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 Être parisien, ce n’est pas être né à Paris, c’est y renaître + Léanche

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adm h
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MessageSujet: Re: Être parisien, ce n’est pas être né à Paris, c’est y renaître + Léanche   Mer 24 Oct 2018 - 13:10

Léo se pensait plus sage, plus réfléchi, alors qu’il avançait doucement vers la quarantaine. Il repensait parfois à cette soirée sur la plage de Bowen durant laquelle il avait fêté l’anniversaire de Violet avec quelques amis à elle, à cette fin de nuit où ils restaient tous les deux, les gamins du soir, entourés de trentenaires déjà bien avancés qui semblaient regretter la jeunesse qu’ils voyaient face à eux. Emerson ne regrettait pas ses vingt ans ni les trente. Il avançait sereinement dans l’âge, se disant que ce n’était qu’un nombre et puis que finalement, vieillir avait du bon, il était certes moins fougueux, il avait gagné quelques rides et deux ou trois cheveux blancs qui lui donnaient l’air plus mature. Sa silhouette taillée n’était peut-être plus aussi ferme qu’avant mais il faisait aussi moins de sport et dans ce domaine là il n’y avait pas de secret, pour rester en forme il fallait s’entretenir, mais il n’avait pas encore à rougir de son corps qui se dessinait harmonieusement sous ses vêtements bien coupés. Il avait changé, sur quelques points, mais il en allait de même pour tout le monde et il n’avait pas peur de prendre encore quelques années, c’était le propre de l’être humain, on ne pouvait pas regarder son passé en pleurant sur celui que l’on avait été, il fallait avancer, continuer et jouir de cette vie qu’on avait la chance de vivre. Surtout lui, qui avait eu la chance d’être gâté par celle-ci, finalement. Et puis face à Blanche il semblait de moins en moins sage, totalement irréfléchi, comme si les années n’avait pas eu de prise sur les réactions qu’elle provoquait chez lui. Il était toujours cet éternel gamin qui mettait les deux pieds dedans, qui se faisait avoir par sa beauté et par l’effet qu’elle lui faisait, incapable de se raisonner alors qu’il fonçait droit dans le mur. Il avait pourtant essayé, plusieurs fois, en la repoussant dans Notre-Dame, en rebroussant chemin après avoir rencontré sa famille et en leur demandant de ne rien dire de sa visite. Il avait vraiment essayé oui, d’être détaché, de lui montrer qu’il était indifférent, qu’il n’était pas important dans sa vie et de lui faire croire qu’elle ne l’était pas non plus dans la sienne. Mais à croire que c’était peine perdue parce qu’il revenait encore, inlassablement vers elle, toujours plus surprenant, toujours plus galant, comme si, par ses gestes et ses mots irréfléchis, il cherchait à la séduire. Comme si, au combat du coeur contre la raison, c’était aujourd’hui le coeur qui gagnait la bataille.
Absorbée par sa lecture, la tatoueuse ne releva pas l’accent de son serveur et mit quelques secondes à réaliser qui se trouvait à présent face à elle. Les Misérables, c’était un livre ambitieux pour une étrangère qui ne connaissait pas parfaitement la langue de Molière, Léo s’était découragé aux premiers chapitres, mais c’était à une autre époque, quand il était adolescent. Elle était rayonnante, dans la lumière matinale, ses jolis boucles encadraient son visage et lui donnaient cet air faussement angélique. Il L’observait sourire, ne manquant pas une miette du spectacle. Et même quand son visage s’assombrit, alors qu’elle pensait à sa grand-mère, elle était toujours aussi belle, avec ses gestes délicats qui remettaient ses mèches derrière ses oreilles. Léo comprenait mieux ses paroles, maintenant qu’il avait rencontré Claire, il avait vu, en l’espace d’une courte visite, que son état pouvait changer en quelques minutes. Il hochait alors la tête de façon affirmative, aussi pour l’encourager à poursuivre. Mais elle s’arrêta là dans sa réponse et fronça le nez, signe que quelque chose n’allait pas. Sa question le saisit, n’avait-elle réellement jamais mentionné son prénom ? Il venait de se piéger lui-même. Mais si, tu m’en as parlé, on se connait depuis longtemps toi et moi Blanche ! Il voulait avoir l’air assuré mais lui-même doutait de son affirmation. Le serveur arriva pour déposer sa commande et lui sauver la mise par la même occasion parce que le visage sévère de Blanche montrait qu’elle n’était pas convaincu par sa réponse. Et Léo connaissait assez la blonde pour savoir qu’elle avait bonne mémoire pour ce genre de choses, bien trop bonne même. Il remercia le serveur et le regardait retourner en salle un moment, fuyant volontairement le regard accusateur de son ex. Léo avait beaucoup de défauts dont deux que Blanche connaissait bien. Un, il ne savait pas bien mentir quand il n’était pas préparé. Et deux, il avait une très mauvaise mémoire des prénom. Il soupira alors avant d’affronter le regard de celle qui attendait des réponses. Je les ai renconté, la semaine dernière. Tu étais sortie, j’ai croisé ton grand-père sur le trottoir qui m’a reconnu dès que j’ai ouvert la bouche, il m’a piégé en me faisant monter chez eux, me faisant croire que tu allais revenir d’une minute à l’autre et j’ai parlé un instant avec Claire. Je ne suis pas resté bien longtemps. Je crois que j’ai pris peur. Il avait carrément flippé, oui ! Je suis parti avant que tu ne rentres et je leur ai demandé de ne pas te parler de ma visite. Il se sentait idiot, comme pris la main dans le sac, sans vraiment comprendre pourquoi. Il était entré dans son intimité sans qu’elle l’y ait invité, il avait rencontré sa famille sans savoir si elle aurait voulu qu’il le fasse et puis il était parti comme un voleur, comme s’il avait fait une erreur, sans savoir si s’en était vraiment une. C’est un couple charmant. Tu ressembles beaucoup à ta grand-mère.

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MessageSujet: Re: Être parisien, ce n’est pas être né à Paris, c’est y renaître + Léanche   Mer 7 Nov 2018 - 5:27

Les années passent, mais se ressemblent. Elles diffèrent, mais sont finalement toujours un peu similaires. Mis à part les années qui s’accumulaient au compteur, finalement, l’humain demeure inlassablement toujours la même personne. Un peu plus ridé, mais toujours la même. Plus Blanche avançait dans la trentaine, plus elle se dirigeait vers les quarante années terrifiantes, plus elle réalisait qu’à force d’essayer de se battre contre ce qu’elle ressentait vraiment, elle finissait par se perdre elle-même. La blonde avait tenté, les dernières années, de combattre l’inévitable. De changer, pour ce qui lui semblait à cet instant mieux pour sa personne. Et pourtant. Il avait fallu qu’elle tombe sur les yeux de son ténébreux pour que tout le travail qu’elle avait fait sur elle s’écroule comme un château de carte sur lequel on aurait soufflé. Elle avait fini par faire face à la réalité : jamais elle n’avait pu l’oublier complètement. Jamais elle n’avait été en mesure de vivre pleinement, sans lui, sa réelle personne. La réalité en avait cependant décidé autrement forçant Blanche, une nouvelle fois, à renoncer à ses sentiments. À devenir distante, à se voiler la face devant son cœur qui lui ne battait seulement en la présence de Léo. Léo, qui, contribuait à la distance imposée entre leurs deux esprits refusant catégoriquement de revenir dans leurs mauvaises habitudes du passé. C’était pourtant tout ce qu’elle connaissait, la tatoueuse, lorsqu’il était question d’eux et de leur relation tapageuse. Il avait mis fin à leur relation et aujourd’hui encore il refusait de se laisser aller. Même s’il en avait envie. Même s’ils étaient, peut-être un peu, faits l’un pour l’autre. Même s’ils avaient besoin de sentir qu’ils ne s’étaient pas totalement perdus après toutes ses années. Blanche respectait les envies de Léo, toujours docile lorsqu’il était question de lui alors qu’elle aurait eu matière à refuser de tels comportements. Mais, dans cette relation dysfonctionnelle, il fallait mieux pour être d’éviter de se battre pour préserver son cœur, déjà beaucoup trop meurtri par ce qu’il avait subi. Il était déjà fragilisé, presque prêt à tomber en miette, à être balayé et jeté aux oubliettes pour l’éviter, comme trop souvent, d’avoir mal à vouloir crever. La blonde n’en pouvait plus de ce sentiment qui bourdonnait dans sa cage thoracique. Ce sentiment qui menaçait de tout briser sur son passage en emportant tout ce qui restait d’eux. Elle aurait aimé vivre pleinement son amour et arrêter de le taire, mais pour ça il aurait fallu que Léo soit du même avis. Qu’il veuille, lui aussi, vivre ouvertement ce qu’ils tentaient de cacher depuis trop longtemps.
Alors elle s’était installée sur la terrasse du café du Monde chaque matin, sirotant son café, en s’imaginant ce que sa vie aurait pu être si le passé avait été différent pour eux. Elle s’était œuvrée de patiente à l’idée de peut-être un jour le croiser à nouveau. En attendant, elle avait ses vacances pour lire et passer du temps avec sa famille. Sa grand-mère lui avait recommandé une lecture face à ses attentes : un défi de taille, qui lui prendrait sans doute tout le reste de son séjour à éplucher, mais qui la maintenait quelque peu occupée. Sans ça, la blonde se laissait distraire par l’envie fougueuse de quémander l’aide de tous les passants afin de retrouver celui qu’elle avait regagné ici, dans ce même café. Les yeux rivés sur la complexité des mots devant elle, Blanche n’avait même pas remarqué qu’une présence s’était ajoutée au décor. Elle ne s’était pas rendu compte que sa commande, éternel café et croissant, s’était posée de mains qui n’appartenait pas à son serveur habituel. Elle aurait pu reconnaitre ses bras parmi tant, mais ce fût la voix de l’homme qui l’a sorti de ses rêveries le regard plein de surprise. Surprise, elle l’était, mais qui plus est, la belle était d’autant plus heureuse de voir que cette fois, cette simple et unique fois, ce n’était pas elle qui lui avait couru derrière. Il s’était délibérément dirigé vers elle, consciemment, de son plein gré. Elle n’avait pas forcé les choses, elle n’avait rien fait excepté espérer que ce jour vienne. Et il était là, assis devant elle avec ses grands yeux doux qui s’étaient posés sur la blonde. Le serveur fit de nouveau apparition, déposant devant l’homme une viennoiserie et un café, signe que Léo s’était installé au moins le temps d’une conversation. Blanche souriait, un sourire niais et naïf, acceptant son imposition. Elle souriait, jusqu’à ce qu’elle s’arrête sèchement, nette, la discussion prenant une drôle de direction. Les sourcils froncés, elle secouait la tête. Non, Léo, je sais ce que je t’ai raconté… Et ça n’en fait pas partie. La douleur était trio grande, Blanche n’aurait pu lui parler de ses grands-parents maternels. Alors qu’elle avait seulement dix ans, sa mère s’était disputée avec eux, parce qu’ils essayaient de lui démontrer qu’ils ne l’avaient pas élevé comme une bourgeoise. Célia avait pris six ans avant de s’expliquer face à eux et de reprendre contact. À 16 ans, Blanche était loin d’être proche de ses parents. Elle les évitait et contestait toutes leurs décisions. Elle n’avait jamais profité des voyages en Europe, préférant demeurer le plus loin possible de ses géniteurs. La seule chose qu’elle regrettait, c’était d’avoir perdu des années de sa vie sans sa grand-mère. Déjà si jeune, elle protégeait son cœur de la souffrance. La suite de l’histoire était d’autant plus surprenante. Les fleurs, le sourire peu subtil de son grand-père et les remarques de sa grand-mère auraient dû lui mettre la puce à l’oreille. Et pourtant, rien ne lui avait sauté aux yeux. Rien du tout. La jeune Blanche aurait été furieuse. Elle lui aurait piqué une crise d’être entrée dans son intimité ainsi, alors qu’elle ne l’avait pas invité, Léo. Mais la nouvelle Blanche, celle qui était plus mure, se contenta de le regarder, le visage doux, expression qui était rare chez elle. Tu aurais dû rester… Se contenta-t-elle de dire, après un moment de silence bien posé. Dans tous les cas, ils ont respecté ta requête.. Son grand-père était le pire menteur au monde, tout comme Blanche. Elle retenait fortement ce trait de caractère de l’homme. Et pourtant, il ne lui avait rien dit et même s’il s’était échappé, elle était beaucoup trop perturbée pour s’en rendre compte. Ils sont charmant, oui, mais ce qui est surprenant, c’est qu’ils sont encore aussi amoureux qu’au premier jour. Elle sourit tristement, posant ses coudes sur la table pour reposer sa tête contre les paumes de ses mains. Je rêve d’un jour vivre ne serait-ce que la moitié de leur amour.


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MessageSujet: Re: Être parisien, ce n’est pas être né à Paris, c’est y renaître + Léanche   Dim 11 Nov 2018 - 19:23

Comme toujours la tornade Blanche avait tout bousculé sur son passage. Tout ce qui donnait un semblant de stabilité à l’existence du photographe. Elle, avec ses boucles blondes, ses taches de rousseur et ses sourires mutins, celle qui, de sa beauté insolente le bouleversait plus qu’il ne l’aurait voulu. Elle était sa faiblesse, elle était sa plus grande histoire d’amour, même s’il ne voulait pas se l’avouer, peut-être pas la plus belle, ni la plus forte, par sa faute à lui, parce qu’il n’avait jamais daigné leur donner une chance, mais la plus longue, celle qui revenait, inlassablement le hanter même quand il la chassait. Ce besoin déraisonnable de l’avoir auprès de lui, contre lui, dans son coeur même si sa raison s’y refusait. Ce matin il était à mille lieues de penser à elle, il avait ce rendez-vous professionnel qui devait occuper tout son esprit, mais c’était elle qui s’était rappelé à son bon souvenir et d’un coup plus rien n’eut de sens. C’était idiot, son monde ne tournait pas autour d’une seule fille, mais fidèle à son habitude d’éternel amoureux, Léo ne répondait plus de lui lorsque son palpitant s’emballait. La véritable question étant donc, était-il amoureux de la belle australienne ? Celle qu’il s’était toujours refusé à aimer pour d’obscures raisons. Pour l’heure il ne se la posait pas, comme toujours il préférait agir et il verrait plus tard pour les conséquences. Inconscient que plus il se rapprochait de Blanche plus il serait difficile de s’en éloigner par la suite. Il baissa la tête sur son café, le remuant avec sa cuillère alors qu’il n’avait pas de sucre, simplement pour se donner une contenance alors que la blonde lui faisait comprendre qu’elle n’était pas si facile à berner. Donc il était pris la main dans le sac lui qui avait voulu que sa petite visite à ses grands-parents passe inaperçu, il était démasqué. Alors il avoua tout, puisqu’il ne servait plus à rien de faire de mystère, quitte à ce qu’elle lui en veille, de toute façon ce ne serait pas la première fois, à croire qu’il était réellement incapable de savoir bien se comporter avec la belle Cambridge. C’est gentil de leur part, ils auraient pu me vendre… Il sourit faiblement, il lui était impossible de savoir si Blanche lui en voulait ou non et ça le déstabilisait. Sa petite histoire lui arracha un second sourire timide. Il l’avait bien remarqué, l’amour que se portait ce petit couple, celui qu’il lisait dans les yeux de cet homme qui tentait comme il pouvait de profiter de sa femme chaque instant parce qu’il savait à quel point le temps leur était compté. En véritable romantique il aurait aimé lui aussi connaître ce genre de d’affection qui le lie à une personne toute sa vie, qui le rend faible et fort à la fois. Mais à priori ce n’était pas pour lui. Il fixa Blanche avec tendresse, elle avait tout d’une adolescente qui songeait au prince charmant alors qu’elle lui faisait part de ses rêves. Vous les filles et vous idées romantiques… Il se moquait gentiment d’elle, pour ne pas montrer qu’il était troublé. Rapidement, Léo chercha à changer de sujet, il avisa son livre une nouvelle fois. Si tu veux apprendre correctement le français il y a une meilleure méthode que t’imposer ça. Viens avec moi ce soir, j’ai une soirée avec des amis parisiens, ça discutera de tout, de rien. Ils sont très sympas. L’air de rien, il l’invitait à lui présenter son entourage, ayant dans l’idée que ça pourrait la sortir de son quotidien un peu triste et puis, sans se l’avouer, c’était une façon de la revoir, une véritable invitation. Ca t’intéresse ? On changera du café croissant au moins… Il regarda furtivement sa montre, en vérité il ne pouvait pas rester très longtemps, il avait un autre rendez-vous à l’autre bout de la ville.


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MessageSujet: Re: Être parisien, ce n’est pas être né à Paris, c’est y renaître + Léanche   Jeu 15 Nov 2018 - 23:19

Léo était comme une maladie incurable pour le coeur de la blonde. Et chaque fois qu'il faisait apparition de nouveau dans son entourage, les symptômes de son infirmité faisaient surface, plus forts et plus grands qu'avant. Elle ne pouvait pas s'en sauver, c'était inévitable : chaque rencontre l'a trainait vraisemblablement vers le manque de l'homme, vers l'anxiété d'un jour le perdre pour de bon. Tant Blanche était consciente que de le perdre définitivement l'achèverait, tant elle ne voulait pas se donner la chance de s'attacher de nouveau et, inévitablement, finir par être blessée. Parce que, au final, c'était bien tout ce dont elle connaissait de leurs relations. Chaque fois, elles s'étaient terminées en un Léo plus heureux autrement et une Blanche meurtrie en silence par peur de déranger. Elle aurait pu parler, exploser, faire des crises sans fin parce qu'il l'avait mal mené et qu'il n'avait pas pris le temps de découvrir ce qu'elle avait à lui apporter, mais aussi parce que le photographe finissait toujours, d'une façon ou d'une autre, de revenir près d'elle quand il en jugeait nécessaire, quand il en avait besoin. Mais elle était trop gentille envers lui, Blanche, toujours à respecter ses besoins et ses sentiments en oubliant, par moment, les siens. Et pourtant, elle ne se gênait pas pour piquer des crisettes à d'autres. Mais Léo, c'était Léo. Son Léo. Rien ni personne ne pouvait se mettre entre elle et lui. Sauf sa femme, jadis sa copine. Elle avait été leur seule barrière, celle qui avait su charmer le globetrotteur plus que la Française l'avait fait. Après toutes ses années, elle n'était pas rancunière. Elle avait fini par accepter le destin, accepter que leur vie à deux se résumait à un vague rêve impossible à réaliser, bon quand on y pensait, mais mauvais quand on l'appliquait. C'était mieux ainsi, le destin avait bien fait les choses.
Blanche était sans expression, l'une des rares fois où elle ne laissait pas vraiment paraitre ses sentiments. Exactement comme les fois où, éprise de grande blessure face à l'homme, elle se fermait pour éviter de l'empêcher de vivre son bonheur ailleurs. Par contre, cette fois, il n'y avait rien de négatif dans l'histoire. Il l'avait cherché, il était venu la voir, visiblement, malgré leurs embuches. Elle aurait eu toutes les raisons du monde de s'extasier. C'était peu commun pour la blonde de rester de glace. Plus en contrôle de son corps et de ses émotions, maintenant dans la trentaine avancée, elle avait gagné en maturité. L'expression de Léo, elle, ne mentait pas. Il était déséquilibré, sans ses repères habituels. Il ne comprenait visiblement pas ce qui se passait dans la tête de son ancienne copine. Et il n'aimait pas ça. Blanche le comprit à sa réplique, laissée un peu en suspend. Ils tiennent à moi. Ils ont sans doute jugé que ta visite me ferait du mal, ou quelque chose comme ça... Annonça-t-elle en haussant les épaules. Voilà tout. Certes, c'est grands-parents étaient protecteur, mais l'énoncé était à moitié vrai. Et ce n'était clairement pas tout, vu la situation présente et les non-dits qui planaient au-dessus de leur tête. La vérité, c'était que Blanche aurait aimé avoir la surprise. Rentrer chez elle, course en main, et découvrir sur le pas de la porte d'entrée un visiteur non annoncé. De voir le sourire du photographe s'élargir en croisant ses taches de rousseurs et son air haletant, forcée d'avoir marché longtemps. D'être serrée dans ses bras et de ne plus les lâcher. Et pourtant, tout ça n'était possible que dans son idylle, rêve d'adolescente bercer par le coeur d'une trentenaire. Rêver, ça ne fait de mal à personne ! Dit-elle, faussement offusquée, un sourire narquois aux coins des lèvres. Blanche s'empara de son livre, sentant que la discussion prendrait fin sous peu. Elle ne pourrait en vouloir à Léo d'avoir des plans, il n'était tout de même pas en vacances perpétuelles à Paris. L'homme pointa son livre, l'accusant de s'y prendre de la mauvaise façon pour mieux maîtriser la langue. Blanche sourit, un peu amusée. Il ne la connaissait pas si bien, finalement, elle qui adorait plus que tout faire l'inverse de ce qu'on lui conseillait, faire à sa tête comme l'entêtée qu'elle était. Pourtant, il semblait avoir une idée plus concrète pour lui permettre de s'exercer, une idée qui fit sourciller la blonde, assise maintenant sur le bout de son siège. Elle n'était pas contre, mais elle n'était pas pour pour autant. Elle n'était pas d'humeur à se mêler à une foule, à devoir toujours expliquer d'où elle vient et pourquoi son accent n'a rien de français, à comprendre à moitié les expressions et les mots subtils de la langue. Je ne sais pas trop... Répondit-elle, d'abord. Tu sais, je ne connais pas ces gens... Mais elle avait clairement besoin de changer d'air, d'ouvrir un peu les fenêtres sur son quotidien maussade et de découvrir quelque chose de nouveau. Elle hésita longuement avant de mettre le poing sur la table. Mais, tu sais quoi ? Je pense que tu as raison. Blanche hocha la tête, un peu plus pour elle que pour lui, histoire de se convaincre elle même que sa décision était la meilleure. Et puis la soirée lui ferait du bien, c'était vrai. Encore fallait-il que les amis de Léo l'acceptent. Tu passes me prendre ?

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MessageSujet: Re: Être parisien, ce n’est pas être né à Paris, c’est y renaître + Léanche   Mar 20 Nov 2018 - 20:26

Il n'avait jamais été simple pour Léo de comprendre Blanche. Elle qui semblait toujours d'humeur égale face à lui, qui se montrait d'humeur docile, pour le garder auprès d'elle. Il connaissait la blonde volcanique et colérique qu'elle montrait aux autres, ce caractère bien trempé, mais elle avait finalement toujours tempéré ses humeurs avec lui. Rarement il l'avait vu autrement que souriante et charmante, douce parfois, souvent féline et joueuse, continuellement dans la séduction pour se faire remarquer du seul homme qui la rendait vulnérable. Parce que oui, vulnérable elle l'était et Léo la brisait un peu plus à force de la côtoyer. Mais ce qu'elle ignorait c'est qu'il était tout aussi faible et fragile qu'elle, même s'il ne l'avouerait jamais, il se sentait vacillant face à elle. Inlassablement indécis sur le comportement qu'il devait adopter avec la blonde, Léo tâtonnait toujours, surtout depuis qu'elle lui avait avoué être amoureuse de lui depuis des années. C'était bien plus simple, leur amitié dysfonctionnelle, ces rendez-vous volés quand ils en avaient besoin, tellement plus simple oui. Mais aujourd'hui il n'était plus question de ça, le barbu n'en avait même plus envie en vérité, s'il ne se l'avouait pas, il avait envie de la voir, de lui faire découvrir les mille et une merveilles de cette ville qu'il aimait tant, il voulait lui montrer son quotidien, lui offrir les clés de sa vie pour qu'elle l'adopte aussi. Il avait tellement peur d'apprendre un jour que Blanche avait repris un avion sans le prévenir, il se sentirait probablement démuni, seul ici, entouré de ses amis, de ces repères qu'il s'était créé, mais sans elle. Alors s'il ne la comprenait pas, s'il ne comprenait pas non plus ce besoin qu'il avait d'elle, il profitait malgré tout de sa présence qui lui faisait se sentir léger. Il n'était pas vraiment du même avis que la belle australienne, rêver ça entretenait l'espoir, ça pouvait faire plus de mal que ce qu'on pensait, mais il lui sourit, distrait par son air d'éternelle adolescente en fleur. Il savait qu'au fond elle rêvait d'un avenir avec lui, mais il n'était pas sûr de pouvoir le leur permettre, comme s'il était vraiment en mesure de pouvoir décider de quoi que ce soit. Tu es jolie quand tu rêves. Il avait lancé ça, comme un compliment mal assumé, de toute façon elle savait bien qu'il la trouvait belle, à son grand désespoir, elle finirait par causer sa perte. Et puis si elle rêvait à eux, c’était plutôt flatteur, flatteur que le simple fait de penser à lui la rende si belle, quand ça ne la faisait pas pleurer.
Il allait devoir partir, laisser Blanche à ses vacances parisiennes, mais pas sans une promesse de se revoir, pas comme les autres foi où ils avaient laissé faire le hasard, parfois chanceux, parfois moins. Pourtant sa proposition sembla presque effrayer la tatoueuse, elle qu'il connaissait pourtant avenante et prompte aux rencontres, n'avait pas l'air si emballée que ça. Ils sont gentils, ne t'en fais pas. Et beaucoup d'entre eux parlent anglais si c'est ce qui te fait peur, avec moi ils faisaient un effort au départ. Tu ne seras pas mise de côté. Il avait donné tous ses arguments, si elle refusait il n'avait plus que son sourire charmeur. Mais elle finit par accepter, soulageant le photographe. Il sourit comme un gamin heureux, triomphant. Je passe te prendre oui ! Et il se levait déjà. Vers dix-neuf heure, le temps d'y aller, c'est à deux stations de métro. Je sais où tu vis maintenant ! Il la salua rapidement et puis s'éclipsa aussi vite qu'il était arrivé. Toute la journée il fut distrait, incapable de se concentrer sur ses diverses activités et ses rendez-vous, un sourire crétin vissé aux lèvres, impatient d'être au soir. Et dix-neuf heure arriva, Blanche attendait sur son bout de trottoir devant chez ses grands-parents. Léo s'approcha d'elle, presque timide, c'était finalement leur premier rendez-vous, dans le vrai sens du terme. Gêné, comme si son ex l’impressionnait, comme s’il était encore un ado qui découvrait les filles, il piqua un bisou emprunté sur sa joue. Tu es très belle, ils vont t'adorer. On y va ? Et ensemble ils se rendirent chez son ami Simon. Dans la rue, dans le métro, ils avaient tout d'un petit couple charmant même s’ils ne parlèrent pas beaucoup. En arrivant Léo salua ses amis d'une poignée de main pour les hommes, une bise pour les filles, ils étaient huit, dans cet appartement typiquement parisien. Je vous présente Blanche, une amie de Bowen. Elle est en vacances à Paris. Et tous saluèrent la jolie blonde chaleureusement, Léo capta quelques regards appuyés qui nécessiteraient une discussion plus tard de la part de ses amies, il le sut tout de suite, il passerait à l'interrogatoire forcé. Simon fut le dernier à accueillir Blanche. J'ouvre une bouteille, ça va à tout le monde ?! Blanche, tu bois du vin ? Il avait posé sa question en français avec un sourire aimable.


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MessageSujet: Re: Être parisien, ce n’est pas être né à Paris, c’est y renaître + Léanche   Jeu 29 Nov 2018 - 20:12

Elle était rentrée en vitesse à la maison, pressée d'avertir ses grands-parents qu'elle n'allait pas rester à la maison avec eux ce soit-là, qu'elle avait été invitée à sortir telle une adolescente qui demandait la permission de rentrer plus tard. Elle devait pratiquer son français, se trouver quelque chose à porter, chercher un petit présent à emporter pour l'hôte de la soirée. Et plus le temps avançait, plus elle se rendait compte que cette soirée lui engendrait du stress. Elle était anxieuse, les mains moites à tenter de boucler ses cheveux avec son fer dans le minuscule miroir de sa salle de bain. Rencontrer les amis de son ancien copain, c'était un peu comme entrer dans sa nouvelle vie, comprendre les raisons pour lesquelles Paris était sa nouvelle maison, mais aussi, comprendre qui il était devenu cinq ans plus tard. C'était aussi se soumettre volontairement sous le jugement de gens qui ne la connaissaient pas à l'avance, qui ne connaissaient pas leur histoire commune, mais qui ne tarderaient pas à en découvrir sa complexité. C'était accepter qu'on lui pose des questions, peut-être indiscrètes, sur ce qu'ils étaient à présent alors qu'elle-même n'en avait pas les réponses. Se définir en tant que simples amis serait de mentir, voiler la vérité, mais ils n'étaient pas bien d'autres choses, sans thème précis. C'était accepter que le passé allait sans doute être ressassé, à nouveau, et consentir à l'exposer devant des inconnus. Mais qu'est-ce qui lui avait prit d'accepter de sortir ce soir ? À présent, elle redoutait sa rencontre. Elle redouter dix-neuf heures. Tu es sublime. Ils vont t'adorer, ma chérie. De toute façon, qui ne t'aime pas ? Blanche sourit à son grand-père dans le reflet du miroir. Je te sens anxieuse. Laisse-toi aller ce soir, d'accord ? Tu en as besoin. Et si ce Léo te fait quoi que ce soit, s'il te blesse à nouveau, crois-moi, il aura à faire à moi. La blonde riait doucement, se tournant alors face au vieil homme. Grand-père, franchement! s'indigna-t-elle. Tu sauras que, même à mon âge, je veillerai toujours sur la seule petite fille que j'ai.
Dix-neuf heures tapantes, Blanche était sur le coin de la rue son sac à main sur son épaule et une petite boite dorée dans une main. Elle attendait Léo comme dans la vision d'un film romantique. On aurait pu croire qu'ils avaient rendez-vous, qu'ils formaient encore un couple, c'était l'impression qu'ils donnaient alors qu'en le voyant arriver au loin, Blanche souriait déjà, presque timide de le voir. Il la complimenta sur son apparence, ses joues s'empourpraient encore plus. Elle frotta nerveusement ses mains contre son jean pâle avant de le remercier. Je te suis! ajouta-t-elle alors qu'il engendrait déjà le pas vers la bouche de métro la plus près de sa résidence.
Arrivés sur place, Léo lui montra le chemin vers l'appartement de son ami. Lorsque la porte s'ouvrit devant elle, huit paires d’yeux se tournèrent vers la seule blonde de la pièce. L'intrus de la soirée. Léo la présenta comme une amie de Bowen, ce à quoi Blanche sourit. C'était plus simple de résumer leur relation. Chacun, à tour de rôle, salua la blonde qui rétorquait des enchanté et des bonsoir dans un français teinté d'accent et des bises polies. Tous étaient très chaleureux, presque comme si elle les connaissait déjà. Elle sentait pourtant des regards posés sur elle, appuyés, comme s'ils essayaient de lire en sa personne pour comprendre d'où atterrissait cette mystérieuse amie. L'hôte de la soirée, Simon, lui proposa un verre de vin ce à quoi elle répondit avec plaisir. S'il te plaît. Phrase qu'elle arriva à prononcer sans trop de difficulté. Léo discutait avec ses amis, non loin d'elle qui sondait le séjour dans lequel ils étaient tous assis. Elle se leva, s'excusant auprès du photographe avant de rejoindre Simon dans la cuisine. Je peux t'aider avec quelque chose ? s'enquit-elle alors que l'homme avait les mains pleines de coupes. Pour te remercier de nous recevoir, je t'ai cuisiné des biscuits. J'espères qu'ils te plairont. Sa dernière phrase ne cachait définitivement pas sa langue maternelle, ni ses origines. Elle n'avait aucune idée des coutumes françaises, espérant ne pas trop en faire pour sa première rencontre dans le cercle de vie de Léo. Tous deux refirent surface dans le séjour, Blanche s'était emparée de quelques coupes pour lui alléger la tâche et repris place sagement près de Léo, tentant de décoder une conversation.

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MessageSujet: Re: Être parisien, ce n’est pas être né à Paris, c’est y renaître + Léanche   Mar 4 Déc 2018 - 20:06

Leurs trente ans bien entamés, courant de jour en jour vers les quarante, Léo et Blanche avaient pourtant tout l’air de revenir à l’adolescence, dans leur comportement. Elle semblait rougir sous ces regards qu’elle connaissait pourtant si bien, lui était gêné en sa présence et en même temps il ne pensait qu’à elle. Ils étaient deux gamins qui découvraient l’amour, ou tout comme. Pourtant l’âge était bien là et il leur offrait cette maturité qui leur avait manqué à une époque. Quand ils étaient deux enfants empressés, trop heureux de s'abîmer dans une relation qui les détruisait tout en ne menant à rien de concret. Quand ils tombaient dans le piège d’une affection malsaine et destructrice pour les deux, surtout pour Blanche. Ils avaient longtemps entretenu une flamme vacillante, lui en pensant stupidement pouvoir la garder auprès de lui sans réelles attaches, elle en croyant naïvement qu'il finirait par réaliser qu'elle était follement amoureuse. Mais ces amants terribles avaient fini par arriver au point de non retour, ils avaient réalisé, après des années, qu’il valait mieux s’éloigner plutôt que de continuer à se faire du mal. Alors pourquoi, me direz-vous, pourquoi vouloir céder à cette attirance ici, à Paris, celle qui semblait les mener sur la même pente, pourquoi ne pas résister, rester chacun dans leur bulle, Blanche auprès des siens qui avaient besoin d’elle, Léo avec cette nouvelle vie qui semblait lui convenir telle qu’elle était. Il y avait pourtant des nuances, des différences de comportement, cinq années plus tard ils semblaient plus réfléchis, peut-être enfin avaient-ils mûrit, changé, appris de leurs erreurs l’un envers l’autre. Léo n’était plus le jeune homme emporté et empressé d’avant, il prenait son temps pour redécouvrir cette fille qui le surprenait malgré qu’il pensait la connaître par coeur, doucement il se rendait compte qu’elle le charmait, doucement il tombait amoureux d’elle en comprenant qu’il avait besoin de sa présence comme d’une pièce manquante à son équilibre. Mais les deux chats échaudés qu’ils étaient ne pouvaient se permettre de tomber à nouveau, ils s’étaient déjà fait trop de mal, le garçon, lui, n’avait plus envie de se lancer dans des histoires compliquées, il avait assez donné et puis il était toujours conscient qu’il avait été nocif pour la blonde à une époque et il ne voulait pas retourner dans ce schéma là. Cela faisait beaucoup de barrières qu’il montait entre eux, en vérité, la raison derrière tout ça était simple et déraisonnable, il était effrayé à l’idée de se jeter dans le grand bain avec Blanche.
Ce soir, sans s’en rendre compte, il avait imposé à la belle australienne une sorte de test, à lui également d’ailleurs. Il la présentait à ses amis, c’était une soirée banale, rien d’officiel, juste un samedi soir entre copains. Il l’avait d’ailleurs introduite comme une amie. Une amie… ça retirait un peu de pression, mais ils savaient tous les deux qu’ils étaient loin d’être des amis comme les autres et mine de rien ça changeait tout, les français présents ce soir se rendraient vite compte que Léo couvait un peu trop cette fille du regard, pour qu’elle soit une simple amie. Mais pour l’heure il ne se rendait pas compte de tout ça, ni du malaise de Blanche. Elle avait bien saisi que s’il la présentait à son entourage, à ceux qui constituaient sa vie à présent, ce ne serait pas anodin, s’ils l’aimaient ça pourrait tout faire basculer et s’ils ne l’aimaient pas ? Ca Léo n’y pensait même pas. Tout le petit monde s’était déjà installé au salon où Chloé donnait déjà un verre à chacun alors que Simon était parti s’affairer en cuisine. La conversation allait bon train, ils se connaissaient tous, se fréquentaient presque quotidiennement, ils étaient du même quartier ou presque, beaucoup étaient des artistes, des littéraires, des rêveurs, à l’image de Léo finalement Il y avait donc Simon, un concepteur de jeux vidéos, Chloé une créatrice de mode qui perçait juste grâce à la magie des réseaux sociaux. Il y avait aussi Stan, un cuisinier qui travaillait dans un palace mais qui rêvait d’ouvrir son petit resto dans le quartier, Laura, une artiste peintre qui avait trop peur de montrer ses oeuvres et qui travaillait donc comme femme de chambre dans le palace avec Stan. Samuel, un écrivain anciennement célèbre mais qui avait perdu l’inspiration, lui c’était particulier, Léo l’avait rencontré à Bowen quelques années plus tôt, cet anglo/allemand avait traversé le monde pour rencontrer son frère et puis avait fini par s’installer à Paris, ils s’étaient retrouvé par hasard ici et c’était Samuel qui avait présenté toute la petite bande à Léo. Sa copine, Evy, bien plus jeune que lui, était un ancien mannequin qui faisait du théâtre. Et puis il y avait Yoann, un fleuriste romantique comme pas deux qui aimait que les couples se forment grâce à ses bouquets, il en avait fait le slogan de sa boutique. D’ailleurs c’est par la magie d’un bouquet livré à la mauvaise adresse qu’il avait rencontré Hugo, son compagnon, un professeur d’histoire timide mais aussi romantique que lui. Dans toute cette bande Léo se sentait bien et il regardait Blanche qui ne détonnait pas, elle semblait si bien se fondre dans ce petit groupe qu’il aimait tant. Elle s’excusa discrètement et Léo se leva pour la laisser passer, sa main frôla la sienne ce qui le fit sourire en baissant les yeux. Evy, c’était la plus sensible de tous, elle lança un coup de coude à Léo une fois que Blanche eut disparu dans la cuisine. Elle est mignonne ! Léo leva les yeux au ciel. Oui. Mais elle lui assena un nouveau coup de coude. Non mais je veux dire… Il se retourna vers elle. J’ai très bien compris ce que tu voulais dire. Et il lui sourit doucement, il ne dirait rien ce soir. Elle était celle qui tenait absolument à caser Léo avec toutes ses nouvelles copines alors évidemment, elle serait la première à le cuisiner au sujet de la blonde. A côté d’eux ça parlait politique et économie, ce fut alors au tour d’Evy de rouler des yeux. Ils sont chiants les autres, les impôts seront toujours trop chers et on devra toujours remplir le frigo. Non ?! Léo pouffa de rire. C’est pour faire ça qu’on a inventé le vin, pour dédramatiser. Lui ne parlait pas de politique, surtout pas de celle de France, il avait bien compris que c’était sujet de débat et que chacun aurait toujours tort ou raison à sa façon alors autant s’abstenir. Blanche et Simon revinrent, elle avait troqué son paquet contre les verres à vin qu’il manquait. Léo n’avait aucune idée de ce qu’elle avait apporté mais quoi que ce soit, il était certain que son ami avait apprécié cette délicatesse. Il se tourna vers elle avec un sourire emprunt de tendresse. Ca va ? Il s’inquiétait pour elle, qu’elle se sente à l’aise, il voulait qu’elle apprécie sa soirée. Chloé s’occupa de servir les verres. Les amis, c’est le soir pour porter un toast. Déjà, Léo a amené une de ses amies et c’est à marquer d’une pierre blanche. Mais surtout, j’ouvre mon pop-up store rue du Temple à la fin du mois et j’espère que vous serez là pour boire le champagne à l’inauguration ! La jeune femme avait l’air si fière, si heureuse, que tout le monde applaudit et leva son verre et chacun trinquat dans une joyeuse cacophonie. La soirée se déroula sur la même lancée, dans la joie, avec des conversations plus ou moins animées, il y eut beaucoup de rires. Blanche et Léo quittèrent l’appartement de Simon peu après deux heures du matin. Une fois dehors le brun regarda sa montre. On a loupé le dernier métro. Tu veux qu’on appelle un taxi ? Sinon on peut marcher, si tes chaussures te le permettent. Juchée sur ses talons, elle était belle à en donner le tourni mais ce n’était pas le meilleur pour marcher. Tu as passé une bonne soirée ?

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MessageSujet: Re: Être parisien, ce n’est pas être né à Paris, c’est y renaître + Léanche   Mar 11 Déc 2018 - 5:41

La blonde s'était levée, après s'être excusée à celui qui lui avait gentiment fait la proposition de l'accompagner ce soir. Sa main frôla celle de Léo, au passage, et elle cru apercevoir un sourire se dessiner sur les lèvres du photographe alors qu'il baissait les yeux. Blanche, elle, demeurait de glace, impartiale, elle cachait que son coeur s'était emballé par cette douceur futile, rien à avoir avec l'intimité qu'ils avaient eu l'habitude de partagé. Cette proximité retenue qui lui faisait empourprer ses joues qu'elle tentait tant bien que mal de contrôler, cachant ses émotions non pas des yeux de celui qui était la raison pour laquelle l'Australienne se retrouvait ici, au beau milieu de ce séjour, mais surtout aux yeux des autres. Des autres qui ne connaissaient pas leur histoire. Aux autres qui ne savaient rien de leur passé. Aux autres qui ne comprendraient peut-être pas d'où les deux trentenaires venaient. Aux autres qui ne pouvaient pas concevoir à quel point ce léger toucher avait bouleversé la blonde qui n'avait rêvé que d'une chose : un jour pouvoir retrouver ces tendresses. Poliment, Blanche s'était excusée et elle s'était éclipsée vers la cuisine pour aider l'hôte de la soirée. C'était l'éducation de sa grand-mère qui l'avait poussé à agir ainsi. Elle l'entendait d'ailleurs lui dire : N'oublie pas de faire honneur à ton héritage européen, douce Blanche, juste avant de passer le pas de la porte pour attendre Léo. Même ce petit détail lui manquerait le jour où la fatalité s'emporterait d'elle. Blanche eut une nausée à la simple idée de penser que, bientôt, un jour, plus tôt qu'elle le pensait, sa grand-mère ne serait plus de notre monde. Que rapidement, elle ne se rappellerait plus que de ces moments comme de lointains souvenirs. La blonde sentit l'émotion monter alors que l'idée lui effleura l'esprit, mais, tout comme elle était parvenue à camoufler ses sentiments dans le séjour, elle esquiva la tristesse de penser à cette perte sans que Simon ne puisse s'en apercevoir. Ils revinrent au séjour, coupes de vin à la main, puis la belle regagna sa place près de l'homme. Léo, décidé à s'assurer que sa belle soit à l'aise, l'interrogea sans plus attendre. À sa question, la blonde lui sourit tendrement, pressant sa cuisse subtilement pour le rassurer. Pression qu'elle retira rapidement, évitant que les regards ne se posent trop attentivement sur eux. Replaçant les mèches rebelles de ses cheveux derrière ses oreilles, dans leur langue à eux, que presque personne ne pouvait comprendre dans ce continent, elle lui sourit honnêtement et lui murmura : Je ne pourrais aller mieux, sincèrement. Il est vrai que la soirée était angoissante, l'idée de rencontrer le monde de l'homme qui avait partagé tant de souvenirs avec elle était effrayante. Il ne fallait pas tout faire foirer, les commentaires qui s'en suivraient lui feraient trop de douleur. Mais, alors que la blonde pensait être prise dans son angoisse toute la soirée, elle semblait s'y plaire, finalement, à cette soirée entre copains. Les deux tourtereaux firent couper dans leur discussion, les verres de vin servis, Chloé, une belle rousse, se leva pour proposer un toast. Toast qui s'avéra, dans un premier temps, détourné vers la présence d'une blonde étrangère dans la pièce, soulignant en manque de subtilité la nature de leur relation peu cachée. Il fallait être idiot pour ne pas en voir la complexité, il fallait se rendre à l'évidence. Ils dégageaient, tous deux, ce que les couples de toujours dégageaient : complicité et tendresse. À cette attention, la blonde rougit, pinçant un sourire sur ses lèvres, mal à l'aise que les regards se soient tournés vers elle. Puis, la rousse ajouta rapidement son exploit : son popup store qui ouvrait prochainement. Rapidement, ses copains s'exclamèrent oubliant presque que Blanche était l'intruse de la soirée, à son plus grand bonheur. Elle imita le reste du groupe, félicitant la jeune femme pour son exploit, puis ils trinquèrent, burent et discutèrent de longues heures durant jusqu'à ce que la soirée prenne fin.
Un peu plus que deux heures du matin s'affichaient à l'horloge alors que les deux Boweniens prenaient la route vers la maison. La soirée était terminée, ils allaient à nouveau se séparer sans vraiment savoir s'ils auraient la chance de se revoir. À cette pensée, le coeur de la blonde se resserra créant une pression dans son organe. À présent, elle n'avait plus envie de se séparer de lui, insatisfaite des souvenirs qu'elle emmagasinait de sa présence. Elle en voulait plus, de ces beaux souvenirs qu'elle emporterait avec elle à Bowen une fois leur idylle terminée, prêts à retrouver leur vie habituelle l'un sans l'autre. Blanche retira ses chaussures, se retrouvant pieds nus sur le pavé parisien, prête à profiter de toutes les minutes possibles en la compagnie de l'homme. Je préfère nettement marcher. Se prononça-t-elle alors qu'elle prenait déjà le pas. L'alcool lui était peut-être un peu monté à la tête, légèrement pompette. Alors qu'ils s'étaient mis en route, Blanche se retourna vers Léo, sourire aux lèvres, lui agrippant la main. Oui, tes amis sont charmants. Merci de m'avoir invité. Cette soirée m'a fait du bien... Elle pensa à nouveau à sa grand-mère et la maladie qui menaçait de l'emporter à n'importe quel moment, sans nécessairement prévenir à l'avance de sa visite. Je vais emporter tous ces beaux moments en ta compagnie avec moi à Bowen... Décidément, Blanche se sentait d'humeur confessionnelle ce soir, sous la lueur de la lune de Paris, main entrelacée dans celle de Léo. Elle marchait lentement, tentant de faire durer leur compagnie le plus longtemps possible, tentant d'emmagasiner le plus de souvenirs de lui, de cette soirée, de la vue, de son bonheur présent avant que la tristesse la rattrape. Tôt ou tard, elle allait avoir mal. Que ce soit par la perte de la personne pour qui elle avait fait toutes ses heures de vol ou par la nécessité de laisser derrière elle l'homme qu'elle avait tant aimé.

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MessageSujet: Re: Être parisien, ce n’est pas être né à Paris, c’est y renaître + Léanche   Sam 29 Déc 2018 - 0:01

Les balades nocturnes dans Paris avaient quelque chose de magique. A chaque fois que Léo en foulait les pavés éclairés par la lune, croisant les ombres de la nuit, il mesurait toute sa chance d’avoir, pour quelques courts instants, la ville pour lui. Déserte, ou tout comme, silencieuse ou presque, elle lui appartenait, sous certains aspects, sous les éclairages sombres des vieux lampadaires, il se prenait pour un gentilhomme d’une autre époque, il se laissait divaguer, comme dans un monde parallèle où la foule n’existait pas, ou la tour Eiffel ne scintillait que pour lui. Et ce soir, il partageait ses divagations avec une blonde qui avait glissé sa main dans la sienne. Puis elle lui souriait, à lui et à personne d’autre, affichant sur son visage une expression de jeune fille amouraché, expression qu’il avait bien connu, trop connu, sur ses lèvres, dans ses yeux yeux qui pétillaient d’un amour bien trop fort pour lui qui ne voulait pas de quelque chose de sérieux avec elle. Ce soir les choses semblaient totalement différentes, il voulait tout, il voulait qu’elle ne le regarde plus que comme ça, avec ce sourire délicat et ces yeux qui demandaient qu’il l’aime, cette insouciance des instants d’ivresse, avant que la vie ne reprenne sa course folle, ces instants suspendus dans le temps qui donnaient l’impression qu’ils pouvaient croire à tout, tout espérer, tout vivre. Ce soir ils n’avaient plus vingt ans, ils n’étaient plus vraiment des gamins, ils avaient la ville pour eux et avec la lune pour seul témoin, Léo voulait tellement briser les chaînes qui l’empêchaient encore de croire en eux. Si tu as pu te changer les idées alors j’ai atteint mon objectif. Les paroles de la blonde le ramenèrent à une réalité bien plus terre à terre que leur balade romantique. Un jour, bientôt, Blanche repartirait, elle retournerait à Bowen où était sa vie, elle quitterait Paris, sa famille endeuillée et lui, victime d’un deuil bien différent mais non moins douloureux. A trop se rapprocher d’elle, à trop jouer avec le feu, il s’était déjà bien trop attaché à Blanche, à cette fille qui ne pouvait plus rien lui promettre puisque sa vie n’était pas ici. Personne n’était plus dupe, pas même ses amis qui ne manqueraient pas de le cuisiner à la première occasion. Léo retombait dans ses vieux travers, il retombait amoureux de Cambridge, comme toujours. Parce qu’il était incapable de lui résister, soyons honnête, il l’avait su au premier regard échangé lorsqu’elle avait tourné au coin de cette rue le premier jour. Ne parles pas de partir, tu n’en es pas encore là. Il faut encore que tu vois Versaille et la campagne française. Et puis l’océan Atlantique. Il y a tellement de choses que tu dois découvrir avant de rentrer. Quand tu partiras pour Bowen, tu ne reviendras plus.Il la suppliait presque de rester, par ses propositions un peu trop ambitieuses, partir à la campagne, au bord de mer, ça signifiait quitter sa famille parisienne pour quelques jours, laisser sa grand-mère malade au risque de ne pas être là pour son dernier souffle. Probablement que Blanche n’aurait pas le courage de l’abandonner si longtemps. Mais, un peu égoïstement, Emerson voulait croire qu’elle aurait cette faiblesse pour ses beaux yeux, qu’il aurait la chance de l’enlever pour ne l’avoir que pour lui. Il passa un bras au dessus de ses épaules pour la serrer contre lui tout en continuant à marcher. Et ce fut en silence, probablement chacun dans ses pensées qu’ils partagèrent la fin de cette balade. Le brun était bien, il ne s'était pas sentit aussi vivant depuis longtemps et il appréciait cette légéreté. Il finit par ralentir la cadence en arrivant dans leur quartier. On arrive en bas de chez moi. Je peux t’accompagner chez tes grands-parents si tu veux. Ou sinon tu peux monter avec moi. Il ne voulait clairement pas qu'elle rentrer dans sa tour d'ivoire et il lui offrait enfin l'opportunité de découvrir un peu plus qui était le Léo parisien en l'invitant chez lui pour la première fois. Il avait un peu trop bu, certes, l’alcool lui donnait ce courage qu’il lui manquait depuis quelques jours. Mais c’était avant tout l’envie de prolonger cet instant avec elle, de ne pas la quitter si brutalement comme il le faisait toujours, pour ne pas laisser à Blanche l’occasion de le retenir. Cette nuit il acceptait qu’il avait perdu, qu’elle le charmait, il ne se dérobait plus, quitte à le regretter encore plus amèrement quand elle partirait définitivement. Mais à quoi bon lutter, Paris était une ville magique, propice à toutes les romances même les plus folles, il le savait bien, il le savait trop. La ville des amoureux, même déchus. S’ils ne tentaient pas leur chance ici alors ils ne le feraient nulle part ailleurs.

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MessageSujet: Re: Être parisien, ce n’est pas être né à Paris, c’est y renaître + Léanche   Sam 29 Déc 2018 - 20:00

Cette soirée jouait le rôle d'une pause. Une pause nécessaire pour mieux avancer. Quitter Bowen sur la panique, apprendre que sa grand-mère n'aurait plus longtemps à vivre, que son cancer, foutu cancer, pouvait ravager à n'importe quel moment, avait fatigué Blanche. Quelques mois auparavant, elle recevait l'appel de sa mère, à qui elle n'avait pas parlé depuis longtemps. Blanche travaillait beaucoup, occupée plus que jamais, il lui avait fallu des semaines avant de rendre l'appel. Et, avouons-le, la blonde n'était pas pressée d'entendre la voix de sa main, à ce moment, pensait qu'elle se lamenterait encore, comme toujours d'ailleurs, sur leur relation déchue. Parce que la famille Cambridge n'était plus une famille depuis bien longtemps. L'appel n'était pas celui qu'elle pensait, sa mère lui annonçait la maladie de sa grand-mère, des mois incertains qu'il lui restait à vivre et de son désir de voir sa petite fille bien aimée avant de sombrer dans le sommeil éternel. Chose qui toucha Blanche au plus profond de son coeur. Et elle était atterri ici, le stress plein le corps, sans vraiment avoir dormi depuis les derniers jours, ayant préparé une escapade imprévue dans la ville qu'elle avait toujours rêvé de visiter, celle qu'elle avait fantasmée toutes les fois où Léo lui en avait parlé. Depuis sont arrivé, elle ne s'était pas accordé de pause, passant le plus clair de son temps au chevet de sa grand-mère. De toute façon, elle n'était pas venue en touriste. Blanche ne jouait pas les aventurières solitaires, partant seule à la découverte d'un nouveau pays, bien au contraire, elle était ici par obligation, sans quoi, Paris ne serait encore qu'un vague rêve pour le futur. Et il avait fallu qu'elle tombe, ce matin-là, sans crier garde, sur le seul homme qui pouvait lui faire changer le cours de son destin, celui qui, malgré lui, avait son coeur entre ses mains, même cinq années plus tard. Et il lui accordait des pauses de réflexions, à son cerveau qui ne cessait de tourner, qui ne cessait de travailler, de penser à ce matin où elle se lèverait sans sa grand-maman. Il donnait des pauses à son esprit, créant des souvenirs de ce douloureux voyage, exactement ce que sa grand-mère souhaitait à sa petite fille. Il était définitivement la meilleure chose qui lui soit arrivée depuis des semaines. Mais la réalité allait les rattraper, le rêve devait prendre fin à un moment ou à un autre, un jour Blanche devrait retrouver sa petite vie de Bowen, elle devrait retourner à la maison et Léo, lui, qui venait à peine de s'installer ici, ne ferait pas le voyage avec elle. Il avait sa vie, il bâtissait un futur fuyant son passé douloureux. Mais il demeurait optimiste. Il parlait de Versailles, de la campagne, de l'océan, de toutes ces aventures qu'ils n'avaient pas encore vécues ensemble en oubliant qu'elle n'était pas en vacances, la belle blonde, mais qu'elle vivait plutôt sur du temps emprunté. Son regard s'assombrit, elle fut prise d'une émotion pensant à sa grand-mère pour la première fois de la soirée, et senti le sanglot menacer d'arriver. Léo... Elle s'arrêta de marcher subitement, lui faisant face, pieds nus dans les rues de Paris, pour bien observer son visage et l'encrer dans sa tête, comme elle le faisait dans la peau des gens. Tu sais que je ne suis pas éternellement ici... qu'un jour ma grand-mère... Blanche se racla la gorge, fuyant la triste réalité. .. Enfin... tu sais que je ne suis pas en vacances ici... Elle caressa son doux visage, une moue désolée. J'apprécie tout ce que tu fais pour moi, Léo, toutes ces attentions sont précieuses à mes yeux, mais... mais j'ai peur que je ne puisse pas remplir toutes tes attentes... Je ne peux pas m'éloigner trop longtemps, je ne peux pas partir un weekend complet. Et si jamais le cancer frappe ? Et si je reviens et qu'elle n'est plus des nôtres ? Je m'en voudrai toute ma vie d'avoir fait ce voyage, d'être venue ici pour elle et d'avoir manqué ses derniers jours de vie.... Blanche baissa les yeux, désolée pour elle et pour lui, soupirant en secouant la tête. J'aimerais tellement te dire oui, j'aimerais tellement vivre tout ça avec toi, mais je ne peux pas. Pas maintenant. Pas tout de suite. La blonde lui sourit tendrement. Mais après. Plus tard. Je te promets que je reviendrai. Je te promets qu'on ira. Mais pas maintenant.
Le reste du voyage se fit en silence, Blanche prenait des photos mentales de tout de qu'elle découvrait d'un angle différent dans les rues de la ville, la tour Eiffel lui servant de lune, éclairée de mille feux. Arrivés dans leur quartier, Léo s'arrêta devant un édifice qu'elle avait souvent vu, découvrant ainsi qu'il y habitait. À quelques pas des chez elle, à quelques pas d'où elle dormait toutes les nuits. Séparés, elle découvrait à présent où il était quand elle l'implorait silencieusement de venir la rejoindre. Et il lui proposa de monter. Blanche le regarda longuement, le chaos dans sa tête. Une part d'elle voulait retrouver sa grand-mère, la raison, mais son coeur, lui, criait de rester ici, de saisir sa chance. Ils avaient bu, ils étaient insouciants comme des adolescents et émotifs. L'émotion prit le dessus sur la raison et elle hocha timidement la tête, le suivant vers les escaliers menant à l'entré de l'immeuble. Blanche s'y arrêta sèchement. Tu... Tu accepterais de venir prendre le petit-déjeuner avec mes grands-parents, demain ? Tout se passait rapidement, elle ne voulait pas attendre. Elle voulait qu'ils rencontrent l'homme qui avait tant fait battre son coeur, sous un angle qui l'avantageait. Le temps de sa grand-mère était compté et bien qu'ils venaient à peine d'enterrer la hache de guerre, de mettre à demi les rancunes de côté, et que normalement ils auraient dû attendre avant de se lancer dans ces rencontres, Blanche ne pouvait pas attendre. Attendre signifiait sans aucun doute perdre la chance que cela arrive réellement.
Ils montèrent, la porte s'ouvrit laissant place à un appartement typiquement parisien. Elle y reconnaissait les airs de Léo au travers des photos des paysages qu'il avait capturés, certaines lui étaient même familières. Elle avait cette impression de connaître les lieux, alors qu'elle les découvrait pour la première fois, cette sensation d'être à la maison, sans réellement l'être. C'est comme si j'étais chez toi, à Bowen. La blonde se retourna vers Léo, le regard fiévreux et dangereux. Ils étaient seuls, ils étaient dans l'intimité, où, dans le passé, les choses prenaient toute sorte de tournures. Il était beau, plus que jamais. Elle avait envie de le lui dire. De l'embrasser. De le toucher. Mais elle restait loin, devant les tableaux sur les murs, créant une distance sage entre elle et lui. Mais son regard trompait la distance. Il parlait pour elle. Elle respirait difficilement. Qu'est-ce qu'il lui avait prit d'accepter ? Elle savait pourtant pertinemment qu'une fois seule avec lui, qu'une fois dans leur intimité qu'ils connaissaient si bien, le naturel reprendrait du galop, du moins, pour elle.

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MessageSujet: Re: Être parisien, ce n’est pas être né à Paris, c’est y renaître + Léanche   Sam 29 Déc 2018 - 22:48

Cette nuit ne pouvait pas être aussi parfaite qu’elle le paraissait. Il devait bien y avoir un moment où la magie s’arrêterait. Et Léo en avait trop dit, avec son éternelle attitude de gamin capricieux. A trop vouloir Blanche pour lui, il en oubliait presque qu’elle n’était pas venu ici pour lui, avant leur rencontre elle ignorait totalement qu’il vivait à Paris, elle ne pensait pas à lui. Il était sortit de sa vie avec fracas cinq années plus tôt et depuis l’eau avait coulé sous les ponts, pour tous les deux, il le lui avait bien fait comprendre lors de leur visite de Notre-Dame. Mais ce soir il s’était senti poussé des ailes, se sentant trop bien dans leur bulle il avait omis le fait qu’elle était là pour sa grand-mère. Pour ce bout de femme en fin de vie avec qui Blanche voulait partager tous les instants possibles. Ce besoin était légitime, logique, Emerson savait combien la belle australienne aimait son aînée, combien elle lui manquait de part la distance qui les séparait. Il savait que sa mort la briserait et il espérait que ce moment arrive le plus tard possible. Il avait cru au départ que son intention n’était que de lui changer les idées, il s’était berné lui-même pour finalement comprendre que c’était bien plus égoïste que ça, qu’il pourrait s’offrir des escapades romantiques avec celle qui lui faisait définitivement tourner la tête. Mais Blanche gardait les pieds sur terre et elle le lui rappela de la façon la plus franche du monde. Il baissa les yeux, fixant les vieux pavés sous ses chaussures, il aurait voulu se mettre plus bas que terre. Excuse-moi, je n’avais pas à dire ça. Tu as raison, il faut que tu passes le plus de temps possible avec Claire. Puis il attrapa ces mains qu’elle avait posé sur son visage et les embrassa doucement. Ne fais pas ce genre de promesse, tu n’es pas sûre de pouvoir la tenir. Et on sait tous les deux que les promesses en l’air ne nous réussissent pas. Il faisait références à tous ses mensonges à lui, à toutes ces fois où il lui avait promis la lune pour mieux la décevoir. Léo devait se faire une raison, elle n’était pas revenue pour lui et quand elle repartira ce sera définitif. La seule chose qu’il pouvait faire lors de son séjour parisien c’était de lui changer les idées, de la soutenir du mieux qu’il pourrait, surtout au moment où l’issue fatale arriverait, il ne comptait pas la lâcher. Il resterait à ses côtés, fidèle mais silencieux, il ne la détournerait pas de son but. Amoureux silencieux, comme elle avait pu l’être pour lui à une époque. Il passa son bras autour de ses épaules pour qu’ils continuent leur marche chacun plus absorbé par ses pensées qu’au départ, jusqu’au pas de sa porte.
Hésitant un instant, Emerson était persuadé que Cambridge refuserait sa proposition. Et quand le silence se fit pour toute réponse, il se prépara à la raccompagner sagement dans ses appartements. Finalement ce fut un hochement imperceptible de tête qui donna le feu vert pour qu’il la fasse monter chez lui. Une fois dans l’escalier la blonde le força à s’arrêter brutalement. Léo fronça les sourcils. Je… Je n’sais pas. Il était confus, surpris par sa question, pris au dépourvu. Puis un demi sourire fendit son visage. Après tout, je les ai déjà rencontré. Oui, si tu veux. Il ne voyait somme toute aucune raison de se dérober. Une fois dans son appartement il laissa à Blanche le loisir de le découvrir. Celui-ci n’avait rien de sa maison australienne, grande et dépouillée de toute décoration hormis quelques tableaux. Ici c’était plus petit, parce que les prix à Paris n’étaient pas les mêmes qu’à Bowen et que même si Léo ne manquait pas d’argent, il se devait d’être raisonnable il avait deux logements à présent. Et puis il avait craqué pour ce petit appartement Haussmannien avec ses moulures au plafond et son vieux parquet qui craquait, pour son balcon en fer forgé et sa vue imprenable sur le quartier. On reconnaissait tout de même la patte de l’artiste, avec ses photos en noir et blanc encadrées, certaines posées à même le sol, quelques tableaux d’artistes ornaient aussi les murs, certains étaient des oeuvres de son amie Laura, que Blanche avait rencontré ce soir. Une fois qu’elle eut fait le tour du propriétaire elle se retourna sur lui, Léo s’était adossé contre l’encadrement de la porte qui menait à son salon, les bras croisés en l’observant, elle, si belle, chez lui. Il lui rendit son regard et ensemble ils semblaient faire des étincelles, cette tension palpable qui ne demandait qu’à exploser. Il fit alors les quelques pas qui les séparaient. Attrapant ses chaussures des mains de Blanche, il les laissa tomber sur le sol. Puis il plongea son regard dans le sien, laissant leurs mains s’entremêler à nouveau alors que l’autre caressait déjà son bras. Il s’approcha d’elle avec l’envie de l’embrasser puis se rappela combien ses yeux d’un bleu trop profond ressemblaient à ceux de sa grand-mère. Il se souvint de ce qu’il s’était dit lorsqu’ils marchaient jusqu’ici, il serait l’ami présent et silencieux. Alors il lâcha sa main pour s’emparer d’un album photo juste derrière la blonde. Il faut que tu vois quelque chose. Evidemment qu’elle serait déçue, mais elle ne serait certainement pas aussi frustrée que lui. Léo l’entraîna sur son canapé. C’est mon projet, ici à Paris. Je sais combien tu aimais m’écouter parler de mes voyages. Il sourit, gêné. J’ai fait le tour du monde durant un an, avant d'atterrir ici. Et je vais publier un livre, un récit de ce voyage incroyable. Il lui tendit le livre pour qu’elle le feuillette. La belle, docile, même si elle était désabusée ne le montrait pas, elle attrapa le livre pour l’ouvrir et le parcourir en silence. Et à côté d’elle il ne fallut pas longtemps à Léo pour que ses paupières se fassent lourdes. Il écrasa un bâillement avant de se reprendre. Là j’étais en Indonésie, c’était magnifique. Puis il la laissait tourner les pages tout en se laissant aller sur le confort douillet du sofa. Quelques minutes plus tard il dormait, profitant de la chaleur de Blanche tout contre lui. Il fut réveillé en sursaut par la porte de son appartement qui claquait et le froid que la blonde avait laissé en quittant les lieux. Il soupira, il avait tout gâché mais sûrement qu’au fond ça valait mieux, succomber n’aurait fait qu’empirer les choses et Blanche n’avait pas besoin de ça. Difficilement il se traîna jusqu’à sa chambre pour se coucher.
Le lendemain matin il se leva tôt, se prépara au plus vite et descendit en bas de chez lui, il acheta une orchidée et un bouquet de fleurs puis quelques viennoiseries afin de ne pas arriver les mains vides au petit déjeuner qu’il avait promis cette nuit. Puis il alla sonner quelques rues plus loin.

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MessageSujet: Re: Être parisien, ce n’est pas être né à Paris, c’est y renaître + Léanche   Dim 30 Déc 2018 - 0:43

Elle ne lui en voulait pas à Léo. Bien au contraire, Blanche le connaissait comme personne. Elle savait bien qu'il ne faisait pas tout cela de mauvaise fois, qu'il ne pensait pas le rendre mal à l'aise en lui proposant toutes ces belles activités. Il était voyageur, aventurier, toujours prêt pour de nouveaux défis. Mais, Blanche, elle, elle ne voyageait pas. Elle n'était pas ici par plaisir. Et ce n'était pas la faute du photographe. Elle ne pouvait lui en vouloir de se faire des idées, de s'imaginer un voyage ensemble. Parce qu'en d'autres circonstances, elle aurait été à la même position que lui : rêveuse, un peu égoïste de son bonheur. Ce n'était pas sa grand-mère à lui qui était mourante. C'était difficile de se mettre à la place de l'autre, parfois, de comprendre les douleurs silencieuses que l'on pouvait ressentir lorsque l'on ne vivait pas nous-mêmes ces martyres. Blanche ne disait rien, elle ne parlait pas de ses craintes, du mal qu'elle ressentait lorsqu'elle pensait à la perdre un jour, pas si lointain que ça. Elle ne partageait pas ces émotions-là, certainement pas alors qu'elle n'avait pas revu Léo depuis tant d'années. Ce n'était certainement pas le moment de se lamenter, à peine dans leurs retrouvailles, à peine lorsque les choses commençaient à s'adoucir entre eux. Moins de tension, moins de douleur, plus de cette amitié et insouciance qu'ils connaissaient si bien. Il s'empressa de s'excuser, ce à quoi Blanche répondit par un sourire sincère qui témoignait qu'elle ne lui en voulait pas le moins du monde. Il comprenait, c'était l'important. Mais il poursuivit avec les fantômes du passé, les fausses promesses qu'il ne fallait pas émettre, dans l'impossibilité de les tenir. Blanche fronça les sourcils. Je te le promet, Léo. Je ne t'ai jamais fait de fausses promesses. Jamais. pointa-t-elle, vexée. Elle ne lui avait jamais fait une promesse qu'elle n'avait pas été en mesure de tenir. Elle n'était pas l'éternelle amoureuse de l'histoire. Certes, elle en avait des tords, Blanche, elle n'était pas couleur neige, mais pas ceux-là. Elle était insistante, elle ne saisissait pas bien le moment, parfois trop intrusive dans sa façon d'agir avec lui, le pressant et le mettant dans des positions qu'il n'était peut-être pas totalement à l'aide, mais jamais elle ne lui avait promis l'impossible. Jamais.
Devant chez lui, devant ces petites marches qui menaient à la porte d'entrée, celle qu'il fallait pousser avant de pouvoir monter à l'étage, dans cet immeuble surplombé de fer forgé et de briques, elle s'était arrêtée et elle l'avait pressé, encore. Impatiente, toujours en demande de plus, elle lui avait fait une demande qui aurait pu le faire fuir. Cette fois, Blanche blâmait le temps qui était court, le temps qui lui manquait, pour que ces grands-parents, ce qui était pour elle le plus près des parents, puissent découvrir l'homme superbe qu'il était, mais aussi, pour que sa grand-mère la sache heureuse avant qu'elle s'éclipse. Il avait hésité, autant qu'elle avait pu le faire lorsqu'il lui avait proposé d'entrer. Mais en gentleman, Léo avait accepté, ne perdant rien comme il avait déjà fait leur connaissance au préalable. Blanche lui sourit, heureuse, reconnaissante de la fleur qu'il lui faisait, avant de le rejoindre sur le palier et qu'il pousse la grande porte de l'immeuble.
À l'étage, la vue était spectaculaire. On voyait tout le quartier, et au loin la brillance de la tour qui caractérisait cette ville-là, celle qui avait fait rêver l'Australienne. Mais elle ne put profiter de la vue trop longtemps, alors que son regard incapable de mentir croisa celui, tout autant dangereux, de Léo. Il s'approcha d'elle, brisant leur distance, le coeur de la blonde s'emballa. Il pulsait encore plus fort alors que Léo envoya balancer ses chaussures sur le sol, résonnant certainement chez ses voisins d'en bas. Leurs mains se touchaient, ses joues s'empourpraient, sa peau était à la fois chaude et frissonnante. Leurs lèvres semblaient s'approcher, mais elles dévièrent alors que Léo s'exclama sur un truc à lui présenter. Elle profita de l'absence de regard pour lever les yeux vers le ciel, déçue qu'il la repousse, encore. Les choses changeaient, mais elles n’étaient pas si différentes, finalement. Excité, le photographe sortit un album rempli à craquer de clichés qui se dressaient sur une année complète de voyages et d'aventures. Blanche avait toujours aimé écouter ses récits de voyage, jadis, vivant ces aventures au travers de ses mots à lui, elle qui ne voyageait jamais, elle qui n'avait ni le temps ni l'argent pour le faire. De le voir surexcité, fier de lui montrer son projet lui fit oublier sa déception. Elle aimait ces moments, presque plus que les moments intimes qu'ils passaient ensemble, les moments où ils se rapprochaient mentalement et non seulement physiquement. Elle prit place dans le grand canapé moelleux, Léo à ses côtés, l'oeil brillant. Blanche lui sourit. C'était donc ça qu'il faisait, ici, loin de sa vie d'avant. J'ai toujours aimé voir tes photos, entendre tes voyages. Tu m'en parles un peu ? Demanda-t-elle alors qu'elle commençait à tourner les pages. L’Indonésie. C'était beau, majestueux avec ces temples à l'architecture particulière, ronde et luxueuse, mais aussi ces forêts tropicales qui donnaient l'impression d'être dans un film se passant dans la jungle. Blanche tournait les pages, souriant ici et là en voyant la beauté de ce qu'il avait capturé avec sa lentille. Des minutes passèrent et elle sentit une pression contre son corps. La blonde se tourna vers Léo, yeux fermés, qui dormait, définitivement. Léo ? s'enquit-elle. Léo !? Sans réponse. L'alcool et la fatigue de l'heure matinale l'avaient emporté, gagnant sur leur nuit à deux. Blanche soupira et dégagea son corps de son emprise, mal à l'aise, réalisant maintenant qu'elle avait passé beaucoup trop d'heures loin de la maison. Elle s'était accordé une trop longue pause, il était temps de rentrer. Elle attrapa ses chaussures qui étaient toujours sur le sol, exactement où il les avait laissé, et elle s'enfonça dans la lueur matinale de la ville qui commençait à trôner. Il était tard, presque six heures moins quart, presque l'heure du lever du soleil.
Des larmes, beaucoup de larmes. Du froid, beaucoup de froid. De la frustration, beaucoup de frustration. Des émotions mélangées. Elle était arrivée trop tard. Le coeur avait lâché. Elle s'était éteinte, cette étoile qui brillait difficilement avait trouvé le chemin vers le paradis. Claire n'était plus des nôtres. Blanche avait passé de longues minutes à tenir sa main inerte, froide, entre la sienne, à pleurer, à s'en vouloir de ne pas avoir pu lui dire au revoir une dernière fois, de ne pas lui avoir dit qu'elle l'aimait. Le matin était venu rapidement. Son grand-père avait passé le reste de la nuit à l'hôpital, une fois que les ambulanciers avaient fait leur travail. Le décès avait été prononcé, il fallait procéder à la suite des choses. Blanche avait fini par tomber de fatigue sur le sofa du séjour, toujours dans ses vêtements de la veille. Et elle ne s'était réveillée que lorsque la sonnette retentit dans l'appartement. En sursaut, elle se leva pour atteindre l'entré et y découvrir un Léo, tout sourire, fleurs en main. Blanche le fixa de longues minutes avant de réagir, toujours dans son attirail de la veille, le maquillage qui avait coulé sur ses joues, les cheveux en bataille, loin de la beauté qu'elle reflétait en temps normal. Elle était un bazar. Ses yeux étaient rouges, boursoufflés, ils trahissaient son état. Et le pauvre Léo, face à cette épave, ne comprenait rien de la scène. Elle secoua la tête, à court de mots, les larmes ruisselantes sur ses joues. Elle est morte... c'était dramatique, c'était radical, ce n'était pas poétique du tout, pas de grands mots, de grands discours. Il n'y avait pas d'autres façons de le dire. Elle était morte, c'était terminé, elle était partie.

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MessageSujet: Re: Être parisien, ce n’est pas être né à Paris, c’est y renaître + Léanche   Mer 2 Jan 2019 - 13:49

Léo n’avait pas voulu que Blanche pense qu’il ne lui faisait pas confiance. Il avait bien plus confiance en elle qu’en lui-même pour être honnête. Il était conscient des nombreuses fois qu’il s’était dérobé à elle, où il lui avait mentit ou simplement détourné la vérité pour toujours tourner les situations à son avantage. D’ailleurs il l’avait plus ou moins refait lorsqu’ils s’étaient retrouvés, laissant planer un peu le mystère sur sa situation amoureuse alors qu’en fin de compte les choses étaient simples, il n’avait personne dans sa vie mis à part des fantômes qui le hantaient encore et des souvenirs qu’il chérissait et qui lui donnaient un espoir inutile. Parfois c’était plus facile, pour le fils Emerson de laisser les autres croire ce qu’ils voulaient, comme s’il était trop lâche pour clamer haut et fort des vérités qui pouvaient blesser, soulager ou qui lui faisaient du mal à lui-même. Il baissa furtivement les yeux. Si Blanche promettait de revenir il savait qu’elle le ferait, au moins qu’elle ferait tout ce qu’il était possible pour essayer. Mais essayer ce n’était plus assez pour lui. Alors qu’il avait passé des années à la fuire, à jouer au chat et la souris avec elle, pour mieux la planter là, seule, à chaque fois qu’ils se rapprochaient trop, à chaque fois que son coeur menaçait de révéler des sentiments qu’il préférait ignorer. A présent, maintenant que le temps était passé, qu’il avait appris de ses erreurs, il semblait ne plus vouloir mentir, ne plus se mentir à lui-même non plus. Il l’avait retrouvé et il savait que quand elle partirait, pour une fois, peut-être bien la première dans leur relation si particulière, ce serait elle qui lui ferait du mal. Sûrement qu’elle ne s’en rendrait pas compte, elle partirait en silence, sans fracas, sans lui promettre la lune, simplement un retour incertain, elle penserait qu’il l’oublierait vite, comme à son habitude, parce que Léo avait cette fâcheuse tendance à toujours avoir plusieurs filles en tête. Mais elle ignorait que ce garçon là n’était plus, depuis quelques années déjà, qu’il avait changé, qu’il avait mûrit et que la sagesse lui avait appris à se raisonner. Il ne courait plus après les conquêtes ça ne l’amusait plus autant que dans sa belle jeunesse, quand Blanche partirait, elle laisserait simplement un vide et tout un tas de questions sans réponses. Et le bel Emersone ne pourrait s’en prendre qu’à lui-même, parce qu’elle lui avait clairement tendu la main plus d’une fois, elle lui avait laissé l’occasion de se rapprocher d’elle, de combler ce vide qui semblait les miner l’un et l’autre. Mais à chaque fois il reculait, incapable d’assumer ces sentiments qui le submergeaient. Ce soir il décidait de rester l’ami qu’il avait toujours été, pour que la blonde puisse profiter au maximum de ses derniers instants si précieux avec sa grand-mère, pour ne pas la détourner de ce but avec une futilité telle que l’amour. Il la protégeait et puis il se protégeait également, ô combien conscient que ce séjour aurait une fin et que céder à ses désirs ne ferait que compliquer les choses. Les tentations n’étaient pourtant pas simples à gérer et Léo jouait volontairement avec le feu, en tenant sa main, en la prenant dans ses bras, lui toujours si tactile, face à celle qui était de plus en plus irrésistible. Une fois la porte refermée sur eux, une fois qu’ils furent seuls tous les deux, dans son intimité à lui, ce fut presque une torture de ne pas la serrer contre lui, de ne pas embrasser ces lèvres qui ne demandaient que ça. Il se révélait un véritable don pour jouer la comédie lorsqu’il s’agissait de trouver des subterfuges pour repousser Blanche. Comme lui faire croire qu’il n’avait qu’une idée en tête et une seule, lui montrer ses photos de voyage. Alors que très clairement, il se maudissait être aussi dégonflé. Et il remarqua bien que Cambridge était déçue. Mais rapidement ils se détournèrent de ce besoin de la peau de l’autre et Léo sourit quand Blanche, tout aussi bonne comédienne que lui, demanda à ce qu’il lui parle de ses voyages. Ils tournèrent quelques pages en prenant bien soin de toujours frôler la main de l’autre, comme pour garder un contacte physique, électrisant. La blonde était lovée contre lui et Léo était bien, profitant de sa chaleur apaisante. Il était si bien qu’il sentit rapidement ses yeux se fermer, il lutta de longues minutes, essayant de donner le change en parlant de ses séjours. Mais il finit par perdre le combat contre le sommeil et se laissa glisser dans des songes cotonneux. Il était tard, ou bien tôt, il avait vécu beaucoup d’émotions dans cette soirée, il avait sûrement bu trop de vin et puis cette balade dans Paris l’avait fatigué pour de bon. Il ne sentit pas quand Blanche se dégagea de lui, il fallut qu’il sente le froid qu’elle avait laissé et qu’il entende la porte claquer pour réalisé qu’il se retrouvait seul chez lui.
Le dimanche matin arriva bien trop rapidement, il fut réveillé par le soleil puisqu’il n’avait pas pris la peine de fermer ses rideaux et que la clarté du début d’été baigna tout son appartement d’une lumière vive et douce dès les premières heures du jour. Léo aurait bien volontiers profité de son lit quelques heures de plus mais il était un homme de parole et il se souvenait encore de sa promesse à la blonde qu’il avait déjà laissé en plan dans la nuit. Il comptait bien réparer son imper, faire bonne impression pour une fois, envers Blanche et envers sa famille également. Pourtant quand il arriva et qu’il resta de longues minutes à attendre qu’on vienne lui ouvrir il sentit rapidement que quelque chose n’allait pas. Et quand Blanche apparut, dans sa robe de la veille, les yeux rougis d’avoir trop pleuré, il ne lui fallut pas bien longtemps pour comprendre qu’il ne s’agissait pas du simple chagrin de s’être sentie repoussé une énième fois par son ex. Il ne connaissait que trop bien ce genre de regard, vide et en même temps empli de douleur, d’un chagrin qu’on penserait incurable. Il l’avait vécu cette douleur là, bien trop souvent. Emerson perdit rapidement son beau sourire mais il attendait d’avoir la confirmation, le verdict tranchant et brutal quand Blanche ouvrit la bouche. Il lâcha alors tout ce qu’il avait dans les mains, les croissants sortirent de leur sachet en papier, le bouquet heurta le sol et les pétales des roses s’éparpillèrent sur les pavés, le pot en terre de l’orchidée se brisa dans un bruit fracassant, mais rien de tout ça n’avait d’importance, aucun bruit n’était plus fort que celui du chagrin de Blanche. Léo l’attira contre lui, la serra le plus fort qu’il put, il s’en moquait de lui faire mal, elle souffrait déjà bien trop. Ils restèrent de longues minutes l’un contre l’autre avant qu’il ne se décide à rentrer. Il l’aida à avancer, la portant presque parce qu’elle était à bout de force. Dans l’appartement silencieux il l’installa sur le canapé et la couvrit de la couverture qu’elle avait laissé en vrac. Puis il s’affaira dans la cuisine pour trouver de quoi faire un thé chaud avant de revenir avec elle. D’un geste doux mais autoritaire il la força à accepter la tasse. Ils restèrent encore quelques instants muets puis Léo pris enfin la parole. Quand est-ce que c’est arrivé ?

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MessageSujet: Re: Être parisien, ce n’est pas être né à Paris, c’est y renaître + Léanche   Sam 12 Jan 2019 - 18:14

La porte s'était ouverte sur un antinomique tableau d'émotions. D'un côté de la porte, on y voyait la joie, de l'autre la tristesse. Et comme un artiste qui analyse son oeuvre, le visage de Léo se transforma en réalisant qu'il n'exprimait pas la bonne émotion. Il avait compris, sans avoir besoin de mots, il avait compris ce dont il était question, la raison du visage éploré de sa belle amie. Il attendit pourtant qu'elle ne prononce les mots fatidiques avant d'agir, laissant tomber sur le sol tout ce qu'il tenait dans ses mains dans un bruit chaotique, l'argile du pot contenant l'orchidée blanche, les préférées de la tatoueuse, percutant le sol en un million de morceaux. Sacrilège pour la beauté de la fleur, mais dans l'instant présent, personne n'en accorda d'importance. Léo attrapa la blonde, la serrant le plus fort qu'il le pouvait, sa respiration en était presque coupée, mais il faisait bon de sentir la présence de quelqu'un, de se sentir envelopper dans une bulle de protection, comme si dans ses bras plus rien ne pouvait atteindre l'Australienne. Elle était en sécurité, quelque part entre la réalité et le rêve. Et si ce n'était qu'un mauvais cauchemar ? Et si les bras de Léo réparaient tout ? Et si en se détachant de l'étreinte, tout revenait à la normale, la douleur disparaîtrait, sa grand-mère reviendrait à la vie et ils pourraient prendre le petit-déjeuner tous ensemble sur la grande table de la salle à manger, devant la baie vitrée qui menait directement sur la ville et qui laissait apercevoir, au loin, le bout de la tour caractérisant si bien la ville de l'amour. Mais la réalité finit par rattraper la blonde, les bras de Léo n'étaient maintenant plus assez pour panser la peine, le mal revenait brutalement dans le souvenir que tout ceci n'était pas un cauchemar, que tout cela était bien réel et qu'il fallait accepter la fatalité des choses : elle ne reviendrait plus, elle n'avait pas pu lui dire au revoir une dernière fois. Blanche se mit à trembler dans les bras de l'homme, étouffant ses sanglots par manque d'énergie. Elle avait passé la nuit à pleurer, son corps était vide de larmes. Mais il tremblait, imitant les pleurs de ses gestes dramatiques. Et de longues minutes passèrent, silencieuses, respectant le besoin de reprendre ses esprits avant de daigner bouger. Après ces minutes sans paroles, Léo finit par briser le réconfort de sa caresse, forçant la belle à entrer. Il l'amena s'assoir, lui apporta une tasse de thé, couverte des couvertures qui lui avaient servi de lit la nuit dernière. Sous ses gestes autoritaires, elle n'eut d'autre choix de se montrer docile, acceptant sa tendresse. Un faible sourire, signe de remerciement, se dessina sur la commissure de ses lèvres. Même si le photographe venait de lui poser une question, Blanche amena la tasse à ses lèvres, prenant cette interaction comme une excuse pour maintenir son silence plus longtemps. Elle n'avait pas la force de parler, elle n'avait pas la force de garder les yeux ouverts, elle sombrait entre l'ombre et la lumière. La blonde, assise en tailleur sur le canapé, la couverture l'emmitouflant, elle posa la tasse de thé bien calée contre ses jambes, la chaleur la réchauffant au passage. Puis, elle osa enfin ouvrir la bouche. Cette nuit... Et la douleur revint, aussi rapidement que ces deux petits mots furent prononcés. Son coeur se serra, mais elle l'ignora, continuant son récit. À mon retour, c'était déjà trop tard. Elle était froide, sans vie, dans son lit. J'ai eu la chance de passer quelques minutes avec elle, inanimées, de prendre sa main, froide, et de lui dire combien je l'aime... Mais, elle, elle n'a pas eu la chance de l'entendre... Blanche n'avait pas remarqué qu'elle pleurait, les larmes coulaient sans le vouloir le long de ses joues, tombant en éclat sur les couvertures. Elle ferma les yeux. Ils l'ont transporté à l'hôpital... Le cancer n'est pas vraiment la cause principale... Son coeur a fini par lâcher. Elle combattait un virus qui ressemble à un banal rhume, mais qui pour elle a été fatal... À force de sortir et d'entrer à la maison, j'ai sans doute rapporté des microbes... Blanche refusait d'ouvrir les yeux. Elle était coupable, du moins elle voulait y croire, d'avoir voulu profiter de son séjour à Paris. Et qu'à force de visiter des lieux où il y avait beaucoup trop de touristes, elle avait fini par ramener des germes avec elle et causer, par prolifération, la maladie. Elle n'est partie que depuis quelques heures et je me sens vide, comme si elle avait emporté avec elle tous nos souvenirs...

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MessageSujet: Re: Être parisien, ce n’est pas être né à Paris, c’est y renaître + Léanche   Aujourd'hui à 8:02

Un coeur qui saigne ne fait pas de bruit. Blanche pleurait silencieusement dans les bras de Léo et il prenait toute conscience de son desespoire à mesure qu’il la sentait s’abandonner dans ses bras. Elle venait de perdre son aînée, son modèle, la personne qui lui était le plus proche malgré les années et la distance qui les avait séparé tout ce temps. Elle savait cette issue inéluctable depuis qu’elle avait appris la maladie de sa grand-mère, mais on ne se préparait jamais totalement à ce genre de perte. Et Blanche sombrait ce matin. Quelque part Léo était heureux d’être là pour elle, de pouvoir partager sa peine dans l’espoir qu’elle la sente un peu moins lourde à porter. Il se sentait étrangement légitime dans ce rôle d’épaule, de soutien, lui qui connaissait la jeune femme depuis toujours. Pourtant dieu que c’était difficile de la sentir si fragile, tremblante comme si elle allait se briser alors qu’il la serrait contre lui. Une fois dans le grand appartement, tous les deux assaillis par le silence laissé par le départ précipité de Claire, Léo trembla à son tour, réalisant petit à petit ce qu’il était entrain de se passer. Toute une vie venait de s’éteindre, un livre se fermait, la française avait probablement eu une belle vie, emplie d’amour et elle venait de tirer sa révérence au terme d’un combat perdu d’avance. Elle laissait derrière elle deux âmes en peine, peut-être d’autres, que Léo ne connaissait pas. Il profita d’être seul dans le logement pour préparer à sa guise de quoi réchauffer Blanche. Et, respectant ses silences et le besoin qu’elle avait de prendre son temps, il ne la bouscula pas. Chacun réagissait différement quand il s’agissait de deuil. Lui préférait le fuir, purement et simplement, comme il fuyait devant toutes les difficultés de la vie. A chaque fois qu’il avait dû subir ce genre d’épreuve il pliait bagage, il plaquait tout pour partir en solitaire, sans prévenir personne. La dernière fois qu’il l’avait fait c’était lorsqu’il avait compris qu’il n’y avait plus rien à faire pour sauver son mariage et il s’était retrouvé ici, au terme d’un long voyage autour du monde. C’était sa façon à lui de prendre du recul, c’était plutôt radical direz-vous, mais ça lui correspondait bien, à celui qui avait toujours si peur d’affronter les problèmes et la douleur. Finalement Blanche ouvrit la bouche, déversant un flot de paroles que Léo ne compris pas tout de suite, avant de réaliser qu’elle se sentait coupable, qu’elle prenait la responsabilité de la mort de sa grand-mère. Pire, même, oserait-il penser qu’elle s’en voulait parce qu’au lieu d’être à son chevet jusqu’au bout, elle papillonnait avec lui ? Insouciante et amoureuse, durant quelques heures où elle avait oublié sa peine pour penser un peu à elle-même. Il la pris contre lui après avoir essuyé ses larmes. Non, ce ne sont pas les microbes, ce n’est pas parce que tu pas passé quelques malheureux moments à t’échapper d’ici qu’elle est partie. Je ne te laisserais pas penser ça, ce n’est pas de ta faute. Elle était malade, c’est la simple et triste vérité. Il se rappela des paroles sages de cette femme, celles qu’elle lui avait glissé lorsqu’il l’avait rencontré pour la seule et unique fois : Et puis la vie continuera, même après moi, il faut le lui rappeler. La vieille femme était parfaitement consciente de son état et du peu de temps qu’il lui restait, elle savait qu’elle ne serait pas éternelle mais elle savait surtout que Blanche avait encore la chance d’avoir la vie devant elle et qu’elle devait en profiter. Je suis désolé Blanche, j’aimerais tellement… Il soupira, il ne pouvait rien faire, rien dire, qui soulagerait sa peine et il ne le savait que trop bien. Il faut que tu te reposes, tu vas devoir affronter encore quelques moments difficiles. S’il le fallait il serait là pour elle, évidemment, mais elle devait faire son deuil seule, à sa façon.
Les jours passèrent, Léo se fit discret dans la vie de la blonde, il passait de temps en temps prendre des nouvelles, l’aider à ranger quelques affaires, préparer l’enterrement. Mais il ne s’attardait pas, sentant parfois qu’il était de trop dans la vie de cette famille attristée. Il n’était pas des leurs, il n’était rien pour Blanche et encore moins pour ses grands-parents. Le jour de l’enterrement il fit comme à son habitude pour ce genre d’événement, il resta au fond de l’église, à écouter d’une oreille peu attentive les bondieuseries qui ne le touchaient pas. Il n’était venu que pour Claire, parce qu’elle était une femme exceptionnelle, il s’en était rendu compte au fil des jours passés à découvrir un peu sa vie et surtout pour Blanche qui n’était plus que l’ombre d’elle-même depuis cette triste nuit. Celle qui avait toujours le sourire, celle qui croquait la vie avec son caractère bien trempé semblait avoir perdu toute sève, toute joie et le pauvre photographe ne savait pas comment lui rendre la vie plus douce. Peu après le service, les nombreuses personnes présentes étaient invitées à se rendre à l’appartement de la défunte, les grands-parents de Blanche semblaient être des personnes appréciées et, malgré lui, dans des circonstances un peu étranges, Léo rencontra des cousins et de la famille plus ou moins proche de son ex, sans jamais trop savoir se définir auprès d’eux, mis à part un “je suis un ami d’Australie” qui sonnait étrangement. Il ne prévoyais pas de s’attarder, ce genre de chose ce n’était pas son truc, il avait  besoin d’air, de respirer sans se sentir oppressé par tout ce chagrin qui lui écrasait le coeur à lui aussi. Alors qu’il pensait s’échapper, après avoir cherché Blanche pour lui dire au revoir, en vain, il fut retenu par son grand-père. Vous aimez le whisky, Léo ? Quelle question, ses amis savaient combien le barbu était amateur de cet alcool. L'homme veuf avait déjà deux verres et une bouteille à la main. J’allais partir. Le vieil homme aux yeux larmoyants secoua la tête doucement. Vous êtes à nouveau impoli… Et sans rien ajouter il se retourna, imposant un respect que le bel Emerson se devait de tenir, il le suivit jusque dans un petit bureau. On sera plus tranquille par ici. Je n’ai plus l’habitude d’avoir tant de monde autour de moi. Il parlait tout en servant leurs verres puis tendit le sien à Léo. Vous êtes très apprécié. C’était une belle cérémonie. L’homme lui sourit poliment. Nous avions eu le temps d’en parler… Ecoutez. J’apprécie tout ce que vous faites pour nous, pour Blanche. Vous semblez être un homme bien Léo. Mais ma petite fille… sa place n’est pas ici, à ranger les affaire de sa grand-mère, elle doit s’amuser, elle doit reprendre sa vie. Je refuse qu’elle se morfonde, la vie continue. Non ? Léo ne savait pas bien ce qu’il faisait là, à déguster ce vieux poison avec cet homme qu’il connaissait à peine, il ne comprenait pas ce qu’il lui voulait. La seule chose à laquelle il pensait, celle qui finalement lui faisait le plus mal, c’était que tout était fini et que Blanche n’avait plus aucune raison de rester ici, en France. Bientôt elle repartirait. Oui. Oui vous avez raison. Elle va retourner à sa vie, elle va rentrer en Australie et les choses reprendront leur ordre avec le temps. Le français soupira doucement. Vous pensez que c’est ce qu’elle veut, rentrer en Australie ? Léo fronça les sourcils. Elle a tout là-bas, il n’y a pas de raison qu’elle reste ici. Sourire en coin du vieil homme à qui on ne la faisait pas. Non. Non il n’y a certainement aucune raison. Pas même un vieux coup de coeur qui hanterait ses pensées… De loin on appela le maître de maison, il termina son verre d’un trait et s’excusa rapidement auprès de son invité. Léo resta un instant à regarder le liquide ambré dans son verre puis il le vida à son tour avant de s’échapper.
Cinq jours plus tard, cinq jours sans que Léo et Blanche ne se soient parlé, le quotidien avait repris son court, on avançait dans l’été et il faisait chaud à Paris en ce début de mois de juillet, une chaleur étouffante comme souvent dans la capitale. On était samedi en fin de matinée et Léo arriva avec une vieille voiture prêtée par un ami qu’il gara sur un trottoir à la vas-vite, deux rues plus loin que chez lui. Il sonna chez les grands-parents de Blanche. Ce fut la blonde qui vint lui ouvrir. Avec un mince sourire il l’embrassa sur la joue. C’est toi que je voulais voir. Prépare quelques affaires, on part en week-end ! La vie continue. Il avait eu l’un de ses cousins au téléphone, il lui prêtait sa maison au bord de l’océan pour les deux prochains jours et clairement, il ne laissait pa le choix à la belle Cambridge, il l’enlèverait s’il le fallait, mais elle allait venir avec lui.

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I wish I could erase it, make your heart believe. But I'm a bad liar, now you know ››› alaska.  

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