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 Être parisien, ce n’est pas être né à Paris, c’est y renaître + Léanche

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bowenien
Blanche Cambridge
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MessageSujet: Re: Être parisien, ce n’est pas être né à Paris, c’est y renaître + Léanche   Jeu 17 Jan 2019 - 3:44

Peut-être que Léo avait raison, surement que Léo avait raison, évidemment Léo avait raison, mais devant la peine qui avait envahi son coeur et tout l'appartement, Blanche, elle ne raisonnait plus avec justesse. Elle avait le sentiment d'avoir manqué à son devoir, elle qui avait fait tous ces kilomètres pour sa grand-mère et non pour les beaux yeux d'une ancienne flamme qui était toujours aussi incertaine que dans leur passé, parce qu'elle n'avait pas été là alors que le moment fatidique s'était produit, parce qu'elle s'était accordé un moment de tendresse, de répit. La blonde avait fâcheusement échoué à sa seule tâche, celle d'emmagasiner le plus de souvenirs de la seule femme qui représentait un modèle dans sa vie. À présent, elle devait vivre tout le reste de sa vie avec ce sentiment d'échec qui l'empreignait. Et sa vie, elle était encore longue, seulement âgée de trente-cinq années, il lui en restait pour longtemps avec ce goût amer dans la bouche. Même s'il tentait de la rassurer, même s'il se promettait de lui enlever cette idée de la tête, Léo était face à un mur sans issue. Pour Blanche, son idée était faite. Un jour, elle le remercierait d'avoir tenté de la raisonner, mais aujourd'hui il était encore trop tôt. Elle n'avait pas encore eu le temps de digérer le départ de Claire, le vide qu'il avait laissé derrière elle et le trou noir qui s'apprêtait à prendre sa place. Les yeux vides, elle avait écouté les paroles de Léo, dont elle n'était pas en accord, sans rien y ajouter, un simple haussement d'épaules en guise de réponse. Il ne pouvait pas comprendre, de toute façon, elle ne lui en voulait pas. Puis, elle n'avait pas l'énergie pour se disputer, pour défendre son point dans une bataille perdue d'avance. Je sais Léo. Répondit-elle simplement face à l'impuissance de son ami. Moi aussi, j'aimerais tellement... Elle sourit en coin, les yeux lourds. Tu as raison, les prochains jours seront demandant, mon grand-père aura besoin de mon soutien.. La blonde décroisa ses jambes. Elle déposa la tasse de thé sur la table basse du séjour et fit signe au photographe de s'approcher d'elle, de venir s'assoir juste là, tout près, juste assez pour sentir sa chaleur apaisante. Il s'exécuta, tendrement, comme s'il pouvait lui donner la lune à cette belle blonde, alors qu'elle ne le méritait pas. Blanche lui sourit, en guise de remerciements, incapable de parler par la fatigue qui prenait le dessus, puis elle posa sa tête sur les jambes de son ex pour y trouver le sommeil.
Les jours avaient fini par passer, par se lever malgré la peine, chaque nouveau matin était un pas de plus vers la victoire de sa bataille contre le deuil. Blanche s'était rapidement remise sur pied, pensant que du haut de son nuage, Claire serait furieuse de la voir s'apitoyer des semaines durant. Elle s'était donc mise à la tâche, prenant le projet de trier les affaires de sa grand-mère à coeur, elle en faisait sa mission personnelle. Et c'était un peu sa façon de s'occuper, de penser à autre chose qu'aux larmes qui venaient trop facilement. Résiliente, Cambridge tentait du mieux qu'elle le pouvait de se rendre agréable, surtout à l'égard de Léo qui, souvent, passait lui rendre visite. Parfois avec des macarons, parfois avec un baiser sur la joue, en guise de support. Alors qu'elle pensait aller mieux, le jour de l'enterrement se pointa le bout du né, ramenant tous les mauvais souvenirs avec lui. Il fallait faire face aux condoléances, les membres de la famille et amis qui pleurait devant l'urne, ceux qui se remémoraient de vieux souvenirs, ceux qui n'arrêtait pas de lui dire combien elle ressemblait à sa grand-mère. Quand elle pensait craquer, Blanche cherchait le regard de Léo dans la salle et le courage lui revenait. Il était son pilier, celui qui l'avait aidé à passer au travers de ce chapitre dramatique de sa vie, et encore aujourd'hui elle avait besoin de lui pour se calmer. Mais après cette journée difficile, après que les souvenirs avaient été ressassés, la vie avait fini par reprendre son court, Léo avait disparu, laissant Blanche seule avec son deuil pas encore complètement résolu. Elle ne lui en voulait pas, loin de là, ce n'était pas sa famille, ce n'était pas sa peine, ce n'était pas sa douleur, et la vie continuait, malgré tout. Il avait des obligations, d'autres intérêts, l'envie de voir des gens qui n'étaient pas constamment tristes et accablés. Jusqu'à ce samedi de juillet, collant et humide, où la sonnette de l'appartement retentit dans un raisonnement qui n'avait pas eu lieu depuis longtemps.
À moitié habillée, seule à la maison, son grand-père ayant prit quelques jours de reculs pour aller visiter son fils, mais surtout pour se sortir de cet appartement qui lui rappelait beaucoup trop sa défunte femme, Blanche répondit à la porte. Elle lisait un sourire rapide sur les lèvres de l'homme qui, sans attendre, déposa un baiser contre sa joue en l'informant de sa visite. Blanche, surprise dans les yeux, le regarda un instant avant de daigner répondre. Je... Euh... Elle était prise de court, au dépourvu, elle qui n'avait pas vraiment prévu s'octroyer des vacances. Je peux pas... Finit-elle par dire, tristement. Bien qu'elle l'aurait voulu, elle ne pouvait pas se permettre de prendre du retard dans le classement des cartons. Je repars pour l'Australie dans deux semaines, j'ai acheté mon billet ce matin... Et je dois terminer de classer les cartons, j'en ai encore plusieurs à aller porter dans des organismes de dons... Elle soupira. Prononcer son départ, finalement l'adresser, était plus dur qu'elle ne l'aurait cru, surtout quand il était question de quitter Léo. Je dois mettre l'appartement en vente, mon grand-père ne sait pas vraiment comment ça fonctionne internet et tout Elle attrapa ses mains. J'aimerais tellement rester ici, avec toi, mais... mais tu as ta vie... Elle est différente, maintenant... Tu as voulu fuir ton passé... Et moi... Moi je ne cesse de le ressasser. Ce séjour, seule avec lui, elle le voulait plus que tout. Sa présence lui avait manqué, elle s'en rendait compte à présent qu'il était dans la même pièce et que son regard s'était assombri, attristé par la nouvelle qu'elle lui donnait. Mais elle ne pouvait pas. La vérité, c'était qu'elle avait peur. Peur de tomber amoureuse à nouveau. Peur de ne plus vouloir le quitter. Peur qu'il ne la rejette encore. Peur que son retour à Bowen soit, en réalité, encore plus déchirant.

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MessageSujet: Re: Être parisien, ce n’est pas être né à Paris, c’est y renaître + Léanche   Jeu 24 Jan 2019 - 7:50

Il était impossible pour l’australien de se comprendre la douleur de sa compatriote. Il avait pourtant vécu quelques drames personnels également, quelques tragédies au cour de sa vie qui avaient façonné l’homme qu’il était à présent. Mais aucune peine n’était comparable, aucune façon d’aborder la perte, chacun réagissant différemment. On avait souvent critiqué, jugé Léo qui fuyait face à ses drames à lui, mais il se foutait pas mal de l’avis des autres, sans cette échappatoire là, il n’aurait peut-être jamais réussi à surmonter ses deuils, il n’aurait jamais avancé dans sa vie alors que les autres aillent se faire voir s’ils n’aimaient pas sa façon de faire. Il comptait donc bien laisser à Blanche l’espace qu’il lui fallait si elle en avait besoin, ou l’entourer de ses bras si c’était de ça dont elle avait besoin. Pour le moment, dans tout le tourbillon enterrement, cérémonie, retour à la réalité, il se faisait discret, jamais trop loin mais pas étouffant pour autant. Néanmoins l’échange qu’il avait eu avec son grand-père trottait dans l’esprit du photographe durant quelques jours, il avait compris le message, du moins il pensait. Clairement le vieil homme voulait que sa petite fille souffre le moins possible de la perte de son ainée, du moins qu’elle se change les idées au lieu de se morfondre dans cet appartement parisien. Mais ce n’était pas tant cette invitation à la faire sortir qui le chamboulait, mais plutôt ces quelques mots, énigmatiques, cet histoire de vieux coup de coeur. Et alors il lui revenait toujours en mémoire cette visite de Notre-Dame qui avait dérapé sur un baiser volé. Ou encore cette soirée où il avait bien failli succomber à l’envie folle de la prendre contre lui et de l’embrasser à son tour. La venue de Blanche sur le continent européen avait changé tellement de choses en Léo, elle avait réveillé ce garçon qu’il pensait endormi, oublié, depuis si longtemps, celui qui l’avait aimée, même mal, si longtemps auparavant, tellement longtemps qu’on pourrait se demander s’il était toujours la même personne. Pourtant à sentir son coeur se gonfler en pensant à elle, il ne pouvait que constater que même si les années passaient, même si la vie l’avait marqué de multiples façons, elle restait cette constante invariable, celle qui, peu importe qu’il ait changé, peu importe tout ce qu’il avait pu vivre, qui il avait rencontré, faisait chavirer tout son être. Alors il avait pris cette liberté d’organiser ce week-end improvisé, un coup de fil à son cousin, le prêt d’une voiture à un ami et les choses étaient faites, rien n’était plus simple quand on voulait. Léo était du genre à partir sur un coup de tête, sans réfléchir et à dire à une fille viens on part, c’était totalement lui. D’ailleurs il avait souvent fait la proposition à Blanche, de voyager ensemble, ici à Paris, mais elle avait toujours refusé. Cette escapade là qu’il lui proposait était bien différente, mais le enjeux finalement n’étaient pas les mêmes non plus, c’était comme une promesse de retrouvailles, d’intimité, juste tous les deux, tout ce qui effrayait le bel Emerson. Et une fois encore elle déclinait l’invitation. Léo s’attendait à cette réaction de sa part, il ne fut alors pas surpris à tel point qu’un mince sourire se dessina sur ses lèvres, aujourd’hui encore il était capable de prévoir ses réponses à l’avance. L’annonce de son départ prochain, même s’il y était préparé, lui fit l’effet d’un coup de poing dans le ventre, il devenait concret, d’ici deux semaines elle ne serait plus là. Mais il ne perdit rien de sa superbe et la laissa continuer alors qu’il s’asseyait sur l’accoudoir du canapé en l’écoutant parler. Hmm, oui, je comprends… tu te rends compte que ce sont des excuses tout ça et qu’il m’en faudrait plus pour me convaincre ? On déposera tes cartons en chemin, j’ai une voiture, profites-en. Et puis tu n’as pas à t’occuper de la vente de l’appartement, ce n’est pas ton rôle et quand tu seras parti tu ne comptes tout de même pas gérer cette vente de Bowen, si ? Il y a une agence immobilière juste au coin de la rue, demande Carole, elle est très professionnelle. Il avait décidément réponse à tout mais ce n’était pas certain que ses mots trouvent une oreille attentive, Blanche semblait tellement déterminée à ne pas le suivre. Léo s’approcha alors. Deux semaines c’est encore long, j’ai eu ordre de te changer les idées… viens avec moi. Ce n’est pas une demande, c’est un ordre Cambridge, promis, je ne t’enlève que deux jours, demain soir tu seras déjà de retour. Il passa une main timide dans les cheveux de la blonde alors qu’il guettait le moment où elle craquerait. Ressasser mon passé c’est peut-être bien la meilleure chose qui me soit arrivée depuis longtemps. Puis on ne parle pas de chambouler toute ma vie là, ce n’est qu’un week-end en bord de mer. Il minimisait la situation, comme s’il avait encore le choix que de prendre les choses à la légère.


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MessageSujet: Re: Être parisien, ce n’est pas être né à Paris, c’est y renaître + Léanche   Mer 30 Jan 2019 - 3:36

Elle ne lui avait pas demandé de comprendre. Elle ne lui avait pas demandé de se mettre à sa place. Elle ne lui avait pas demandé de prendre sa douleur. Blanche n’avait rien demandé à Léo. Il s’était porté volontaire pour s’assurer qu’elle ne sombre pas trop, il s’était lui-même mis dans le rôle du gardien de son ex. Et ce n’était pas pour déplaire à la blonde, bien au contraire. Les douces actions, discrètes, mais juste assez présentes, du photographe étaient appréciées. Bien au contraire, elle savait combien la peine était lourde à porter et jamais elle n’aurait souhaité faire vivre cet enfer à la seule personne qu’elle n’avait jamais aimée. Léo et Blanche se ressemblaient sur bien des points, mais lorsqu’il était question de faire face aux dures réalités, ils étaient bien différents. Léo fuyait alors que Blanche, elle, avait besoin de vivre toutes les minutes d’émotions qui devaient en découler. Léo voyageait, Blanche travaillait sur elle. Alors lorsqu’il était question d’introspection et de jeter un regard sur la situation, les deux amants claschaient. Et malgré tout, Le Brun se montrait à l’écoute de sa belle. Évidemment, il y ajoutait son grain de sel, Léo ne serait pas Léo autrement. Et, en temps normal, ce n’était pas pour déplaire à la blonde. Mais aujourd’hui, alors qu’il se tenait devant elle, les yeux plongés dans ceux de la jeune femme déchue, et qu’il tentait de la confronter à la réalité de sa tristesse lui laissant comprendre que la terre n’avait pas arrêté de tourner après la mort de sa grand-mère, Blanche de refermait comme une huitre protégeant sa perle des voleurs. Et sa perle, c’était Claire. Claire et le souvenir qu’elle lui avait laissé. Claire et le mal qu’elle lui avait laissé. Claire et toute la culpabilité que la blonde s’infligeait depuis sa perte. Il voulait bien faire, son amant, il cherchait à l’aider pour éviter qu’elle ne s’oublie dans le péri le qu’était le deuil et tout ce qui venait avec, mais la blonde n’était pas rendue à cette étape. Et à force de lui sortir des excuses, à force d’avoir réponse à tout ce que,le disait, elle se refermait davantage. Assis sur l’accoudoir, comme un perchoir, il la regardait avec des yeux doux, sans irritations dans la voix il tenta de la convaincre de plus belle, mentionnant que toutes ses raisons n’avaient pas lieu d’être et que la tatoueuse ne cherchait que des excuses. Il avait peut-être raison après tout, peut-être que la blonde tentait de trouver les meilleures excuses possibles. Peut-être qu’elle tentait de le repousser. Parce que même dans ses rêves les plus fous, même dans les idylles qu’elle s’était bâties en imaginant les meilleurs scénarios possible, elle se trouvait des raisons pour que leur histoire n’aboutisse vers rien. Il l’avait sans cesse repoussé, mis à l’écart, jusqu’à lui laisser croire que rien ne pouvait être possible entre eux. Et maintenant, il lui envoyait des signaux contraires. Avec la perte de sa grand-mère, son cœur était fragile, il ne supporterait plus aucune cassure. L’intimité d’un weekend à la campagne était dangereuse, cruellement dangereuse pour son palpitant déjà délicat. Toutes les fois qu’ils s’étaient retrouvés seuls, il s’était emballé, son cœur, il s’était fait des idées, et toutes les fois il avait du se résigner. Notre-Dame ou un baiser avait été échangé à la dérobé suivi de reprimendations, les rues de Paris où ils s’étaient entrelacé les mains, l’appartement de Léo ou la tension s’étaient fait sentir sans compter toutes ces fois où ils s’étaient frôlés et où la blonde avait dû retenir ses envies de se ruer vers ses lèvres pour retrouver sa chaleur corporelle. Il était difficile à suivre, le globetrotteur, difficile à comprendre, un jour il la repoussait, lui disait que rien n’était possible entre eux, même si son cœur était libre pour la première fois depuis qu’ils se connaissaient, et l’autre il l’invitait, elle et seulement elle, à partager deux jours dans l’intimité, loin des yeux des voyeurs. Alors oui, le deuil de claire jouait pour beaucoup sur sa réponse hâtive, mais la peur d’être encore blessée aussi. Et bien qu’elle pouvait mettre des mots sur la première raison, il était impossible pour Blanche de mettre des paroles sur la deuxième.
L'Australienne fronça les sourcils lorsque son amant lui parlant d’une agence immobilière. Elle s’empressa de secouer vigoureusement la tête, signe qu’elle réfutait sa proposition de plus belle. Non. Non, je ne laisserai pas l’appartement de ma grand-mère dans les mains d’une inconnue. C’était tout à fait elle, têtue comme pas deux. Certains disaient que cela faisait son charme, mais pour l’instant elle n’avait rien de charmante. Les mains sur les hanches, elle s’était bloquée, arborant un bouclier à tout ce que l’homme pouvait dire. Et s’il voulait lui changer les idées, il devra s’y prendre autrement, parce que de cette façon il ne faisait que braquer l’obstinée qu’elle était. Ordre ou pas, j’ai des choses à organiser avant mon départ et elles ne se feront pas toutes seules… je n’aurai probablement plus les moyens de revenir ici, autant profiter de mes derniers instants dans cet appartement et dans cette ville… On pouvait sentir la tristesse dans sa voix, mais impossible de dire si elle était triste à l’idée de partir et de laisser les souvenirs de sa famille derrière elle ou de laisser passer la chance de retrouver l’homme qu’elle avait toujours aimer. Cet homme qui ne manquait d’arguments et de réponses a lui donner, qui n’espérait que la convaincre. Et dès qu’il parla avec son cœur, il avait gagné celui de la blonde. Il avait sorti l’arme fatale, lui avouer que son arrivée brusquée en ville avait effectivement ressassé son passé et que c’était, étonnement, une bonne chose pour lui qui avait le talent de fuir toute sévérité. Elle ne chamboulait pas sa vie, Cambridge, non, mais elle allumait des étincelles. À cet aveu, elle soupira longuement de défaite, affichant un sourire vaincu. Tu as gagné, c’est bon… donne-moi deux instants et je te rejoins dans la voiture. Elle tourna les talons, direction la chambre d’invité qui lui avait servait de repère durant son séjour. Puis, elle se retourna vers Léo. Tu as réponse à tout, n’est-ce pas Emerson ? Sa phrase commençait nettement comme un reproche, mais elle ne l'était pas du tout. Tu étais préparé, peu importe ce que j’aurais pu te baratiner, tu aurais trouvé une façon de me convaincre… C’est exactement ce que j’aime chez toi. Un sourire sur les lèvres, elle s’éclipsa sur ces douces paroles et ne ressortit de la pièce qu’une fois son sac de voyage complété.


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MessageSujet: Re: Être parisien, ce n’est pas être né à Paris, c’est y renaître + Léanche   Ven 8 Fév 2019 - 22:26

Léo était loin de réaliser qu’avec sa répartie et sa capacité à toujours trouver des solutions, celles qui l'arrangeait lui avant tout, il faisait peur à la blonde endeuillé. Il avait toujours réponse à tout, à force de côtoyer Blanche, il anticipait ses interrogations et ses doutes, il les envoyait valser d’un revers de main, comme si tout cela n’était que sottises. Il partait toujours de ce vieux principe qu’elle était incapable de lui résister et de dire non. Mais il ne se rendait pas compte qu’au delà de tout, elle avait besoin de ces repères qu’elle se créait, cette succession, le rangement des cartons. Elle avait besoin de ces choses là pour se faire à l’absence de sa grand mère, au vide qu’elle avait laissé en partant pour de bon. Et pour se protégeait de lui, lui qui était sa faiblesse depuis toujours. Léo semblait oublier qu’elle partait dans quelques jours à présent, qu’elle retournerait bientôt à sa vie australienne alors que lui resterait ici. Ou peut-être le réalisait-il trop bien, sûrement. Alors il tentait le tout pour le tout, comme le vieil homme lui avait fait comprendre le jour de l’enterrement, il devait saisir cette chance qui lui était donnée d’inverser la donne, de faire comprendre à cette fille qu’il avait enfin compris, qu’elle comptait plus qu’une autre, plus que toutes les autres. Ils avaient eu tellement d’occasions manquées tous le deux, tellement de fois où ils s’étaient croisés, mal compris, où il l’avait repoussé à cause de sentiments qu’il n’assumait pas. A force de se tourner autour il était temps de prendre son courage à deux mains, de forcer le destin pour qu’il aille enfin dans leur sens. Oui, je comprends. Alors je m’en occuperais s’il le faut. Je connais la valeur du marché dans le quartier, je sais combien vous êtes tous attachés à cet appartement. Et puis dans tous les cas tu ne vas prendre aucune décision dans les deux jours alors j’ai le droit de t’enlever. En vrai, plus il regardait les volumes de ce grand logement, plus il se sentait bien ici, il aimait son atmosphère et l’énergie qui s’en dégageait. Dès la première fois qu’il avait mis les pieds chez les grands-parents de Blanche il avait aimé cet appartement et son tout petit nid, même confortable, restait bien étroit pour lui qui aimait l’espace. Mais il ne comptait pas le dire à la jeune femme, il avait trop peur de l’effrayer en lui disant qu’il serait intéressé par l’achat de ce bien. Cambridge repartait, contrant ses arguments avec de fausses excuses pour ne pas le suivre en week-end. C’était certes charmant, qu’elle lui tienne tête, mais Léo avait son idée et elle perdait son temps à le contredire. Alors il gardait un mince sourire sur son visage mangé par la barbe tout en l’écoutant avec patience. Et lorsqu’il sortit son dernier argument, un aveu sincère mais qui ferait son effet, il le savait, il guetta l’instant où elle allait craquer. Un sourire las se dessina sur les lèvre de la blonde, elle baissa les yeux, presque gênée et il sut qu’il avait gagné. Lui afficha alors une mine de vainqueur. Je vais mettre les premiers cartons dans la voiture ! Et alors qu’elle se retournait pour lui poser sa question presque comme un reproche, il haussa les épaules, comme un gamin insouciant avant d’afficher un sourire triomphant. Peut-être parce que je sais ce que je veux ! C’était plutôt de mauvaise foi, parce qu’il avait souvent démontré qu’il ne savait pas se décider sur ce qu’il désirait, surtout la concernant. Une fois que Blanche fut prête, ils quittèrent leur quartier, premier stop à l’association pour déposer les affaires de Claire puis Léo se fraya un chemin dans la circulation comme s’il était parisien depuis toujours. Ils laissèrent Paris derrière eux pour prendre le chemin du bord de mer. Direction La Rochelle, là où son cousin possédait cette maison qu’il lui prettait. Ils s’arrêtèrent à mi-chemin pour déjeuner rapidement, Blanche était dans ses pensées, rêveuse, silencieuse et Léo la laissa dans sa bulle, lui offrant tout le temps dont elle avait besoin pour se retrouver avec elle-même, pour mieux pouvoir profiter ensemble lorsqu’ils seraient arrivés. Une fois sur place, il récupéra la clé chez le voisin, comme convenu avec son cousin. La maison était comme cachée en plein vieux centre, presque sur le port, on pouvait croire à une toute petite bicoque mais c’était en fait un vrai cocon chaleureux et spacieux, une belle maison de centre-ville, en bord de mer. Il y avait plusieurs chambres alors Blanche avait tout le loisir de choisir où elle voulait dormir. Ils s’installèrent tranquillement, Emerson ne brusqua pas la jeune femme. Puis ils finirent par se rejoindre dans la cuisine. Tu as tout ce qu’il te faut ? J’ai vu qu’il y avait des bières au frais, je nous en sort ? En ce milieu d’après midi il était d’humeur douce, prêt à profiter de ces quelques heures avec Blanche, loin de tout. Prenant petit à petit conscience qu’il n’avait nulle part où s’échapper et étrangement, cette idée ne l’effrayait plus autant qu’avant.

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MessageSujet: Re: Être parisien, ce n’est pas être né à Paris, c’est y renaître + Léanche   

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