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Ce jeudi 31 octobre à 18h, venez embarquer dans un merveilleux bateau de croisière pour une soirée inoubliable ! Une soirée qui s'annonce amusante, frissonnante et même ... terrifiiaaante ! » rendez-vous ici pour plus d'infos.
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 Être parisien, ce n’est pas être né à Paris, c’est y renaître + Léanche

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Blanche Cambridge
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Blanche Cambridge
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MessageSujet: Re: Être parisien, ce n’est pas être né à Paris, c’est y renaître + Léanche   Être parisien, ce n’est pas être né à Paris, c’est y renaître + Léanche - Page 6 EmptyDim 17 Nov 2019 - 4:49

Elle avait mis les pieds dans cet appartement, quelques mois plus tôt, et déjà elle en était tombée amoureuse, sous les charmes des caractéristiques typiquement parisiennes qui l'avaient toujours fait fantasmer, l'architecture classique, les plafonds hauts, les moulures détaillées, le soleil qui entrait dans toutes les pièces, dès le matin, qui se poursuivait tout au long de la journée. Elle s'était imaginé y vivre, abandonnant sa vie australienne pour s'accorder une vie plus légère, plus douillette, sans le creux qui lui manquait à la maison, le creux que son coeur ne s'était pas rendu compte qu'il ressentait, mais qui s'était avéré bien présent dès qu'elle avait recroisé l'amour de sa vie dans les rues de cette ville qu'elle ne connaissait qu'à peine, mais qu'elle aimait déjà. Dans la chambre d'amis qu'elle avait faite sienne l'instant de son premier séjour, elle avait rêvassé à des matins ensoleillés, des cafés sur le petit balcon avant, des croissants ramassés à la pâtisserie du coin, des verres de vin en fin de soirée devant les lumières de la ville qui éclairaient la grande fenêtre du séjour. Mais tout ça, c'était impossible, c'était des rêves qu'elle n'aurait jamais pu toucher. Parce que pour les réaliser, il aurait fallu avoir de l'argent, avoir assez d'économies pour se permettre ce genre de folies. Pouvoir tout abandonner, tout vendre de son ancienne vie et rebâtir à neuf ici. Et tout ça, ce n'était pas pour elle. Peut-être dans une autre vie, peut-être dans un autre monde. Mais pas dans celui qui était le sien. Impossible, intouchable. Dans ce séjour dont elle avait longuement rêvé devenir le sien, alors qu'ils se préparaient à l'offrir à un autre, quelqu'un qu'elle croyait être un inconnu, son coeur avait raté un battement. Non seulement son rêve lui glissait des mains, il lui avait été volé par le seul qui savait combien elle aimait cet endroit, combien elle y était attachée. Et elle vu noir. Noir et rouge. Rage. Colère. Trahison. Déception. Mauvaise, elle montra les crocs, l'interdisant de toucher son rêve, le voulant pour elle. Jalouse qu'il en eût les moyens, et pas elle. Son grand-père tenta de la raisonner, de lui faire entendre la vérité qui faisait mal : il souffrait de se lever tous les jours dans ce grand appartement, seul, sans sa Claire bien aimée.
À l'extérieur, l'ambiance était froide alors que la température saisonnière frôlait la canicule. Douce, calme, elle s'était avancée de celui qui lui tournait toujours le dos, osant lui demander pourquoi. Pourquoi cet appartement ? Pourquoi ne pas le lui avoir dit ? Pourquoi pas ?, qu'il lui lança, défiant. Blanche soupira, Léo ne le prenait pas comme elle l'aurait souhaité. Était-ce réellement surprenant, après la scène qu'elle lui avait jouée dans l'appartement ? Elle secoua la tête à ses paroles suivantes. Elle était déjà partie, c'était une raison raisonnable, selon lui. Les querelles qui reprenaient, comme la première fois qu'ils s'étaient retrouvés, mais cette fois elles étaient plus stridentes, elles faisaient mal, parce qu'ils ressentaient, fortement, les sentiments de son départ, les sentiments qu'ils avaient forcés de taire. Près d'elle, si près qu'elle pouvait sentir son parfum, celui dont elle était amoureuse, celui qui le rendait irrésistible, il lui crachait au visage sa colère. Et la réelle raison, maintenant ? Blanche ne bougeait pas, même si leur souffle s'entrecroisait, même si ça lui faisait mal de se tenir si près, mais d'être si loin. Elle le regardait dans les yeux, sans bouger, sans détourner le regard, sondant son esprit à la quête d'une vérité, une vérité qu'il ne voulait pas lui livrer. Pourquoi celui-là ?, demanda-t-elle à nouveau. Alors que tu savais ce qu'il représentait pour moi... Elle soupira longuement, décidant de lui livrer sa propre liberté et ainsi peut-être voudrait-il se confier. Je suis jalouse. Elle recula d'un pas, brisant leur proximité, ses yeux décrochèrent des siens, son coeur se serra. J'aurais voulu avoir les moyens de l'acheter, cet appartement... Mais elle n'avait jamais eu les moyens de réaliser ses rêves, la blonde. Entre un inconnu et toi... je préfère que tu sois celui qui créer de nouveaux souvenir dans cet appartement..., souffla-t-elle presque dans un chuchotement. C'est comme s'il restait dans la famille, de cette façon...

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MessageSujet: Re: Être parisien, ce n’est pas être né à Paris, c’est y renaître + Léanche   Être parisien, ce n’est pas être né à Paris, c’est y renaître + Léanche - Page 6 EmptyLun 18 Nov 2019 - 13:20

Léo avait compris depuis le départ tout ce que cet appartement signifiait pour Blanche, au delà même des souvenirs familiaux, il était synonyme d’une liberté qu’elle n’avait pas le luxe de s’offrir. Non pas qu’il n’y aurait pas eu des solutions, l’argent qu’elle avait toujours refusé de ses parents ou même une discussion à cœur ouvert avec son grand-père pour lui faire comprendre qu’il fallait garder ce bien dans la famille. Mais elle était trop fière, Cambridge, elle avait trop besoin de se sentir émancipée, affranchie de toutes chaînes qui la retiendraient ou la rendraient redevable à quiconque. Cette fois elle voyait tristement les limites de ce choix de vie lui voler son rêve parisien. Et elle voyait que celui qui lui volait ce rêve, au delà de tout ça, c’était lui, Léo, celui qui avait fait d’autres choix, celui qui profitait de cette vie qu’on lui avait offert sur un plateau d’argent. Il était loin d’être rentier ou bon fils à papa, mais il avait su tirer avantage de sa naissance et l’achat de cet appartement était l’un des nombreux caprices qu’il pouvait se permettre, contrairement à elle. Mais était-ce vraiment un caprice égoïste ? Blanche semblait le penser, le maudire pour cet énième affront qu’il lui faisait. Cependant son jugement était biaisé et la vérité un peu plus complexe que ça, parce que rien ne pouvait être simple entre eux. En proie à une colère qu’il ne maîtrisait pas, venue des tréfonds de son être, une colère ancienne qui n’avait jamais encore explosé, le résultats d’années de frustration, de non-dits, d'occasions manquées. Alors il lui avait sorti ces mots durs, ceux qu’il ne pensait pas, il ne les avait pas criés, même s’ils semblaient mâchés, crachés, il avait juste serré les dents et espéré qu’elle se retourne, qu’elle rentre dans son refuge tant qu’il était encore sien et qu’elle le laisse noyer sa peine. Il la connaissait pourtant bien, la Blanche obstinée, presque aussi têtue que lui, elle n’avait pas bougé, elle n’avait pas cillé en se prenant cette gifle verbale en pleine face, elle tendait presque la seconde joue, le regard toujours accroché au sien. La réelle raison. Léo pinça les lèvres, silencieux, entêté, avant qu’elle ne revienne à la charge et que son cœur ne se brise un peu plus. Elle allait l’avoir à l’usure et lui, incapable de tourner les talons, lui qui pensait mourir d’envie d’en finir avec cette querelle en la plantant là alors qu’il désirait finalement tout le contraire, non pas qu’ils se fâchent, mais qu’ils se réconcilient, il n’arrivait pas à sortir les mots justes, toujours le même foutu problème. Toujours trop proche pour ne pas être troublé par les quelques millimètres qui séparaient leurs corps, le photographe restait sans voix, il n’arrivait pas à s’exprimer mais il n’avait plus non plus la force de mentir alors que la lassitude de trop de disputes inutiles commençait à poindre doucement, les montagnes russes des sentiments en quelques trop courtes minutes, il ne suivait plus, il était perdu. Elle était jalouse, elle l’avouait avec honte tout en instaurant une distance entre eux. Léo baissa les yeux sur la pointe de ses chaussures. Je le sais, Blanche… il savait plus que quiconque qu’elle aurait voulu être celle qui raflerait la mise, qui garderait ce lieu précieux pour elle, il ne le savait que trop bien et c’était la raison pour laquelle ils se fâchaient aujourd’hui. C’est pas ce que tu disais là-haut. Plutôt n’importe qui d’autre que moi… Il se demandait ce qui lui avait fait changer d’avis, le vieil Aubé ou autre chose ? Enfonçant les mains dans les poches de son jean, se dandinant sur ses jambes comme un gamin gêné, il releva la tête et fixa un point derrière Blanche, comme pour ne pas à avoir à affronter son regard. Viens vivre ici. Avec moi.  Elle voulait la vraie raison, celle du cœur, celle qui lui avait fait prendre ce logement sur un coup de tête sans trop réfléchir. Il la lui offrait, là sur ce bout de trottoir. Il ne lui disait pas qu'il l'aimait mais ça valait toutes les déclarations d'amour pour Léo, il lui demandait de quitter son île de l'autre côté de la Terre, comme il l'avait fait aussi quelques années plus tôt, pour sauter dans l'inconnu. Un inconnu qui pourrait être si doux puisqu'ils seraient ensemble. Loin d'être des paroles en l'air, il aurait voulu le lui dire un mois plus tôt, au pied de cet appartement quand ils rentraient de week-end ou bien à l'aéroport, au lieu des silences lourds de secrets qu'il avait laissé s'installer. Et si ce n'était pas aujourd'hui ce serait une prochaine fois, quand elle serait prête ou quand elle en aurait envie, parce que pour le photographe, rien n’était moins sûr que la réponse de la blonde qui lui faisait face.

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MessageSujet: Re: Être parisien, ce n’est pas être né à Paris, c’est y renaître + Léanche   Être parisien, ce n’est pas être né à Paris, c’est y renaître + Léanche - Page 6 EmptyMar 19 Nov 2019 - 2:36

Son retour à Bowen avait été gris, teinté de noirceur et d'amertumes, de regrets et de chances perdues. À force de se faire piétiner le coeur, à force qu'on le lui arrache, elle s'était créé une barrière, un bouclier, qui était supposé le protéger d'éventuelles blessures. Alors, pourquoi donc, son mois de retour à la routine, lui avait tant fait mal ? Sa carapace de défense n'avait pas fonctionné, elle n'était jamais efficace lorsqu'il était question de lui, de Léo. Il fallait seulement apprendre à vivre avec la douleur, composer avec le mal, laisser les maux devenir une seconde peau. Il n'y avait pas un jour où elle n'avait pas repensé à son départ, pas une journée où elle ne s'était pas remémoré son arrivée surprise à l'aéroport, pas une fois où elle ne s'était pas demandé ce qu'aurait été sa vie si elle avait franchi ses peurs et si elle le lui avait demandé s'il voulait d'elle à temps plein et pas que pour quelques mois de découvertes. Le jour, elle était parvenue à contenir sa douleur, à la canaliser, à se concentrer sur sa boutique, sur ses clients, sur les habitants de la ville qui avait appris pour son voyage à Paris, sur ceux qui lui avaient demandé des nouvelles de Léo, après toutes ces années. Le jour, c'était facile. Elle pouvait attraper son carnet à dessin, gribouiller des esquisses qui reflétaient ses états d'âme, les canaliser, les extirper, les laisser partir en fumée. Mais la nuit, elle n'avait aucun contrôle. Ses rêves s'entremêlaient dans les douloureux souvenirs, devenant des cauchemars, lui rappelant qu'ils s'étaient, une fois pour tout, perdus, qu'il n'y avait plus de retour en arrière possible pour eux, les amoureux éternels maladroits. Ça devenait lourd et sombre, c'était effrayant et déchirant à la fois. Elle se réveillait, la nuit, les larmes qui coulaient sans contrôle sur ses joues, humidifiant son oreiller, paralysée par l'illumination de la vérité, son coeur qui serait à tout jamais brisé. Puis on lui avait annoncé la vente, nouvelle addition au bal de ses malheurs, mêlant à présent dans ses rêves la perte du bien immobilier et celle de son être aimé. Elle s'était envolée à nouveau pour la Ville lumière, la capitale de l'amour, celle qui contenait toujours son coeur, qui l'avait maintenu prisonnier à leur dernier au revoir. Et même si elle était revenue, son coeur, lui, n'avait pas cessé de souffrir, sa tête ne lui avait pas donné de repos. Le voir, au beau milieu l'appartement qui ne sera jamais le sien l'avait achevé, elle s'était emportée, bien plus qu'elle ne l'aurait cru, balançant des vérités qui n'étaient pas les siennes au visage de son amant secret et de son grand-père, trop fière pour seulement avouer qu'au fond son coeur saignait, qu'il réclamait une pause. Ça n'avait pas arrêté, depuis la mort de Claire, Blanche accumulait déception sur déception, sans avoir un moment de répit, sans avoir un moment d'accalmie. Elle avait vu, au regard de Jean-Paul, que son coeur aussi n'avait pas eu de pause et que cette dernière était bien plus urgente qu'il ne le laissait croire, que ce logement ne lui apportait plus que du malheur, que les souvenirs y restaient emprisonnés au même titre que son coeur, qu'il ne pourrait passer à autre chose qu'en s'en débarrassant, aussi cru que cela pouvait être. Égoïste, elle n'avait pensé qu'à elle, qu'à son coeur qui avait mal, en oubliant que cette histoire en avait touché d'autre et que la principale victime, bien qu'elle ait toujours voulu le bonheur de sa petite-fille, n'en pouvait plus d'attendre. Il lui fallait agir. Elle avait lu la détresse, entendu les paroles et, surtout, elle s'était sentie complètement injuste envers le seul pour qui son coeur battait toujours. L'ascenseur avait trop long à arrivé, elle s'était contenté des escaliers qu'elle avait presque dégringolés dans le but de rattraper Léo, sur la rue. Et bien qu'elle lui ait couru derrière, bien que son regard était plus calme qu'au tout début, lui, il n'avait pas eu envie qu'elle l'apaise, qu'elle le retrouve, qu'elle le supplie de rester. Et il le lui avait bien fait comprendre, lui crachant au visage, retour du balancier, sa vérité à lui. Ils étaient si près, mais si loin à la fois. À des milles des amants qu'ils avaient fini par redevenir durant les derniers jours de son séjour. Et malgré tout, la blonde ne clignait pas des yeux, ne bougeait pas. Son coeur saignait, pleurait, hurlait, se brisait, mais elle ne bougeait pas, son visage qui affichait à présent une moue de déception alors qu'elle sentait l'avoir totalement perdu, par sa faute, même si elle avait mis son coeur à découvert. Sur ce point, tu as raison.. C'est pas ce que je disais, avoua-t-elle avec émotion. C'était la colère qui parlait... D'abord, celle de devoir vendre. Ensuite, celle de réaliser que tu aurais droit à mon rêve, et pas moi. Puis, celle de t'avoir perdu... Blanche s'était pas montrée aussi honnête avec lui que très rarement, préférant taire ses propres sentiments par peur de déplaire, par peur de ne plus être aimée. La seule fois où elle s'était ouverte à lui ainsi remontait à La Rochelle. C'était maladroit... Léo baissa les yeux, ses mains enfouies dans les poches de son jean, il semblait mal. Il releva enfin la tête, mais n'osa pas la regarder. Blanche soupire, recula d'un pas, brisant un peu plus la proximité de leur coeur, laissant le froid s'installer, le vide, le néant. J'ai tout gâché.. Il fixait l'horizon derrière elle, les fleurs qui avaient été plantées par Claire, celle qui avait à coeur les platebandes de l'immeuble et que les voisins avaient arrosée, à tour de rôle, depuis son décès. Il regardait les hydrangées et les marguerites blanches. Tout sauf elle. Et, alors qu'il la fuyait du regard, il laissa tomber une bombe dont elle n'avait pas prévu les répercussions, lui demandant, le plus simplement du monde, de venir s'installer ici, à Paris. Avec lui. Il lui demandait de tout abandonner, pour lui, pour une vie qu'ils pourraient se construire ensemble, petit à petit, si seulement elle le voulait. Il lui offrait son rêve, sur un plateau d'argent. Blanche, surprise, resta sans mots. Elle recula à nouveau, de quelques pas qui lui firent retrouver le pavé du chemin menant à la porte d'entrée de l'immeuble. La tête lui tournait, elle aurait pu tomber dans les pommes. Je... Elle ne savait pas quoi dire, quoi penser. C'était fou. Complètement fou. Elle laissait l'idée germer, le rêve s'installer. Et la réalité lui frappa de plein fouet. Elle n'en avait pas les moyens. Je ne peux pas faire ça... Les larmes menaçaient de faire leur apparition, à nouveau elle lui tournait le dos, elle lui refusait un avenir à deux. Par peur, par fierté, par protection. Je ferai quoi de ma boutique ?, demanda-t-elle alors que ce n'était pas le réel enjeu. Je ne peux pas, je n'en ai pas les moyens, même en vendant tous mes biens. Refusant catégoriquement qu'il lui offre la possibilité de s'installer sous son toit, sans payer un sou pour la cohabitation. Et.. nous deux... je veux dire.. comment ça pourrait fonctionner ? Naïve, elle n'avait pas compris qu'il l'invitait non seulement à vivre avec lui, mais à partager la moitié de sa vie. On ne peut pas faire ça, ce ne serait pas sein...

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MessageSujet: Re: Être parisien, ce n’est pas être né à Paris, c’est y renaître + Léanche   Être parisien, ce n’est pas être né à Paris, c’est y renaître + Léanche - Page 6 EmptyMer 20 Nov 2019 - 23:26

La vie du bel Emerson n’était plus à Bowen, il en était persuadé, même en regardant celle qu’il aimait s’éloigner vers la porte d’embarquement qui la ramenait vers leur ville, leur pays, leurs racines. Il s’en était rendu compte lorsqu’il l’avait laissé repartir sans piper mot quelques semaines plus tôt, il était triste et en colère de ne rien faire, d’être si lâche, mais pour rien au monde il n’aurait voulu la rejoindre. Il pouvait se dire qu’il savait au fond de lui qu’elle reviendrait sur le sol français, mais la vérité était bien plus égoïste que ça, malgré les sentiments qu’il éprouvait pour Blanche, il était incapable de se résigner à quitter cette vie qu’il s’était construit à Paris, depuis près d’un an il se sentait enfin chez lui quelque part, à tel point qu’il n’avait plus envie de repartir, même en voyage. Il avait couru le monde, il avait étanché sa soif de découverte et d’aventures, il avait fait le tour du monde pour revenir à ses premiers amours, cette terre qui ne l’avait pas vu naître mais qui était celle de ses aînés maternels. Et lorsqu’il regardait Cambridge il comprenait que c’était un peu la même chose, il avait couru les femmes, toutes plus belles et plus attirantes les unes que les autres, certaines ayant été des muses ou de véritables chimères, mais il en était revenu et celle pour laquelle il s’arrêtait de courir c’était elle, son premier amour. Pourtant même pour elle il ne voulait pas retourner en Australie, il s’obstinait à croire que son avenir était ici, le leur peut-être, dans ses rêves inaccessibles. Alors sans qu’elle le sache, sans en avoir pleinement conscience non plus, il leur construisait un nid, un lieu où ils pourraient être heureux quand elle lui reviendrait. Léo n’aurait pas songé qu’elle reviendrait si vite ni que leurs retrouvailles puissent être si violentes, il avait été pris de court et blessé dans son orgueil. J’te volais pas ton rêve, Blanche… je te le gardais au chaud. Un bout de vérité, enfin, il concédait que ce n’était pas un pur et simple caprice, acheter cet appartement c’était lui donner une chance d’y remettre les pieds un jour. la tatoueuse ne savait pas, visiblement son grand-père ne lui avait pas dit qu’une des conditions de la vente voulait que le nom Cambridge soit ajouté au bail, comme pour que l’appartement reste toujours dans sa famille, non, elle ne le savait pas. Et quand bien même, Léo n’était pas persuader qu’elle accepterait. Oui c’était maladroit, sa réaction à elle et sa façon d’agir à lui, ils étaient autant mauvais l’un que l’autre, dans des registres différents. Pourtant Dieu sait qu’ils voulaient la même chose au fond, même s’ils étaient incapable de se le dire. Le photographe finit par poser sa bombe à retardement, 5… 4… Le silence après le tonnerre, celui qui annonçait la tempête après qu’il lui ait demandé de tout quitter pour rester ici, auprès de lui, dans cet appartement, évidemment… 3… Elle recula d’un pas, puis de deux, s’éloignant de lui, comme si elle prenait peur de tout ce que cette demande impliquait… 2… Quelques balbutiements surpris, aussi incohérents que charmants… 1… Et puis l’orage, la bombe éclatait, les milles questions qui se bousculaient dans la tête de Blanche, son air paniqué et ses gestes paniqués, elle réfléchissait trop. Et Léo qui restait planté là à la regarder se noyer sans tendre la main, parce que lui aussi prenait peu à peu la mesure de ce qu’il venait de dire. Ce n’était pas prémédité, il avait parlé sous le coup d’une émotion mal contenue, pourtant il en mourrait d’envie, qu’elle le rejoigne pour de bon, c’était malhabile mais il ne retirerait pas sa proposition, il avait passé trop de temps à se cacher ou à taire ses sentiments pour éviter de faire du mal, mais à trop vouloir bien faire il avait laissé passer leur chance, une fois, pas une seconde, plus maintenant. Il finit par sourire, un sourire las, mélancolique alors qu’elle reculait encore vers la cours de son immeuble fleuri. Tout ça ce sont des excuses Blanche… ton travail, l’argent, toujours… on ne peut pas se cacher derrière éternellement Il haussa les épaules. Je ne sais pas si ça pourrait fonctionner. Mais si on ne se donne pas la chance aujourd’hui alors on ne l’aura jamais. Il releva la tête vers une fenêtre dont il avait vu le rideau bouger, un vieil homme ne ratait rien de leur échange. Retourne dans ta tour d’ivoire, tant qu’elle est encore tienne. Les cartes sont dans tes mains Love. Pour l’avenir de cet appartement et pour ton avenir à toi. Je n’suis pas pressé et tu sais où me trouver. Et, entre nous… c’est sûrement l’idée la plus saine qu’il y ait eu nous concernant, tu ne crois pas ? Il esquissa un sourire en coin avant de tourner les talons pour rentrer chez lui sans un au revoir. En chemin il appela un copain qui lui proposa qu’ils se rejoignent quelques minutes plus tard dans un bar du quartier qu’ils connaissaient bien. Ils passèrent la soirée à refaire le monde en se laissant enivrer par l’alcool et à parler des femmes, en générale puis de cette fille en particulier, celle qui manquait déjà beaucoup trop à Léo alors qu’il savait qu’elle respirait à nouveau le même air que lui.


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MessageSujet: Re: Être parisien, ce n’est pas être né à Paris, c’est y renaître + Léanche   Être parisien, ce n’est pas être né à Paris, c’est y renaître + Léanche - Page 6 EmptyJeu 21 Nov 2019 - 5:13

Je te le gardais au chaud.. Il lui manquait des informations, des pièces au puzzle pour assembler tous les morceaux, pour comprendre l'ampleur de cette confession. Blanche aurait pu le questionner, demander des précisions, mais elle se contenta de laisser cette petite phrase planer entre eux comme un mystère ajouté. Il avait voulu le lui offrir, ce rêve, le garder pour elle, au chaud, pour quand elle en serait prête, quand elle pourrait le porter. Il n'avait pas voulu la dépouiller, effacer les derniers souvenirs qu'elle avait eu de sa grand-mère, et ses premiers qu'elle avait eu de cet appartement. Bien au contraire, il avait voulu les préserver, les sauver des balais et des aspirateurs des autres, des inconnus qui n'auraient que balayé les souvenirs, sans même donner à Cambridge l'occasion de revisiter les lieux. Or, si l'appartement lui appartenait, elle serait visiblement la bienvenue, visiblement une invitée royale, princière. C'était la raison la plus évidente. Sauf si le brun lui cachait autre chose. Sans même la regarder, il finit par vider son sac, lui demander l'impossible, Léo le romantique, Léo le rêveur. L'impossible que Blanche se vit obligée de refuser. Vivre avec lui, à Paris. Tout abandonner, pour lui, pour eux, sans certitude que leur histoire ne fonctionne, sans certitude de rebâtir sa vie ici, sur le territoire français, dans une langue qui n'était pas la sienne. Quand elle y rêvait, ça semblait si simple, de tout abandonner, de tout laisser tomber pour Paris, sans peur, sans crainte, sans se soucier des engagements, des responsabilités. Mais, en réalité, ça n'avait rien de simple. Si Léo avait trouvé le courage de le faire et s'il était à présent épanoui, en serait-il de même pour la blonde ? Rien n'était certain. Encore moins que cela ne fonctionne entre eux. Et Léo reçut les explications de son amante comme des excuses, l'accusant de se chercher des défaites pour justifier ses peurs, d'utiliser l'argent comme énième justification. Vexée, troublée, elle refusa de répondre, laissant pour seul oracle son regard lui implorant d'un jour comprendre les raisons derrières ses refus. Léo lui donna son congé, lui conseillant de retourner dans l'appartement, de profiter de ses derniers instants dans l'immeuble, de faire le plein de souvenir avant de repartir sans oublier de lui demander de réfléchir à sa proposition. Puis, il tourna les talons, laissant la blonde seule sur le trottoir, seule avec les échos de leur échange. Ce soir-là, les dernières paroles du photographe jouaient en boucle dans sa tête, surement l'idée la plus saine qu'il y ait eu les concernant...
Cinq jours. Cinq jours depuis qu'ils s'étaient revus, cinq jours depuis qu'il lui avait fait la proposition la plus folle qu'il y avait. Blanche en avait parlé à Jean-Paul, le vieil homme qui n'avait rien manqué de la scène, qui les avait épié les faits et gestes de sa petite-fille et ceux de Léo. Il l'avait d'abord écouté, patient, il avait laissé la blonde se justifier, énumérer les nombreuses raisons pour lesquelles elle ne pouvait pas accepter une telle folie. Puis, il l'avait grondé, lui confiant sa propre opinion. Il pensait comme Léo, corrompu, sans la moindre idée de ce que leur histoire était réellement, il croyait mordicus en la possibilité d'un avenir pour eux. Romantique éternel, l'homme qui avait épousé l'amour de sa vie, sa première flamme, voyait déjà sa petite fille vivre la même fin que lui. Mais Jean-Paul ignorait encore tout. « Fonce », lui avait-il confié. « Fonce avant de le regretter. » Et comme si ce n'était pas assez, il s'était mis face à elle, il l'avait regardé dans les yeux et lui avait confié : « Qu'attends-tu Blanche ? De le perdre à nouveau ? D'être complètement malheureuse ? » Mots qui avaient fait leur bout de chemin dans l'esprit de la blonde. Ce matin-là, cinq jours plus tard, alors que le soleil se levait à peine, que l'aube tombait sur la ville, elle s'était rendu dans ce café, Le monde, là où ils s'étaient vus pour la première fois, là où tout était né à nouveau. Elle commanda deux croissants, clin d'oeil à leurs retrouvailles, et deux cafés pour emporter. Sur la route, elle répéta, comme une gamine, ce qu'elle pouvait bien lui dire, toujours un peu perdue dans les rues de Paris, toujours un peu incertaine de prendre le bon chemin, déterminée à le retrouver. Et quand elle arriva enfin devant la porte de son immeuble, quand tout ce qui lui restait à faire était de toquer, elle figea. Cinq jours sans nouvelles, l'avait-il pris comme une fuite, un refus ? L'attendait-il toujours ? S'était-il donné comme mission de l'oublier ? Avait-il partagé la nuit avec une autre, pour faire disparaître son odeur ? Et si, seulement, elle avait eu une mauvaise idée. Et si, seulement, elle avait perdu sa chance. Dans un élan de panique, son coeur et sa tête en conflit, elle toqua, mais ses talons étaient prêts à faire demi tour. C'est ce qu'elle s'apprêta à faire quand il lui ouvrit, Léo, les yeux encore endormis, torse nu, les marques de l'oreiller sur son visage. Quand elle le vit, quand leur regard se croisa, Blanche se figea, incapable de bouger. Il s'apprêtait à parler, mais elle lui fit signe de se taire. Ce ne sont pas des excuses, commença-t-elle, reprenant exactement la discussion là où ils l'avaient arrêté. L'argent, le travail, ce n'est pas rien. C'est un enjeu important. Son regard soutenait celui de son amant. Je sais que je les ai maintes fois utilisés à tort pour éviter de m'engager dans des aventures avec toi. Mais, ce sont des éléments importants dans l'équation de la demande que tu m'as faite. Je dois les considérer. Elle se permit de lui sourire en coin. Si, et je dis bien si, je venais m'installer ici... Qu'est-ce que je ferais pour vivre ? Sa question laissait planer la possibilité d'accepter son offre. Je ne pourrais pas rester à la maison toute la journée à te regarder.. Son sourire s'élargit. Elle lui tendit les viennoiseries et les cafés. On en discute autour d'un café ? C'est ton préféré.

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MessageSujet: Re: Être parisien, ce n’est pas être né à Paris, c’est y renaître + Léanche   Être parisien, ce n’est pas être né à Paris, c’est y renaître + Léanche - Page 6 EmptyJeu 21 Nov 2019 - 22:09

Cinq jours, quatre nuits à boire plus que de raison pour tenter d’oublier qu’à quelques pas de chez lui Blanche dormait dans son appartement Haussmannien. Quatre nuits à prétexter qu’il avait besoin de sortir pour se rappeler sa jeunesse perdue ou toute autre connerie mais ses amis n’étaient pas dupes, Léo noyait sa peine et son envie de retrouver cette blonde qu’il leur avait présenté quelques mois plus tôt comme une amie… une amie. Ils étaient sympas ses amis, ils ne le confrontaient pas, ils profitaient de l’australien fêtard et ensemble ils faisaient la tournée des bars parisiens, autant dire qu’il y en avait quelques uns, ils avaient de quoi faire et de quoi étancher leur soif. Une nuit ils avaient fini sur les Champs Elysées à chanter des chansons paillardes, ils avaient amusé les passants. Les célibataires de la bande rentraient généralement avec une fille à leur bras, Léo enviait presque leur légèreté, il lui semblait qu’il avait perdu la sienne alors qu’il se couchait seul dans son lit froid, sans envie de se perdre dans des bras inconnus. S’il tentait de réveiller celui qu’il avait été à une époque tout ceci n’était qu’une façade, en vérité il n’était plus cet homme depuis un moment et ça ne l’amusait pas tellement, mais l’alcool lui mettait suffisamment la tête à l’envers pour qu’il s’écroule chez lui et sombre dans un sommeil lourd, profond, sans rêves et qu’il se réveille le lendemain vaseux, incapable de rien. Il zonait comme ça depuis presque une semaine, à ne vivre quasiment que de fête et de boisson, à ne presque rien faire de ses journées puisqu’il mettait des heures à se remettre de ses gueules de bois, à se dire que le lendemain il arrêterait, sans jamais y arriver, lorsqu’un beau matin on frappa à sa porte. Il émergea difficilement des limbes, trace d’oreiller sur le visage, yeux rougis par le manque de sommeil et cheveux en bataille. Il ne prit pas la peine de se regarder dans une glace, de toute façon ça devait être la voisine qui venait se plaindre qu’il avait fait trop de bruit dans l’escalier en rentrant cette nuit, il allait lui faire son plus beau sourire et lui claquer la porte au nez, pas de doute, il devenait vraiment parisien. Et il n’avait même pas pris la peine de mettre un t-shirt, enfin il avait déjà pensé à se déshabiller cette nuit là, la première il s’était simplement écroulé sur son lit, ses chaussures encore aux pieds, il y avait du progrès… disons que ce serait un cadeau pour la voisine, peu-être qu’elle lui en voudrait moins ! Il ouvrit alors sur cette note presque drôle, enfin c’était drôle dans sa tête, il préparait déjà son sourire ravageur mais le ravala rapidement en découvrant la personne derrière la porte qui n’était pas du tout celle qu’il pensait. L’odeur du café et des croissants frais lui chatouillèrent le nez mais il n’avait d’yeux que pour Blanche, même si son regard semblait éteint par la fatigue. Il prit une inspiration pour dire quelque chose, même s’il ne savait pas encore quoi, mais alors qu’ils se toisaient ce fut Cambridge qui brisa le silence et elle parlait tellement vite, en ponctuant son laïus de sourires désarmants, qu’il en perdait presque le fil, incapable de l’arrêter. Elle finit alors par lui tendre ce qu’elle avait dans les mains et Léo arqua un sourcil en attrapant un croissant dans le sachet, viennoiserie pour laquelle il ne se fit pas prier pour croquer dedans. Puis il se saisit de sa tasse de café et y trempa ses lèvres mais il était beaucoup trop chaud et il s’y brûla, sa grimace ne laissait aucun doute. Toujours silencieusement il prit enfin tout ce qu’elle avait dans les mains et les posa sur la petite desserte de l’entrée avant de l’attirer à l’intérieur de son appartement minuscule. Il l’attrapa par la taille d’une main et la serra contre lui pour l’embrasser en même temps qu’il refermait la porte derrière eux de l’autre main. Puis dans son élan il la plaqua doucement contre cette porte, le choc de leurs corps contre le bois fit trembler le mur et lui arracha un sourire alors qu’il se reculait assez pour pouvoir observer son visage encadré de ses boucles folles, il fondit à nouveau sur elle et sans faire attention où il marchait il l’entraîna jusqu’à son lit, délaissa sa robe sur le vieux parquet et se battant avec les agrafes de sa lingerie fine avant qu’elles ne cèdent. Sans avoir encore dit un mot il lui fit l’amour avec tout la tendresse qu’il ressentait pour elle, sans précipitation, il n’y avait plus d’urgence, juste le besoin de la retrouver. Cette étreinte le conforta sur une chose, l’alcool c’était bien beau, mais c’était de sa peau dont il avait besoin de se saouler, plus que d’autre chose. Main sous la nuque, Blanche contre lui, ses cheveux lui chatouillant le torse et la barbe, il savoura cet instant de flottement après l’amour avant de se redresser doucement pour ne pas la brusquer et se décida à aller chercher le petit déjeuner qu’ils avaient laissé dans l’entrée. Il tenta une nouvelle gorgée de café, il était maintenant à température parfaite. Déposant les douceurs sur le lit et reprenant sa place près de Blanche,  il ouvrit enfin la bouche pour faire entendre le son de sa voix rauque d’avoir fait trop d’excès ces dernières nuits. Maintenant on peut discuter. Il croqua dans le croissant. Tu pourrais peindre ou dessiner, je connais des artistes qui exposent dans des galeries très en vues, qui sait, ce serait peut-être enfin l’occasion d’exploiter tes talents. Et ne fais pas la tête, je sais que tu es doué, tu l’as toujours été. Ou tu pourrais tatouer, tu sais ici aussi c’est très tendance, le tatouage… Mais si tu veux vraiment rester toute la journée à me regarder ça me va aussi. Il ponctua par un sourire triomphant, elle craquait, elle se laissant tenter, il le savait. Ce n'était pas aussi simple, de tout plaquer d'un coup, ça ne se faisait pas sur un coup de tête, loin de là, il fallait être aussi fou que lui pour faire ce genre de chose et il savait que Cambridge ne l'était pas, mais chaque problème avait sa solution et puis il était persuadé qu'il fallait parfois sauter dans l'inconnu pour que de belles choses arrivent.


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MessageSujet: Re: Être parisien, ce n’est pas être né à Paris, c’est y renaître + Léanche   Être parisien, ce n’est pas être né à Paris, c’est y renaître + Léanche - Page 6 EmptyVen 22 Nov 2019 - 6:52

Tambouriner à la porte comme si son coeur se trouvait de l'autre côté, comme si sa vie en dépendant, l'urgence de le voir lui répondre, l'espoir qu'il soit seul, qu'il n'ait pas tenté de noyer sa peine avec une autre, malaise qu'elle sentait venir au dernière lui elle sentait une odeur qui n'était pas la sienne, qu'elle entendait une voix féminin résonner en écho à ses paroles à elle, une alarme lui explosant au visage qu'elle n'avait, finalement, rien à faire là, qu'elle avait pris trop de temps, que le temps était maintenant écoulé, qu'elle avait perdu sa chance. Et elle l'aurait sans doute mérité, avec toute honnêteté. Prendre son temps, examiner les options, peser le pour et le contre, c'était un risque de tout perdre, de le laisser derrière elle. Et elle aurait été la seule fautive, la seule responsable de cet échec. Léo avait lancé les dés, lui avait passé le paquet, elle avait la main, le pouvoir de la mise, le règne au bout de ses doigts. A forcer de l'user, à force de jouer, jeu dangereux, elle pouvait bien devenir perdante. Son coeur tambourinait dans sa poitrine aussi vivement qu'elle avait toqué, les coups qui se percutaient contre sa poitrine la rendait presque sourde. Blanche n'entendait que les boom boom causés par son organe déchaîné qui s'arrêta d'un coup sec lorsque la porte s'ouvrît enfin, lorsqu'elle laissa apparaître un Léo sorti des vapes, les yeux rougis, la peau terne, le regard vide jusqu'à ce qu'il réalise que c'était elle, sa Blanche, qui venait l'importuner de si bonne heure le matin. Elle avait l'impression de se dégonfler, de perdre les mots qu'elle s'étaient imaginer lui dire, l'effet Emerson sur le corps de la blonde paniquée. Quand il était là, elle bafouillait, elle rougissait, la chaleur qui montait sur ses joues alors qu'elle commençait son discours, sans pause, sans interruption, sans lui laisser la chance de placer un mot. Il lui avait fallut tout lui dire avant qu'il n'intervienne, qu'il trouve le moyen de la faire craquer déjà plus qu'elle le faisait, chaque fois qu'il était question de lui. Le monologue de là tatoueuse se termina sur une intrigue qui laissait planer l'espoir, la possibilité que leur plan de fous soient plus près de la réalité qu'ils le pensaient, sur une invitation à la laisser entrer et petit-déjeuner avec lui, le café et les croissant comme appât amadouant. Léo, silencieux, la regarda faire, attrapant alors le sac de viennoiseries pour y extirper un croissant, croquant avec vivacité dans le pain beurré avant de la débarrasser du reste de leur repas improvisé qu'il posa à leur merci, comme s'il leur fallait régler bien des choses avant de s'installer autour d'un croissant pour discuter. Blanche le regarda faire, poser les surprises sur la console de l'entrée. Dans une fraction de seconde, à peine le temps de cligner des yeux, son coeur chavira, Léo qui l'attrapait par la taille, une fois débarrassé des croissants et du café, pour sceller son apparition inattendue d'un baiser passionner, la porte de l'appartement qui se referma sur leur corps braisés, le brun qui se pressa contre son amante retrouvée, le goût de ses lèvres qui lui avait manqué, la douceur de ses boucles blondes qu'il retrouvait. Pause de quelques instants, juste le temps de reprendre leur souffle, avant de venir reposer ses lèvres contre celles de Blanche, abasourdie. Leurs pas qui les conduisent machinalement à la chambre, sans avoir besoin de demander, sans une parole, dans une approbation des plus silencieuses. Ils n'eurent rien à dire, leurs gestes parlaient pour eux, Blanche dépouillée de ses vêtements, cherchant à tâtons la manivelle permettant de faire une pause au temps pour savourer pleinement le résultat leurs envies. Ce matin là, dans la minuscule chambre de son appartement, sans l'ombre d'une autre femme dans le décor, peurs non fondées, Léo lui fit l'amour avec tendresse, accrochant au passage des soupirs satisfaits de la blonde qui, une fois leur flamme consommée, sans pour autant dire rassasiés, parce qu'elle était déjà en manque de sa peau, alors que sa tête reposait à peine sur le torse de l'homme, Blanche sentie, enfin, qu'elle avait pris la bonne décision, tant pis pour l'incertitude. Sa tête posée contre lui, ses doigts qui dessinaient sur la peau de Léo des esquisses indéchiffrables, elle était bien, tout simplement bien. Et elle aurait aimé que le reste de leurs jours en soient ainsi. Il se redressa, disparu l'instant de s'atteler de munitions nourrissantes avant de retrouver le confort de ses bras, les draps sur leur peau toujours nue comme un voile les protégeant de l'impossible. Et ce fut à cet instant qu'il lui parla enfin, le son de sa voix, malgré qu'elle soit abîmée par ses excès compréhensifs, résonnant comme une mélodie rassurante. Il parla de l'avenir, de ce qu'elle pourrait faire. Tu finiras pas en avoir marre d'être enfermé avec moi, l'avertit-elle en souriant, déchirant une part de son croissant entre ses mains. Imposteur dans ce monde d'artistes, elle grimaça quand il évoqua ses brouillons avant de secouer la tête. C'est hors de question. Si, et je dis bien si, je m'installe à Paris, il faudra trouver pas mal mieux pour mes occupations. Faussement exigeante, elle lui sourit en coin tout en portant son acte tiède à ses lèvres. Ça ne sera pas demain la veille, tu le sais, hein ?, le mit-elle elle garde. Je dois d'abord tout vendre, faire le tri dans ma vie d'avant. Elle se redressa pour lui faire face, tout à coup sérieuse. Il faudra se montrer patient... Parce que s'il avait fait le choix de tout abandonner, il fallait comprendre que pour elle, pour Blanche qui n'avait jamais rien connu d'autre que Bowen, ce pas était terrifiant. Il fallait en effet savoir sauter dans l'inconnu, affronter ses peurs pour avancer, mais chaque chose en son rythme.

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MessageSujet: Re: Être parisien, ce n’est pas être né à Paris, c’est y renaître + Léanche   Être parisien, ce n’est pas être né à Paris, c’est y renaître + Léanche - Page 6 EmptyJeu 28 Nov 2019 - 8:00

Il l’avait attendu des jours, sans espérer qu’elle ait le courage de venir frapper à cette porte. Il l’avait rêvé, ce moment, sans penser que ce soit possible. Il avait simplement cru qu’avec chacun leur fierté mal placée ils se tourneraient le dos jusqu’à ce que Blanche reparte pour Bowen. Parce qu’attendre après l’espoir c’était trop, c’était prendre le risque d’être déçu. Alors il avait choisi de tout faire pour oublier, de la pire des façons parce qu’il ne pensait qu’à elle au final. Peut-être bien qu’au terme de sa semaine à se mettre la tête à l’envers, le photographe trop orgueilleux aurait ravalé son amour-propre pour venir la supplier de rester, essayer de lui faire ouvrir les yeux sur cet avenir qui les attendait s’ils se donnaient un peu de chance. En vérité il n’en savait rien et puis il n’avait plus à s’en soucier puisque c’était l’australienne qui avait fait le premier pas. Elle était là, face à lui, mieux que tous ses rêves, que toute perspective qu’il ne s’autorisait pas à voir. Et elle parlait, elle parlait trop, trop vite, alors que le trentenaire semblait ne pas écouter, il se moquait bien de ses excuses et des mille questions qu’elle se posait à juste titre. La seule chose à laquelle il pensait c’était juste qu’elle avait fait ce pas vers lui, celui qu’il n’espérait plus après tant d’années à se fuir. Alors les grandes discussions il verrait plus tard, à ce moment là il n’avait qu’une envie c’était arrêter le temps, prendre celui nécessaire pour s’aimer, ce qu’il fit sans lui demande son avis, mais à aucun moment il lui sembla que Blanche résistait à ses gestes, elle laissa son amant la guider jusqu’à sa chambre et la faire sienne, animée par le même besoin de se retrouver. Léo aurait préféré lui aussi que le temps s’arrête pour de bon, pour la journée au moins, pour avoir le plaisir de lui faire l’amour encore et encore sans qu’ils aient autre chose de mieux à faire ou à dire. Mais il fallait qu’ils parlent, Blanche en avait besoin et dans le tourbillon qu’avait provoqué sa proposition, jusqu’à ce matin, il fallait faire un point sur la suite qu’ils voulaient vraiment donner à cette décision, celle qui semblait bien mûrit dans la tête du parisien mais bien moins dans celle de sa maîtresse. Pour Léo tout semblait simple, il n’y avait jamais vraiment de problème, néanmoins quitter son pays, s’installer à l’autre bout du monde ce n’était pas si simple que ça pour le commun des mortels. Alors même qu’il semblait n’avoir rien écouté quelques minutes plus tôt face à l’apparition de Blanche, il lui démontrait qu’il avait en fait bien entendu ses craintes et il tentait de la rassurer pour faire de cette bête idée une réalité. Il rit avec légèreté, amusé par sa réponse, elle n’avait sûrement pas tort, il ne supportait pas qu’on l’épie ou qu’on l’admire à longueur de temps. Il y a tellement de choses que tu peux faire, il suffit juste de savoir ce que tu veux. Il lui vola un morceau de croissant avant de l’engloutir, depuis combien de temps n’avait-il pas réellement mangé ? Son estomac criait famine, il s’en rendait juste compte et dans sa tête l’idée d’un vrai petit déjeuner avec des œufs et du bacon commençait à germer. Je ne t’impose rien, Blanche. Ce n’est pas un énième caprice. Je crois que je le sais depuis que je t’ai vu apparaître au coin de cette rue en juin, que je ne voudrais pas que tu repartes. Ca m’a foutu la trouille, de réaliser combien je tenais à toi et combien tu m’avais manqué sans même y penser. J’ai passé des nuits sans sommeil à tenter de t’oublier, d’oublier que tu avais cette emprise sur moi. Et j’m’en veux d’avoir mis tant de temps à voir la vérité en face. Je t’aime, love, ça fait longtemps que j’ai arrêté de courir après les filles, mais toi j’te cours toujours après et je voudrais juste qu’on arrête, c’est fatiguant. Je m’en veux d’avoir été si lâche à l’aéroport, je voulais te demander de rester, te faire comprendre combien tu es importante, mais j’ai simplement réussi à te faire me détester ce jour là. Maintenant reste, ou repars à Bowen si tu en as besoin pour régler tes affaires, prends le temps qu’il te faut mais reviens-moi. Parce que je suis persuadé que notre vie est ici et qu’on doit la faire ensemble. Il but une gorgée de café, descendit du lit pour enfiler son boxer pour seul vêtement et se dirigea vers sa cuisine trop petite, il sortit des œufs et ce qu’il avait, pas grand chose en vérité. Ce qui est sûr c’est qu’on ne peut pas vivre dans un appartement si petit que ça et puis celui de ton grand-père restera le tien, quoi qu’il advienne, je m’y suis engagé. Il soupira doucement en se retournant vers la blonde, une poêle à la main. Je sais que parler d’argent te gêne et que tu ne veux dépendre de personne. Mais la vie est trop courte pour se disputer à ce sujet et on a déjà perdu trop de temps à se fuir. Tu pourras passer le temps que tu voudras à me rembourser au centime près si tu veux, mais ne refuse pas de venir vivre ici pour une raison de ressource, c’est une mauvaise excuse. Léo alluma le feu et entreprit de faire cuir des œufs sur le plat et quelques tranches de jambon à côté. Il fit griller un reste de pain et servit du jus de fruit dans des verres en installant le tout sur un bout de plan de travail aménagé en table d’appoint.

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MessageSujet: Re: Être parisien, ce n’est pas être né à Paris, c’est y renaître + Léanche   Être parisien, ce n’est pas être né à Paris, c’est y renaître + Léanche - Page 6 EmptyMer 4 Déc 2019 - 20:33

Rêveries qui devenaient réelles, elle s'était imaginé ce genre de retrouvailles plus d'une fois. À paris, à Bowen, peu importe l'endroit. Tout ce qui comptait dans ses fantaisies était l'ultime butin : se retrouver, l'un dans les bras de l'autre, partageant, sans un mot, l'amour qu'ils avaient toujours ressenti, caché pour éviter d'être brisé, silencieux pour détourner les blessures, les fractures qui pourraient laisser des marques sur leur coeur. Peut-être qu'elles auraient dû avoir lieu plus tôt, ces retrouvailles, peut-être qu'elles auraient été moins douloureuses, qu'elles leur auraient permis de simplement s'aimer plutôt que de jouer à des jeux stupides de chasse et de séduction qui, finalement, ne servaient à rien puisque la fin de leur histoire était pourtant déjà bien écrite, si seulement ils avaient arrêté de la retarder, condamner à terminer l'un avec l'autre, l'un pour l'autre, l'un amoureux de l'autre. Mais elles n'avaient pas eu lieu, pas avant ce matin de semaine, croissants et cafés comme appât pour attiser la bête, sourire sur les lèvres, discours planifié, caresses surprises, se laissant guider dans la plus douce des façons de se retrouver, corps à corps, bouche à bouche, coeur à coeur. Et quand, enfin, leurs corps se séparèrent, quand ils retrouvèrent la parole, son coeur sembla à nouveau s'affoler, les yeux de Léo qui ne quittaient pas son visage, déterminés. Il est bien là le problème, soupira-t-elle. Que voulait-elle réellement faire? Elle ne s'était jamais imaginé ailleurs qu'à Bowen, jamais autre part que dans son salon, là où, elle était une impostrice familière. Rebâtir sa réputation, se frayer à nouveau un chemin dans une foule de talent déjà bien établi dans la ville des amoureux, ça ne lui sonnait pas très accessible, tout autant que le logement et le coût de la vie dans une ville aussi touristique que Paris. Peut-être que l'avenir n'était pas dans ce qu'elle connaissait, peut-être lui faudrait-il trouve de nouvelles passions, ou adapter les vieilles à sa nouvelle vie. Mais ça, se serait le travail d'une vie. Et en avait-elle réellement envie ? Quel en était le coût ? Perdre l'amour de sa vie, une fois pour toutes, en voilà le prix. Léo se retourna vers elle, le regard doux, dans des aveux qui, eux aussi, étaient emplis de douceurs. Des mots qui chatouillaient son bas ventre, qui firent apparaître des rougeurs sur les joues parsemées de ces petites taches que l'été avait fait ressortir. Je t'aime, sans lui laisser la chance de lui répondre, sans faire de pause pour la laisser encaisser le choc, dans un discours qui se poursuivit comme s'il lui avait dit des banalités, comme si c'était normal, comme s'il n'y avait rien de spécial. Un message d'espoir qu'elle lui revienne, comme si elle était déjà repartie, comme si elle n'avait pas prévu rester, que ça lui prenne le temps qu'il lui faudrait, tant qu'elle revenait vers lui. Et sans attendre, il se leva, sans pour autant terminer la discussion sur ce point culminant, laissant ses pas le mener vers sa cuisine, superficie de l'appartement assez petite pour permettre à la blonde d'entendre ses paroles, malgré leur distance nouvelle. Elle l'imita, trouvant le t-shirt qu'il avait sans doute porté la veille sur le coin de la commode pour le revêtir, le suivant dans la cuisine pour mieux attendre le reste de ses confessions matinales remplit de beaucoup trop d'informations. C'était trop, c'était grand, c'était inattendu. Blanche, bouche-bée, le regardait articuler mot après mot, sans avoir la force d'en placer un à elle. Et une fois qu'il eut terminé, une fois qu'il entreprenait de leur installer un petit coin pour manger quelque chose de plus consistant que des croissants et du café, elle s'avança vers lui. Alors, toi tu dis m'aimer, comme ça, comme si ce n'était rien de spécial, et tu t'enfuis en cuisine pour remplir ton estomac ?, l'accusa-t-elle faussement, sourire sur les lèvres. Tu ne peux pas faire ça, Léo. Tout ça je veux dire. Elle soupira, il y en avait long à dire. D'abord, tu ne peux pas me confesser tes sentiments en pensant que ça ne me ferait rien de les entendre. Si tu savais combien j'ai rêvé d'entendre ces mots venant de toi, combien j'ai pleuré à l'idée de t'avoir perdu, trop souvent, dans les bras d'une autre. Elle devenait émotive, le vert de ses yeux virait au plus foncé, plus intense, elle détourna le regard l'instant de reprendre possession de ses moyens. Puis elle secoua la tête, perdue dans ses idées, perdue au travers de toutes ces choses qu'elle avait à lui répondre. L'argent restera sans doute notre plus grand débat, finit-elle pas avouer. Sur ce point, nous vivions à des années-lumière. Mais, je ne pense pas qu'il s'agisse de la plus grande barrière entre nous. La blonde se mit à jouer avec le pied du verre de jus, nerveusement. Tu as raison, c'est une excuse. Ça l'a toujours été, d'ailleurs. C'est que derrière ce masque, je n'étais pas confronté à ses sentiments que je ressens, qui n'ont jamais cessé d'exister, et ce, même au travers de nos différentes ruptures. C'était une façon de me tenir loin de toi, de me protéger. Si j'avais accepté de voyager avec toi, Léo, que crois-tu qu'il se serait produit ? Ne serions-nous pas tombés amoureux, à nouveau ? N’aurions-nous pas été des proies évidentes à de nouvelles blessures ? Tu avais besoin de vivre ta vie, de rencontrer ces femmes, d'en marier une, même, pour être où tu es, aujourd'hui. Et, moi, j'avais besoin de sentir que je te résistais. Parce que dépendre de toi, de ton amour, attendre le jour où enfin tu me regarderais, moi et pas ces autres, c'était trop douloureux. Alors, oui, l'argent, les refus, ça a toujours été une excuse entre nous. Aujourd'hui, la vérité, c'est que j'ai peur. J'ai peur de cette vie que tu imagines, Léo. Je l'ai tellement désiré, tellement espéré, le jour où, enfin, nous nous laisserions nous aimer. Mais si jamais on s'était trompés ? Blanche baissa les yeux, presque honteuse, dans un élan de beauté, d'envenimer le discours de son amant par sa laideur. Qu'adviendrait-il de nos vies, si on avait fait une erreur ? Elle pinça les lèvres, l'empêchant de répondre immédiatement. Cet appartement, Léo, ça ne sera jamais le mien. Quoi que tu en dises. Il t'appartiendra. À toi, à toi seul. Tant et aussi longtemps que je ne l'aurai pas payé. Tu t'es envolé pour Paris pour donner un sens à ta vie, tu as tout bâti ton avenir dans cette ville. Et si je m'envolais, moi aussi, pour donner un sens à ma vie.. qu'adviendrait-il de la marge d'erreur ? Rien n'était certain, il ne pouvait lui répondre, ni lui assurer que leur parcours serait sans failles. C'est que j'ai trop longtemps attendu que tu me choisisses pour risquer de tout abandonner mon présent et de te trouver tomber amoureux d'un autre, comme notre passé.

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MessageSujet: Re: Être parisien, ce n’est pas être né à Paris, c’est y renaître + Léanche   Être parisien, ce n’est pas être né à Paris, c’est y renaître + Léanche - Page 6 EmptyMar 10 Déc 2019 - 16:10

Le charmant photographe aux tempes à présent légèrement grisonnantes avait beau avoir mûri en cinq années, il n’en restait pas moins l’homme fougueux qu’il avait toujours été, peut-être était-il plus réfléchi, plus posé, cependant lorsqu’on parlait de sujets qui lui tenaient à cœurs alors il n’avait plus d’âge, plus de sagesse, il redevenait ce gamin volubile, passionné, ce qui le caractérisait bien plus que tout. Et le sujet Cambridge était au moins celui qui l’animait le plus depuis quelques mois, celui qui faisait battre son palpitant plus fort, celui qui le rendait vivant, même s’il le rendait parfois misérable. Il croyait vraiment, avec toute la naïveté dont il pouvait faire preuve parfois, qu’elle plaquerait tout pour lui, comme ça sans s’opposer. C’était mal connaître la tatoueuse qui avait beau n’aimer que lui, n’était pas aussi folle que lui. Alors tous les jolis discours de son amant ne changeraient rien, elle était aussi têtue que lui, peut-être plus. Elle avait raison de se protéger de la tornade Emerson, il ne suffirait que d’un oui de sa part et il ferait rapatrier tous ses effets en France sans réfléchir, enfin c’était peut-être exagéré mais vous voyez l’idée. Il était bien prêt à racheter l’appartement de sa grand-mère simplement pour qu’elle soit certaine de ne jamais le perdre. Pour lui prouver toute sa bonne foi, pour lui faire comprendre combien il tenait à elle, il se lança dans un numéro digne du grand Léo, une déclaration à cœur ouvert qui ferait chavirer n’importe quelle fille qu’il aurait mis dans son lit. Des mots justes, des mots doux, pour qu’elle comprenne combien elle était importante. Ces mots qu’il avait mis tellement de temps à réussir à formuler, il avait fallu attendre qu’elle parte un mois pour leur Australie natale, qu’elle revienne à Paris pour qu’il ose enfin se jeter à l’eau. Et à en voir les joues rougissantes de Blanche, il avait touché juste. Ce n’était pas calculé ni répété, rien de toute ce qu’il leur arrivait n’était prémédité, pas leurs retrouvailles dans le grand appartement, merci Jean-Paul, ni qu’il lui demande de but en blanc de venir s’installer ici, ni même qu’il lui fasse l’amour ce matin alors qu’il sentait la cigarette et l’alcool, encore en proie à une gueule de bois monumentale. Non, rien de tout ce tourbillon n’avait de sens, si on le regardait de l’extérieur. Mais eux en étaient au centre, ils tentaient de se battre contre des sentiments plus forts qu’eux, de mettre un peu de raison dans cette histoire qui les dépassait. Léo n’avait pas prévu de dire à la blonde qu’il l’aimait, il ne s’en était pas tellement rendu compte d’ailleurs, puisqu’il continuait à déblatérer comme si tout était normal, jusqu’à quitter le lit comme pour ne lui laisser aucune chance de répondre. Et pendant qu’il préparait un repas convenable pour un homme qui n’avait rien avalé de solide depuis des jours, il continua à lui prouver par A+B que s'installer à Paris serait la décision la plus raisonnable au monde. Enfin, quand il eut terminé et seulement à ce moment là il l’interrogea du regard, l’observant s’avancer vers lui, de sa démarche féline, sourire énigmatique aux lèvres, lumière du matin qui dansait sur son corps à mesure qu’elle se déplaçait. Cambridge pointa du doigt cette déclaration qui, évidemment, n’était pas passé inaperçue, le coeur de l’australien fit un bon dans sa poitrine, l’avait-il vraiment dit, qu’il l’aimait ? Comme lorsqu’on pense quelque chose trop fort et que les mots dépassent la pensée. Un sourire élargit doucement sa bouche, pris en flag… et en même temps, dans tout ce qu’il se passait entre eux, c’était probablement le mieux, cet aveu involontaire. J’avais faim… Il tendit le bras pour l’attirer contre lui, sachant pertinemment que sa fuite vers la cuisine n’était pas le principal objet de la phrase, d’ailleurs Blanche lui échappa, résistant aux sirènes lui chantant que les bras de son amant étaient le meilleur refuge. Il l’observa alors s’installer à côté de lui, assez loin pour qu’il ne puisse pas l’atteindre mais assez près pour qu’il voit ses yeux briller d’une émotion trop forte. Il baissa la tête sur son assiette et joua distraitement avec la nourriture du bout de sa fourchette. Il n’y a pas d’autre femme Blanche. Plus maintenant… ça fait longtemps qu’il n’y a plus personne. Son esprit s’envola quelques secondes vers son ex-femme, la dernière qui ait vraiment compté, le dernier véritable rempart entre les deux amants maudits. Il aurait toujours cette tendresse particulière pour elle, il l’avait adoré, il l’avait aimé et l’aimerait toujours, mais à présent, au terme de son périple autour du monde, maintenant qu’il avait trouvé son équilibre à Paris, il savait qu’ils ne se rendaient pas heureux, pas assez pour passer toute une vie ensemble. Elle ne lui manquait plus, plus comme avant, il avait trouvé une sorte de paix, en France, loin de Bowen. Et avait compris à présent que la seule chose qui manquait dans son tableau presque parfait ce n’était pas Grace, en témoignait le pli prêt à poster sur la console de l’entrée qui contenait les papiers du divorce, signés, enfin, après des mois à les rejeter. La seule chose qui manquait se trouvait face à lui, même si elle tentait de mettre encore quelques barrières entre eux. Il écouta ces mots qui ne faisaient pas plaisir à entendre, rupture, blessures, autres femmes, dépendre de toi, si jamais on s’était trompé. Il les écoutait avec grande attention, au point presque de trop faire cuir son jambon qu’il retira du feu juste à temps pour le disposer dans les assiettes. Léo savait combien Blanche avait raison, combien il lui avait fait de mal par le passé, c’était d’ailleurs pourquoi il l’avait repoussé jusqu’à aujourd’hui, parce qu’il ne se faisait pas assez confiance. Il savait qu’ils avaient gros à perdre en se jetant à l’eau, il savait tout ça. Il lui était tout autant reconnaissant de lui avoir laissé vivre sa vie, de ne pas avoir été un frein pour qu’il parcourt le monde, pour qu’il aime d’autres femmes, sans ça il ne serait pas le même homme, elle avait parfaitement compris. Mais si sa proposition de l’autre jour et ses beaux discours semblaient tomber de nulle part et totalement irréfléchi ils ne l’étaient pourtant pas tant que ça. Il avait mis des mois à accepter ses sentiments, il avait fallu qu’il croit la perdre définitivement pour qu’il se jette à l’eau. Il avait eu le temps de penser à ce qu’il voulait pour son avenir et à comment elle pourrait le rejoindre ici si elle en avait envie. Et si cette montagne semblait insurmontable pour Cambridge, un saut trop grand dans un vide immense, lui voulait se montrer plus optimiste. Je n’imagine rien, on a tout à faire, à deux, je ne te demande que de me rejoindre, le reste on devra l’écrire… quitte à se brûler oui. Face à une Blanche paniquée, il parlait avec un calme sans pareil, comme si cette vérité effrayante ne lui faisait rien, c’était faux évidemment, mais il avait appris à sauter dans les flammes avec le temps, c’était la vie qu’il avait choisi et parfois elle avait eu du bon. Il n’y a aucune marge d’erreur. Si tu quittes Bowen et qu’on se plante alors tu perdras tout. Tu auras tout à reconstruire en retournant là-bas ou en partant ailleurs. C’est vrai, je ne vais pas te mentir, tu le sais bien. Tu me maudiras d’avoir une nouvelle fois réussi à te convaincre que mes désirs étaient les meilleurs pour toi. Il but une gorgée de son jus en réfléchissant pour trouver les mots justes. J’peux pas te promettre qu’on sera heureux à jamais, ni même que toi tu te plairas ici quand tu découvriras le Paris qui n’est pas sur carte postale. J’peux pas non plus changer mon passé et le mal que je t’ai fait. A une époque le fait de te voir me résister et t’envoler pour Bowen comme tu l’as fait m’aurait rendu fou de colère et j’aurais cherché à me venger et à t’oublier en mettant dans mon lit toutes les femmes que j’aurais trouvé, ça c’est le Léo que tu connais.  J’ai toujours été beau parleur alors tu n’es pas obligée de me croire si je te dis que je n’en ai pas eu envie, que je ne veux plus de tout ça, j’ai compris que ça ne me fait pas de bien et que ça te fait encore plus de mal à toi. Je ne cours plus après un idéal non plus, rien n’est jamais parfait et c’est toi que je veux. Je ne sais pas comment le dire d’autre. Il se leva, délaissant son assiette un instant pour aller chercher le courrier qui traînait sur la console, il lui tendit l’enveloppe qui n’attendait que d’être cachetée, si elle voulait elle pourrait lire ces papiers qui prouvaient que d’ici quelques jours il ne serait plus lié à son épouse, il allait redevenir un homme libre, même s’il avait le sentiment de déjà appartenir à une autre. Il ne voulait pas profiter de ce célibat nouvellement retrouvé, il voulait simplement faire les choses correctement pour donner une chance à Blanche d’entrer dans sa vie. Je te le redis, Blanche, je t’aime, de la façon la plus pure, je crois, ce n’est pas une garantie, mais c’est tout ce que j’ai à t’offrir, quitte à ce que tu le rejette, moi aussi j'ai gros à perdre. Pour le reste elle allait devoir faire confiance et comprendre que ce n'était pas si simple pour lui non plus de lui faire une place dans sa vie.

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MessageSujet: Re: Être parisien, ce n’est pas être né à Paris, c’est y renaître + Léanche   Être parisien, ce n’est pas être né à Paris, c’est y renaître + Léanche - Page 6 EmptyMer 11 Déc 2019 - 0:15

Elle pensait à leurs premiers échanges, leurs premiers baisers, la première fois qu'ils s'étaient caressés, la première fois qu'ils avaient franchis le pas de l'amour charnel, la première fois qu'elle lui avait pondu un je t'aime craintif remplit de maladresse. Mais, aussi, la première rupture. Celle qui fut l'investigatrice des autres. Comme si chaque fois qu'ils se réunissaient, comme si chaque fois qu'ils s'assemblaient, une fin fracassante se préparait, impossible de les avoir heureux ensemble. On aurait pu croire qu'au fil des années, ces ruptures, aussi nombres étaient elles, auraient fini par forgé une carapace autour du coeur de la blonde, aurait fini par ne plus l'atteindre autant. Mais si sa carapace n'était que parure, au fond, son coeur en souffrait toujours autant que la petite Blanche de quinze ans qui avait vécu sa toute première déchirure au coeur, l'été de leur premier amour. Et l'idée de revivre ces blessures, alors qu'ils ne semblaient pas attirer la chance ensemble, bien que le gain de leur vie commune soit tentant, lui fichait la trouille, plus qu'il ne pouvait l'imaginer. Ce n'était en rien à leurs habitudes, rien à ce qu'ils connaissaient tous les deux, habitués à papillonner ensemble, à se voir aux moments qui leur chantaient le plus, sans promesse de lendemain, dans une ville qu'ils connaissaient par coeur tant elle les avait vus grandir et se forger le caractère qu'ils avaient aujourd'hui. Ce n'était rien de rassurant, rien de connu. Non seulement il y avait le caractère nouveau d'une ville qu'elle ne connaissait que d'idéalisme et d'image romancée, mais il y avait celui de l'incertitude qui pesait entre eux. Les mots de Léo résonnaient dans l'esprit de la blonde, le blocage qu'ils s'imposaient, les chances qu'ils ne prenaient pas par peur et qu'ils devaient tenter au risque de passer à côté de l'histoire de leur vie. Blanche en avait envie et, dans une autre vie, elle aurait accepté sans se poser une seule question. Mais les derniers départs avaient laissé trop de marques sur son coeur et sur ses souvenirs pour lui permettre d'agir irréfléchis comme elle l'avait souvent fait. Et, chaque fois qu'elle avait succombé à ses caprices, chaque fois qu'elle avait cessé de lui résister, elle avait dû se rebâtir. Seulement, cette fois, se rebâtir, dans une ville qui n'était pas encore la sienne, sans repères, sans même de logement, c'était bien plus restreignant que dans le confort de ce qu'elle connaissait déjà. Elle lui résistait, encore et toujours, comme elle savait si bien le faire. Et il tentait de la convaincre, encore er toujours, comme il savait si bien le faire. Ensemble, ils formaient un beau duo, quand l'un chassait, l'autre fuyait et, parfois, les rôles s'inversaient. Cachant à première vu ses craintes, Blanche s'avança dans la cuisine, après s'être un minimum couverte, un sourire sur les lèvres, les mots je t'aime et le surnom love qui cognaient dans sa tête comme un disque brisé, répétant sans cesse le même passage d'une chanson d'amour difficile à croire. Difficile à croire parce qu'ils ne s'en étaient jamais laissé la chance. Il l'attira vers elle, elle tourna la tête, résistant fermement à ses bras qui la tentaient, qui lui feraient du bien. Mais ce bien, ne serait-il pas passager? N'avaient-ils pas besoin de partager autre chose, cette fois, qu'une nouvelle étreinte amoureuse? Était-ce la sonnerie d'alarme qui lui fallait pour se convaincre que leur histoire ne pourrait fonctionner, s'ils n'étaient déjà pas en mesure de parler sans vouloir se ruer l'un sur l'autre dans l'affection réconfortante, mais ivre, de leurs corps? Comment feraient-ils, toute une vie ensemble, si seulement c'était le délai de leur relation, pour survivre sans les atouts de la communication? Elle se retira de l'emprise de ses mains, contourna l'ilot central pour venir se placer devant le verre qui semblait être le sien. Pour l'instant, souffla-t-elle, non pas pour lui lancer une énième pique au sujet de son amour voilage. Pour l'instant, Léo, répéta-t-elle en se perdant dans leurs souvenirs et ces maintes fois où, en pleurant dans les bras de sa meilleure amie, Charlize lui avait rappelé qu'il n'en valait pas la peine, qu'il ne fallait plus succomber à la passion, mais écouter la raison. Charlize, si elle était là, à Paris, cette fois lui dirait-elle toutes ces sages paroles? Ou boirait-elle la vérité que Léo lui servait dans une coupe de cristal? Blanche baissa les yeux vers ses doigts qui jouaient maladroitement avec le pied de son verre, à l'aube d'un danger imminent et de morceaux de verres qui exploseraient si elle ne cessait pas de le marteler de la sorte. Puis elle laissa ses doigts courir le long du revêtement du comptoir froid, jusqu'à se nouer ensemble, là où ses jointures naissaient. Elle les réchauffait, signe de panique, irritant la peau de ses mains sans réellement s'en rendre compte alors que la suite de leur discussion se poursuivait. Il n'y avait pas de marge d'erreur possible. Et si, encore une fois, leur histoire échouait, elle finirait par le maudire, effectivement, d'avoir eu cette emprise sur elle. Il ne pouvait pas lui promettre d'être heureux, jusqu'à la fin des temps, et elle ne lui demandait pas non plus. Elle ne cherchait pas un conte de fée, pas de fin romantique leur promettant l'impossible. Dans sa tête, ça avait toujours plutôt été : ils vécurent heureux pour l'éternité, mais pas ensemble. Elle pouvait bien se le projeter, le film de leur vie qui restait encore à écrire. Mais, il y avait toujours ce mais, jamais bien loin, qu'est-ce qu'elle en avait peur. C'est vrai que je te maudirais..., confia la blonde comme seule réponse avant de relever les yeux. Et je me maudirais aussi de n'avoir pas sauté le pas. Elle soupira, secouant la tête, un rire nerveux et las à la fois qui s'échappait d'entre ses lèvres. C'est bien ça le problème. Il y a une impasse que mon coeur et ma tête n'arrivent pas à résoudre en harmonie. Le coeur ou la raison... Et elle finit par prendre sa tête entre ses mains, posant ses coudes contre le plan de travail pour prendre appui. Elle avait chaud, ses joues étaient maintenant d'un rouge écarlate, vibrant, puissant, frappant, sur sa peau qui laissait paraître toutes ses émotions, tant bonnes que mauvaises. Je ne veux pas de fausses promesses de bonheur, Léo. Je ne t'ai jamais demandé ça et je ne le ferai pas aujourd'hui. Je veux seulement une promesse d'amour..., souffla-t-elle en remontant ses cheveux dans un chignon fatigué au sommet de sa tête, l'air frais sur sa nuque qui laissait enfin ses joues redevenir couleur chair. Il se leva, s'éclipsa l'instant de récupérer une enveloppe dont le contenu semblait lourd de sens et la déposa devant elle, devant celle qu'il voulait choisir, avec qui il souhait bâtir, juste avant de répondre à sa demande, de lui répéter les mots qui brûlent. Qu'est-ce qui pouvait bien se cacher dans l'enveloppe apposée d'un timbre, qui restait seulement à cacheter? Curieuse, elle souleva le rabat de l'enveloppe, effleura les papiers du bout de ses doigts. Divorce, qu'elle pu y lire, au travers de ces autres mots qu'elle ne se donna pas le droit de lire. Déjà, elle faisait irruption dans sa vie privée, déjà elle s'était fait voyeuse de son intimité, son jardin secret qui ne le regardait que lui, curiosité mal placée. Aussitôt, elle repoussa les papiers loin d'eux sur le plan de travail, puis leva les yeux vers Léo qui attendait qu'elle réagisse. Je t'aime... Elle contourna l'ilot pour le rejoindre. Il y a de la place dans tes bras ?

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