Elle aurait eu toutes les raisons du monde de s'extasier. C'était peu commun pour la blonde de rester de glace. Plus en contrôle de son corps et de ses émotions, maintenant dans la trentaine avancée, elle avait gagné en maturité. L'expression de Léo, elle, ne mentait pas. Il était déséquilibré, sans ses repères habituels. Il ne comprenait visiblement pas ce qui se passait dans la tête de son ancienne copine. Et il n'aimait pas ça. Blanche le comprit à sa réplique, laissée un peu en suspend. Ils tiennent à moi. Ils ont sans doute jugé que ta visite me ferait du mal, ou quelque chose comme ça... Annonça-t-elle en haussant les épaules. Voilà tout. Certes, c'est grands-parents étaient protecteur, mais l'énoncé était à moitié vrai. Et ce n'était clairement pas tout, vu la situation présente et les non-dits qui planaient au-dessus de leur tête. La vérité, c'était que Blanche aurait aimé avoir la surprise. Rentrer chez elle, course en main, et découvrir sur le pas de la porte d'entrée un visiteur non annoncé. De voir le sourire du photographe s'élargir en croisant ses taches de rousseurs et son air haletant, forcée d'avoir marché longtemps. D'être serrée dans ses bras et de ne plus les lâcher. Et pourtant, tout ça n'était possible que dans son idylle, rêve d'adolescente bercer par le coeur d'une trentenaire. Rêver, ça ne fait de mal à personne ! Dit-elle, faussement offusquée, un sourire narquois aux coins des lèvres. Blanche s'empara de son livre, sentant que la discussion prendrait fin sous peu. Elle ne pourrait en vouloir à Léo d'avoir des plans, il n'était tout de même pas en vacances perpétuelles à Paris. L'homme pointa son livre, l'accusant de s'y prendre de la mauvaise façon pour mieux maîtriser la langue. Blanche sourit, un peu amusée. Il ne la connaissait pas si bien, finalement, elle qui adorait plus que tout faire l'inverse de ce qu'on lui conseillait, faire à sa tête comme l'entêtée qu'elle était. Pourtant, il semblait avoir une idée plus concrète pour lui permettre de s'exercer, une idée qui fit sourciller la blonde, assise maintenant sur le bout de son siège. Elle n'était pas contre, mais elle n'était pas pour pour autant. Elle n'était pas d'humeur à se mêler à une foule, à devoir toujours expliquer d'où elle vient et pourquoi son accent n'a rien de français, à comprendre à moitié les expressions et les mots subtils de la langue. Je ne sais pas trop... Répondit-elle, d'abord. Tu sais, je ne connais pas ces gens... Mais elle avait clairement besoin de changer d'air, d'ouvrir un peu les fenêtres sur son quotidien maussade et de découvrir quelque chose de nouveau. Elle hésita longuement avant de mettre le poing sur la table. Mais, tu sais quoi ? Je pense que tu as raison. Blanche hocha la tête, un peu plus pour elle que pour lui, histoire de se convaincre elle même que sa décision était la meilleure. Et puis la soirée lui ferait du bien, c'était vrai. Encore fallait-il que les amis de Léo l'acceptent. Tu passes me prendre ?

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MessageSujet: Re: Être parisien, ce n’est pas être né à Paris, c’est y renaître + Léanche   Aujourd'hui à 20:26

Il n'avait jamais été simple pour Léo de comprendre Blanche. Elle qui semblait toujours d'humeur égale face à lui, qui se montrait d'humeur docile, pour le garder auprès d'elle. Il connaissait la blonde volcanique et colérique qu'elle montrait aux autres, ce caractère bien trempé, mais elle avait finalement toujours tempéré ses humeurs avec lui. Rarement il l'avait vu autrement que souriante et charmante, douce parfois, souvent féline et joueuse, continuellement dans la séduction pour se faire remarquer du seul homme qui la rendait vulnérable. Parce que oui, vulnérable elle l'était et Léo la brisait un peu plus à force de la côtoyer. Mais ce qu'elle ignorait c'est qu'il était tout aussi faible et fragile qu'elle, même s'il ne l'avouerait jamais, il se sentait vacillant face à elle. Inlassablement indécis sur le comportement qu'il devait adopter avec la blonde, Léo rayonnait toujours, surtout depuis qu'elle lui avait avoué être amoureuse de lui depuis des années. C'était bien plus simple, leur amitié dysfonctionnelle, ces rendez-vous volés quand ils en avaient besoin, tellement plus simple oui. Mais aujourd'hui il n'était plus question de ça, le barbu n'en avait même plus envie en vérité, s'il ne se l'avouait pas, il avait envie de la voir, de lui faire découvrir les mille et une merveilles de cette ville qu'il aimait tant, il voulait lui montrer son quotidien, lui offrir les clés de sa vie pour qu'elle l'adopte aussi. Il avait tellement peur d'apprendre un jour que Blanche avait repris un avion sans le prévenir, il se sentirait probablement démuni, seul ici, entouré de ses amis, de ces repères qu'il s'était créé, mais sans elle. Alors s'il ne la comprenait pas, s'il ne comprenait pas non plus ce besoin qu'il avait d'elle, il profitait malgré tout de sa présence qui lui faisait se sentir léger. Il n'était pas vraiment du même avis que la belle australienne, rêver ça entretenait l'espoir, ça pouvait faire plus de mal que ce qu'on pensait, mais il lui sourit, distrait par son air d'éternelle adolescente en fleur. Il savait qu'au fond elle rêvait d'un avenir avec lui, mais il n'était pas sûr de pouvoir le leur permettre, comme s'il était vraiment en mesure de pouvoir décider de quoi que ce soit. Tu es jolie quand tu rêves. Il avait lancé ça, comme un compliment mal assumé, de toute façon elle savait bien qu'il la trouvait belle, à son grand désespoir, elle finirait par causer sa perte. Et puis si elle rêvait à eux, c’était plutôt flatteur, flatteur que le simple fait de penser à lui la rende si belle, quand ça ne la faisait pas pleurer.
Il allait devoir partir, laisser Blanche à ses vacances parisiennes, mais pas sans une promesse de se revoir, pas comme les autres foi où ils avaient laissé faire le hasard, parfois chanceux, parfois moins. Pourtant sa proposition sembla presque effrayer la tatoueuse, elle qu'il connaissait pourtant avenante et prompte aux rencontres, n'avait pas l'air si emballée que ça. Ils sont gentils, ne t'en fais pas. Et beaucoup d'entre eux parlent anglais si c'est ce qui te fait peur, avec moi ils faisaient un effort au départ. Tu ne seras pas mise de côté. Il avait donné tous ses arguments, si elle refusait il n'avait plus que son sourire charmeur. Mais elle finit par accepter, soulageant le photographe. Il sourit comme un gamin heureux, triomphant. Je passe te prendre oui ! Et il se levait déjà. Vers dix-neuf heure, le temps d'y aller, c'est à deux stations de métro. Je sais où tu vis maintenant ! Il la salua rapidement et puis s'éclipsa aussi vite qu'il était arrivé. Toute la journée il fut distrait, incapable de se concentrer sur ses diverses activités et ses rendez-vous, un sourire crétin vissé aux lèvres, impatient d'être au soir. Et dix-neuf heure arriva, Blanche attendait sur son bout de trottoir devant chez ses grands-parents. Léo s'approcha d'elle, presque timide, c'était finalement leur premier rendez-vous, dans le vrai sens du terme. Gêné, comme si son ex l’impressionnait, comme s’il était encore un ado qui découvrait les filles, il piqua un bisou emprunté sur sa joue. Tu es très belle, ils vont t'adorer. On y va ? Et ensemble ils se rendirent chez son ami Simon. Dans la rue, dans le métro, ils avaient tout d'un petit couple charmant même s’ils ne parlèrent pas beaucoup. En arrivant Léo salua ses amis d'une poignée de main pour les hommes, une bise pour les filles, ils étaient huit, dans cet appartement typiquement parisien. Je vous présente Blanche, une amie de Bowen. Elle est en vacances à Paris. Et tous saluèrent la jolie blonde chaleureusement, Léo capta quelques regards appuyés qui nécessiteraient une discussion plus tard de la part de ses amies, il le sut tout de suite, il passerait à l'interrogatoire forcé. Simon fut le dernier à accueillir Blanche. J'ouvre une bouteille, ça va à tout le monde ?! Blanche, tu bois du vin ? Il avait posé sa question en français avec un sourire aimable.


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Être parisien, ce n’est pas être né à Paris, c’est y renaître + Léanche
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