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 the truth can be a weapon, and to make a stand you got to win the fight (léo)

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grand kangou
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MessageSujet: the truth can be a weapon, and to make a stand you got to win the fight (léo)   Dim 26 Aoû - 2:21

Dans sa tête, les mêmes échos, over and over again. La même voix de quelqu’un de complètement aléatoire qui lui avait raconté des histoires qu’il aurait préféré ne pas entendre. Discours innocent ou tentative de tourner le couteau dans la plaie, Woody n’en savait rien et n’en avait que faire. Il n’en avait plus rien à faire de rien. Ni de personne - excepté les deux noms qui résonnaient dans sa tête. Encore et encore. Léo et Freja. Freja et Léo. Son meilleur ami de toujours, son allié, son soldat, celui qui était resté à ses côtés malgré toutes ses querelles puériles, celui qui avait respecté ses choix les plus cons, celui qui avait réussi à voir au-delà de la façade. Exactement comme Freja l’avait fait, elle aussi. La femme qui avait enduré ses coups même les plus bas, la femme qui l’aimait même quand lui ne savait pas lui prouver qu’il l’aimait tout autant. Alors sans doute n’aurait-il pas dû être surpris que deux êtres comme eux se retrouvent. Mais dans son dos à lui. Sans se soucier ne serait-ce qu’une seule seconde de lui. Et à l’autre bout du monde en plus, pour être bien assurés qu’il ne puisse rien y faire, Woody. Le morceau n’arrivait pas à passer, même à coup de pintes de bière de piètre qualité qui s’enchaînaient à son bout de comptoir du Elm’s Street. C’était coincé en travers de sa gorge, c’était une boule de remords, de regrets et de rage qui bloquait sa trachée. Le liquide doré qui glissait le long des parois ne donnait qu’un effet de couteau ciselant tout sur son passage, jusqu’à son cœur. Soir après soir, Woody revenait jusqu’ici, sans doute parce que contrairement à lorsqu’il s’abandonnait à lui-même chez lui, le chaos sonore du bar arrivait à faire taire quelques-unes de ses colères. Dans sa maison, le silence n’était qu’un effet décuplant sa hargne envers deux des personnes en qui il avait le plus confiance en ce monde. Pourtant, que pouvait-il vraiment reprocher à l’un ou à l’autre ? Il avait fermé la porte au nez à Freja. Il avait coupé les ponts. Il avait brisé tout espoir de quelque chose de plus entre eux. De quoi que ce soit, en fait. Et Léo, Léo avait toujours été laissé dans la noirceur, Woody ne lui avait jamais confié les sentiments qu’il éprouvait pour la norvégienne. Rutkowski pouvait-il alors lui reprocher de ne pas avoir deviné ? De ne pas avoir lu en lui ? De ne pas l’avoir mieux compris ? Ce qu’il lui reprochait, Woody allait devoir mieux le saisir dans les prochaines minutes, parce que voilà Léo qui venait de franchir le seuil des portes du bar. Son regard à la fois noir et vide se posa directement sur son ami. Il leva un bras en l’air pour attirer l’attention de l’homme, puis s’avança vers lui. « Yo Emerson ! Tu sors et t’appelles pas ton meilleur pote ? Maintenant que Liam est parti, on est les derniers survivants, faut s’serrer les coudes, pas vrai ? » Demanda Woody, passif-agressif. Il posa une main sur l’épaule de son ami, pour quelques secondes, et pourtant ils n’avaient jamais été autant déconnectés.

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adm h
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MessageSujet: Re: the truth can be a weapon, and to make a stand you got to win the fight (léo)   Lun 27 Aoû - 21:34

On disait que Woody n’allait pas bien. Léo s’en était rendu compte lors du mariage de Freja mais en vérité il n’y avait fait qu’un passage rapide et il n’avait pas eu le temps de s’attarder sur l’état de son ami. Et puis pour être tout à fait honnête, Emerson avait déjà ses propres problèmes à gérer avant de pouvoir se sentir en mesure de s’occuper de ceux des autres. En plus, les deux amis avaient toujours eu cette relation particulière, à toute épreuve mais tout en respectant la vie et l’intimité de l’autre. Ils étaient deux hommes très pudiques sur leurs problèmes, Woody savait que Léo s'empêtrait souvent dans des histoires de filles, qu’il ne connaissait pas vraiment la limite entre l’attachement et l’amour et qu’il était doué pour tout foutre en l’air. Léo connaissait les soucis de santé de Woody, il le trouvait très courageux même s’il ne le lui disait jamais, il savait aussi que ces soucis avait fait prendre à son ami une philosophie de vie particulière, pas d’attache, vivre au jour le jour, pour le moins de souffrance possible, il enchaînait les filles sans jamais rien leur promettre parce qu’il ne pouvait pas se le permettre. Léo avait plus de mal avec cette vie là, lui qui prenait tout bien trop à cœur, mais il respectait ce choix. Il savait surtout que sous ses airs de coureur de jupon, Woody était un homme bien, malgré la mauvaise réputation qu’il encaissait sans broncher. Ils ne se parlaient pas beaucoup tous les deux, jamais vraiment de sujets sérieux. Ils étaient de ces amis qui pouvaient toujours compter sur l’autre pour se changer les idées et prendre la vie avec légèreté. Léo se confiait bien plus volontiers à Mia ou à Lily, avec Woody c’était autre chose et ça fonctionnait très bien comme ça.
Depuis qu’il était revenu de Norvège et qu’il avait pris la décision de prendre son courage à deux mains et de se ressaisir, d’aller reconquérir Grace et de laisser son passé douteux de côté, Léo allait nettement mieux. Il était redevenu ce garçon qui prenait la vie du bon côté, qui avait envie d’avancer, de s’amuser et de vivre, tout simplement. Il était donc temps de s’occuper des autres et de Woody en particulier. Il les entendait, les échos, les rumeurs, celles qui disaient que son pote de toujours passait ses soirées accoudé au comptoir du Elm street, qu’il n’était plus l’ombre de lui-même. Et ces bruits de couloir ne plaisaient pas au photographe. Il savait aussi qu’il avait fait une erreur en partant à l’autre bout du monde avec Freja et il comprenait enfin la réaction de son ami le soir du mariage. Il était grand temps qu’ils discutent. Bien que Léo ignore totalement le ressentiment que Woody avait envers lui. Ce soir il avait donc pris le chemin du bar, espérant et redoutant en même temps de trouver son compère comme il s’y attendait. Et pourtant il était là, il ne fallut pas longtemps pour qu’il le repère. Et Woody reconnu Léo rapidement également, ce fut d’ailleurs lui qui l’apostropha en premier. Le ton était donné, probablement que Rutkowski était déjà alcoolisé pour employer un ton aussi pincé. Il s’approcha alors, prenant place à ses côtés. Pas besoin de t’appeler, je savais que je te trouverais ici. Il parait que tu es le nouveau pilier de ce bar. Il haussa un sourcil. Tu bois quoi ? On sentait tout de même que l’ambiance était froide entre les deux amis.

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MessageSujet: Re: the truth can be a weapon, and to make a stand you got to win the fight (léo)   Lun 10 Sep - 2:36

Sa main avait à peine quitté l’épaule de Léo que ce dernier les reconduisait aux tabourets que Woody venait de délaisser, pour qu’ils s’assoient, tous les deux, aux deux places libres de cette chaîne de chaises habitées d’âmes toutes plus ivres les unes que les autres. Rien n’égalait toutefois le taux d’alcoolémie de Woody, surtout si on faisait le récapitulatif des dernières semaines durant lesquelles l’alcool avait été son principal apport énergétique. C’était d’une tristesse que de constater que sans Freja, il n’était plus grand-chose. Et comme il n’avait plus ni sa sœur ni son frère en ville pour le brasser un peu, lui remettre les idées en place par la force physique ou verbale, Woody s’abandonnait sans trop de mal à ce quotidien destructeur. Il n’avait pas vraiment conscience de ce qu’on pouvait raconter sur lui, que des rumeurs circulaient au sujet de cet homme qui n’était plus que l’ombre de lui-même. Il était donc loin de se douter que si Léo avait franchi le seuil des portes du Elm Street, ce n’était pas pour venir s’y éclater sans lui, ce n’était pas pour lui faire un autre coup de traitre en l’oubliant. S’il se trouvait ici, c’était pour lui. Pour le rescaper de ce trou noir qui était en train de l’avaler tout entier. Léo ne manqua d’ailleurs pas de souligner qu’il savait fort bien qu’il le trouverait ici, sans avoir besoin de le contacter. Parce qu’il était apparemment le nouveau pilier de ce bar. Woody le dévisagea un moment, l’air dur, sérieux, et confus, avant d’hausser les épaules en détournant le regard. « J’ai mon verre à mon nom depuis mes années de collégien, il fallait bien que je le sorte de sa tablette avant qu’il ne prenne trop la poussière. » Lança-t-il en tournant son verre entre ses mains, pour y laisser voir le petit insigne portant son nom, fier client du bar. Des verres comme celui-là, il y en avait une rangée complète, d’âmes perdues dans cette mare de bières, que ce soit il y a trente ans de ça ou dix jours. Woody, lui, n’avait jamais vraiment arrêté, au fond. Il avait bien tenté de se faire croire pendant quelques années qu’un mode de vie sain entraînerait un esprit sain mais il se mentait à lui-même. La maladie, elle n’attaquait pas que son corps, elle se faufilait aussi vicieusement entre ses deux oreilles. Dévastatrice et venimeuse. « Tu m’accompagnes sur la bière ? » Demanda plutôt Woody en commandant un nouveau pichet sans même attendre la réponse de Léo. S’il ne buvait pas la même chose, il le finirait par lui-même, c’était le dernier de ses soucis. « Après tout, on partage tout, pas vrai ? » Renchérit-il, sanglant, l’allusion évidente ne faisant que le mettre davantage en sournoise colère.

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MessageSujet: Re: the truth can be a weapon, and to make a stand you got to win the fight (léo)   Mar 2 Oct - 17:46

Léo n’avait pas la prétention d’être le sauveur de Woody, ni de quiconque en vérité. Il était déjà mauvais pour se sauver lui-même alors il ne se posait pas en héro. Mais savoir que son ami, probablement son meilleur ami, celui de toujour, de toutes les situations, celui des bons comme des mauvais moments, se trouvait dans une position aussi mauvaise et sans personne pour lui tendre la main, ça le mettait hors de lui. Léo n’était pas forcément bon à grand chose dans cette vie dont il profitait allègrement sans se soucier du principal. Mais il était un bon ami, de ceux qui écoutaient et qui savaient trouver les mots, de ceux qui n’hésitaient pas à vous pousser au fesses. Il l’avait fait avec Jamie, à une époque bien différente, avant que celui-ci ne parte pour son tour du monde avec sa belle Cassandre. Et il comptait bien le faire pour Woody avant que celui-là ne touche définitivement le fond, chose qu’il n’accepterait pas. Alors tant pis si pour ça il devait s’en prendre plein la figure, parce qu’il connaissait le sale caractère de l’aîné Rutkowski, tant pis, il s’en prendrait plein la figure, mais il comptait bien faire sortir son ami de ce bar avec une autre vision des choses. La réflexion de ce dernier annonçait bien la couleur, Woody, égale à lui-même sarcastique avec son humour bien à lui. Léo aussi avait eu son verre à son nom, mais il l’avait explosé contre un mur lors d’une soirée un peu trop délurée, preuve que lui aussi avait connu ses heures sombres. Il afficha un mince sourire en prenant place près de son camarade. C’est ta petite gloire personnelle. Il ironisait à son tour bien qu’il ne trouve pas vraiment que ce soit une fierté. Sans attendre sa réponse à sa question, Woody commanda carrément le pichet de bière, histoire de bien montrer qu’il était là pour rester. Léo demanda alors un verre pour accompagner son ami. La bière c’était bien au fond, ça lui permettrait de maîtriser davantage la situation que s’il avait démarré au whisky, son poison favori. La dernière pique de Woody lui fit tourner la tête instinctivement et planter un regard un peu trop mauvais dans celui de celui qui se positionnait comme son rival. Il s’y attendait un peu, Léo, à ce qu’il prenne sa revanche, mais pas aussi sournoisement et pas aussi vite, visiblement, même saoul, il ne perdait pas le nord. Mais il était clair que Rutkowski avait une dent contre lui et qu’il comptait bien ne pas laisser couler cette histoire. Après quelques courtes secondes à le fixer silencieusement, alors que la tension semblait monter d’un cran, Léo lâcha un soupire. J’savais pas. Crois bien que si j’avais su… Clairement Léo n’était pas de ceux qui piquait leur copine aux autres, surtout pas aux copains, déjà parce qu’il avait des principes à ce sujet là et aussi parce qu’il n’avait pas à aller chercher chez les autres pour trouver des filles à mettre dans son lit. Et puis entre Woody et Léo il y avait toujours eu ce truc, genre ils n’aimaient pas le même type de fille, en général Woody jetait son dévolu sur les brunes et Léo sur les blondes, par exemple. Mais Freja semblait être spéciale, elle avait un tableau de chasse impressionnant, la belle norvégienne et il était indéniable que peu d’hommes résistaient à ses charmes. Léo n’était pas meilleur qu’un autre à ce niveau là. Il but une première gorgée de sa bière, ne sachant quoi ajouter, il n’était pas là pour régler ses comptes avec son ami mais pour le sortir de sa spirale infernale et pour l’instant ça partait plutôt mal.

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MessageSujet: Re: the truth can be a weapon, and to make a stand you got to win the fight (léo)   Lun 22 Oct - 3:13

Il commençait à avoir l’habitude, Woody, de se démerder seul quand il atteignait le fond du baril après en avoir bu chaque gorgée assommante. Woody le mal-aimé, Woody l’incompris, celui qui sème la pagaille partout où il va, celui qui brise les coeurs comme s’il s’agissait de vulgaires bon-débarras. Et bien on dit qu’on sème ce que l’on récolte et l’homme goûtait maintenant à son propre poison. Pire encore, il rampait dedans, incapable de se relever, impuissant. Il s’y noierait avant d’oser lever le drapeau blanc, avant de daigner tendre la main vers quiconque voudrait bien l’attraper et l’extirper de ses propres tourments. Woody ne pouvait blâmer personne d’autre que lui. S’il était aussi seul, c’était parce qu’il l’avait choisi, c’était parce qu’il avait tout fait pour qu’on lui tourne le dos. Et ceux qui ne l’avaient pas encore fait ignoraient tout de sa déchéance. L’affaiblissement de soi, Woody le laissait aux autres, du moins en façade, parce qu’en lui-même il se savait fort bien en déclin. Il n’était plus que les ruines de l’homme qu’il avait un jour pu être. Il n’était toutefois pas prêt à s’enchaîner à la charité ou au dédain des autres, même si ce soir sans doute que les regards tournés vers lui n’inspiraient plus que la pitié. Alors tant bien que mal, face à Léo, le grand Léo, celui qui lui avait toujours paru inébranlable, une sagesse incommensurable habitant son regard, Woody tenta de rester aussi grand, aussi droit. Mais il n’était qu’une structure illogique et boiteuse, menaçant à tout instant de s’écrouler. « Une parmi tant d’autres. » Renchérit-il, comme pour se prouver qu’il valait plus encore qu’un simple verre à son nom, qu’une simple renommée d’ivrogne. La vérité était que les années glorieuses de Woody était bien loin derrière, et s’il pouvait encore se voiler la face quand il n’avait que la vingtaine au compteur, maintenant qu’il avait entamé la trentaine, il ne pouvait plus se mentir. Il avait tout perdu et ce, depuis belle lurette maintenant. Au fond, ce verre qu’il tenait dans ses mains, il accentuait l’amertume des bières qui s’écoulaient dedans. Ça ne l’empêchait pas de poursuivre la débauche, commandant un pichet de bière par lequel il comptait bien tourner Léo vers le vice. Les vraies choses se disaient quand les langues se déliaient. Celle de Woody l’était déjà, elle, ce qui le propulsa sans préliminaire dans des accusations à peine camouflée par son humour cinglant. Leurs regards ne se perdirent pas malgré les longues secondes de silence. On aurait pu croire que l’un et l’autre songeaient alors à la parfaite méthode pour réaliser l’échec et mat. Sans doute y avait-il une part de vérité à cette réflexion. « Si t’avais su … ? Si t’avais su, et bien quoi ? Tu t’serais abstenu de te jeter sur elle dès la première ouverture ? Tu te serais retenu de l’emmener au bout du monde là où j’n’avais aucun contrôle ? Who are you kidding, Léo ? T’attendais juste la parfaite occasion pour jeter ton dévolu sur elle, que j’sois dans l’portrait ou non j’crois pas que ça aurait changé d’quoi. » Lâcha-t-il injustement, ne réfléchissant même pas à ses paroles. C’était la colère qui parlait, mais s’il avait pris le temps d’éclaircir ses pensées en ne laissant pas l’alcool l’influencer, il aurait compris que son amitié avec Léo avait plus d’importance pour lui qu’une nuit dans les bras d’une autre. Le truc, c’était que Freja, elle n’était pas qu’une autre. Elle était tout.  

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MessageSujet: Re: the truth can be a weapon, and to make a stand you got to win the fight (léo)   Mar 30 Oct - 16:28

Des mois durant, Léo avait erré dans sa vie, devenant l’ombre de lui-même sans que personne le reconnaisse. Dans cette période bien sombre il avait fuit son entourage, toute personne qui pourrait lui reprocher cette descente, toutes celles qui auraient eu envie de l’aider. Parce qu’il ne voulait aucune aide, aucune pitié, il voulait se vautrer dans ce mal qui le rongeait en se disant que pire ce serait moins il ressentirait la douleur. Mais ça ne fonctionnait pas comme ça, il devait le savoir, depuis le temps. Ce fut durant cette période qu’il avait croisé Freja, tel un phare dans sa tempête, elle l’avait aidé, sans s’en rendre compte à ce qu’il remonte la pente. Il avait déjà traversé ce genre de période, à la mort de sa fiancé, il avait connu une première fuite puis une autre inconnue qui l’avait tiré vers le haut, à croire que tout était question de femme et de rencontre fortuite, dans la vie de Léo. Il avait besoin de frivolité pour se raccrocher aux branches et se relever. Freja c’était cette fille assez aguicheuse pour vous faire tourner la tête avec cette faille dans le regard pour vous faire comprendre qu’il y avait bien plus que ce qu’elle montrait, elle était comme lui, finalement, elle cachait son jeu derrière un sourire de façade et c’était ce qui plaisait à Léo. Il n’aurait jamais pensé, lors de leur première rencontre qu’il finirait par lui offrir un voyage sur sa terre natale, mais sans ce séjour il serait toujours le même qui portait sa mélancolie avec lui, celle qui pesait si lourd sur ses épaules. Cette fuite avec la brune avait été la bouffée d’oxygène dont il avait besoin, à ses côtés il avait compris qu’il ne servait à rien d’aller chercher la beauté du monde pour être heureux, que le bonheur était juste à sa porté, il ne lui manquait que le courage de se battre pour lui. Il n’avait pas fallu longtemps après son retour pour qu’il finisse par frapper à la porte de celle qui occupait toutes ses pensées. Jamais il n’aurait d’histoire d’amour avec Freja, ils n’étaient pas destinés à ça, ce n’était pas ce qu’ils recherchaient en l’autre. Et puis à la fin de leur voyage, les confidences de la norvégienne sur ses amours avaient laissé un goût étrange au bel Emerson, comme l’impression d’avoir touché l’interdit et celle encore plus grande qu’il allait le regretter. Les regrets étaient donc pour ce soir, face à un Woody au plus mal qui trimbalait avec lui toute la rancoeur portée contre son ami. Sa rage, décuplée par l’alcool, sortit finalement, grondant, raisonnant aux oreilles d’un Léo qui encaissait tout, difficilement, il avait l’impression d’être le bouc émissaire dont Rutkowski avait besoin. Ouais, p’tètre que si j’avais su je ne lui aurais pas proposé ce voyage ! Et c’était la vérité, il n’aurait pas pu empêcher leur rapprochement le premier soir dans le bar, mais s’il avait eu l’occasion de parler à Woody lors du mariage ou bien s’il avait compris combien leur histoire était importante pour lui, alors il aurait évité de sortir le grand jeu. C’est une grande fille, non ? Elle aurait pu refuser. Et crois bien que je n’ai pas eu l’impression que soit moi qui me jetais sur elle. Il aurait pu éviter d’en rajouter et se passer de cette réflexion là, qui démontrait sans grand détour qu’il n’avait pas eu à faire grand chose pour séduire la jolie brune. Connaissant le Woody sanguin, il n’allait pas aimer, mais Léo se défendait, comme il pouvait et puis il restait un gamin qui rendait les coups lorsqu’on lui en mettait alors, sans le vouloir, il montait d'un ton, passif agressif. T’as toujours été doué pour faire fuire les seules filles qui comptaient, celles qui étaient bonnes pour toi. Alors, who's kidding, Woody ? Il reprenait les mots de son ami, mais cette dernière réplique, amer, faisait écho à sa propre histoire, Léo n’était pas meilleur que Woody lorsqu’il s’agissait de tout faire foirer avec les filles qui comptaient.

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MessageSujet: Re: the truth can be a weapon, and to make a stand you got to win the fight (léo)   Lun 5 Nov - 4:07

Ils s’étaient toujours crus différents, Woody et Léo. Ils s’étaient convaincus qu’en amitié aussi, les contraires s’attiraient. À bien regarder toutefois, sans les artifices, sans les façades, sans ces mensonges qu’ils débitaient comme de simples politesses, ils n’étaient pas si loin l’un de l’autre. Tout en bas, tout au fond. Il faisait juste trop noir dans le gouffre pour qu’ils puissent se reconnaître, et comme la lumière au bout du tunnel ne se faisait pas entrevoir, ils continuaient à baigner dans l’ignorance face à ces mêmes blessures qui les berçaient vers l’oubli. Longtemps Woody avait considéré Léo comme son meilleur ami, mais ce soir, l’homme remettait tout en question. Pour une femme. Bro’s before hoes n’avait plus grande signification pour lui lorsqu’il s’agissait de Freja, parce qu’elle était l’une des femmes de sa vie, l’une des femmes avec qui il s’imaginait terminer ses jours. Il y en avait une autre, bien sûr, mais jamais auparavant Woody n’avait eu à se battre autant à la fois pour obtenir et pour repousser une femme. Il faisait les deux à la fois et c’était ce qui le perdait complètement. Il aurait voulu qu’elle soit sienne, il aurait voulu qu’elle l’oublie. Il aurait voulu ne jamais la savoir en aimer un autre, il aurait voulu qu’elle ne l’aime pas à ce point. Le fait que ce soit Léo qui rende l’hypothétique délaissement un peu plus humain ne faisait qu’empirer tout ce scénario catastrophe qui se profilait devant lui, devant eux. C’était la goutte de trop. Le coup de couteau fatal. « Peut-être c’est le mot-clé dans tout c’que tu viens de dire ! Et c’est tout ce que j’entends, parce que ça fait juste me montrer qu’c’est vrai, qu’tu t’en fous, autrement ce ne serait même pas une question, ce serait une évidence ! » C’était une tournure de phrase comme une autre, c’était une façon de parler, mais Woody avait choisi de ne s’en tenir qu’à un seul mot qui sonnait décalé par rapport aux autres, juste pour ne pas perdre la face devant Léo. Il tenait à justifier cette colère grondante en lui, et surtout, il voulait l’entretenir jusqu’à ce que tout explose parce que cette émotion était plus forte que sa tristesse. Elle l’enterrait. Elle l’étouffait. Et c’était tout ce que Woody recherchait. Une paix momentanée, ébranlée par les flammes de son volcan bouillant. Lorsque Léo sous-entendit que c’était Freja qui s’était jetée sur lui, que jamais elle n’avait songé à refuser son invitation et tout ce qui s’en était suivi, les poings de l’homme se serrèrent. Il ne répondit rien, la mâchoire serrée. Léo en profita pour revenir à la charge, profitant que Woody sois pris de court pour assener le coup fatal. « Oh, you’re gonna regret this. » Lâcha-t-il d’un ton massacrant, grave, avant de prendre son élan et d’abattre son poing sur la mâchoire de son soi-disant meilleur ami, celui qui venait de lui cracher au visage ses quatre vérités de la manière la plus dure qui soit. Alors lui frappa du plus fort qu'il le pu. 

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MessageSujet: Re: the truth can be a weapon, and to make a stand you got to win the fight (léo)   Dim 11 Nov - 22:11

Léo ne s’était jamais cru ou dit meilleur que Woody. Simplement parce qu’il était totalement conscient qu’ils se ressemblaient bien plus qu’ils en avaient l’air, même avec des caractères distincts, même avec des comportements à l'opposé, ils portaient la même noirceur en eux, ils étaient cernés par la même obscurité qui les envahissait lorsqu’ils avaient l’impression de toucher le fond. Et ils faisaient tout, tous les deux, pour essayer de se voiler la face, le plus longtemps possible, histoire de berner leur monde autant qu’ils cherchaient à se berner eux-même. Ils se croyaient forts et étaient en même temps totalement conscients de leurs faiblesses, ce qui ne les empêchait pas de se vautrer dedans comme s’ils avaient besoin de se sentir minables pour peut-être remonter vers la surface. Léo était capable de remonter, il l’avait fait, plusieurs fois, parce qu’il était un éternel optimiste malgré ses moments de doute et de mal-être. C’était là la plus grande différence avec Woody, ce dernier semblait incapable de voir le soleil derrière les nuages. Il était vrai que ses nuages à lui étaient bien plus épais que ceux de son ami, il avait cette maladie qui le rongeait petit à petit, le privant de lui-même de jour en jour, sans aucun espoir de rétablissement à l’horizon. alors dans le match du plus à plaindre, Rutkowski gagnait haut la main. Mais tout n’était pas totalement perdu, son entourage s’évertuait à le lui dire, il avait encore quelques belles années devant lui avant que son mal ne le détruise totalement, avant qu’il ne devienne réellement que l’ombre de lui-même. Il perdait sa superbe tout seul, il s’enfonçait dans sa déprime et son histoire avec Freja ne le tirait visiblement pas vers le haut. Tout ça, Léo ne le lui dirait pas, parce qu’il n’avait pas à juger la façon dont son meilleur ami gérait ses problèmes. Mais ça commençait à le concerner quand Woody s’attaquait plutôt injustement à lui et il n’allait pas se laisser faire sous prétexte que son camarade était mourant, jusqu’à preuve du contraire il était encore capable de se traîner jusqu’au bar tous les soirs. A présent il jouait avec les mots de Léo pour les retourner contre lui et ça commençait à l’énerver doucement, lui qui venait pour aider son ami, voilà qu’il semblait être la raison de tous ses maux. T’aurais pu me parler ce soir là ! Mais il ne l’écoutait déjà plus, Léo avait perdu Woody au profit de la colère. Et lorsque le barbu sentit la brèche s’ouvrir il ne résista pas s’engouffrer dedans, choisissant les mots parfaits, ceux qui blessaient le plus, il n’était pas vraiment de ceux qui donnaient des coups, préférant se battre avec une arme bien plus violente, la vérité qui faisait mal. Quitte à égratigner celui qu’il disait son ami celui qui était déjà bien bas et qu’il enfonça encore, volontairement sous l’effet d’une exaspération mal contenue. Vraiment, Léo et Woody n’étaient pas différent, ils étaient pareil, ils rendaient coup pour coup, ils étaient bien trop explosifs et alors que l’un avait attaqué avec sa verve, l’autre se servit de ses poings. Il ne vit pas le coup venir, Emerson, celui qui s’enfonça dans sa mâchoire pour la faire craquer et qui le colla au comptoir, sonné. Il mit quelques secondes avant de se remettre, le sang battant ses tempes et coulant de sa bouche. L’adrénaline aidant à ce qu’il se relève malgré la force du coup reçu et la douleur qu'il ne sentait pas encore, il se redressa pour pousser Woody de son siège, une fois face à lui il envoya à son tour son poing dans le visage de l’autre, dans le nez. C’est quoi ton vrai problème Woody ? Que je couche avec elle ou que je sois le seul à te dire tes quatre vérités ? T’es minable, avec ton verre à ton nom que tu vides tous les soirs, à te plaindre d’avoir perdu une fille pour laquelle tu ne t’es même pas battu. Et après tu t’étonnes qu’elle aille voir ailleur… Il fut arrêté par le barman qui n’avait rien raté de leur rixe. Et les gars vous sortez d’ici ! J’veux pas de baston dans mon bar, si vous avez des choses à régler vous faites ça dehors ou j’appelle les flics pour vous envoyer en dégrisement. Mais Léo et Woody ne l’écoutaient pas et continuaient à se mettre sur la figure. Il fut alors aidé par deux habitués plutôt bien charpentés pour mettre les deux adversaire dehors sans ménagement.

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MessageSujet: Re: the truth can be a weapon, and to make a stand you got to win the fight (léo)   Dim 23 Déc - 21:45

Il y avait tant de fois où Woody aurait pu parler, mais à la place il choisissait de se taire, de se refermer sur lui-même et de se victimiser sans même avoir essayé de jouer en sa faveur. Il se savait perdant d’avance, alors il baissait les bras sans faire l’effort de s’en sortir. Le fautif dans l’histoire, ce n’était pas Freja, ce n’était pas Léo, c’était Woody. Tout ce qui était en train de lui arriver, il l’avait cherché, même qu’il avait prié pour qu’on lui tourne le dos ou pire encore, qu’on plante un couteau dans le sien. Alors Woody lui planta son poing en plein visage. Ça faisait sûrement moins mal que la vérité, de toute façon. Sauf que les Rutkowski répondaient habituellement mieux de la violence physique, il n’y avait qu’à se rappeler ce que les deux frères avaient fait à CJ pour le comprendre. Pour eux, c’était la solution à tous leurs problèmes, ou presque. Certains problèmes ne se réglaient ni par la force ni par les mots. Certains problèmes s’infiltraient en vous pour empoisonner chaque parcelle de votre personne. Sans doute Woody avait-il atteint le point de non-retour de ce côté-là, à en voir son comportement des derniers mois, à le regarder aller ce soir. Le trentenaire recula en regardant la tête de son ami s’écraser sur le comptoir, à peine retenue par les mains de l’homme dans un réflexe de dernière seconde. Sa respiration était haletante alors que ce n’était même pas lui qui avait reçu le coup. C’était toute la haine qu’il venait d’y mettre qui se déversait hors de lui. Il ressemblait à s’y méprendre à un animal de combat en train de protéger son territoire. Léo se releva alors et poussa Woody avant de lui asséner à son tour un coup de poing directement sur le nez. Il se recroquevilla, sonné, débalancé, les deux mains portées à son nez qui saignait des deux narines. « FUCK ! » Lâcha-t-il dans un grognement de souffrance. L’enfoiré le lui avait cassé à coup sûr. À coup sûr, oui. Le barman les interrompit, mais Woody ne l’écoutait même pas, il préféra crier par-dessus, il n’avait pas terminé de vider son sac. Alors il enterra toutes les voix qui tentaient de les raisonner. Il y avait bien longtemps de cela que la raison l’avait abandonné. « Va te faire foutre, Léo ! Tu pourrais brûler en enfer, I wouldn’t give a fuck now ! C’est toi mon vrai problème, tu joues le mec droit, tu joues le sage et le mature d’entre nous tous mais au fond, t’es qu’un putain de manipulateur, et dès que tu voies une faille dans les autres, tu l’utilises à tes fins, t’en as rien à faire que je souffre en silence, t’es pas là pour m’aider, t’as jamais été là pour m’aider, mais bien juste pour me faire sentir comme l’échec que je suis ! Ça te fait sentir surpuissant, ça, Léo ? Ça te remonte ton estime, de rabaisser les autres ? Good for you. But keep me out of your God complex shit. » Deux habitués de la place s’en mêlèrent alors, attrapant Léo et Woody par les bras pour les sortir du bar sans les ménager. Rutkowski se laissa faire, il n’avait de toute façon plus la force de se battre, et le coup reçu sur son nez faisait écho douloureux dans sa tête embrumée.

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MessageSujet: Re: the truth can be a weapon, and to make a stand you got to win the fight (léo)   Mer 2 Jan - 19:38

La vérité qui faisait mal, plus fort que les coups, plus fort que tout. Léo avait cru pouvoir être le sauveur de son ami ce soir, le seul qu'il aurait écouté, en dernier recours puisque tous les autres avaient échoué. Il ne se pensait pas meilleur que les autres, mais il espérait qu'en tant que l'ami de toujours, celui qui l'avait déjà connu dans des périodes compliquées, il pourrait avoir un peu de poids. C'était sans penser qu'il arrivait avec ses erreurs, face à un Woody qui se sentait trahi. Et puis l'impulsivité dont il avait fait preuve n'aida pas non plus. Ils se retrouvaient à se mettre sur la figure dans un bar dont le propriétaire les connaissait trop, devant des clients autant médusés que curieux du dénouement de ce combat de coqs. Sortant de son mutisme, Rutkowski était finalement tout aussi doué pour blesser avec les mots qu'avec ses poings. Ses paroles dures et pleines de colères résonnaient encore dans l'esprit de Léo alors qu'on les sortait du bar sans aucune douceur. Fin du spectacle, plus rien à voir que deux hommes minables et misérables sur leur trottoir. Emerson se tenait la tête, son ami avait le nez en sang, ils n'étaient pas beaux, Léo n'était pas fier. Il resta un instant silencieux, le temps de reprendre ses esprits, de respirer pour retrouver un semblant de calme. Ils auraient pu partir, rentrer chacun chez soi avec le poids de sa honte et celui d'avoir perdu un ami. Mais allez savoir pourquoi ils restaient. J'en ai rien à faire de Freja. Elle s’en fout de moi aussi d'ailleurs. C'est même pas ça le problème ! Et puis même si c'est ça… Tu ne peux pas te cacher derrière ta colère contre moi pour éviter le vrai sujet. Tu déconnes Woody. Tu t'enfonces et tu ne veux de l'aide de personne. J'suis ton pote merde ! J'ai merdé je sais, j'en suis pas fier crois moi. Puis t'as peut-être raison, j'vaux pas mieux que toi. Mais j’suis pas un manipulateur bordel ! Ca me mine de te voir te mettre dans des états pareil. Tu peux pas tout foutre en l’air juste parce que t’es malade. T’es même pas encore mourant. Et Clairement Léo ne voulait pas penser à ce moment là, celui où il verrait son ami s’enfoncer dans un état de déchéance telle que s’en serait insoutenable. Il resterait auprès de lui, il voulait y croire, croire qu’il serait un véritable ami jusqu’à la fin. Si au moins son pote lui en donnait la chance. Prouves que t’en as, prouves-le aux autres. Prouves-toi le surtout ! Si t’es si misérable parce que t’a perdu ta copine alors vas la récupérer. Qui t’en empêche à part toi ? Moi ?! Arrête Woody, tu viens de me briser la mâchoire alors me fais pas croire que t’as plus de forces pour te battre. Et Emerson continuait de parler à un mur, sans savoir si Woody l’écoutait vraiment. Ou si ses mots trouveraient écho dans toute cette peine.

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MessageSujet: Re: the truth can be a weapon, and to make a stand you got to win the fight (léo)   Lun 14 Jan - 4:29

Il n’écoutait personne, Woody, personne d’autre que lui-même, personne d’autre que les cruelles voix dans sa tête qui ne l’autorisaient à aimer personne, et surtout qui l’empêchaient de laisser qui que ce soit l’aimer. Toutes les mains qui étaient tendues vers lui, Woody fermait les yeux face à elles, parce qu’il voulait tout taire autour de lui. Se taire lui-même et faire taire les autres. C’était plus facile d’éviter et d’ignorer que quelque chose clocher. Écouter, ce serait admettre que ça n’allait pas, ce serait accepter qu’il avait une leçon à se faire donner, ou un droit chemin à retrouver. Sauf que Woody était à ce point perdu qu’il n’avait plus espoir d’être retrouvé. Il avait déjà passé outre son deuil de lui-même. Pourtant, il était encore bien capable de se battre pour sa futile personne, avec les mots comme avec les poings, pour sauver un orgueil qui n’avait plus raison d’être. Woody était comme un animal, à marquer son territoire et à se défendre bec et ongles. Même une fois leur spectacle public et honteux terminé, les deux hommes, mal en point et ridicules, continuaient à se lancer des insultes et des attaques qu’ils regretteraient sans doute. Parce que si Woody avait présentement l’air de s’en foutre de son meilleur ami, s’il semblait le détester de tout son être, il se réveillerait sans aucun doute demain matin avec le même sentiment d’abandon et de solitude qui se fortifiait en lui à chaque fois qu’il repoussait quelqu’un de sa vie. Et la place que laisserait Léo serait bien difficile à combler, peu importe le moyen choisi pour oublier. « J’en ai marre que vous vous preniez tous pour des fucking thérapeutes qui pensez tout connaître, tout savoir du bonheur et de l’espoir ! T’as aucune idée, aucune, de ce que je vis, et de ce que je vivrai. T’as aucune idée de ce que c’est que d’me réveiller à tous les mains dans c’putain de grand corps malade. Alors n’ose pas me dire ce que j’peux ou c’que je ne peux pas faire juste parce que je suis malade et que je suis même pas encore mourant. J’me sens mourir. » Lâcha-t-il dans une plainte, et sans doute était-ce un mix de l’alcool et de son étourdissement dû au coup de Léo, mais Woody avait maintenant l’air d’un chiot errant plutôt que de la bête d’un instant plus tôt. Il essuya le sang presque séché sous son nez, du revers de la main. « Si j’t’ai brisé la mâchoire pourquoi tu la fermes pas ta gueule !? » Demanda Woody, injuste, cruel, mais surtout lâche. Il n’avait pas envie d’entendre les paroles de Léo, il bloquait tout le sens que ses mots pouvaient avoir. Il soupira. « J’vais pas me battre pour des choses qui ne devraient pas continuer d’être. » Lâcha-t-il finalement, las.

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