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 Laws of attraction + Olivia

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Olivia Carteret
me, myself & i
Olivia Carteret
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CRÉDITS : lempika : eyliam. ; gif : tumblr ; signa : astra
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STATUT : Veuve depuis mi 2018. Aurait préféré que s'y accole l'adjectif « noire », vue la honte infligée par l'origine du trépas de feu son mari (asphixié lors d'un jeu érotique BDSM avec un prostitué). Amoureuse mal aimante, dont le coeur appartient toujours à son premier amour.
bowenien
MessageSujet: Re: Laws of attraction + Olivia   Laws of attraction + Olivia - Page 2 EmptyJeu 19 Déc 2019 - 17:36

Il ne l'avait donc pas oubliée, lui non plus. La Carteret ignorait si cette révélation flattait son cœur ou son égo. Peut-être un peu des deux. Certainement les deux à la fois. Apprendre qu'il avait eu l'idée saugrenue - mais romanesque - de se planter derrière un arbre pendant les obsèques de feu son mari manqua lui arracher un sourire qui n'était pas de circonstances. Sans doute parce que son imagination trop prolixe imaginait le bel allemand en imper passe-partout, perruque et lunettes de soleil sur le nez. Loin de l'image sauvage et nonchalante qu'il offrait en général. Moins ce soir, cela dit. Elle les avait vu, ses lèvres se tordre de malaise, tirer avec presque rage sur la tige incandescente. Elle avait surprise sans aucun mal son regard s'assombrir face aux confidences de son quotidien. Ce qu'elle avait vraiment vécu, avec cet homme qui n'était pas lui. Et encore, dans son immense mansuétude de noblaillonne, elle lui avait épargné moult détails bien moins agréables. Enfin, après une fuite des plus légitimes, leurs regards se retrouvèrent. Les prunelles de la jeune femme irradiaient des degrés du vin de qualité qu'ils avaient partagé. Mais aussi d'une douleur sourde qu'elle ne parvenait pas à faire tout à fait taire. Samuel avait-il vu cette dernière ? Probablement pas, tant elle était ténue. Tant il avait à lui dire, à son tour. A s'interroger sur ce rêve qu'ils entretenaient. Pouvait-il s'inscrire dans une quelconque réalité ? Courraient-ils après une chimère ? Tout ceci en valait-il seulement la peine ? « Une bluette d'adolescents aveuglés par leurs hormones ? » répéta-t-elle, inflexion de voix cynique et sourire en coin assorti. Son attitude restait bien entendu pondérée : elle n'avait pas bougé, pas esquissé le moindre geste trahissant une colère quelconque. Cependant, tout à coup, elle bouillonnait. A nouveau. « Une bluette d'adolescents aveuglés par leurs hormones ... » Au pire des cas, si sa carrière d'écrivaine crevait dans l’œuf, elle pourrait toujours se reconvertir comme perroquet. Sauf que cette fois-ci, elle l'avait presque craché. Une partie d'elle se vit balancer verres de cristal et assiettes de porcelaine par terre. Se lever et crier au scandale. La demoiselle qu'elle avait été luttait contre la dame du monde qu'elle était devenue. Et elle savait laquelle Pohl voulait voir. Elle déglutit. Il aurait été si aisé de lui donner satisfaction. Or, elle aussi refusait de céder la première. « Alors, qu'elle est ta conclusion ? Parce que je présume que tu ne fais que prononcer à voix haute des doutes qui t'oppressent depuis bien plus longtemps. Qu'en est-il, Sam ? Qu'est-ce que je suis ? Un doux fantasme ? Une possibilité intéressante ? La femme de ta vie ? » Au fur et à mesure qu'elle l'interrogeait, ses doigts s'étaient resserrés autour de son verre. Phalanges blanchies, coude enfoncé dans la nappe immaculée, elle songeait sérieusement à lui envoyer le fond d'alcool en travers de la figure. Son autre main écrasa d'un geste rageur son mégot de cigarette. Le cendrier vacilla sous la violence. Elle ne voulait pas céder mais elle le faisait. Elle subissait sans broncher les assauts de Chuck depuis des semaines, mais face à son ex-amant, elle perdait pied. Toujours. « Tu me demandes de venir, je suis là. Tu me pries de te parler, je m'exécute. Alors quoi ? Quoi, Sam ? Par tous les saints, réponds à ma question, qu'est-ce que je suis ? » A sa dernière question, ses doigts s'envolèrent un peu trop brusquement, cognant contre son verre. L'objet vacilla avant de se renverser. Roula jusqu'au bord de la table. Éclata en une dizaine de morceaux translucides couverts de liquides couleur sang. Belle allégorie de son coeur en miettes, en somme.

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Samuel Pohl
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MessageSujet: Re: Laws of attraction + Olivia   Laws of attraction + Olivia - Page 2 EmptyMar 7 Jan 2020 - 12:19

La tension grandissait entre les deux britanniques, une tension malsaine, entretenue par des années de silence, des mois de frustration pour le blond et par les révélations grinçantes sur leurs vies respectives. Samuel n’avait pas envie d’entendre les détails du mariage de Liv, il s’en foutait pas mal et au pire ça le mettrait dans une colère noire. Parce qu’il savait qu’elle n’avait pas été heureuse avec cet homme, que c’était depuis lui qu’elle portait ce masque trop strict, trop sage, trop lisse qui ne lui allait pas. Tout était de sa faute, à cet homme… et pourtant… à présent qu’elle était libre, que les chaînes du mariage lui avaient été retirées, à présent qu’elle avait traversé la Terre pour rejoindre son amant de jeunesse, elle ne le laissait pas tomber, ce maudit masque, elle le gardait, comme un rempart entre elle et lui, comme pour se donner un air inaccessible. Au fond peut-être qu’elle l’était devenue, inaccessible, peut-être que le temps avait fait son oeuvre et sonné le glas de leurs années de liberté sur leur île, à une époque où leur jeune âge excusait leurs écart. Ils avaient vieilli et la sagesse, cette connerie, avait déjà largement commencé son travail de démolissions, faisant de Carteret une femme, beauté froide, désabusée et de Pohl un vieux beau qui ne voulait pas se voir dépérir. Dit comme ça l’histoire semblait mal partie, c’est pourquoi, pour la première fois, Sam faisait part de ses doutes à Olivia et à mesure que sa cigarette s'amenuisait, il se délecta presque de sa réaction, au départ elle se contenta de répéter ses dires mot pour mot, comme si elle réfléchissait à la portée de ses paroles. Puis elle se redressa presque, raide, visage figé dans une expression de colère qui arracha un sourire au romancier, sous le masque, le feu, elle bouillonnait, il la connaissait trop pour ne pas le voir. Evidemment il ne l’imaginait pas envoyer valser toute la table dans un accès de colère, s’aurait été trop demander, mais rien que de remarquer qu’elle était encore capable de ressentir quelque chose, c’était déjà une menue victoire, ainsi donc elle était outrée par ses paroles, ainsi donc elle ne considérait pas leur aventure comme un égarement de jeunesse. Tant mieux, parce que lui non plus, il n’aurait pas espéré toutes ces années comme un con après une simple lubie de gamin. Il observa silencieusement ses gestes empressés, emprunts de rage, sa main qui s’accrochait à son verre comme si elle avait l’intention de lui envoyer en pleine figure, l’autre qui fit valser le cendrier en cristal, prêt à tomber de la table. Pohl ne répondit pas à sa question, il se contentait de la regarder, de son bout de table, presque trop proche, pour subir les foudres de l’aristocrate, mais pourtant assez loin pour qu’il sente le courant d’air glacial qui passait entre eux. Nouvelle salve de question, il avait réveillé la tigresse qui dormait en elle depuis des années. Comme au ralenti il vit ses doigts fins se cogner contre son verre quasi vide, le vin tâcher la nappe immaculée et le cristal rouler jusqu’au bord de la table, pour terminer sa course sur le sol et se briser en mille morceaux. Dans l’embrasure de la porte, face à lui, il vit l’ombre d’Eustache se précipiter, d’un regard, d’un simple geste du menton il lui fit comprendre que tout allait bien, le majordome s’éloigna sans bruit. Ce n’était pas le moment que l’homme de maison fasse son entrée, pas alors qu’il était prêt de les cueillir, Liv et sa fureur. Il termina sa clope sans se presser puis se leva pour ramasser les plus gros morceau qui gisaient aux pieds de la brune. Il les déposa sur la table avant de poser sa main sur celle, tremblante de son ex. Un frisson le parcouru, il serra sa main avant de se retirer puis il tira avec force sur la nappe pour envoyer voler tout ce qui s’y trouvait, certains couverts fracassèrent le sol, d’autres se retrouvèrent à l’autre bout de la table, il s’en foutait pas mal. Il s’assit face à Olivia, sur le bout de table qu’il avait libéré et attrapa ses poignets pour la forcer à se lever pour se rapprocher de lui. T’es un peu tout à la fois. Une muse, un doux fantasme, la cause de quelques maux et d’un bel ulcère là… et peut-être la femme de ma vie à bien y réfléchir. Ca ne devrait pas être permis d’espérer la même femme depuis toutes ces années. Il la rapprocha encore de lui. Ne me résiste pas Liv, pas cette fois. Et alors que son regard se perdait dans celui plein de colère de son ex, il remarqua qu’elle semblait se radoucir, elle avait gagné la partie, c’est lui qui avait cédé alors il espérait au moins avoir droit à sa récompense et lui donner enfin ce baiser qui le faisait languir, pas un chaste baiser entre la joue et la commissure des lèvres comme celui qu’elle lui avait donné à l’aéroport, non, un vrai baiser, il voulait sentir sa bouche contre la sienne, il voulait que son corps s’abandonne et vibre dans ses bras.

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Olivia Carteret
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MessageSujet: Re: Laws of attraction + Olivia   Laws of attraction + Olivia - Page 2 EmptyDim 2 Fév 2020 - 0:19

Olivia n'avait même pas pris la peine de baisser les yeux vers son maladroit forfait. A ses oreilles, bourdonnait l'ire écumante de sa colère mélangée au chant du cristal éclaté. Même ses doigts longilignes, si fins et d'ordinaire comme un prolongement de sa silhouette gracieuse, s'étaient mis à frémir. A trembler, plutôt. Elle se sentait telle Cassandre promise à n'être jamais écoutée de nul autre, vouée à la folie faute que ses dons ne soient reconnus. Enfermée dans un corps et un esprit qui ne s'accordaient pas, se désaccordaient, détonnaient, dissonaient. Elle se serait arrachée la poitrine pour s'en extirper ce foutu coeur battant la chamade, pour qu'il arrête de lui faire souffrir le martyr, qu'il ne s'emballe plus ni de colère, ni de peur, ni de tristesse, ni de ... Plus rien. Jamais. Tandis qu'elle guettait avec cet air morgue la réponse de Samuel, elle le lui aurait bien arraché le sien d'air. Suffisant. Triomphant. Du moins était-ce l'impression qu'il lui renvoyait, l'interprétation qu'elle en faisait, en proie à toutes ses contradictions. Elle aurait hurlé. Elle se serait levée. Lui aurait peut-être même jeté cette cigarette qu'il semblait refuser de finir au visage. Mais tout cela, elle se le refusait. Même un genou à terre, elle refusait, encore et toujours, de s'abandonner à la bassesse de ses émotions. Elle ne voulait pas, ne pouvait pas abandonner la dernière arme qu'il lui restait. Sa nonchalance était sa défense face au monde, son éternel pilier, fusse-t-il d'une solitude incroyable.

Pourtant, la Carteret sut que le dernier rempart était sur le point de céder dès lors que son amour de jeunesse se leva.

Elle suivit des yeux le corps élancé de Pohl contourner la table. Ne sourcilla pas un instant alors que toute la belle vaisselle subissait un sort identique au verre. Ce fut à peine si sa vision périphérique saisit le reflet plus si immaculé de la nappe planer jusqu'au carrelage. Non, toute son attention, de son regard jusqu'à ses muscles crispés, étaient tournés vers cet homme qui la rejoignait. Enfin. Elle l'observa par-dessous ses cils comme il s'asseyait au bord de la table, révélant sa stratégie sadique qu'elle aurait pu deviner si seulement il s'en était donné la peine. Ou plutôt, dont elle s'était doutée mais dont elle n'avait pas pris la mesure exacte jusqu'à cet instant, balayée qu'elle était par les vents contraires de ses ressentis. La jeune femme n'opposa guère de résistance lorsqu'il s'empara de sa main, pas plus que quand il saisit ses poignets, l'obligeant à se remettre à son tour sur ses jambes. Seuls les mots semblaient incapables de franchir la barrière de ses lèvres closes. Sa respiration saccadée parlait pour elles. « Ne me résiste pas Liv, pas cette fois. » Ses traits s'adoucirent légèrement. De manière si imperceptible qu'il fallait au moins être Samuel Pohl pour l'avoir remarqué. Finalement, sa bouche exhala un soupir presque douloureux. Elle était à deux doigts. A un battement de cœur. Elle s'entendit lui répondre que si elle s'abandonnait, alors l'aimerait-il toujours autant ? La voudrait-il avec la même ardeur ? Sauf qu'elle l'avait déjà fait. Ce petit jeu, elle l'avait déjà engagé et gagné auparavant. Il avait accepté son opiniâtreté, était revenu la trouver. Plusieurs fois. Aussi buté fut-il lui aussi, elle doutait qu'il se montre combattif encore bien longtemps si elle l'éconduisait une énième fois.

Et puis, elle n'en avait pas envie.

D'abord, la fissure s'agrandit. Ce qui n'était qu'un filet d'onde rebelle se mua en torrent bouillonnant. Puis, pressée par le reste de la marée, la vague déferla. Entière. D'une violence inouïe, elle l'avala toute entière, rompit la digue qui s'effondra dans un vrombissement délétère. « Tu es absolument, et totalement, insupportable. » articula-t-elle fiévreusement dans un souffle rauque avant que leurs lèvres ne se scellent brusquement. Ses mains libérées trouvèrent les joues rapeuses du blond, remontèrent pour caresser ses tempes. Gestes empressés pour un baiser qui l'était tout autant. Autant qu'il était attendu et ô combien désiré.

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Samuel Pohl
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Samuel Pohl
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MessageSujet: Re: Laws of attraction + Olivia   Laws of attraction + Olivia - Page 2 EmptyMar 11 Fév 2020 - 16:55

Qu’Olivia se rassure, elle ne vivait pas dans un mythe, la vie, la vraie, lui autorisait l’imperfection et les erreurs, c’était à elle d’apprendre qu’elle pouvait vivre ses sentiments, les assumer puisqu’ils la définissaient, ils faisaient partie d’elle, que ce soit l’amour ou la colère. Samuel avait choisi l’écriture comme une sorte d’échappatoire depuis toujours, parce que ses émotions étaient beaucoup trop fortes, petit il faisait des colères interminables, longtemps il avait ressenti un sentiment d’injustice et une peur de l’abandon probablement dus à la séparation de ses parents et au fait de ne jamais avoir connu son père. Il avait revécu ce genre de chose à la mort de sa mère, sa précieuse maman, la femme de sa vie très certainement, celle de qui il avait toujours été si proche parce qu’il n’avait toujours compté que sur elle. Quant à l’amour, ce vaste sujet, pourtant si moindre pour lui, il se réduisait à des sentiments qu’il refoulait ou qu’il refusait pour une fille qui n’était pas pour lui, il avait toujours pensé être tombé amoureux de la mauvaise personne et ça l’avait conditionné pour toute une vie à fuir l’attachement comme la peste. Parce qu’aucune n’était assez bien, aucune ne lui avait donné envie de changer et il n’avait pas fait d’effort pour chercher, parce qu’il était bien seul, éternel célibataire, au moins il n’était pas déçu par les autres. Ce n’était pas pour rien que les personnages de ses deux romans avaient perdu leur amour dans des circonstances difficiles, après tout si lui ne s’autorisait pas ce genre de choses alors il n’y avait pas de raison que ses héros les vivent. Et pourtant, enfin, il semblait que sa chance tournait, Olivia, la fameuse source des maux de son palpitant, lui était finalement revenue, elle était là face à lui, ils avaient rarement été aussi proches que ce soir, même s’ils avaient partagé le même lit durant les quelques semaines suivant leur arrivée à Bowen. Ce soir c’était encore différent, ça n’avait rien de physique, même si l’attraction était palpable, c’était plus profond, enfin ils mettaient des mots sur ce qui les bouffait depuis toujours, ils avouaient ces non-dits que ces éternelles têtes de mules avaient tant de mal à adresser. Ce soir Samuel était détestable face à cette Liv prête à craquer. Triomphant il l’était, même s’il avait la victoire modeste, il avait levé ce masque qu’elle s’obstinait à garder même face à lui, le seul auquel elle n’avait pas à mentir, à jouer la comédie. Il en avait assez de cette mascarade qui se jouait entre eux depuis des mois maintenant, il avait horreur du fuis-moi je te suis, il n’avait aucune patience et ce dîner était son ultime appel à cette femme qu’il désirait tant, si elle se refusait encore alors il baisserait bras, qu’elle soit revenue à Bowen ou non. Mais il savait qu’elle ne se laisserait pas attraper si facilement, elle avait sa foutue fierté trop bien placée, cette nonchalance qu’elle portait en étendard comme un énorme fuck au monde entier, à lui aussi. Elle avait tout ce mur qu’elle avait monté pierre par pierre entre elle et le monde, entre eux surtout, pour ne pas qu’il l’atteigne, lui et sa belle gueule, lui et sa liberté avec laquelle il prenait plaisir à la narguer. Ce mur il devait le démonter jusqu’à la dernière pierre. Il lui fallu briser de la porcelaine et du cristal pour se donner un peu de contenance et de courage, pour évacuer le trop plein de cette colère qui battait encore ses tempes alors que la brune restait imperturbable face à lui. Et ce ne fut qu’au terme de cet échange silencieux, alors qu’il s’était saisi d’elle et qu’il avait enfin reprit la parole que Carteret changea enfin, il fallait être fin observateur pour le remarquer, sa bouche un peu moins pincée, ses yeux qui ne lançaient plus d’éclairs et qui brillaient même d’une lueur nouvelle. Olivia cédait mais Samuel n’exultait pas, il avait la trouille même. A force de se battre contre elle, pour elle, il ne savait pas quelle saveur ce baiser aurait, celui d’une morsure ou celui de la délivrance. Il ne savait pas quel serait l’après mais il voulait plonger avec elle. Sa dernière réplique, un semblant de résistance alors qu’elle se savait vaincue, Pohl l’accueillit avec un sourire franc, il savait tout ça. Et enfin elle l’embrassa, sans douceur mais avec une fièvre qu’ils ne connaissaient qu’ensemble, l’urgence de se retrouver, de sentir sa peau sons ses mais qui dansaient sur son visage et dans ses cheveux. Sam la serra plus fort encore contre lui, lui rendant son baiser et en quémandant encore, toujours un peu plus. Il bascula pour que ce soit elle qui se retrouve contre la table, prise au piège entre le bois massif et lui puis d’un geste assuré fit sauter quelques boutons de son chemisier trop guindé, trop serré, trop sage en apparence. T’as peur de quoi ? Que je me lasse ? Qu’après je n’ai plus autant envie de te courir après ? Que je n’aime pas celle qui ne me résiste plus ? Il fit glisser une main sur sa cuisse, une autre dans ses cheveux avant de retrouver ses lèvres. On a toute une vie à rattraper, crois bien qu’il m’en faudra du temps pour en avoir marre. Sa bouche glissa dans son cou gracile où sa barbe trop longue vint chatouiller sa peau. Et ne vas pas croire que j’ai pas la trouille, on est tous les deux dans le même bateau. Mais bordel que sa peau était douce, elle lui faisait tourner la tête et presque oublier ses craintes.

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MessageSujet: Re: Laws of attraction + Olivia   Laws of attraction + Olivia - Page 2 EmptyJeu 26 Mar 2020 - 0:30

La Carteret avait depuis longtemps oublié les sensations délicieuses qu'une relation consentie pouvait offrir. A peine en avait-elle eu un aperçu agréable cette fois-là, à Londres, lorsqu'elle avait suivi son amour de jeunesse dans son appartement - de laquelle sa pauvre jupe ne s'en était jamais remise. Esquisse à laquelle elle avait mis fin, moins par jeu que par crainte. Terrifiée par l'élan bestial qu'elle avait ressenti dans ses entrailles, cette envie soudaine, violente, d'être possédée. Or, Olivia en avait assez de l'être, possédée. D'être un objet. Objet de curiosité. De convoitise. De moquerie. Cette mascarade que l'état civil nommait mariage, pour le meilleur mais surtout dans son cas, pour le pire, l'avait, croyait-elle, vacciné de toute forme d’objectivation. Et si, pour ce faire, elle devait mettre de côté les plaisirs de la chair, construire des barricades encore plus hautes, alors ... Le sacrifice en valait la peine. Elle en était certaine, absolument sûre : plus rien ne la perdrait à elle-même. Jamais.

Et puis, il avait fallu sauver son frère de ses errances - à défaut de ses démons, on en était encore loin. Pire que des errances, de ses crimes. La jeune femme s'était souvenue que ce monde ne tournait pas autour de son nombril, qu'elle avait certes fort joli, mais qui ne lui rendrait pas ni les années perdues, ni ne lui donnerait une potentielle rédemption. Elle était donc revenue à Bowen. Parce que Sam s'y trouvait, oui. Cependant, elle le souhaitait aussi. L'Angleterre n'avait, pour l'heure, plus rien à lui offrir. Au contraire, sa terre mère lui avait pris bien trop. Ici, en Australie, elle avait une chance d'exister.

Visiblement, la renaissance débutait aujourd'hui.

Elle ne fit aucun barrage à sa fougue première à laquelle son compagnon répondait de la même manière. En cet instant, elle avait occulté pourquoi elle s'enfermait si fort dans le carcan de ses vêtements ajustés et de son indolence coutumière. La mémoire de son corps d'adolescente épanouie avait pris le pas sur celle, meurtrie, de ses années d'adulte. Dans leur position soudain inversée, elle contre la table, le jeune homme pressé contre elle, elle s'abandonnait à ses doigts experts. Ceux-là même qui l'accompagnaient dans les prémices de sa mutation. Même les questions qu'il lui posait, entre défi, moquerie et sérieux, ne parvenaient pas à reconstruire le mur. La tempête était trop déchainée. Rien ne pouvait lui résister. Pour toute réponse, elle lui offrit son plus beau regard embrasé, ses mains à elle, déjà affairées à redécouvrir la douceur de la peau du torse de Sam. Mais déjà, ce dernier plongeait dans son cou, l'obligeant à renverser la tête pour apprécier encore davantage l'assaut de leur désir mêlé. Son corps entier était parcouru d'irrépressible et fantastiques frissons. Et ne vas pas croire que j’ai pas la trouille, on est tous les deux dans le même bateau. A ces mots, elle redressa gracieusement le buste afin de venir se coller de nouveau contre lui. Ses prunelles embrumées trouvèrent celles du jeune homme, lui semblait-il, partagées entre la peur qu'il évoquait, et un sentiment bien plus profond. Ce sentiment qu'aucun deux n'avait jamais oublié, bien qu'ils aient tout entrepris dans ce but, des années durant. Les doigts rivés à la nuque du blond, elle colla son front contre le sien, l'esquisse d'un sourire mutin aux lèvres. « Alors si le navire doit sombrer, nous nous noierons ensemble, qu'en dis-tu ? » Tout en articulant, péniblement, ce trait d'esprit, elle s'assit sur la table et le tira doucement contre elle, entre ses cuisses offertes. Signe qu'elle était prête à accueillir tout ce qu'il souhaitait partager avec elle. Enfin. « Nous verrons bien demain où cette tempête nous mènera. Pour ce soir, Sam ... Il n'y a que toi et moi. Et rien de plus à craindre. » Comme le goût d'une promesse sur leurs langues bientôt entremêlées, malgré un avenir incertain.

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