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 Hurt me once + Léace

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Léo Emerson
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adm h
MessageSujet: Hurt me once + Léace   Hurt me once + Léace EmptyMer 20 Mar 2019 - 0:57

Il y avait certains endroits qui vous rappelaient des souvenirs, bons, mauvais. Des endroits qui paraissaient banals pour les autres mais qui avaient une toute autre signification pour vous. Le bout de trottoir ou vous aviez donné votre premier baiser, le coin de rue ou vous aviez laissé une voiture filer alors que vous auriez pu la retenir. Le minuscule endroit, sur cette immense plage où votre fils avait rit aux éclats en voyant les vagues pour la première fois de sa vie. Et tant d’autres. Des endroits insignifiants, magiques ou maudits, des coins sur cette Terre immense qui voulaient tout dire. Cette intersection là, Léo n’y passait jamais, il l’évitait depuis plus d’un an, de peur qu’elle lui rappelle encore trop vivement l’accident qui avait tout changé dans sa vie. Il n’était pourtant pas présent, quand Grace s’était fait renverser par cette voiture et ce n’était pas à cet endroit exact qu’elle avait perdu leur bébé. Mais c’est ici qu’avaient commencé à mourir tous leurs espoirs et cette simple idée lui faisait mal quand il y pensait. Le temps était néanmoins passé, il avait lavé un peu de sa peine et réparé son cœur meurtrit, du mieux qu’il le pouvait. Depuis ils n’étaient plus, ils n’existaient plus, ensemble du moins. Grace était à l’autre bout du monde, depuis presque un an. Elle n’avait donné aucunes nouvelles à Léo et quand il y pensait, il lui en voulait un peu pour ça. Mais c’était peut-être mieux ainsi, elle avait eu besoin de s’éloigner de lui, de se retrouver et puis peut-être qu’à force de recoller les morceaux ils avaient fini par trop fragiliser cet amour qu’il espérait pourtant si grand, si fort. Peut-être n’y avait-il plus rien à sauver, auquel cas c’était la meilleure solution, qu’ils s’oublient.
En ce début de soirée Emerson revenait d’une séance photo pour le journal local dans un entrepôt non loin de là. Il n’avait pas eu d’autre choix que de passer par la fameuse intersection, à pieds, de surcroît. Il avait à peine regardé autour de lui, fixant droit devant lui pour passer plus vite. Mais au retour, deux heures plus tard, il fut frappé par la vision d’une silhouette assise sur son bout de trottoir. Il la vit de dos, ses cheveux ondulants dans le vent. S’aurait pu être n’importe quelle fille, il aurait même pu ne pas la remarquer du tout. Mais il fut parcouru par un frisson et le temps sembla ralentir sa course folle pour qu’il puisse mieux l'observer. Ne remarquant même pas qu’il était au beau milieu du passage piéton, ce fut le klaxon d’une voiture qui le fit revenir à la réalité. Il termina de traverser à la hâte puis hésita une seconde avant d’aller la rejoindre, ça ne pouvait être qu’elle. Plus il s’approchait plus son cœur cognait contre son torse. Elle ne le voyait pas, il pourrait toujours tourner les talons et s’enfuir comme s’il ne l’avait jamais vu. Mais elle était de retour alors il ne pourrait pas l’ignorer indéfiniment. Etait-elle vraiment de retour ? C’était peut-être une autre farce de son imagination, comme il en avait déjà eu plusieurs. Si on m’avait dit un jour que je te trouverais à faire le trottoir je ne l’aurais pas cru. Elle se retourna et Léo cessa de respirer, sa phrase d’accroche était de mauvais goût mais il n’avait pas su quoi dire d’autre, que dire ? Elle était là, face à lui, Grace.


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Grace Darwin
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adm f
MessageSujet: Re: Hurt me once + Léace   Hurt me once + Léace EmptyMar 9 Juil 2019 - 0:23

Ses pieds s'animaient sur le sol australien depuis quelques mois, mais son euphorie du retour ne commençait seulement qu'à s'évaporer depuis quelques jours. Sa tête se promenait toujours sur les chemins du Bénin, ce pays qui avait ranimer son cœur, qui lui avait réappris à apprécier ce que la vie pouvait lui offrir. Dans le malheur des autres, la jeune femme avait à se débarrasser du sien. Grace renouait avec cette ville où elle avait tout vécue, tout découvert. Ce qui avait fait danser son âme et ce qui l'avait mis à terre. Quelques souvenirs l'avaient quittés, sa nouvelle vie se mêlaient à celle qu'elle avait laissée et pour le moment, c'était ce qui lui convenait. La joie que lui avait transmise ce pays rayonnait sur son visage, un sourire ancré depuis des mois qu'elle ne parvenait à faire flancher. Jusqu'aux premiers rayons du soleil de cette mâtinée, où son bonheur avait laissé un vide qui se remplissait de tristesse, de manque. Des images foudroyaient dans ses belles images et les larmes balayaient son sourire. Grace s'était éclipsée de son appartement avec du mal, se construisant un sourire lors de son travail qui s'était détruit à la sortie de celui-ci. Elle traînait son corps dans les ruelles de la ville, brisant son chemin habituel, pour se diriger vers une qu'elle esquivait volontairement depuis des mois, instinctivement. La châtaine s'arrêtait dans une pâtisserie, cédant à un caprice avant de reprendre sa route. À l'intersection, son cœur venait au bord de ses lèvres, son regard déviait et son souffle lui manquait. Mais son poids ne l'emportant au sol qu'au bord du trottoir où elle s'installait sans faire attention à ce qu'il y avait autour. Son achat à ses côtés, elle laissait ses émotions s'échapper. De sa pâtisserie, elle en coupait la moitié et sa première bouchée fut salé par l'eau qui ruisselait de sur joues. La fleuriste avait conscience qu'elle ne se faisait que du mal en revenant sur les lieux de l'accident. Mais cette journée était particulière et c'était une des seules que son cerveau n'avait pas éradiqué. Une voix venait l'extirper de ses pensées, d'une main elle balayait ses larmes et tournait le regard vers l'homme. Son homme. Ses poumons se bloquèrent et en une seconde, elle se relevait face à lui. Ne réalisant pas réellement qu'il était présent. Ils ne s'étaient pas quittés en mauvais terme, la jeune femme l'avait laissé partir toujours en amour pour lui, longtemps elle s'était imaginée leurs retrouvailles, espérer qu'il l'avait attendu. Mais peu de jours après son retour, elle avait entendu de la bouche curieuse d'un de ses clients que son prince ne l'attendait pas, qu'une autre blonde accompagnait ses jours. Et elle ne s'était jamais présentée à lui. « Si un jour on m'avait dit que je tomberais sur toi en les faisant, je les aurais fait plus tôt. » Ce n'était pas la phrase la plus charmante qu'elle avait pu lui sortir, mais c'était la seule qu'elle avait réussie à articuler pour ne pas installer une ambiance étrange et pour qu'il ne remarque pas ses yeux rougis par la tristesse. « Ça fait longtemps ... » Son esprit, trop surpris, n'arrivait pas à aligner une phrase possible à lui ressortir. « Qu'est-ce que tu fais par ici ? » Dans ses rêves, ce moment était des plus féeriques, les mots y étaient moins présents, laissant les gestes parler pour son cœur. Mais maintenant, elle ne pouvait que ressentir de la joie mélangé à ses émotions négatives avec une once de gêne et ce n'était pas un mélange dont elle raffolait.

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MessageSujet: Re: Hurt me once + Léace   Hurt me once + Léace EmptyMer 10 Juil 2019 - 14:26

Si elle avait cherché à chasser ses larmes avant qu’il ne les voit, Léo connaissait bien trop Grace pour qu’elle réussisse à lui cacher ce genre de chose. Elle releva sur lui des yeux brillants qui ne devaient rien au fait qu’elle soit touchée de le revoir, elle pleurait silencieusement avant qu’il n’arrive et cette idée suffit à briser le photographe un peu plus. Au moins elle n’avait rien perdu de sa répartie et sa réponse arracha un mince sourire à Léo. Je n’ai pas changé d’adresse… si tu voulais me tomber dessus. Il n’y avait aucun reproche dans sa voix, peut-être seulement le regret de voir qu’il avait fallu qu’ils se croisent par hasard pour apprendre qu’elle était de retour. La dernière image qu’il avait d’elle était son visage sereinement endormi dans le confort sommaire de leur lit au Bénin, la lumière du petit matin qui glissait dans ses cheveux blonds et qui illuminait celle qu’il allait laisser derrière lui sans même un au revoir digne de ce nom. Ce matin là il s’était sentit incapable de la réveiller et d’affronter son regard sans ça il ne serait sûrement jamais parti. Depuis que restait-il d’eux ?  Des souvenirs, quelques regrets et l’envie folle de la serrer dans ses bras tant elle lui avait manqué durant presque un an. Grace avait changé, derrière ses larmes dont il comprenait l’origine, il lui semblait qu’elle allait mieux, ses traits n’étaient plus aussi fatigués qu’avant. Et malgré ses yeux tristes il y avait en elle quelque chose de différent, elle avait l’air d’aller bien. Il  l’observa un instant. Un peu trop longtemps oui. Qu’as-tu fait de tes cheveux ? J’ai l’impression de revoir la Grace d’il y a dix ans. Celle qu’il avait rencontré dans leur toute première mission humanitaire, la Grace sage et fidèle à ses croyances, qui n’avait encore jamais touché à sa couleur de cheveux naturelle. Adieu les mèches décolorées et la blondeur qu’il aimait tant. Ca faisait pas mal de choses à encaisser pour un seul homme, le retour et le changement de tête, mais c’était elle et personne d’autre, fidèle à l’image de celle qui l’avait fait succomber sans artifices bien des années plus tôt. J’avais un shooting à quelques rues d’ici. Je rentrais chez moi pour tout te dire. Et toi, qu’est ce que tu fais là ? Il  ne savait pas bien lui-même ce qu’il voulait savoir, ce qu’elle faisait ici, assise sur ce bout de trottoir à fixer le vide en sanglotant ou ce qu’elle faisait ici, à Bowen, alors qu’elle ne l’avait pas prévenu de son retour. Quelque part il lui en voulait, c’est vrai, d’avoir laissé ce silence s’installer entre eux durant des mois jusqu’à les rendre étranger l’un pour l’autre. Mais il n’avait pas le droit de le lui reprocher, parce qu’elle l’avait quitté, elle avait été claire, elle n’avait pas besoin de lui, au contraire, elle avait besoin qu’ils se séparent pour pouvoir avancer. Et lui, de son côté, à force de l’attendre, avait finit par ne plus se reconnaître alors il avait avancé à sa façon, de la meilleure qu’il connaissait, dans les bras d’une autre.

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Grace Darwin
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MessageSujet: Re: Hurt me once + Léace   Hurt me once + Léace EmptyJeu 11 Juil 2019 - 14:46

“Eux”, une histoire compliquée qui s'était étalée sur plusieurs années, de l'attachement et des déchirements qui n'étaient pas nécessaires. Ils n'avaient jamais réussi à se tenir loin l'un de l'autre très longtemps, ils finissaient toujours par se retrouver, se pardonner et tout recommencer. Toutefois, certaines fissures qui ne pouvaient se colmater, celle de sa présence sur ce trottoir en étant la plus grande à ses yeux. Grace essuyait ses larmes et son regard larmoyant parcourait les traits du visage de son ancien amant. Elle aurait souhaité qu'il la voit dans un autre endroit, un autre contexte, qu'il puisse voir à combien elle avait avancée, que la mélancolie n'était plus son quotidien. « Je n'ai pas trouvé le temps ... » Du temps, elle en avait, du courage, moins. Sachant qu'il ne croirait pas à son excuse, elle s'engageait dans une autre piste de discussion, plus banal, lui rappelant presque leur conversation lorsqu'ils se sont retrouvés trois ans de cela. Presqu'un an et la jeune femme avait oubliée comment lui parler. Qu'étaient-ils devenus pour l'autre ? Grace ne savait comment le qualifier. Ancien ami, ancien amant. Et maintenant ? Son unique ex qui s'était trouvé des bras plus confortable si les bruits étaient vrais. Et cette idée lui laissait un sentiment d'inconfort. « N'était-elle pas meilleure, cette Grace ? Sa peine autorisait un sourire à se montrer sur ses lèvres. J'ai passée quelques jours chez mes parents à mon retour, j'ai trouvé des photos de moi plus jeune et ... le résultat. » Toutes des photos volées, parce qu'elle ne supportait pas faire la mannequin, sourire pour un appareil, surtout à l'époque où elle trouvait son physique non-avantageux. « J’aurais même dû le faire avant de partir au Bénin, difficile d’entretenir un beau blond là-bas. » Confessait-elle dans un rire. Le physique des autres ne la dérangeait pas, la fleuriste ne voyait que par le caractère. Mais pour elle-même, c’était une autre histoire. À sa question, ses mots ne trouvaient pas de sortie. Ses yeux essayaient de lui montrer le chemin, se tournant vers cette route. « J’ai pris quelques pâtisseries dans le coin et je n’ai pas pu attendre de rentrer chez-moi pour grignoter. Se trouvait-elle comme nouveau motif. J’en ai pris de trop, si personne ne t’attend chez-toi, je peux partager, si tu le souhaites. Prend ça comme un moyen pour moi de me pardonner pour ne pas mettre déplacée chez-toi dès mon arrivée. » En réalité, le surplus était volontaire, elle ne voulait pas réellement partager avec d’autres pour des raisons lugubres, mais elle se rendait compte que ce n’était pas le meilleur moyen d’oublier. « Un shooting à Bowen, hein … Cette ville est finalement plus intéressante que les autres autour du Monde ? » Grace aimait Bowen, elle y avait vécue toute sa vie et n’imaginait pas sa vie ailleurs, mais elle savait l’amour que portait Léo pour la découverte de cette planète, elle savait qu’il pouvait décider de prendre un avion pour se rendre à des milliers de kilomètres en quelques minutes et que s’il pouvait, il serait sûrement toujours en aventure.

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MessageSujet: Re: Hurt me once + Léace   Hurt me once + Léace EmptyVen 12 Juil 2019 - 23:27

Elle mentait mal,  Grace. Et Léo le savait. Il sourit en détournant le regard quand elle lui dit ne pas avoir trouvé le temps. Autant dire qu’elle l’avait évité, s’aurait été plus simple, mais il ne lui en tenait pas rigueur, ce n’était pas facile à avouer alors il ne releva pas, à quoi bon, elle avait ses raisons et ça ne changerait rien à présent. Emerson s’assagissait avec le temps, il apprenait à contenir ses réactions, à laisser couler lorsqu’il n’y avait pas besoin de se battre. Il s’était suffisamment battu pour Grace, contre elle même parfois, avant de comprendre enfin que ça ne servait à rien, elle était libre et tellement différente d’autres femmes, elle n’avait pas besoin qu’on lui court après, ça l’effrayait, elle n’avait pas envie qu’on se batte pour elle, il s’était dit que si un jour elle voulait revenir elle reviendrait. Et elle était revenue, certainement pas pour lui, mais elle était là. Sept ans après ou un an après, malgré l’évolution de leur histoire, la sensation était toujours la même lorsque Léo la revoyait, qu’elle soit blonde ou non ne changeait rien, son cœur s’emballait toujours autant, l’envie de la serrer contre lui était toujours aussi forte, tout comme la peur qu’elle s’échappe aussi vite qu’il l’avait retrouvée. Elle était différente, peut-être. Tout comme tu es différente de la Grace d’il y a un an, j’imagine. On change, c’est tout. Il sourit à sa réflexion, Léo n’était pas vraiment expert capillaire. Je ne pense pas que quelqu’un ait critiqué ta couleur là-bas, c’est au delà de leurs préoccupations ! Pour lui aussi, vraisemblablement, même s’il avait été attiré par Darwin, par son physique au départ, il ne voyait pas que ça, il la voyait tout entière, belle, tout simplement, blonde ou pas c'était un détail, elle restait elle, pour son plus grand malheur parce qu’à présent elle n’était plus sienne. La question de Léo ne reçut pas de réponse, il semblait que les mots s'étranglaient dans la gorge de son ex et le regard qu'elle lança à la route valu toutes les explications. Il lâcha un soupir, si lui pensait avoir fait le deuil de cette vie lorsqu'il était reparti seul du Bénin, visiblement ce n'était pas le cas de Grace et la détresse qu'il lisait sur son visage le brisa une nouvelle fois. Une mère qui perdait un enfant restait inconsolable, peu importe que le temps passe ou qu'elle aille mieux. Tu veux vraiment m'amadouer avec des pâtisseries ? Grace… Il lui lança un regard faussement réprobateur. Est-ce que c'était sa façon de se faire pardonner, ou bien est-ce qu'elle avait besoin d'une présence pour ne pas être seule face à ses souvenirs, difficile de le dire, Léo ne voulait pas vraiment savoir, elle lui proposait de rester et il ne pouvait pas refuser. Y a des muffins ?! Tu me prends par les sentiments là. Qu'on l'attende ou non chez lui ça n'avait aucune importance à ce moment là. Il s'assit à côté d'elle face à la route. Rien de très glamour, un projet pour la ville. Je ne peux pas toujours photographier les plages de sable blanc. Référence pour lui-même à son dernier shooting en date sur les plages de Bali. Bowen c'est ma maison, tu sais à quel point j'ai besoin de partir pour me rappeler qu'on n'est pas si mal que ça ici. Ils fixaient les voitures qui passaient, sans vraiment les voir, Emerson partagea un cookie en deux et donna la moitié à Grace. C'est bon de te revoir. Comment tu vas ? Il espérait avoir cet air faussement détaché, comme un vieil ami, pas comme l'amoureux fou qu'il était en vérité. Et il avait tellement de questions à lui poser. Tellement de choses qu'il ignorait sur elle et qu'il mourrait d'envie de savoir, mais il avait l'impression de ne pas avoir le droit de demander.

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Grace Darwin
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MessageSujet: Re: Hurt me once + Léace   Hurt me once + Léace EmptyHier à 12:13

« J'espère bien, qu'elle est différente d'il y a un an. » Son esprit s'était fatigué à faire vivre ce qui n'était plus. Les mois précédents son départ avaient été des plus douloureux, cet endroit hantait sa mémoire, lui faisant revivre son accident qui lui avait arraché ses songes. Ce souvenir s'était évanoui dans le sourire des autres enfants, là-bas et après ça, il n'était jamais revenu. Jusqu'à ce que la chaleur des rayons dorés viennent s'échouer sur son corps, laissant ses rêves amorcer sa réalité. Grace ignorait si c'était le dégoût ou la tristesse qui l'avait guidé jusqu'ici. Comment s'était-elle autorisée à l'oublier ? Elle s'en voulait presque d'avancer sans sa présence dans son imagination. L'enfant n'était plus et ne le saura plus jamais. Elle devait apprendre à laisser ces instants qui la tourmentaient se faire emporter. Pour que la gêne n'emporte pas les deux âmes, Grace se lançait, l'invitant à se joindre à sa faute. « Je n'ai pas d'autres moyens de le faire. Elle espérait secrètement que ce n'était pas la raison qui le faisait s'installer à ses côtés. Rassure-toi, je n'ai rien à te demander, cette fois. » Il le savait bien, ce n'était pas son genre de quémander de l'aide ou des services. Grace avait beau être sensible et laisser les larmes lui venir aux bords des yeux rapidement, mais son être était bien indépendant des autres, elle avait appris à se débrouiller seule dans les situations, préférant s'épuiser à aider les autres qu'à pleurer pour en recevoir. « Tu n'as pas tort. » Ses manières de travail n'avaient pas dû changer depuis qu'ils s'étaient abandonnés. « C'est vrai, cette ville finit toujours par manquer. » C'était même la raison de son retour, ses attaches venaient à lui manquer, au Bénin. Ses proches, ses habitudes, ses envies, tout ce qu’elle ne pouvait pas accomplir en restant là-bas l’avaient poussés à prendre sa place dans la cabine d’un avion, affrontant sa peur seule pour la première fois. « Je vais bien, je vais mieux. Le dire à voix haute la soulageait. Mais, bien sûr, tu me vois la seule journée où … Je suis comme avant. » Avouait-elle dans un rire presque désolé. Elle avait été la pleureuse torturée qui l’avait accompagné, sans penser qu’elle pouvait l’emporter avec lui dans les tréfonds de sa misère. « J’ai finalisée ma formation peu après mon retour et maintenant je travaille dans une fleuristerie à quelques pas d’ici. Ça change, c’est mieux que de ne 'rien' faire de mes journées. » Que pouvait-elle lui dire de plus ? Lui avouer qu’elle commençait à renouer avec les cieux et ce qu’elle considérait comme Le Grand, qu’elle essayait de laver ses péchés depuis son arrivée. Elle avait peur qu’à ses yeux, c’était comme si elle se remettait les chaînes dont elle avait peinée à s’en défaire, qu’elle revenait de trop en arrière. « Enfin, tu sais bien que je ne vis rien de particulier et que je n’ai jamais quelque chose de bien intéressant à te faire entendre. » Grace savait rendre sa vie des plus plates pour éviter les autres problèmes, les seules fois où elle s’animait, c’était lors de ses activités illégales. Celles qu’elle ne pouvait avouer à Léo, parce qu’elle lui avait promis de changer, d’arrêter lorsqu’il avait découvert. Après ça, elle avait semblé assez bonne comédienne pour lui faire croire à lui et le reste du monde qu’elle était redevenue ange. Ses yeux emportés par le paysage dynamique la perdait et elle ne pouvait arrêter de s’en vouloir d’avoir été aussi distraite. «  Léo … Tu accepterais qu’on s’installe ailleurs ? » Si elle s’était assise à cette place, c’était pour se larmoyer seule, jamais elle n’aurait pensé croiser le chemin de l’homme qui lui faisait tourner la tête.

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MessageSujet: Re: Hurt me once + Léace   Hurt me once + Léace EmptyAujourd'hui à 0:44

Quelque part Léo espérait qu’elle soit différente oui, qu’elle ait réussi à trouver la paix et un but à sa vie. Parce que la Grace qu’il avait laissé en Afrique semblait perdue, dévouée à une cause tellement immense qu’il craignait qu’elle se noie dans cet océan de malheur. Soulager la peine des autres c’était louable et ça faisait du bien, il en savait quelque chose, c’était une des raisons qui le poussait à s’investir dans des missions humanitaires. Mais il savait également qu’on était peu de choses et surtout qu’un maillon d’une chaîne immense et il ne voulait pas que Grace perde toute sève à se battre contre plus fort qu’elle pour oublier qu’elle souffrait, pour s’oublier elle-même. Et puis égoïstement, au plus profond de lui, l’homme blessé, éternellement amoureux espérait lui manquer un peu, pourquoi pas être une infime raison de son retour au bercail. Tous les deux face à la route, de dos on aurait dit deux ados qui attendaient le bus après l’école, mais c’était tout autre chose qui se jouait pourtant devant leurs yeux, ils étaient chacun replongés dans des souvenirs qu’ils auraient voulu oublier mais qui faisaient parti de leur histoire commune, de ce drame qu’ils avaient traversé et qui les avait ébréché définitivement. Avec des pâtisseries je dis oui à tout. Il sourit, instaurant volontairement un climat le plus léger possible parce qu’il ne fallait pas se mentir, ils étaient gênés tous les deux. Et il refusait d’être gêné en la présence de Grace. C’est donc le plus naturellement du monde qu’il lui raconta la raison de sa présence ici et qu’il concluait par le fait que Bowen ce n’était pas si mal. C’était chez eux et ils connaissaient aussi bien l’un que l’autre le pouvoir de ses racines, des amis, de la famille, pour se sentir bien. Je suis content de l’entendre. Et, à moins que la téléportation existe, je remarque que tu as pris l’avion toute seule. Bravo. Il connaissait sa peur panique de l’avion, ses bras se souvenaient de quand elle s’accorchait à lui pour tenter de se donner du courage. T’es pas comme avant. C’est sûr il y a les larmes qui font couler ton mascara mais derrière tout ça je vois que tu vas mieux. Tu as le droit de craquer en pensant à... sa voix se brisa alors qu’il était incapable de mettre des mots sur ce qui leur faisait tant de mal. En l’écoutant parler il réalisait qu’elle était revenue depuis un moment, on ne finalisait pas une formation en quelques jours. Cette nouvelle l’attristait, dans une ville si petite ils auraient pu se croiser mille fois en quelques mois et il fallait qu’il tombe sur elle au moment le plus critique, pour elle, et alors que sa vie à lui prenait un tournant différent également. Mais même s’il l’avait retrouvé plus tôt, ou si elle avait frappé à sa porte, comme elle le disait, est-ce que ça aurait vraiment changé quelque chose ? Il déglutit en fixant les voitures pour éviter son regard, pour ne pas qu’elle voit qu’il était déçu ou que ses yeux brillaient un peu trop. Si tu travailles près d’ici c’est normal que tu sois attirée par ce carrefour alors. Tu le vois tous les jours. Fleuriste ça lui allait bien, Léo avait été séduit par cette idée lorsqu’elle lui en avait fait part, elle avait la délicatesse suffisante pour savoir parler aux fleurs et comprendre leur langage, ça ne faisait aucun doute. Tu es sûrement la seule à ne pas te trouver intéressante. Il releva sur elle un regard emprunt de tendresse, les petits détails de sa vie soit disant insignifiante lui convenaient parfaitement, à lui. Et puis peut-être qu’elle ne lui disait pas tout, ils étaient autorisés, à présent, à se cacher des choses puisqu’ils ne se devaient plus rien. Il resta à la fixer, interdit, alors qu’elle avait posé cette question simple qu’il ne comprit pourtant pas tout de suite. Que lui demandait-elle ? Voulait-elle tout plaquer, à nouveau et partir avec lui ? Il fronça les sourcils alors que son cœur s’emballait… pour rien, elle ne demandait qu’à changer de place pour ne plus à subir le spectacle de la rue alors que son esprit à lui se jouait du photographe pour lui faire croire des choses impossible. Et quand bien même, si elle avait vraiment demandé à tout quitté, aurait-il dit oui au pied levé ? A présent il n’en était plus aussi sûr qu’à une époque. Oui… Oui. Il y a un petit café très sympa dans la rue derrière. Je n’y suis pas retourné depuis un moment… j’évite ce coin là depuis l’accident. Ils se levaient déjà et allèrent s’installer à la terrasse du café. Léo commanda une bière, il n’y avait pas foule à cette heure de la journée. Tu as repris ton petit appartement ? John parle de toi quelques fois. Ils reprenaient une conversation banale même si certaines questions brûlaient les lèvres de Léo.

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MessageSujet: Re: Hurt me once + Léace   Hurt me once + Léace Empty

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