AccueilAccueil  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Fed my heart on ancient light + Olivia

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
adm h
avatar
messages : 1220
ici depuis : 12/01/2016
crédits : ©Isleys
double-compte : Léo & Terrence
statut : éternel célibataire rêvant d'un idéal inaccessible
MessageSujet: Fed my heart on ancient light + Olivia   Mer 10 Oct 2018 - 8:02

Londres, courant du mois de septembre 2018, quelques semaines avant le grand départ.

Samuel était un écrivain à succès, il avait eu plus d’une fois son visage placardé sur les abribus, le summum du succès, surtout dans une ville comme Londres, s’il vous plais. Il avait été invité aux plus célèbres talk-shows du pays, il était doué, qu’on disait, une vague de fraîcheur dans le monde de la littérature -ça c’était l’un des gros titres qui accompagnaient sa tête sur les affiches-. Et en plus il était charmant, regardez-le, avec sa belle gueule, rassurant avec ses épaule carrées de bûcheron et ses cheveux soyeux dans lesquels vous auriez envie de passer la main, il n’aurait pas du tout la tête de l’écrivain qui passe sa vie dans les bouquins, et pourtant…. En bref, Samuel avait tout pour lui, la reconnaissance du milieu, l’amour du public, un appartement bien placé dans le Londres branché, il avait des entrées dans les meilleurs clubs et même quelques connaissances célèbres, il avait tout. Pourtant ce matin il s’était levé à l’aube pour un rendez-vous dès la première heure avec Edward, son éditeur. Et Edward, dès le matin, n’était pas très commode, il lui fallait toujours au moins trois cafés serrés pour avoir les yeux en face des trous, avant, il était simplement imbuvable. Alors s’il avait convoqué Samuel à cette heure là c’était bien pour lui passer un savon. Oui, vous avez bien lu, il l’avait convoqué. A une époque c’était Sam qui pouvait choisir de convier son peuple, il pouvait débarquer dans les locaux de Pearson à toute heure et on lui déroulait le tapi rouge, ventre à terre. Mais les choses avaient changé. Depuis tout le monde savait ici que  Pohl était fauché et qu’il ne vivait que sur l’avance qu’on lui avait accordé pour l’écriture de son troisième roman, il y avait déjà presque deux ans de ça et sur l’héritage de sa mère récemment décédée. Aujourd’hui Samuel était devenu, aux yeux de tous, un petit con arrogant qui ne faisait que des promesses en l’air, un arriviste qui ne savait pas ce que c’était que de relever les manches et se mettre au travail. Un homme qui ne tenait pas ses engagements mais qui se pavanait pour se faire aimer du public en le tenant en haleine et en souriant pour les photos et les selfies avec les fans, qui parlait de son prochain bébé, celui dont il n’avait écrit qu’un chapitre, prometteur, mais qui n’avait aucune suite, ça, le public ne le savait pas. Aujourd’hui, Edward en avait marre de le supplier de travailler, il comptait bien le mettre au pied du mur et ça Samuel le savait. Alors croyez bien que son air sympathique, sa belle gueule et sa notoriété n’aurait aucun effet sur ce vieil anglais qui commençait à être aigri, il avait été assez gentil avec son protégé, il avait cru en lui, il l’avait propulsé et si aujourd’hui il ne touchait plus terre c’était bien grâce à lui et il avait bien l’intention de le lui rappeler, sans lui il ne serait rien.
Pohl était arrivé à l’agence en jean baskets et sweat à capuche, on aurait presque dit qu’il sortait de la salle de sport, clairement, ce matin il n’avait fait aucun effort de présentation. L’entrevue avait duré une bonne demi-heure, sans compter celle, réglementaire, durant laquelle il avait poireauté dans la salle d’attente alors que l’éditeur sirotait tranquillement son premier café. A ce moment là Sam avait eu l’impression de revenir presque huit ans en arrière, quand il avait eu son premier rendez-vous ici et qu’il était encore serveur dans un fast-food de Kings Cross. Les premiers mots avec Edward furent presque chaleureux, puis rapidement plus fermes et le volume sonore monta d’un cran entre les deux hommes pour finir par devenir très froid, on aurait presque dit un père qui passait un savon à son gamin pour ne pas avoir filé droit. Et c’était un peu ce que l’homme ressentait quand il voyait le grand gaillard devant lui, toute la déception d’avoir mis tant d’espoir en son poulain qui à présent lui faisait perdre son temps. Samuel promis qu’il ferait un effort, qu’il allait se bouger, parce qu’Edward l’avait menacé de le congédier en lui demandant son avance et les intérêts qui allaient avec s’il ne pondait pas une bonne base d’histoire et quelques chapitres avant la fin de l’année en cours, soit un peu moins de trois mois. L’entrevue se termina avec une accolade plutôt rapide durant laquelle l’homme fatigué glissa au blond que s’il ne croyait pas en son talent il aurait été viré bien plus tôt que ça et sans aucun sentiments. Samuel quitta le bureau la gorge nouée, parce qu’il savait qu’il n’avait plus d’inspiration, qu’il essayait, depuis des mois mais que rien ne venait et ce n’était pas ces quelques remontrances qui allaient réveiller sa verve.
Il passa dans les couloirs de l’immense tour, prêt à s’engouffrer dans l'ascenseur qui n’était plus à quelques pas et à refaire le chemin inverse pour retourner s’affaler dans son lit. Mais à travers les cloisons de verre qui constituaient chaque bureau il remarqua, dans l’un d’eux, un visage qu’il cru reconnaître, un fantôme, une apparition. Olivia. Figé sur place, durant quelques secondes il  observa la silhouette de dos, son port de tête, sa stature, droite, ses cheveux presque courts qui dansaient dans sa nuque. Il l’avait reconnue, comment l’oublier ? Mais déjà les questions se posaient, que faisait-elle ici ? C’était impossible, elle n’avait rien à faire dans une maison d’édition. Non, il devait s’être trompé. Il resta encore à l'affût quelques secondes, espérant qu’elle se retourne pour confirmer ses doutes. Mais elle restait là, droite comme un I à écouter son interlocuteur. Et Samuel se dit que ce devait bien être ça, un fantôme, un mauvais tour de son imagination. Puis il tourna les talons, prêt à aller appeler l'ascenseur.

__________________________

white blank page
You were young I was not old. But our story was not told. But torn apart by greedy hands. Spin me round just to pin me down. I'll be gone by the nights end
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
bowenien
avatar
messages : 300
ici depuis : 23/04/2016
crédits : ava : blondie ; gif : tumblr ; signa : UC
double-compte : Swan Karev-Keynes
statut : Fraîche veuve - non pas Noire, mais elle se dit que vu la honte infligée, elle aurait préféré.
MessageSujet: Re: Fed my heart on ancient light + Olivia   Mer 7 Nov 2018 - 0:38

La secrétaire de son éditrice l'avait accueilli avec au moins autant de chaleur que cette dernière. Une attitude à laquelle la Carteret n'était plus vraiment habituée, ces derniers mois. Au mieux, on les assénait quelques sourires compatissants, dégoulinant d'hypocrisie ; au pire, certains - ou plutôt certaines, plus particulièrement - osait des sourires en coin franchement moqueurs. Ainsi allait la vie dans les strates aristocratiques anglaises. Une réputation se gagnait aussi chèrement qu'elle pouvait se défaire en un instant et parfois, comme dans le cas de la jeune veuve, sans que la faute vous en incombe. Un mauvais entourage, un fait divers graveleux, suffisait à vous réduire à rien. On ne la conviait plus aux brunchs du dimanche ni aux réceptions données en l'honneur de la dernière naissance en date. Le Highgate, s'il ne lui fermait pas ses portes, avait étonnamment tout à coup bien du mal à lui trouver une table ou un cour libre - pour peu qu'elle eut un partenaire pour l'accompagner. En somme, pire qu'une parvenue, Olivia était désormais une reine déchue. Aussi avait-elle apprécié à sa juste valeur les délicatesses de Joanne, celle qui l'avait découverte et publié quelques années auparavant. La femme avait même eu le bon goût de ne faire que survoler le cataclysme de son dernier roman, lequel avait, disons-le clairement, fait un four total. Chose que la brune, cigarette brûlant entre les doigts, n'avait, elle, eu aucune difficulté à évoquer. « Cinquante mille exemplaires renvoyés, ce n'est pas un "incident de parcours", Joanne. Plutôt le doux sifflement du couperet de la guillotine. » s'était-elle ouvertement amusée, pétrie de dérision. De quoi choquer son interlocutrice, cette dernière balayant sa remarque d'un revers de la main. « Ne dis pas n'importe quoi, ma chérie ! Tu verras, on s'arrachera le prochain ! Erreur de parcours, te dis-je ! » Olivia avait haussé les épaules, exposant une nonchalance caractéristique de sa nature indolente. « Si seulement Jeremiah avait pu passer son fusil à gauche quelques mois plus tôt, j'aurais pu publier sous mon véritable nom et il aurait probablement fait de moi une star de la littérature criminelle. Même en cela, il ne m'aura été d'aucune utilité. » Œillade pétillant de malice qui s'était heurtée à la mine réprobatrice de son éditrice. « Trésor, peut-être devrais-tu ... As-tu pensé à prendre quelques vacances ? » Finalement, Joanne avait opté pour la stratégie douce, plutôt que de lui rentrer dedans. Rien qui ne risquait d'éveiller l'artiste en elle. La Carteret avait soupiré, avant d'écraser son mégot dans le cendrier immaculé que l'autre avait sorti à son attention. « Mais enfin ! Qu'avez-vous tous avec ça ? » Une manie que celle de vouloir la dégager de son propre pays, n'est-ce pas ?

L'entrevue s'était terminée sur la promesse que la maison la rappellerait sous peu afin de lui proposer une somme pour son avance. Olivia n'y comptait pas trop et à dire vrai, n'était pas certaine d'en avoir quelque chose à faire. Sa carrière d'écrivaine était peut-être révolue, au regard de l'inspiration proche du néant qu'elle expérimentait depuis près d'un an. Elle s'arrêta à l'accueil où la secrétaire, toujours aussi avenante, lui demanda de lui dédicacer un exemplaire de son premier livre - et best-seller - et leva soudain le nez alors que le stylo entamait le dernier « t » de son nom de famille. Comme si on l'observait. Elle se retourna mais ne vit que la silhouette indéfinissable d'un homme de dos, appuyant sur le bouton de l'ascenseur. « Quelque chose ne va pas ? » La brune fit signe que ce n'était rien, une impression vague et probablement due à tous ces mois d'attention malvenue. Elle laissa la femme la remercier et prit à son tour la direction de l'ascenseur, son chemisier à jabot s'agitant sous ses pas, tandis que ses longues jambes étaient entravées par une jupe crayon et rehaussées de Louboutins au moins aussi cher que le sac à main qu'elle tenait. Elle avait déjà rallumé une cigarette, faisant fi de la loi interdisant de fumer dans les espaces publics. Les conventions ne l'étouffaient que quand cela l'arrangeait. « Avez-vous remarqué comme ces machines sont d'une incroyable lenteur dès lors que l'on voudrait partir d'un endroit au plus vite ? » interrogea-t-elle l'homme qui, à l'instar d'Olivia, patientait. Toutefois, son souffle grisâtre se perdant sur les portes désespérément closes, elle fixait le vide, sans un regard pour l'inconnu. Si bien qu'elle ne réalisa pas qu'il ne l'était pas tant que ça.

__________________________


 
 
as it's called again.
The cave. ☽ It's empty in the valley of your heart. The sun, it rises slowly as you walk away from all the fears and all the faults you've left behind.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
adm h
avatar
messages : 1220
ici depuis : 12/01/2016
crédits : ©Isleys
double-compte : Léo & Terrence
statut : éternel célibataire rêvant d'un idéal inaccessible
MessageSujet: Re: Fed my heart on ancient light + Olivia   Ven 9 Nov 2018 - 13:43

Il venait de se prendre un savon comme un gamin, comme s’il avait besoin qu’on lui fasse la morale, comme s’il ne savait pas qu’il déconnait déjà depuis un bon moment. Si Samuel avait été l’employé lambda d’une entreprise comme une autre, il se serait fait virer depuis bien longtemps. Mais voilà, il avait fait gagner beaucoup d’argent à son éditeur, il était l’un des auteurs fards de la maison et l’un des chouchous du public. Encore aujourd’hui malgré ses silences, les fans attendaient le prochain livre et Pearson faisait tout pour entretenir le mystère, l’espoir d’un prochain roman génial à paraître très bientôt. Même si tout cela n’était que du vent. C’était donc la raison qui faisait que Pohl était encore le bienvenu dans ces murs, pourquoi Edward lui faisait la morale et allait jusqu’aux menaces mais avec un fond de bienveillance, parce qu’ils voulaient le garder, parce que si ce petit arrogant d’allemand se mettait à écrire de nouveau, il resterait leur poule aux oeufs d’or. Sam, lui, doutait sérieusement de réussir à écrire quoi que ce soit, pas en ce moment, pas alors qu’il avait bien trop de choses en tête. Et des histoires bien différentes de celles qu’il avait l’habitude de raconter. Sa propre histoire, sa famille, sa mère et son frère. Donovan, après des mois de recherche et de nombreux moyens mis en oeuvre, il avait enfin retrouvé sa trace. Sauf qu’il se trouvait bien plus loin que ce à quoi il s’attendait. S’il avait pensé devoir faire le chemin inverse que celui qu’il avait fait lorsqu’il était gamin, retourner dans son Allemagne natale, renouer avec une vie dont il ne se souvenait pas, il s’était lourdement trompé. Chamberlain semblait s’être exilé le plus loin possible, à l’autre bout du monde, en Australie. Une fois la stupeur passée, toute la question était alors de savoir si ça valait le coup de prendre un billet d’avion pour aller rencontrer un inconnu aussi loin. Et cette question le travaillait, depuis des jours il ne pensait qu’à ça, alors son bouquin avorté attendrait encore un peu.
Alors qu’il pensait encore aux menaces d’Edward qui, malgré tout, n’étaient pas tombées dans l’oreille d’un sourd, Samuel fut frappé par une autre réminiscence de son passé, un visage deviné à la volée, une sensation, puis une voix, qu’il pensait avoir oublié depuis bien longtemps. Celle-ci s’éleva derrière lui alors qu’il attendait l’ascenseur. Créant une décharge électrique, un frisson qui remonta l’échine du grand blond. Il n’avait pas revu Olivia depuis des années, la dernière fois qu’il était retourné sur leur île avant le décès de sa mère, quand il l’avait déménagé pour qu’elle vienne le rejoindre à Londres dans l’appartement qu’il lui avait acheté. Ils s’étaient croisé, furtivement, il se souvenait de son attitude froide et distante, de cette bague qui brillait fièrement à son doigt. Il l’avait félicité pour son mariage, à l’époque celui-ci avait fait grand bruit. Depuis il avait appris que son époux était décédé d’une façon risible, les nouvelles allaient vite, mais il ne s’en était pas ému, ni réjouit, la belle anglaise faisait parti de son passé. Et puis ils n’étaient pas du même monde, Lord Carteret le lui avait bien fait comprendre, des années plus tôt. Il ne pris pas la peine de se retourner après qu’elle lui ait adressé la parole, toujours dos à elle, avec sa capuche sur la tête, il esquissa un demi sourire, incapable de savoir s’il était heureux ou non de devoir partager un ascenseur avec son ancien coup de foudre. Ce qui était sûr c’est qu’elle ne se doutait pas à quel point ses mots étaient bien choisis, au regard de leur situation. A croire que le destin se joue de nous. Ou que nous sommes les héros d’un mauvais roman sentimental. N’est-ce pas Olivia ? Il se retourna pour la fixer avec une pointe d’espièglerie dans le regard. Samuel aimait les effets de surprise alors il ne gâchait pas son plaisir d’avoir l’avantage face à elle, celle qui semblait continuellement imperturbable, avec son éternelle clope au bout des ses doigts délicats.

__________________________

white blank page
You were young I was not old. But our story was not told. But torn apart by greedy hands. Spin me round just to pin me down. I'll be gone by the nights end
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
bowenien
avatar
messages : 300
ici depuis : 23/04/2016
crédits : ava : blondie ; gif : tumblr ; signa : UC
double-compte : Swan Karev-Keynes
statut : Fraîche veuve - non pas Noire, mais elle se dit que vu la honte infligée, elle aurait préféré.
MessageSujet: Re: Fed my heart on ancient light + Olivia   Dim 11 Nov 2018 - 0:21

Pourquoi entamer une conversation avec un parfait étranger ? Certainement parce que la belle brune n'avait guère grand-monde avec qui discuter désormais. La solitude qu'elle affectionnait tant pouvait s'avérer pesante lorsqu'elle était subie et non choisie. Oh ! Il demeurait bien quelques « amies » qui la soutenaient malgré tout, toutefois ... Elles étaient si ennuyeuses. Toutes ne faisaient que babiller à propos du dernier yacht que leur riche mari s'était offert, de la garden-party où l'un des invités avait fatalement terminé ivre mort, de leurs enfants tous surdoués - te rends-tu compte, Oli, il sait lire alors qu'il n'est qu'en troisième année de maternelle ?! -, de leurs grossesses en cours, passées ou même à venir. Soit de toutes ces choses qui ne l'intéressaient pas ou auxquelles, concernant les bambins en tout cas, elle ne pouvait accéder malgré un désir présent depuis déjà plusieurs années. Un monde tournant autour de leur ravissant nombril et qui l'ennuyait profondément. Alors qu'avait-elle à perdre en risquant une question aussi simple, devant cet ascenseur ?  A croire que le destin se joue de nous. Ou que nous sommes les héros d’un mauvais roman sentimental. N’est-ce pas Olivia ? Cette voix, elle la reconnaissait. Eut du mal à l'associer à un visage jusqu'à ce qu'il se dévoile, l'homme mystère, l'ombre d'un fantôme depuis longtemps reclus dans les affres de son passé. Un éclair de surprise pure passa dans ses prunelles, sans cependant s'étendre jusqu'à ses traits. Faux-semblants et contrôle de soi étaient la base de la vie dans la jungle de la haute société. Ce qui n'empêcha pas le coin de ses lèvres de s'étirer en un sourire aussi mutin que l'était le regard de son interlocuteur. « Quelque chose comme Fifty shades of yesterday ? Au moins, nous avons déjà le titre. » répliqua-t-elle sans se démonter. Quand on savait que son époux était mort d'asphyxie érotique en tenue de latex, le jeu de mots était osé. Malgré ses grands airs, semblait-il que la jeune femme ne se prenait toujours pas au sérieux. « Samuel Pohl. Tu es encore plus beau que dans mon souvenir. Pari que je pensais intenable. » énonça-t-elle avec un naturel désarmant, faisant un pas jusqu'à ce qu'ils se retrouvent côte à côte. Ou plutôt, alors qu'elle pivotait vers lui, presque face à face. Ses yeux ne sauraient mentir : certains hommes s'empâtaient, d'autres se bonifiaient avec le temps. Et son ancien amour faisait indéniablement partie de la seconde catégorie.

__________________________


 
 
as it's called again.
The cave. ☽ It's empty in the valley of your heart. The sun, it rises slowly as you walk away from all the fears and all the faults you've left behind.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
adm h
avatar
messages : 1220
ici depuis : 12/01/2016
crédits : ©Isleys
double-compte : Léo & Terrence
statut : éternel célibataire rêvant d'un idéal inaccessible
MessageSujet: Re: Fed my heart on ancient light + Olivia   Dim 11 Nov 2018 - 22:57

Non, il n’avait définitivement pas que ça à faire, renouer avec une ancienne connaissance alors qu’il se demandait si son passeport était encore valable pour prendre ce vol pour l’Australie. Surtout pas retrouver cette fille qu’il avait aimé secrètement, d’un amour si ardent, innocent, durant tellement d’années alors qu’elle lui restait continuellement indifférente. Coeur de pierre, c’est comme ça que leurs quelques connaissances communes la qualifiaient dans son dos, elle qui semblait ne jamais rien ressentir, elle qui était toujours impassible. Pourtant Pohl la connaissait, il savait qu’Olivia avait un coeur, il l’avait entendu battre contre son torse une fois, une seule, durant un moment d’égarement charnel, le seul où elle avait levé le masque pour montrer son vrai visage, celui d’une jeune femme fougueuse mais douce, indomptable mais tendre. La jeune Carteret avait compris ce jour là qu’il était épris d’elle et lui qu’elle ne lui était pas totalement indifférente. Mais ça n’avait pas duré, Charles Carteret, ayant saisit depuis bien longtemps les sentiments qui unissaient les deux jeunes amants, avait rapidement mis un terme à cette idylle naissante. Rappelant à Samuel comme il se devait la place qui était la sienne, entendons, tout en bas de l’échelle sociale alors que sa famille en tutoyait les sommets. Dès lors le jeune homme avait rasé les murs, repoussant les avances non dissimulées de sa douce amante, la reléguant presque au rang de passade. Bien que lui ne soit jamais réellement passé à autre chose. Les années avaient passé, il avait eu bien d’autres femmes dans son lit, mais aucune n’ayant eu la chance d’accéder à ses bonnes grâces, on le disait homme à femme, on le disait coureur, indifférent, lui n’arrivait simplement pas à trouver de fille qui ait autant de chien que celle qui avait grandi avec lui. Elles pouvaient être plus belles, elles pouvaient être plus douces, mais elles étaient toutes fades.
Après tant d’années, Samuel n’avait plus la prétention de connaître encore si bien celle qu’il avait longtemps côtoyé, mais il reconnut cet éclat de surprise, furtif mais bien réel, qui passa dans ses yeux l’espace d’une seconde. Son sourire s’étira alors, il avait fait son petit effet. Elle n’avait rien perdu de son verbe, à ce qu’il remarqua, tant mieux, il l’aimait ainsi, piquante et insolente. Le baiser dans l'ascenseur c’est un cliché vu et revu. On est au dessus de ça et mes intentions seraient bien plus sulfureuses. Il retira sa capuche et observa son interlocutrice, elle venait de lui faire un compliment, en vérité ce n’était pas surprenant, Olivia n’était jamais la dernière à dire ce qu’elle pensait. Il semble que le temps n’ait pas d’emprise sur vous, miss Carteret. Ou lady Astor peut-être ? Ou bien dois-je vous appeler Celia ? Celle-là je ne l’avais pas vu venir, je l’avoue. Pourquoi vous cacher sous ce pseudonyme ridicule ? Il avait compris, lorsque la secrétaire lui avait demandé une signature, qu’elle était la fameuse romancière mystérieuse. Le vouvoiement était de mise, depuis qu’ils n’étaient plus en âge de courir en culotte courte sur la plage de leur île, il était obligatoire pour Samuel de traiter Olivia comme l’aristocrate qu’elle était et il avait gardé cette habitude, seul le surnom qu’il lui donnait, Liv, subsistait comme une manie fâcheuse.

__________________________

white blank page
You were young I was not old. But our story was not told. But torn apart by greedy hands. Spin me round just to pin me down. I'll be gone by the nights end
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé
MessageSujet: Re: Fed my heart on ancient light + Olivia   

Revenir en haut Aller en bas
 
Fed my heart on ancient light + Olivia
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
∞ à l'ancienne  :: TIME MACHINE :: explore the past-
Sauter vers:  
circus of horrors !
Le mois de novembre arrive à grand pas et avec lui, l'horreur pour le printemps. Un cirque itinérant s'est installé non loin de Bowen, pas très loin du terrain abandonné. N'hésitez pas à y faire un petit tour et avoir la peur de votre vie !
plus d'infos par-ici.
voter pour rétro
les nouveautés du mois
recensement
idées pour pimenter vos rps !
▹ PICK-A-TOPIC
▹ RP ALEATOIRE
▹ JEUX INRP
▹ MINI-COMMUNS
▹ RPS LIBRES