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 anxious (samuel)

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bowenien
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MessageSujet: anxious (samuel)   Ven 23 Nov 2018 - 20:05

hôtel ace, new york
Les yeux rivés sur son reflet dans le miroir, un sentiment d'impuissance l'envahie. Comment serait-il en mesure de maintenir le sourire toute la journée devant des gens, hypocrites, sachant très bien ce qu'elle venait de vivre ? C'était difficile, une grande épreuve, que de s'avouer vaincu par le destin. De reconnaître que cette petite vie, à l'intérieur de soi, ne verrait jamais le jour. Bien qu'elle avait pris une décision réfléchie, qu'elle croyait, bien qu'elle s'était enlevé le droit d'avoir des enfants. Tout s’était passé tellement vite dans sa vie. Dix-neuf ans, elle était déjà mariée. Trois ans plus tard, un enfant. C'était la vitesse grand v, comme une course contre sa propre personne. Et ça commençait à lui donner le tournis. Juste à y penser, elle avait des nausées. Elle fixait sa silhouette dans le miroir, une grande robe amble rouge qui dissimulait la douleur qui se cachait sous son ventre. Les cheveux remontés dans une queue de cheval basse, ses longues boucles blondes s'entremêlant pour ne faire qu'un. Une voix, un peu cacophonique, raisonnait derrière elle. Tu es si belle, mon amour. Je suis déçu de ne pas être à tes côtés pour ton premier salon. La blonde se tourna vers l'écran de son Macintosh, un faux sourire sur les lèvres. Et moi dont. Elle s'avança vers l'appareil, prenant place sur le lit blanc de sa chambre d'hôtel. Mais je comprends. On se voit à mon retour. Bisous. Puis elle referma l'écran, lâchant ce stupide appel vidéo-conférence. Son mari, occupé par d'autres contrats, n'avait pas pu se joindre à elle pour le voyage. Il en était bouleversé. Elle appréciait son temps seule.

salon du livre 2011, new york
Le kiosque était modeste, et ça lui allait. Elle ne voulait pas de grands artifices. Ce n'était d'ailleurs pas son idée, à elle. Elle, elle aurait voulu s'évader. Partir loin. Mais son mari lui avait lavé le cerveau. Ce sera bon pour les médias de faire des dédicaces, qu'il avait dit. Peut-être, mais pour l'instant Zara n'en avait rien à faire des médias. Et de la dédicace, même. Mais elle le faisait, parce que ça en était ainsi. C'était ça, sa vie. Les gens fusaient, un peu de partout, quémandant des photos et des signatures auxquels la blonde s'adonnait, un faux sourire aux lèvres. Aux temps morts, elle se surprenait à soupirer, rêvassant d'être ailleurs qu'ici.
Madame, vous êtes mon idole! Je rêve de faire de la cuisine comme vous, quand je serai grande. S'enquit une adolescente d'à peine 13 ans, le regard plein d'étoiles. Elle lui avait tendu le livre, mains tremblantes. Zara lui avait souri tendrement. Elle se rappelait donc enfin pourquoi elle avait accepté de faire ça, au départ : l'envie de partager sa passion. Loin d'elle l'idée de devenir célèbre. Elle aurait nettement préféré demeurer anonyme. Je te le souhaite, vraiment. À qui je fais la dédicace ? Ingrid! Elle gribouilla avec sa plume, les mots sincères qui lui vinrent en tête. Que tous tes rêves se réalisent, et plus encore. Je te souhaite beaucoup d'oeufs cassés et pleins de plaisirs. En lui remettant le bouquin, Zara remarqua le malaise dans son visage. Elle pencha la tête, en l'observant. Qu'est-ce qu'il y a ? Demanda-t-elle à l'adolescente. Ma mère dit que ce qui vous arrive doit être difficile... et elle pensait que vous ne seriez pas à la dédicace aujourd'hui. J'ai hâte de lui prouver le contraire. Mais je suis quand même triste pour vous...
Après cette rencontre, tout devenu flou. Elle ne faisait plus la différence entre les gens qui passaient. Son coeur battait vite, fort, toutes ses pensées volaient jusqu'à Célia. Sa belle Célia. Sa douce Célia. C'était noir, tout noir. Elle avait chaud. Froid. Mal. Brusquement, elle se leva, emportant avec elle des exemplaires de ses livres de recettes qui servaient à décorer le kiosque. Tout était par terre, mais elle s'en fichait. Il lui fallait de l'air. Elle allait exploser. Zara se dirigea vers la porte de sortie la plus près, sans sa veste pour se réchauffer du froid de l'hiver new-yorkais. Tant pis pour la grippe, elle avait besoin de ventiler.

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adm h
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MessageSujet: Re: anxious (samuel)   Sam 24 Nov 2018 - 7:51

Un jour j’aurai New York au bout des doigts
Les salons du livre c’était chiant à mourir, des heures à se geler dans les allées pleines de courants d’air ou bien à crever de chaud dans une salle surchauffée et surchargée de monde, c’était l’un ou l’autre. Et puis ça puait la sueur ou les mélanges de parfums bon marché, toujours. Voilà l’idée que s’en faisait Samuel. Il adorait son job, il adorait écrire et rencontrer le public, il adorait cette notoriété qu’il avait obtenu et le fait d’être reconnu dans les rues de Londres. Mais les tournées de dédicace ce n’était pas vraiment son fort, il appréciait l’exercice dix minutes, au delà de ça il s’ennuyait. Il trouvait les gens pénibles, à toujours poser les mêmes questions. Lui ce qu’il aimait c’était les plateaux télé, c’était faire le show et s’amuser avec les animateurs. Et puis le champagne dans la loge. Pourtant il avait accepté ce salon là, pour une raison simple, c’était les Etats-Unis, baby ! Il avait pris le goût au voyage, depuis qu’il était devenu un romancier à la mode, il avait parcouru l’Europe de long en large pour parler de son premier best-seller et il était heureux de voir à quel point l’accueil était bon dans tous les pays où il avait mis les pieds. Mais là c’était New-York, il partait à la conquête des US, rien que ça ! Il était comme un gamin devant ses cadeaux de Noël, surexcité et pressé de découvrir la ville qui ne dort jamais. Il n’aurait jamais pu rêver venir ici dans son ancienne vie et à présent on l’invitait dans ce salon et à faire quelques talk-shows à la télévision. Bon, avouons-le, son stand était minuscule, comparé à certains, il n’avait pas une grosse visibilité ni une énorme promotion, mais c’était déjà ça, il côtoyait de grands noms de la littérature et rien que pour ça, rien que le fait d’être ici, sur le sol américain, suffisait à le rendre heureux. Ce matin le public avait été timide, curieux de découvrir son livre, mais il avait fait peu de dédicaces, ici il était anonyme finalement, bien loin de la renommée qu’il avait réussi à obtenir outre atlantique. Mais il savait séduire les badaux, surtout les femmes, avec son sourire enjôleur et son accent so british. Il avait profité d’un moment particulièrement calme dans le salon pour se faire une pause déjeuner, se dégourdir les jambes et terminer par se griller une cigarette dehors. La clope fut vite fumée, il faisait un froid mortel dans les rues de New-York, heureusement que Pohl avait un café chaud dans l’autre main. Il se pressa pour rentrer et c’est au moment où il mit la main sur la poignée de la porte qu’il vit cette fille débouler comme une furie à travers la vitre. Il ouvrit la porte à la volée pour qu’elle puisse sortir sans se la prendre et pour l’éviter également, elle semblait être déterminée à sortir. Il resta un instant interdit à la fixer, hésitant entre retourner au chaud ou aller la voir. Puis il se dirigea tranquillement vers elle alors qu’elle semblait respirer comme si elle avait manqué d’air, dos à lui. Si je peux me permettre… Il fait un froid de canard, vous allez attraper la mort avec votre seul petit chemisier. Il eut l'impression de reprendre les mots de sa mère quand, enfant, il jouait les bras nus sur le sable en plein mois de mars.

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bowenien
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MessageSujet: Re: anxious (samuel)   Sam 24 Nov 2018 - 16:21

C'est la dernière de Noël aujourd'hui, groupe! Allez, on est parti! Cria la réalisatrice de son émission à succès. Zara était assise au maquillage et elle l'entendait des quelques mètres qui séparaient la loge du plateau de tournage. Il fallait dire que Karel avait une voix porteuse, on l'entendait des miles à la ronde. La maquilleuse s'efforçait de travailler rapidement, la blonde pouvait voir qu'elle était stressée de ne pas y parvenir en temps. Les minutes étaient comptées aujourd'hui, ils avaient déjà pris du retard parce que la star du show avait été plutôt malade ses derniers temps, à sa défense elle poussait la vie en elle. Prends ton temps, ils attendront, dit-elle pour rassurée l'employée qui faisait aller ses pinceaux, en posant une main sur son bras pour la rassurer. Noël en plein mois de juin, c'était ridicule! Complètement ridicule. La blonde n'était pas du tout dans cette ambiance-là. Elle posa sa main, celle qui reposait sur le bras de la maquilleuse, sur son ventre et sourit en ressentant quelque chose bouger. Ou, plutôt, quelqu'un. Il y avait la vie là-dedans, et c'était tout ce qui lui importait. Célia, sa belle Célia, son miracle venu pour lui redonner espoir. Bien évidemment, c'était l'idée de son mari d'avoir un enfant. À vingt-et-un ans, on ne pense pas vraiment à ce genre de chose. Tout comme, on ne pense pas à se marier dès dix-neuf ans. Mais Zara devait avouer, à présent que la vie germait en elle, que cette idée n'était pas la pire qu'il avait eue. Il en avait eu des bien plus catastrophiques. Des bien plus ridicules. Comme celle de faire des pâtisseries pour McDonald. Cette fois, Zara avait mis son poing sur la table. Ça, c'était trop...
Elle était débarquée en trombe, comme un boulet de canon. De loin, la sortie la plus près était son seul issu. Un homme, grand, blond, avait pris la peine de lui ouvrir la porte, mais Zara ne l'avait pas remarqué une seconde. Bien trop pressée de retrouver son air, son espace. Elle respirait difficilement, comme si une boule s'était logée au fond de sa gorge empêchant l'air de circuler partout dans son corps. Elle haletait presque. La pâtissière n'avait pourtant jamais vécu ce sentiment avant, elle n'arrivait pas à décrire ce à quoi elle faisait face. Un choc postromantique, une crise de nerfs, une crise d'anxiété ? Peut-être même une crise cardiaque ? Ça y est, elle allait mourir ! Une lueur d'espoir passa devant ses yeux : et si elle devait aller à l'hôpital, elle ne serait plus obligée de supporter ce foutu salon et ses entrevues bidon pour le reste de la semaine. Mais cette joie quitta rapidement son esprit, la ramenant à la réalité. Si elle allait à l'hôpital, c'était son mari qui débarquerait à New York. Et ça, c'était une nouvelle source de stress. Elle était bien mieux sans lui. Dans la ruelle séparant l'édifice voisin à celui où résidait le salon, Zara tentait de se calmer par des respirations longues et profondes, comme son instituteur de yoga lui avait appris. Les yeux fermés, main contre le mur de brique, elle ne remarqua pas une présence s’avancer d'elle. Une voix dictatrice s'emmêla à la situation. Toujours les yeux fermés, dos à l'inconnu, elle lâcha entre deux respirations : J'aimerais mieux chopper la crève qu'être une seconde de plus ici, à ce stupide salon. Puis elle soupira, réalisant qu'enfin elle l'avait dit à haute voix et non dans sa tête. Sa robe ample rouge volait au vent froid de la ville, l'homme avait raison, mais elle s'en fichait. Il était bon de finalement respirer, sans être entourée de tous ses gens qui voulaient une photo souvenir à publier sur leur page Facebook suivie de la notation « j'ai rencontré mon idole » ou encore « maintenant je saurai réussir une tarte à la lime ». Cette attention, posée sur elle et son physique parfait pour faire de la télévision, elle n'en avait pas besoin. Elle rêvait d'un jour voir les gens s'extasier devant ses préparations, dans son propre restaurant. Pas au travers de message twitter confirmant « j'ai essayé ta recette de petits muffins et les enfants l'ont A-D-O-R-É-E ». Non, merci. Elle finit par se tourner face à l'homme, pour découvrir de qui il était question. Il lui disait vaguement quelque chose, elle l'avait sans doute déjà vu à la télévision, mais elle ne pouvait pas mettre le doigt sur son nom. Lui, il ne semblait pas la connaître ou si c'était le cas, il le cachait avec grâce. En même temps, elle ne lui en voulait pas. Moins on la reconnaissait, mieux c'était. Pardon, vous avez raison.. Puis, on doit sans doute se demander où j'suis passée et pourquoi mon kiosque est désert...

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MessageSujet: Re: anxious (samuel)   Dim 25 Nov 2018 - 15:11

Ce genre d’endroit pouvait vite vous donner le tourni, le monde, la promiscuité, la chaleur parfois suffocante. Et surtout ici, à New-York, le salon était gigantesque, dans ce grand hall d’exposition qui accueillait auteurs et écrivains de toute origine, on ne savait pas où donner de la tête. C’était de loin le plus grand salon que Samuel avait fait alors même s’il avait un emplacement minuscule comparé à certains et même s’il n’aimait pas forcément cette partie là de son métier, il s’estimait chanceux d’être ici. En place depuis le matin même et encore durant trois jours, il espérait avoir le temps de flâner à son tour dans les allées, tel un visiteur lambda, pour rencontrer certains des auteurs qu’il connaissait, des amis ou seulement d’autres qu’il appréciait, qu’il respectait depuis toujours, des romanciers pour la plupart, bien plus renommés que lui qui débutait seulement dans le métier. Il était à l’aube de ses trente ans, sa carrière avait débuté depuis une bonne année, en trombe, telle une vague, le succès avait déferlé sans qu’il s’y attende, sans que personne ne s’y attende, sans gros coup de promo, sans aide d’un quelconque mentor, juste comme ça, le hasard peut-être, la chance, le talent, probablement un peu de tout ça. Aujourd’hui il profitait de sa côte, comme s’il doutait de sa longévité, plus il en jouirait, moins il aurait à regretter, voilà comment il voyait les choses, lui qui avait toujours rêvé d’être publié mais pour qui la reconnaissance était arrivée assez tard. Alors à New-York, pour ces quelques jours de rêve américain, il comptait tout faire pour s’en souvenir longtemp. Il fallait pourtant qu’il fasse ses heures sur son stand à signer quelques autographes pour pouvoir profiter par la suite. Rien ne l’empêchait néanmoins de se faire une pause histoire de respirer un peu. Et en parlant de respirer, voilà que cette furie avait débarqué, menaçant de lui mettre la porte dans le nez s’il ne l’avait pas ouverte au préalable. Il l’observa un instant avant de se décider à l’aborder. A sa réponse, il pouffa d’un rire non feint, enfin quelqu’un qui semblait penser comme lui. Il fallut quelques secondes pour que la blonde le regarde. Ne vous excusez pas, y a pas de mal. Son honnêteté était plutôt rafraîchissante lui qui était habitué aux courbettes et aux douceurs souvent hypocrites depuis quelques mois. Vous êtes écrivain ? Moi qui croyais que vous étiez l’une de ces groupies qui hyper-ventilait, ridiculeusement bouleversée d’avoir rencontré son idole ! Il en avait vu, des filles dans ce genre, bon, ça ne lui était jamais arrivé à lui, il n’avait pas encore assez de succès, mais avec d’autres des ses paires. Franchement, il trouvait ça stupide, de se mettre dans des états pareils pour un bouquin ou même pour une célébrité d’ailleurs. Il l’observa un peu plus, à présent il lui semblait qu’il la reconnaissait vaguement. C’est vous, les livres de cuisine ? Je crois que votre stand est placé tout près du mien. Evidemment, même de loin, il avait repéré les jolies filles, il ne perdait pas le nord.

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MessageSujet: Re: anxious (samuel)   Lun 26 Nov 2018 - 20:15

...Cet enfant était son seul bonheur. C'était dur à avouer, dure à dire, Zara ne se l'avouait pas encore, mais il en était ainsi. Elle n'était pas heureuse, plus bien dans cette relation où elle ne semblait rien contrôler. C'était bien la seule prémisse de sa vie qu'elle avait en contrôle, parce qu'elle en était presque la seule actrice. Célia, elle poussait dans son propre corps. Pas dans celui de son mari, ni de la réalisatrice, ni de la maquilleuse. Fin prête, elle se dirigea sur le plateau où elle revêtue son sourire et son courage. Le tournage avançait bien, ils en étaient à la finale : une bûche de Noël revisitée. Et c'est ici que son monde s'arrêta, que la terre n'était plus en mouvement et que toute la peine l'envahit. En se tournant pour aller chercher un couteau sur le comptoir adjacent, la blonde trébucha sur un chiffon à vaisselle tombé sur le sol. Dans sa chute, elle heurta son ventre de plein fouet. Figée sur le sol, elle vu noir, puis rouge, puis toutes les couleurs de l'arc-en-ciel. Puis, une douleur s'empara de son ventre, la sciant en deux. Toute l'équipe la regardait, affolée, sans savoir comment lui venir en aide. 9-1-1 ! Et vite! Ordonna-t-elle, d'une voix entrecoupée, essoufflée par la douleur...
Zara ne pouvait pas croire ce qu'elle venait de dire, à un parfait inconnu, un homme qu'elle n'avait jamais vraiment vu avant aujourd'hui. Certes, il lui semblait familier, mais ce n'était pas une raison pour être totalement honnête avec lui. Si son mari l'avait entendu, elle aurait eu droit à un lot de reproches lui rappelant que c'est avec des évènements médiatiques comme celui-ci qu'elle était devenue l'artiste qu'elle était aujourd'hui et que sans tout ça, elle serait encore qu'une simple cuisinière dans un restaurant cinq étoiles. Et vous savez quoi ? Ça n'aurait pas été si mal, finalement. Au final, cette personne, celle qui répondait bien ce qu'elle voulait quand elle voulait, c'était la vraie Zara. Et ici, loin de celui qui dictait sa vie, elle se sentait en contrôle de ses actions. Lorsqu'elle reprit enfin ses esprits, elle s'excusa à l'homme qui n'avait pas à subir ses montagnes russes d'émotions. Le pauvre n'avait rien à voir avec sa panique, son exaspération ou s'en désengagement total. Il n'était pas la raison de son malêtre. Et sans vraiment attendre, il lui rétorqua que ses excuses n'étaient pas nécessaires, ce à quoi la blonde sourit en coin, reconnaissante qu'il ne la juge pas, juste avant de pouffer de rire à sa remarque. Des groupies, il y en avait partout, même dans les salons du livre. Et surtout si les auteurs étaient, à la base, acteurs improvisés en écrivains. Entre vous et moi, j'aimerais nettement mieux être une spectatrice de cette chasse aux sorcières que la proie recherchée, si vous volez mon avis. Dans le cas contraire, la belle serait inconnue et c'était dont ça qu'elle rêvait. Passer inaperçue, sans se faire reconnaître, sans qu'on ait lu ces magasines bidon racontant la perte de son enfant ou les entrevus forcées qu'elle avait eu à faire une fois remise sur pied. Zara remarqua les yeux de l'homme la décrypter de haut en bas, la reconnaissant finalement. Elle sourit en pinçant les lèvres alors qu'il lui adressa sa découverte, sourire qui se transforma en soupir avant qu'elle ne daigne prendre la parole. Oui, c'est moi les livres de cuisine... Et la télé, mais ça il n'était pas obligé de le savoir. Mais juste Zara, ça fait aussi l'affaire. L'air gêné, elle scrutait son être à la recherche de son prénom qui ne lui venait pas. Quant à vous, votre visage m'est familier, mais je n'arrive pas à mettre le doigt dessus. Il me semble vous avoir déjà vu à la télévision. Vous êtes l'auteur de quel livre ?

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MessageSujet: Re: anxious (samuel)   Mar 27 Nov 2018 - 19:35

La réflexion de la blonde ne semblait pas si hallucinante que ça aux oreilles de l’anglais, il pouvait concevoir que la notoriété, la reconnaissance, le manque total d'anonymat qui pouvait aller avec ce succès pouvait déstabiliser certains. Surtout quand cette célébrité était subit. Lui n’avait pas encore de soucis avec ça, au contraire, il appréciait d’être reconnu, à son échelle, ce qui était encore bien limité. Il aimait être un personnage public et ne serait pas contre l’être d’avantage, si ses livres continuaient à si bien se vendre, s’il était encore plus souvent invité sur les plateaux télés, si on parlait toujours autant de lui ou plus encore dans quelques mois. Et s’il avait la chance de transformer l’essai avec un second best-seller, mais ça, c’était une histoire qui s’écrirait plus tard, pour l’instant il allait déjà savourer le succès de son tout premier roman. Pourquoi être allé chercher la célébrité si vous n’êtes pas à l’aise avec ? Après tout elle n’avait pas à subir, il imaginait que personne ne l’avait forcée à se servir de son image, il y avait tout un tas d’autres métiers et surtout tout un tas d’autres filles qui paieraient cher pour être à sa place, si toutefois elle voulait retourner à l’anonymat. Mais après tout, il jugeait sans connaître, c’était facile, il ne savait rien de cette américaine. Il avait juste aperçu son stand et sa chevelure blonde, remarqué son sourire devant les lecteurs qui se pressaient pour un autographe ou une photo, depuis le matin elle semblait avoir beaucoup de succès. Cependant il ne connaissait pas ses livres, il n’était pas très au fait des ouvrages culinaires et encore moins s’ils étaient écrits par des américains. Pourtant son prénom, quand elle se présenta, raisonna étrangement dans son esprit, comme s’il l’avait déjà entendu, ce n’était pourtant pas commun, Zara… Bon, peut-être que ça lui reviendrait plus tard, ou peut-être qu’il confondait tout simplement. Enchanté, moi c’est Samuel, j’écris des romans. Mais, même si c’est flatteur, je ne suis pas certain que vous me connaissiez, ma carrière débute juste, surtout ici, chez vous. Il grimaça, elle était gentille, à vouloir se montrer intéressée, sûrement pour ne pas le blesser de ne pas le connaître. Hier je suis passé dans mon premier talk-show américain, en deuxième partie de soirée… c’est peut-être ça, qui sait, il parait que l’audience était correcte. Son attachée de presse le lui avait dit très fièrement ce matin. A priori, à Londres, la maison Pearson était très satisfaite de son nouveau prodige. Il resta songeur une ou deux secondes avant d’avoir comme un éclair de géni. Il lui tendit son gobelet tout chaud. Buvez, ça va vous réchauffer. Il est infect, mais il a au moins le mérite d’être chaud. Quand elle attrapa le café, Sam en profita pour retirer son gros manteau, en dessous il avait une polaire sans manches, on lui avait dit que l’hiver New-Yorkais était rude alors il avait prévu gros. Il lui tendit alors sa grosse parka. Tenez, vous allez finir morte de froid, je m’en voudrais. Il refuserait toute déclinaison de son offre et son regard appuyé sur sa robe, jolie, certes, mais légère, le montrait bien. Zara… Oh ! Vous passez à la télé vous aussi ! Je vous ai vu cette nuit… avec le jet lag je dors peu. Vous cuisinez vraiment ou c’est juste pour montrer une jolie blonde ? Vous étiez mignonne dans votre tablier. Même si à cette heure avancée j’aurais préféré vous voir ne porter que lui et rien dessous. Même s’il n’était pas méchant, même s’il pouvait très bien se montrer galant comme avec le manteau et le café, Samuel avait cette fâcheuse tendance à dire ce qu’il pensait, sans forcément beaucoup de tact, en fait il n’en avait aucun, aucun filtre non plus et il passait alors carrément pour un goujat. Il ne s’était pas vraiment rendu compte que ce qu’il venait de dire à la pâtissière était grossier voir carrément déplacé.

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MessageSujet: Re: anxious (samuel)   Ven 30 Nov 2018 - 1:50

...On l'avait transféré à l'urgence, les secours étaient arrivés en un rien de temps. En fait, c'est ce qu'on lui avait raconté, après coup. Sur le moment, Zara était paralysée. Impossible de se souvenir d'une seule seconde de cette visite à l'hôpital. Rapidement, elle a été vu par un médecin. Les saignements duraient depuis quelques moments, les douleurs au ventre aussi. Zara ne bougeait plus, par peur, par honte, par peine. Elle avait mal, mais aucun son ne sortait de sa bouche, aucun gémissement. C'était le vide total. Puis, on a parlé d'anesthésie, de salle d'opération, d'accouchement forcé, de manque de temps, de bébé non viable dans tous les cas. Puis, plus rien. À son réveil, seule dans la chambre, elle fixait le paysage au travers de la fenêtre. Il faisait jour, elle ne savait pas depuis combien de temps elle dormait, mais elle avait de vagues souvenirs et des bribes de conversations coincées dans la tête. Elle posa une main sur son ventre, mais étrangement, le sentiment n'était plus le même. Comme si, sans vraiment savoir ce qu'il s'était produit, quelque chose avait changé dans le petit cocon qu'elle avait créé. Mais qu'était-il arrivé à Célia ? Zara voulait se lever, marcher, bouger, mais en se redressant elle aperçut les fils qui étaient reliés à elle. Et une douleur dans le bas de son ventre l'élança, une douleur qui lui fit revivre les dernières vingt-quatre heures en un claquement de doigts...
Elle avait le regard droit planté dans les yeux de l'homme, un rire jaune s'expulsa de sa bouche rougie par son rouge à lèvre. C'est plutôt elle qui est venue à moi, pas le contraire, précisa-t-elle avec insistance. C'était peu commun, il fallait l'admettre, mais c’était sa vérité. Elle ne l'avait pas cherché, la gloire, elle était tombée sur elle, un peu au hasard, après quelques rencards avec son ex-mari. Elle avait dit non, d'abord, puis elle y avait repensé sans vraiment changer son opinion. Il avait tout de même réussi à lui faire changer d'avis. Une saison. C'était supposé n'être qu'une saison. Puis, la saison s'est transformée en série récurrente, en livre, en apparition dans les compétitions culinaire télévisées, en interview, en apparition dans les galas... Sans vraiment qu'elle ait eu un mot à dire. De toute façon, son avis, on s'en balançait bien. Tant que son visage rapportait des pièces. Il se présenta à son tour. Samuel. Grand. Beau. Mystérieux. Un peu sûr de lui. Ça changeait des auteurs traditionnels, un peu ringards, style ras de bibliothèque. Enchantée. Elle lui serra la main, pinçant les lèvres lorsqu'il mentionna qu'il était romancier et peu connu. Elle ne le connaissait pas, il avait raison. Mais il avait cette prestance qui donnait l'impression de l'avoir déjà vu quelque part, cette attitude qui marquait. Elle rit bêtement. Vous n'avez pas du tout le style d'un auteur, si je peux me le permettre. Son avis ne valait probablement rien à ses yeux. Vous m'avez l'air d'un acteur, ou un comédien à la limite. C'est sans doute votre confiance un peu trop visible qui en donne cet effet. ajouta-t-elle avant de secouer la tête. Je ne faisais malheureusement pas partie de cette audience correcte. Je ne regarde pas vraiment la télévision... Elle avait appuyé sur le mot qu'il avait employé lui-même. Il ne se prenait pas pour un chou, l'auteur inconnu. Du moins, c'était l'attitude qu'il laissait paraitre. Cette réflexion la fit sourire pour elle-même, seule dans da tête. Samuel lui tendit son café, gobelet duquel il n'avait pris que quelques gorgées. Zara attrapa ce gage de gentillesse, le remerciant du regard. J'adore le café infect. Ça, et les pâtisseries brûlées. La blonde adressa un clin d'oeil à l'homme devant elle, alors qu'il lui passait son manteau sur les épaules. Il était sûr de lui, mais il savait comment traiter les femmes. Un bon point pour lui. Merci. lança-t-elle pour lui faire perdre cet air sévère qu'il avait arboré, histoire qu'elle ne refuse pas ses gestes de politesse. Son regard changea rapidement, de dur et sérieux à élucider. Il prononça son nom sur une toute nouvelle intonation. Ça y est, il avait compris. Il l'avait vu, à la télé. On avait la fâcheuse habitude de passer en rediffusion les vieilles saisons de son émission aux petites heures du matin. Même si Zara n'en était pas d'accord, son mari, lui, voyait les cotes d'écoutes fluctuer. La remarque de Samuel, celle qui mentionna après lui avoir dit qu'il l'avait vu hier soir, était surprenante. Celle-là, c'était la première fois qu'on lui faisait. Je fais de la cuisine, pas du porno. Franchement! Indignée, elle retira en flèche le manteau de son interlocuteur et lui tendit avec le gobelet. Elle préférait nettement mourir de froid que de porter les traces d'un puéril pervers sur son dos. J'espère que vous avez eu du plaisir, hier soir, en regardant mon émission... Elle l'imaginait bien, célibataire endurcie, seul dans sa chambre d'hôtel, à se laisser bercer par son imagination. À la fois offusquée, Zara commença à avoir chaud. Puis, plus rien. Stop. Elle s'interdisait à divaguer sur ce sujet là. Sa vie à elle était un néant, mariée mais seule, elle n'avait pas eu de rapport intime depuis longtemps. Il y avait eu cette fausse couche, puis l'attention médiatique, et plus rien. Plus d'envie, plus de désir. Ce n'était pas le premier venu, évoquant un scénario typiquement cliché de la culture pornographique, qui ferait raviver sa flamme. Non, pas du tout. Zara reprit le reste de sa phrase. ...Mais sur ce, je vais retourner à mon kiosque. Bon salon. Elle lui sourit, puis s'engagea vers la porte. La main sur cette dernière, elle se retourna juste avant de passer l'entrée. Petit conseil, il n'y a rien de plus repoussant pour une femme que de se faire comparer à une actrice porno. Je plains votre petite amie...

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MessageSujet: Re: anxious (samuel)   Lun 3 Déc 2018 - 15:41

Samuel aurait été curieux de savoir de quelle façon le succès pouvait venir à quelqu’un qui ne l’avait pas demandé et comment cette personne faisait pour le subir de cette façon. Parce qu’à entendre la blonde parler, cette situation avait tout l’air d’être subie, mal assumée et peu agréable. Lui, avec son caractère bien trempé, était du genre à tout envoyer balader si ça ne lui plaisait pas, mais encore une fois il ne savait rien d’elle et il ne voulait pas avoir l’air insistant, elle donnait déjà l’impression d’être comme prise en otage ici, il n’allait pas l’accabler davantage. Oh, je vois… Non, il ne voyait pas du tout, mais comme je vous l’ai déjà dit, il ne voulait pas l’embêter. Ils finirent par se présenter et la jolie blonde sembla tiquer en écoutant sa biographie express. Sam sourit, amusé alors qu’elle commentait déjà. Elle non plus n’avait pas sa langue dans sa poche ! Alors elle le trouvait sûr de lui ? Elle avait raison, même s’il ignorait s’il s’agissait d’un compliment ou d’une critique. On avait souvent dit qu’il n’avait rien d’un auteur classique, avec son apparence et son attitude, il aurait très bien pu faire tout autre chose, du commercial à l’acteur, si l’on rayonnait large. Mais en vérité, même sans avoir la tête de l’emploi, le blond  ne se serait jamais rien vu faire d’autre qu’écrire des histoires. Il avait bien fait des petits boulots, tous alimentaires, pour remplir le frigo et payer les factures, tous plus ennuyeux les uns que les autres. Lui il était fait pour raconter des choses, pour faire rêver ou frissonner les gens avec ses mots, il avait toujours été doué pour ça, avec son imagination bien trop débordante. Il avait seulement fallu que quelqu’un croit suffisamment en lui et en son talent, que son premier manuscrit plaise, il avait fallu quelques années de patience, mais aujourd’hui il ne reviendrait pas en arrière. Son roman se vendait par milliers d’exemplaires et le simple fait de penser que quelqu’un lisait ses lignes, quelque part, le rendait fière. Alors oui, il était sûr de lui, un peu imbu de lui-même et il ne s’en cachait pas, il n’avait pa volé sa place. Il faut un peu de confiance pour faire ce genre de métier, sinon on se fait écraser, vous ne croyez pas ? Il en doutait, elle lui avait bien fait comprendre qu’elle n’était pas à l’aise avec ce monde là. Le romancier haussa un sourcil. Correct, ce n’est pas moi qui le dit vous savez, moi je m’en fou des audiences télé, c’est mon éditeur que ça intéresse. Enfin il ne comptait pas non plus se justifier auprès de cette fille qu’il ne connaissait pas, elle pouvait penser ce qu’elle voulait de lui après tout. Au moins elle ne pourrait pas lui reprocher de ne pas être galant alors qu’il lui tendait son café et retirait son manteau pour lui éviter de mourir de froid. Arrêtez, vous vous moquez de moi ! Une pâtissière qui aimait les gâteaux brûlés, comme s’il allait y croire. Mais sa réflexion eut au moins le mérite de le faire sourire, amusé par sa répartie. Et est-ce que ce fut cette façon de lui parler ou ce sourire qui lui rappela enfin où il l’avait vue, toujours est-il que l’image de la jolie blonde dans son écran plat la nuit dernière lui était revenue en mémoire. Visiblement sa réflexion ne plut pas du tout à Zara qui retira sur le champs ce manteau qu’il lui avait gentiment prêté, renversant au passage la tasse de café sur les chaussures du blond. Mais ça ne va pas ?! C’est pas c’que j’ai dit ! Il réfléchit une seconde à sa réflexion et comprit enfin qu’en effet, c’était limite insultant. Mais en vérité c’était plutôt une sorte d’humour mal placé… et mal compris donc. Vous voulez savoir ? J’ai passé l’émission à chercher la différence entre cupcake et muffin, rien de bien affriolant donc. Il affichait une mine renfrognée, mécontent de se faire reprendre de cette façon par cette inconnue. C’était elle, aussi qui mettait des jupe courtes et des décolletés, alors si elle s’était doucement moquée du commentaire de Sam sur son audience correcte, elle, si elle faisait tout pour faire monter l’audimat il ne fallait rien dire, c’était trop facile. Oui, il avait mauvais caractère ! Ne vous méprenez pas, je ne suis pas désespéré au point d’avoir besoin d’une émission télé pour me contenter, ça va très bien de ce côté là. Il avait remarqué qu’elle avait rougit, sans trop savoir si c’était parce qu’elle était énervée ou flattée même sans l’admettre. C’est ça oui, rentrez au chaud, vous êtes déjà bien assez froide. Monsieur était piqué, vexé, susceptible. Il leva les yeux au ciel alors qu’elle insistait, comme pour avoir le dernier mot, il savait, au fond, qu’elle avait raison, mais, buté, il ne voulait pas l’admettre. Et pourquoi fallait-il qu’il ait une petite amie ? Etait-il à ce point inconcevable que l’on aime sa liberté sans avoir envie de se caser ? Merci pour le conseil… Il enfila son manteau et se retourna pour s’allumer une nouvelle cigarette histoire de calmer ses nerfs avant de retourner à son tour à son stand. La journée continua, l’après-midi il y avait nettement plus d’affluence que le matin, Samuel signa quelques livres, il était ravi de voir que son stock s'amenuisait au fil de la journée. Sans s’en rendre compte il passa beaucoup de temps à zieuter le stand de la bonde un peu plus loin. Et à la fin de la journée il pris un de ses livres, son stylo et griffonna quelques lignes à l’intérieur. Puis il fit les quelques pas qui le séparait du stand de Zara et s’avança vers elle en lui tendant son roman. Pour me faire pardonner. Il lui avait fallu un peu de temps, mais l’anglais avait compris qu’il s’était comporté comme un mufle avec elle. A l’intérieur on pouvait lire. Pour la pâtissière la plus culottée de la télévision. De la part du romancier inconnu le plus déplacé d’Europe. Nous sommes faits pour nous entendre. Bonne lecture, Sam. Il ne s’éternisa pas sur le stand de la blonde, quelques personnes attendaient derrière lui pour les ultimes signatures. Bonne soirée. Et il s’éloigna, la journée avait été longue, il comptait rentrer à son hôtel et se détendre avant de se coucher.

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MessageSujet: Re: anxious (samuel)   Mar 4 Déc 2018 - 1:17

L’histoire de Zara n’était pas commune, il fallait l’admettre. Elle était loin de la normalité, même. Il ne voyait pas, non. Le visage perplexe de Samuel n’échappa pas à ses yeux de lynx alors qu’elle tentait de lui expliquer, aussi vaguement qu’elle le faisait, la raison de son malêtre avec le succès. Il avait raison de faire ses yeux surpris et incertains. Toute personne normale rêverait de cette ascension médiatique. Le succès, ce n’était pas ce qui déplaisait à la belle Norvégienne. Bien au contraire. C’était ce qui en découlait. Les choses qu’elle devait faire, celles sur lesquelles elle devait accepter d'apposer son nom ou son visage. Toute cette popularité, tout cet argent, toutes ces opportunités en or elle les devait à une seule personne. Une personne qui se plairait bien trop à les lui remettre sous le nez si elle choisissait un autre destin, par exemple celui d’ouvrir une petite pâtisserie dans un quartier peu brancher. La pâtisserie, son mari en serait d’accord, ça oui, mais sous ses propres conditions. Dans le quartier qu’il croyait le meilleur pour accueillir sa prodigieuse femme. Il croyait trop en elle et ça avait le don d’énerver la blonde qui roulait ses yeux bleus dans sa tête à cette idée. Ce qu’il pouvait l'étouffer. Pour préserver son rêve, préserver son idée encore vierge des manipulations artistiques du producteur lui servant de mari, elle ne lui en avait jamais parlé. Sans quoi, il aurait brisé ses envies de simplicités, voyant trop gros, comme toujours. Un jour, un jour, elle l’aurait, sa pâtisserie. Un jour, elle serait maître, complètement maître, de ses envies. Mais pour le moment, elle avait des contrats auxquels elle se voyait de répondre. C’était la fatigue de sa vie présente qui l’emportait, celle de ne pas avoir envie de confronter le monde. Elle faisait déjà face à une attention médiatique, surtout depuis les derniers mois alors que sa fausse couche avait fait la une de tous les bons vieux magazines à ragots de l’Amérique. S’il fallait que la prodige Caulfield se révolte, on ne la lâcherait plus d’une semelle.
Samuel marquait un point. La confiance, c’était ce qui importait le plus dans leur métier. Tout rapport avec la célébrité se devait d’être teinté par cette qualité. Ça en était une, une qualité, et probablement un compliment déguisé envers l’homme aussi. Sans ça, on se faisait marcher sur les pieds. Il avait les mots justes. La confiance qu’il dégageait, parsemée d’un entregent séduisant, ce n’était pas celle des auteurs. Zara maintenant son opinion sur ce point. Les auteurs, à moins d’être autre chose, n’avaient pas cette facilité devant les gens. Souvent des incompris de la société, ils étaient meilleurs avec les mots sur une feuille de papier que devant un public. Or, cet homme, il n’avait rien de l’écrivain typique. Et ça avait le don d’intriguer la pâtissière. Je vous octroie raison sur ce point, Samuel, rétorqua-t-elle à sa réplique, appuyant sur son prénom de son accent typiquement américain, tout de même teinté par ses origines australiennes. Votre éditeur s’entendrait bien avec mon producteur, dit donc! Elle lui sourit, signe d’excuse pour la remarque sèche qu’elle lui avait offerte précédemment. Dites-moi, votre productrice, c’est une femme ? S’enquit-elle, l’oeil faussement brillant. Je suis certaine qu’ils feraient un bon duo, mon producteur et elle. Enfin, seulement dans l’hypothétique possibilité qu’elle soit une femme célibataire intéressée par les hommes! Et à cette dernière phrase, elle laissa s’échapper un rire délicieusement contagieux, spontané, mais surtout ressenti. Elle plaisantait, évidemment, mais une parcelle de vérité se cachait sous ses affirmations. Si son mari tombait amoureux d’une autre lui ressemblant plus, espérant les mêmes gains de vie, il finirait par la quitter. Il aurait tout du mauvais rôle. Zara ne serait pas sous les projecteurs comme la monstrueuse femme souhaitant le divorce, emportant avec elle tous les biens et la popularité que son mari l’a aidé à bâtir. Enfin, si ce n’était que ça, la popularité et l’argent il pouvait bien la garder. Zara n’en avait rien à faire. Elle ne souhaitait que sa liberté, sa pure et simple liberté. Mais non, je vous assure. ajouta-t-elle suivi d’un sourire charmeur alors qu’il lui tendait sa boisson qu’elle porta à ses lèvres sans attendre. Elle grimaça. Il était définitivement infect, ce café.
La conversation allait de bon train, tous deux munis d’une répartie complémentaire, ils se lançaient des piques sur lesquelles l’autre savait répondre rapidement. On aurait pu même dire que la discussion était agréable. C’était la première fois depuis des années que la blonde éprouvait cette sensation, un plaisir à discuter avec quelqu’un sans retenue. L’inconnu lui faisait du bien. Mais il avait fallu un commentaire, une seule phrase pour changer le cours de leur conversation, pour changer l’idée que la blonde était en train de se construire de l’homme. Tantôt si drôle et galant, il se montrait à présent insultant et pervers avec ses commentaires sexistes et mal choisis à l’égard de sa personne. C’est exactement ce que vous avez dit! S’enflamma-t-elle en lui rendant ses affaires aussi rapidement qu’il lui avait offert, renversa cette infecte boisson sur les chaussures de l’écrivain. Tant pis, elle lui glisserait en chèque à son kiosque une fois le salon terminé s’il en était à ce point tourmenté par une paire de chaussures. C’est ça, oui... Il plaisantait ? Il soutenait réellement avoir passé l’émission à se demander la différence entre un cupcake et un muffin alors qu’il avait émis ce commentaire désobligeant envers elle ? Elle n’en croyait pas un mot de cette déclaration déculpabilisante. Et c’était ainsi la fin de leur discussion. Aussi rapidement qu’elle était apparue dans cette ruelle déserte, elle y était disparue regagnant son kiosque un faux sourire aux lèvres.
Le reste de l’après-midi s’était déroulée comme elle se devait. Zara avait signé des tas de livres, pris beaucoup de photos et ne s’était pas donné la permission de regarder ne serait-ce qu’une seule fois dans la direction du kiosque de Samuel. Ce n’était pas l’envie qui manquait, il fallait l’admettre, ce drôle de phénomène avait piqué la curiosité de la blonde. Aussi insultant avait-il pu se montrer, il dégageait ce petit je ne sais quoi qui titillait la cuisinière. À la fin de la journée, alors qu’elle croyait en avoir presque terminé avec les dédicaces, une ombre s’approcha d’elle. Se sa carrure et son entregent dont il avait fait preuve dès leur rencontre, Samuel, piqué droit devant elle, lui tendait un exemplaire de son livre, symbole du drapeau blanc entre eux. Zara, perplexe, le regardait se demandant s’il cherchait réellement à se faire pardonner de quoi que ce quoi. Elle lui sourit tout de même, lui faisant un signe de tête en guise d'au revoir. Heureuse de vous avoir croisé à ce salon. Bonne soirée, Samuel.
Le soir, assise dans le grand lit blanc de sa chambre d’hôtel, Zara zappait de chaine en chaine sur la télévision plasma. Ennuyée, elle aperçut du coin de son regard, le roman de Samuel. Elle l’attrapa, curieuse, et en ouvrit la page couverture. À l’encre noire, d’une écriture typiquement masculine, trônaient les mots Pour la pâtissière la plus culotée de la télévision. De la part du romancier inconnu le plus déplacé d’Europe. Nous sommes faits pour nous entendre. Bonne lecture, Sam.. Sourire aux lèvres, elle commença la lecture. Absorbée par l’histoire, elle ne s’arrêta que lorsque vingt-deux heures tapèrent sur l’horloge, le roman presque terminé. Samuel était prétentieux, mais il était aussi très talentueux. Ses mots touchaient, ils étaient réfléchis, presque une mélodie pour ses yeux. Il était prodigieux. Zara se sentit alors horrible de lui avoir parlé ainsi, lui qui avait un talent inné avec les mots. Quelle idiote! Le ventre qui criait famine, elle emporta le bouquin avec elle jusqu’au restaurant de l’hôtel dans l’espoir de le terminer en mangeant. Elle était bien seule, Zara, dans cette grande ville bourrée de gens.
Le bistro de l’hôtel était presque vide. Un couple, isolé, se déclarait leur flamme à coups de baisers enflammés. Dos à elle, un homme buvait, seul, à une table à deux. Pas n’importe lequel homme. Samuel! La suivait-elle ? Quelle chance y avait-il que les deux auteurs se retrouvent dans le même hôtel, le même weekend, pour le même événement ? Zara s’envança vers l’homme, puis posa le livre sur sa table, bien devant ses yeux. Je vous ai googler, monsieur Pohl. Alors, comme ça, vous êtes un Britannique d’origine allemande beaucoup plus doué avec les mots que je le croyais. La blonde lui souriait, narquoise. Je l’ai dévoré. Vraiment. Ajouta-t-elle rapidement pour qu’il ne pense pas qu’elle se moquait de lui. Puis-je ? Demanda-t-elle en désignant la place devant lui.

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