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 Pain is only relevant if it still hurts + Violence

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Terrence Kelly
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adm h
MessageSujet: Pain is only relevant if it still hurts + Violence   Pain is only relevant if it still hurts + Violence EmptyMar 13 Aoû 2019 - 10:31

La chambre était silencieuse, pas de bips dans tous les sens, pas de ronronnement de machine, seulement la respiration lente et difficile du colosse fragile étendu sur le lit. Il était blanc comme un linge, lui qui avait habituellement ce teint éternellement hâlé, à force de traîner sur la plage devant son magasin. Terrence avait mauvaise mine, c’était peu de le dire et il était faible, à tel point qu’après son réveil de l'anesthésie et le check-up d’usage il s’était rendormi directement pour sombrer dans un sommeil lourd et sans rêves. Il était assommé de médicaments, une perfusion diffusait encore de la morphine en continue et ce pour quelques heures encore, parce que sans ça la douleur serait insupportable. Il avait merdé, cette fois il avait vraiment merdé. Ca faisait quelques jours qu’il traînait une douleur à sa jambe, toujours la même, éternellement, cette jambe blessée par balle qui ne le laisserait jamais tranquille. Mais cette fois c’était bien plus fort qu’habituellement, ce n’était pas la même douleur ni la même intensité, il avait vu que sa blessure était moche, enflée, rougie. Pourtant comme toujours il ne s’était pas écouté, il avait doublé les doses de calmants et continué sa vie comme si de rien n’était, traînant juste un peu plus la patte. Parce qu’il avait bien d’autres choses en tête que ça, en ce moment. Mais la douleur avait fini par le rattraper, il s’était écroulé un soir, en plein milieu de sa boutique, la douleur était insupportable et il avait perdu connaissance. Après un réveil difficile il avait réussi à attraper son téléphone dans sa poche et appeler les secours, avant de sombrer à nouveau. On l’avait trouvé inerte, fiévreux. Une fois aux urgences le diagnostic n’avait pas été long, un fragment de la balle qui était toujours logée dans son tibia, avait bougé, endommageant des tissus et des nerfs, créant de nouveaux dégâts et une lourde infection. Le spécialiste qui s'occupait de son cas était présent cette nuit-là, il avait choisi de ne pas amputer, pas parce qu’il estimait que ce n’était pas nécessaire, mais parce qu’il connaissait le patient, Kelly refusait depuis toujours cette option, préférant vivre avec une jambe malade et douloureuse à vie que sans. La plaie n’était pas belle, le chirurgien orthopédiste avait pesté plusieurs fois contre la négligence de Terrence, mais il avait réussi à sauver quelque chose, du moins il l’espérait. Les prochaines heures après l’opération seraient décisives pour savoir. Et dans tout ça une infirmière n’avait eu de cesse de demander qui était la personne à contacter. L’ancien militaire n’avait pour ainsi dire plus de famille, pas de femme, personne de proche. Cependant dans ses quelques délires fiévreux avant l’opération il avait mentionné Violet. Et tout le monde connaissait l’autre surfeuse dans cette ville. Alors sans savoir l’infirmière un peu trop téméraire avait appelé l’américaine pour lui faire état de la situation. Quand Cox était arrivée à l’hôpital peut-être au beau milieu de l’opération, peut-être plus tard pendant qu’il était en salle de réveil, Terrence n’en savait rien, il ne savait même pas qu’elle avait fait le déplacement, lui qui nageait dans un brouillard cotonneux, mais elle était là et les médecins l’avaient mise au courant de ce qu’il s’était passé et de la gravité de la blessure. On l’avait prévenu que l’état de sa jambe était préoccupant, qu’il ne remarcherait peut-être plus, dans le pire des cas. Il ouvrit un oeil difficilement, la lumière lui fit mal alors il le referma. Puis, ayant remarqué une présence, Terrence se força à ouvrir à nouveau et il la vit. Cox ? Sa gorge était sèche et pâteuse. Il chercha à respirer un peu mieux, il avait l’impression d’étouffer. J’ai mal. Il grognait, toujours aussi aimable, dès le réveil, la douce réalité reprenait le dessus, avec son sale caractère et puis Kelly était un très mauvais malade.



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Violet Cox
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grand kangou
MessageSujet: Re: Pain is only relevant if it still hurts + Violence   Pain is only relevant if it still hurts + Violence EmptyMar 13 Aoû 2019 - 17:53

Soir de fête. Violet n'était pas sortie de chez elle depuis sa dernière querelle avec Terrence, non pas en continuant de se morfondre sur son sort. Ce n'était pas elle, ça ne lui ressemblait pas. Elle avait pris les jours suivants pour guérir son coeur, pour mettre de l'ordre dans sa tête et dans ses envies. Hawaï, c'était la solution facile. Ça voulait dire baisser les bras. Violet s'était donc résignée à penser que Bowen pouvait encore lui apporter quelque chose de bien. Ce matin, en se rendant à sa boutique, elle avait croisé un client qui lui avait demandé de ses nouvelles. Évasive, elle s'était permis de lui donner l'espoir de voir sa boutique sur pied dès demain, pressé de la ranger. « Tu viens à la fête de ce soir ? J'ai entendu que Léo allait être couronné mister Bowen. », lui avait-il dit. Pourquoi pas, au fond ? Elle avait donc passé le reste de la journée à ramasser les items éparpillés sur le sol de sa boutique désertée depuis des jours maintenant, et à faire de l'ordre dans sa tête. Terrence. Toutes ses pensées allaient vers lui, aujourd'hui bizarrement plus que les autres jours. En fin d'après-midi, elle s'était trouvé une robe de soirée à enfiler, pas quelque chose de neuf, mais quelque chose d'assez habiller pour l'événement. Elle regardait son reflet dans le miroir, ses cheveux bruns lâchement remontés dans un chignon qui donnait un avant-goût de sa coiffure de fête, les pieds nus dans cette longue robe noire qui semblait l'habiller comme un gant quand la sonnerie de son portable retentit. Allô ?, lança-t-elle d'une toute petite voix, le numéro sur l'afficheur lui étant inconnu. Quoi ? Cette fois, c'était plus lucide qu'elle répondait. Terrence, opération, hospitalisé, son cœur palpitait. Je suis en route ! Sans réfléchir, elle avait attrapé ses clés, sans prendre la peine de retirer sa longue robe bien trop habillée pour l'hôpital. Au diable cette soirée, c'était auprès de lui qu'elle avait envie d'être.
Elle était arrivée au beau milieu de son opération. Plus calme, elle avait attendu dans l'air familial qu'on lui laisse enfin le voir. Les infirmières venaient la mettre au parfum, on parlait d'infection, de fragment de balle perdu, de risque pour la douleur et, dans le pire des cas, de perte d'usage. On parlait un langage que la belle ne comprenait pas. La médecine, c'était bien trop loin d'elle. Elle avait vécu dans les arts, Violet, le domaine totalement à l'opposé, un père enseignant en art à l'université et une mère historienne en art. Mais elle écoutait, hochant la tête en faisant mine de bien comprendre. Tant qu'elle entendait que tout était sous contrôle, son coeur ne paniquait pas plus qu'il le fallait. Puis, on lui annonça la salle de réveil, la fin de l'importation, que d'ici quelques minutes elle pourrait enfin le voir. Là, là et seulement là, son coeur se remit à paniquer. Qu'allait-elle lui dire ? Ils ne s'étaient pas quittés dans la douceur, la dernière fois, presque comme toutes ces autres fois. Elle s'était posée près de lui, sur le fauteuil près du lit, en réfléchissant à sa venue ici. Elle n'avait pas réfléchi, Violet, elle ne s'était pas posé de questions. Au contraire, c'est son coeur qui avait parlé, non pas sa tête. Sa tête, elle, elle était hors service depuis bien trop longtemps. Il avait mauvaise mine, Terrence. La commerçante se sentait mourir intérieurement, coupable de le voir dans cet état alors qu'elle n'y était pour rien à la fois. Si seulement ils ne s'étaient pas disputés, si seulement elle avait été là, elle aurait pu le convaincre de venir ici plus tôt, de prendre soin de lui. Mais elle avait été absente. Absente et exécrable. Il ouvrit enfin les yeux. Elle eut l'impression que tout son être avait repris vie. Quand il prononça son nom, elle sourit doucement en guise de réponse, bien trop lâche pour daigner répondre. Mais il le faudrait, répondre. Elle se contenta de s'avancer vers lui et quand il lui dit avoir mal, elle posa un timide baiser sur son front. Tu veux que j'aille chercher une infirmière ? Habillée dans cette stupide tenue de soirée, les cheveux complètement dépeignés à force d'attendre, elle en ferait rire plus d'une.

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Dernière édition par Violet Cox le Jeu 15 Aoû 2019 - 3:18, édité 1 fois
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Terrence Kelly
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adm h
MessageSujet: Re: Pain is only relevant if it still hurts + Violence   Pain is only relevant if it still hurts + Violence EmptyMer 14 Aoû 2019 - 23:21

Terrence n’avait pas beaucoup de souvenir de cette soirée, il avait perdu connaissance au beau milieu de son magasin et avait entraîné tout un rayonnage dans sa chute sans même s’en rendre compte. Il n’avait pas vu la lumière aveuglante des néons dans les couloirs de l’hôpital, ni même entendu son chirurgien le sermonner alors qu’il plongeait dans le sommeil profond de l’anesthésie. La seule chose qui allait lui rester en tête longtemps ce serait probablement cette douleur insupportable qu’il avait ressenti avant de flancher. Et à présent, à son réveil, il n’avait quasiment plus mal, merci la morphine qui faisait encore effet, il avait encore mal, mais c’était supportable en vérité, tout serait supportable comparé à ce qu’il avait ressentit quelques heures plus tôt. Mais, lui qui ne se plaignait pourtant jamais, à l'hôpital il était totalement différent. C’était un mauvais patient, de ceux qui râlaient toujours, qui disait vouloir rentrer chez lui à qui voulait l’entendre plusieurs fois par jour, qui ne faisait pas d’effort, qui pestait contre la nourriture donnée froide dans les plateaux repas. Il était insupportable et généralement ça fonctionnait bien, on le renvoyait chez lui le plus vite possible pour qu’il arrête d’agacer le personnel. A son réveil il ne dérogea donc pas à la règle, faisant part de son humeur maussade à la seule personne présente, Violet. Cependant il ne le montrait pas mais il était surpris de la voir là, alors qu’elle l’évitait depuis des jours, il se demandait bien comment elle avait pu savoir qu’il avait été opéré. Et depuis combien de temps attendait-elle son réveil. Tant de questions qu’il se posait alors que la seule chose qu’il arriva à articuler fut qu’il avait mal. Il pouvait lire sur le visage de l’américaine qu’elle s’inquiétait, elle était bien différente des dernières fois qu’il l’avait vu, il semblait que toute colère, tout ressentiment se sont envolé, comme par magie. Elle osa même s’approcher et déposer un baiser timide sur son front. Terrence ferma les yeux une seconde pour profiter de cette attention. Avant de grogner quand elle demanda s’il voulait les infirmières. Non. Puis le silence s’installa à nouveau dans la pièce baignée de lumière, Kelly tourna la tête vers la fenêtre, le soleil semblait haut dans le ciel, depuis combien de temps était-il là ? Il resta de longues minutes muet et visiblement Cox n’était pas bavarde non plus pour une fois. Elle devait penser qu’il ne voulait pas d’elle ici, pourtant sa seule présence lui faisait du bien, le simple fait de la savoir là, tout près de lui, apaisait un peu sa douleur. Il laissa passer encore quelques minutes, avant de se retourner vers elle et de la regarder. Ce fut là qu’il remarqua la robe de soirée et son chignon défait. Tu t’es fait belle pour moi ? Fallait pas… j’suis pas vraiment présentable. Il faisait de l’humour, pour détendre l’atmosphère, parce que c’était le plus simple, alors qu’au fond de lui il paniquait en pensant qu’il ne sentait pas du tout sa jambe, il avait peur de voir qu’on la lui avait peut-être amputé pour cette fois. Et puis il était trop épuisé pour lever la tête et regarder ou même simplement le drap pour se rassurer.

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grand kangou
MessageSujet: Re: Pain is only relevant if it still hurts + Violence   Pain is only relevant if it still hurts + Violence EmptyJeu 15 Aoû 2019 - 3:59

L'horloge qui faisait tic-tac, seul son qui lui était rassurant dans cette chambre d'hôpital teintée des bruits des machines et de la respiration forte de Terrence, toujours dans un sommeil anesthésié. Il avait cet air paisible, ses traits normalement tirés qui étaient, à présent, bien relâchés sur son visage, cette ride entre les sourcils qui disparaissait quand il ne les fronçait pas, éternellement contrarié, du moins, aux apparences. Il lui semblait doux, Terrence, alors que rien ne pouvait l'atteindre dans cette bulle de protection qu'était son lit, branché à une machine qui enregistrait son rythme cardiaque, passage obligé après une grande quantité de morphine, et une autre qui lui injectait un genre de soluté dont Violet n'avait pas retenu le nom, loin de la douleur qu'il avait dû subir dans les derniers jours, seule raison pour laquelle l'infection se serait aggravée ainsi. Ça, c'était les dires du médecin qui était venu rencontrer Violet, après l'opération, juste avant qu'on lui annonce qu'il serait placé en salle de réveil sous peu et qu'une fois son état stable et contrôlé, elle pourrait être à ses côtés. C'est ce qu'elle avait fait, Cox, sans s'obstiner, même si son coeur criait de le voir, là, maintenant, tout de suite, parce qu'elle avait eu peu, en recevant cet appel, que la vie lui envoie un signe. À force de repousser le seul qu'elle aimait, elle avait pensé, l'instant d'une seconde, l'avoir perdu pour de bon. Et elle s'en sentait terriblement coupable. Si elle ne s'était pas comportée ainsi, s'ils ne s'étaient pas disputés, elle aurait pu lui venir en aide, il n'aurait pas autant souffert. Elle l'aurait bien vu, malgré son côté obstiné et sa fierté qui ne lui aurait pas fait avouer sa douleur, au militaire, Violet aurait quand même pu déceler les signaux que quelque chose tramait. Mais, au contraire, elle avait été loin de loin, égoïste dans sa bulle de malheur, loin de celui qu'elle aimait. Et, dès la première occasion, la voilà de retour, assise dans ce fauteuil depuis quelques heures maintenant, à regarder son visage endormi et inconscient, à sauter sur le bord de son assise chaque fois que ses yeux semblaient vouloir s'ouvrir, épiant ses réactions pour être la première qu'il voit dès son réveil. Quand il ouvrit enfin les yeux, ce fut un soupire de soulagement qui s'échappa de la bouche de la commerçante avant même quelconque parole inutile. C'était comme si elle avait retenu sa respiration toutes ces heures et qu'à présent qu'il avait les yeux ouverts, elle reprenait conscience en même temps que lui. Mais, rapidement, il exprima sa douleur. Et sans se poser de questions, la belle brune déposa un baiser réparateur sur son front, comme s'il effacerait toutes leurs querelles. Il fallait être naïve pour le penser, elles reviendraient bien assez rapidement, mais pour l'instant, c'était l'inquiétude qui avait pris possession de Violet face à ce Terrence en mauvaise mine. Non, grogna-t-il alors que la brune hochait docilement la tête, le visage long, une émotion s'emparant d'elle. Il tourna la tête, elle eut le temps d'effacer la larme qui s'était formée au coin de son oeil, sans même qu'il s'en aperçoive. Et s'installèrent, entre eux, de longues minutes de silence. Violet avait repris sa place sur le fauteuil, elle fixait le vide, les images de leur dernière dispute qui teintait sa mémoire, qui la rendait à présent mal de s'être déplacée. Mais, sans elle, il aurait été seul. Seul à faire face au pire, si l'opération avait échoué. Seul à remonter la pente. Et, au fond, tout comme lui, elle ne l'avait jamais laissé tomber, même dans leurs plus durs moments. Ce fut la voix de Terrence qui enveloppa la chambre, qui brisa le silence qui s'était installé. Une voix qui se tentait à l'humour. Assise au fond de son fauteuil, Violet le regarda en affichant un mince sourire sur son visage. J'ai pas reçu le mémo pour le dress code, répondit-elle en laissant son chignon complètement décoiffé retomber, ses cheveux encore plus fous une fois lâchés tombant contre ses épaules. Lui, il était toujours beau, même dans cette chemise d'hôpital. Même le visage blême. Violet avança le fauteuil vers le lit de Terrence pour se trouver plus près de lui. D'une main hésitante, elle caressa cette jambe défaillante, bien plus haut que la blessure, pour éviter de lui faire mal. Terrence..., souffla-t-elle alors que ses doigts effleuraient la cuisse du militaire. À quoi as-tu pensé ? Sur son visage, on pouvait lire encore cette inquiétude constante qui s'était installée. À quoi avait-il pensé, son bel amour, d'avoir tu ses douleurs, d'avoir ignoré les messages de son corps. Ses doigts migrèrent contre le bras du malade, là où elle continua ses caresses. Fallait que je me mette belle, j'suis la personne que t'as choisi pour te tenir compagnie, ajouta-t-elle sur le même ton que lui, l'humour teintant sa réplique, décidant de reprendre là où il avait laissé la discussion, lui, incapable de faire complètement face à leur réalité. Pas maintenant. Pas tout de suite.

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adm h
MessageSujet: Re: Pain is only relevant if it still hurts + Violence   Pain is only relevant if it still hurts + Violence EmptyJeu 22 Aoû 2019 - 22:12

Dans tout le gâchis de cette histoire on ne pouvait pas blâmer Violet d’avoir baissé les bras. Elle y avait été poussé par les différentes actions de son amant. Terrence semblait s’être accroché si longtemps au fait qu’il ne pouvait pas être aimé, qu’il n’avait pas le droit au bonheur, qu’au moment où il s’y autorisait enfin il avait simplement reçu le retour de bâton, parlez de karma, peut-être, lui n’en savait rien. Il était juste conscient que la plus grosse responsabilité lui revenait à lui et même si Violet ne l’avait pas épargné ces dernières semaines, c’était le moins qu’il méritait avec tout ce qu’il lui avait fait subir, les espoirs puis les désillusions. Alors la trouver dans cette chambre vide à son réveil c’était presque inespéré. Constater qu’elle s’inquiétait pour lui, malgré tout, il ne le montrait pas mais il était touché. Ce baiser, cette marque d’affection sur son front, presque maternelle, lui prouva à lui tout seul combien elle tenait à lui, visiblement cet incident avait eu pour effet d’enterrer la hache de guerre, c’était probablement provisoire, parce que ça n’effaçait pas tout ce qu’il avait fait, tout ce qui avait été dit, tout le ressentiment qu’ils traînaient encore derrière eux. Mais, au moins pour quelques heures, elle lui était revenue. Terrence n’était pas des plus démonstratifs, Cox le savait bien. C’est pourquoi il laissait le silence retomber sur eux telle une chape de plomb, chacun dans ses pensées, lui se demandant ce qu’il faisait là, sur ce lit avec les douleurs manifestes d’une opération tout juste achevée, il ne ressentait qu’un minimum, il était surtout groggy en vérité, merci les calmants qui faisaient encore bien leur effet. Il se demandait s’il avait vraiment merdé cette fois, au point de perdre tout usage de cette jambe qu’il avait déjà tellement subit, cette question le terrifiait, les réponse qui allaient avec surtout, mais il n’osait pas la poser. Et elle, Violet, assise dans son fauteuil avec sa robe trop habillée pour les circonstances, à quoi pensait-elle ? Regrettait-elle d’avoir annulé ses plans pour courir au chevet d’un si mauvais malade ? Il finit par glisser un regard vers elle et remarquer son allure ce fut sa façon à lui de reprendre un contact difficile. Ouais, t’es un peu trop pomponnée pour l’évènement. Trop sexy même, il ne put s’empêcher de se demander pour qui elle s’était faite belle comme ça alors qu’une pointe de jalousie montait en lui. Les robes qu’ils prêtent ici sont moins agréables à regarder. Du coin de l’œil il observait la brune déplacer le lourd fauteuil pour l’avancer vers lui. Il la vit poser sa main sur sa cuisse et la caresser, le pire n’était pas vraiment de ne pas avoir la force de tendre le bras pour la coucher, non, le pire c’était de ne pas sentir, ou si peu, cette main qui tentait de lui faire du bien. Il avait peur alors il détourna le regard, pour qu’elle ne puisse pas y lire qu’il était pétrifié. Il ne savait pas que l'anesthésie faisait encore effet, assez pour qu’il ne sente rien dans sa jambe, pour lui éviter trop de souffrance. Quitte à lui donner l’impression de ne plus rien avoir du tout. Il serra les dents en entendant sa question, à quoi avait-il pensé… à elle, rien qu’à elle depuis des jours, à se demander nuit et jour comment lui rendre le sourire et l’envie de croire en ses rêves, à défaut de croire en eux. Après un nouveau silence qui en disait long, il accepta de lui répondre. Mais pas à cette question là, plutôt à la suite, plus légère. Surpris il l'interrogea du regard. J’pense pas avoir jamais signé un papier disant que tu serais la personne à contacter… ‘fin c’est pas que… j’comprend pas pourquoi on t’a appelé. Cela faisait des années qu’il laissait la case vide lorsqu’il signait des papiers de décharge ou autre à l’hôpital. Des années à qu'à chaque intervention il se réveillait seul dans sa chambre et qu'il s'était fait à cette réalité. Finalement il soupira doucement. C’est si moche que ça alors ? J’ai réussi à me flinguer pour de bon cette fois ? Et flinguer avec tous ses espoirs de retourner un jour à l’eau après avoir fait tant de progrès en quelques temps. Il n’était pas fier de lui, si c’est ce que vous pensez, il ne voulait pas en arriver là, mais Terrence était de ceux qui se pensaient plus fort que la douleur, qui vivait avec depuis suffisamment d’années pour se dire qu’il avait vu pire, que ça passerait avec quelques cachets, les cachets étaient son meilleur allié depuis le temps.

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grand kangou
MessageSujet: Re: Pain is only relevant if it still hurts + Violence   Pain is only relevant if it still hurts + Violence EmptyVen 23 Aoû 2019 - 5:27

Peut-on dire que Terrence ne récoltait que les débris qu'il avait semés dans cette histoire gâchée par deux âmes qui ne savent pas comment s'aimer ? Violet était contre cette idée, parce qu'au-delà des choses qu'il avait faites, dites ou même faites subir sans vraiment le vouloir, par ricochet de ces choix qui n'était, effectivement, pas toujours les plus judicieux, spécialement pour eux deux, il n'était pas le seul fautif de leur noyade. Si leur embarcation chavirait, si elle avait touché le fond de l'océan de leur amour, ce n'était pas que par sa faute. Violet, elle en avait dit, des choses qui faisaient mal, des mots qui blessaient, ne serait-ce que pour le simple et pur plaisir de voir son homme aussi mal qu'elle aurait pu l'être. C'était puéril et totalement méchant, mais elle l'avait fait. Et elle n'en était pas peu fière, aujourd'hui, alors qu'elle le regardait endormie artificiellement, assommé par cette drogue de morphine anesthésique qui le contrôlait, sans savoir si le réveil serait brutal, rapide ou douloureux. Elle attendait, depuis de longues heures, se repassant leur histoire d'amour en tête, se trouvait toujours plus stupide de visionnement en visionnement pour ses réactions, parce qu'au-delà de tout, l'amour triomphait. Et la peur. La peur de l'avoir perdu, à tout jamais. La peur qu'il ait perdu l'usage de cette jambe déjà assez encombrante pour lui, qui l'avait privé de bien des choses, dont de sa passion de l'océan. Non pas parce que Violet l'aimerait moins s'il perdait l'usage de ce membre, il pouvait avoir neuf doigts en moins que les sentiments de la commerçante ne seraient jamais diminués. C'était pour lui, qu'elle avait peur. Fier comme il l'était, il ne supporterait pas cet échec, à ses yeux, il ne pourrait vivre avec son infirmité. Il se laisserait périr, se détruirait, petit à petit, en peine de cette jambe en moins. Violet priait pour que le verdict joue en sa faveur, pour que Dieu, s'il existe, lui fasse ce cadeau. Et même s'ils se perdaient au passage, même s’il fallait laisser leur amour pour qu'il retrouve son bonheur, Violet en était prête. Il ouvrit finalement les yeux sur une vision de son amante en tenue de soirée, bien trop échevelée, ce qu'il commenta sans attendre. Violet jeta un oeil à sa tenue alors que le militaire l'avait décrite de trop pomponnée pour l'événement. Dans leur quotidien, elle ne portait presque pas de maquillage, qu'un peu de mascara hydrofuge pour définir son regard et, parfois, un peu de brillants pour les lèvres, mais pas trop, parce que la brise avait tendance à se lever, sur Horshoe Bay, et faire coller ses cheveux qu'elle ne coiffait qu'à peine, préférant les laisser vaguer naturellement de l'eau salée dans de douces ondulations de sirènes. Elle ne portait pas ce genre de robes, ni même ces chaussures à talons hauts, préférant les laisser à ces femmes qui incarnaient la féminité bien mieux qu'elle. Elle ne les enfilait que les soirs d'événements, les galas et les soirées organisées par le Maire, ou jadis quand elle avait des rencards. Mais, dans la dernière année, ça n'avait pas été le cas. Le seul à voler son coeur, même lorsqu'il avait été loin d'elle, c'était celui qui se réveillait à peine. Et, Terrence, il n'avait pas l'âme d'un romantique. Il ne sortait pas sa belle pour dîner dans ces restaurants qui nécessitent belles robes et talons. Ils se contentaient de sa caravane, de Stan, d'un peu de musique et d'un bon repas au bruit des vagues qui claquaient dans sa cour arrière. Yeux sur cette tenue, Violet était songeuse de son apparence un instant avant de chasser ses pensées et de défaire son chignon, secouant sa tignasse brune pour révéler les mèches rebelles qu'elle y cachait. Et elle sourit au compliment déguisé qu'il lui glissa. Elle te va pas si mal, à toi, répondit-elle avec l'humour qu'il avait tenté d'incruster entre eux avant de poser un nouveau geste d'affection sur son corps, hésitante, sa main qui trouva refuse sur la cuisse blessée de son homme, la peur qui gagnait sa voix. Terrence détourna le regard, Violet l'imita, tournant ses deux prunelles noisette vers la porte qui menait au couloir où les infirmières déambulaient. Et il ignora sa question. Violet soupira discrètement avant de retirer cette main qui caressaient pour rien la peau de l'homme, visiblement incapable de recevoir son affection. Terrence laissa le silence s'installer entre eux, silence qui commençait à se faire lourd, alors que la brune calait son dos dans le fond de son fauteuil, tentant tout de même de laisser l'humour regagner leur conversation inexistante. Je sais, dit-elle en pinçant les lèvres, quand il tenta de se justifier, d'éviter de la faire passer pour moins importante qu'elle l'était. Tu m'as réclamé, ajouta-t-elle d'une toute petite voix. Il ne s'en souvenait pas, de toute évidence, l'anesthésie qui avait déjà commencé à faire son effet à ce moment-là. Tu devais être vachement dans les vapes, d'ailleurs, pour penser à moi avant ton opération. Violet souriait en coin, éloigné de lui, un sourire triste qui trahissait qu'au travers du ton d'humour qu'elle employait, il y avait bien plus sérieux que ça. Toute la peur, tout l'amour, toute la tristesse qu'elle avait eus en recevant cet appel terrifiant et l'absence de questions qu'elle s'était posées avant d'arriver à lui. Parce qu'elle l'aimait, tout simplement. Et c'était la chose à faire. Terrence osa lui demander des informations sur sa blessure, croyant tout de suite qu'il n'avait aucune chance de s'en sortir. Elle s'avança sur le bout de son siège. Regarde moi, ordonna-t-elle fermement. Dans ses yeux bruns-verts, on pouvait y voir le reflet de ses larmes qu'elle tentait de retenir. J'te laisserai pas tomber, lui dit-elle avec conviction. T'as pas tout perdu. La brune secouait la tête. Tu nous a flanqué une bonne trouille, oui. Mais t'as pas tout perdu. Il avait elle, à commencer. Et il retrouverait l'usage de cette jambe. Tôt ou tard. Elle le savait. Elle le croyait. Elle en avait la conviction. J'ai pas tout compris, j'vais t'avouer. J'étais pas très attentive..., Violet baissa les yeux. Elle ne pensait qu'à lui, à cet instant, elle n'avait pas compris la moitié de ce que l'on lui avait dit. Y'a un fragment de la balle qui est logée dans ta jambe qui s'est détachée. Ça devait bien faire quelques jours, parce que l'infection était assez grave... T'as dû trainer ce mal longtemps... Il n'y avait pas de reproche dans sa voix, plus une compassion et une peur que toute cette histoire ait pu dégénérer plus encore. Ils ont opéré et ont pu repérer les fragments qui s'étaient échappé. Cependant, ils avaient touché des nerfs et des tissus assez importants. Violet afficha un doux sourire réconfortant sur ses lèvres. J'crois que le pire des scénarios, ce sera la réhabilitation. Mais attendons de voir ce que le médecin aura à dire, quand il passera nous voir, d'accord ? Nous, comme s’il y avait encore un nous entre eux. Si elle était là, c'est parce qu'il avait succombé à une détresse fiévreuse et non de son plein gré. Mais Violet se voilait derrière la demande de Terrence, comme si elle comptait bien plus que ce qui en était réellement. Y'a encore ce truc qui t'engourdit, elle pointait le cathéter qui lui injectait un médicament, anti-douleur ou quelque chose du genre, pour panser ses blessures. J'vais voir si on peut te l'enlever. T'as faim, tu veux que je te ramène quelque chose à manger ? Parce que si elle n'avisait pas le personnel médical du réveil de son homme, jamais ils ne seraient au parfum quant aux résultats de l'opération.

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adm h
MessageSujet: Re: Pain is only relevant if it still hurts + Violence   Pain is only relevant if it still hurts + Violence EmptyMar 27 Aoû 2019 - 15:41

Il était évident que Terrence trouvait Violet attirante dans ce genre de tenue, il faudrait être difficile pour penser le contraire. Même s’il n’était pas dans le meilleur état pour apprécier le coup d’oeil, même s’il n’avait pas l’habitude de la voir habillée ainsi. Généralement elle était plus court vêtue, plus décontractée aussi, avec ses shorts et hauts légers pour traîner sur la plage, ou ses bikinis quand il avait de la chance, avec ses cheveux détachés qui se coiffaient au gré du vent et sans maquillage, ou si peu. Elle était belle au naturel, Violet, c’est comme ça qu’il en était tombé amoureux et comme ça qu’il la préférait. Et puis il ne lui avait jamais offert l’occasion de s’apprêter un peu plus, les rendez-vous galants au restaurant ce n’était pas tellement son truc, au commerçant. Pourtant la voir ainsi le ferait presque mentir, il donnerait tout pour qu’elle se fasse belle, rien qu’une fois, pour pouvoir admirer la cambrure de ses reins dans une robe près du corps, la longueur de ses jambes fines dans des talons hauts, d’embrasser ses lèvres peintes en rouge et sentir une odeur de parfum un peu plus accentuée dans le creux de son cou. Il avait envie de la désirer ainsi, de résister toute la soirée pour avoir le privilège, à la fin, de pouvoir lui retirer tous ses artifice de séduction et qu’elle lui revienne, à l’issu d’une attente délicieuse, aussi naturelle qu’elle pouvait l’être, sans rien sur elle. Mais ce ne serait qu’un fantasme, parce qu’à présent toute tentative de séduction était reléguée au passé entre eux. Ils n’étaient plus que l’ombre de leur couple et Terrence que l’ombre de lui-même, sur ce lit d’hôpital. Quand bien même, selon Violet, la blouse lui irait bien, il en doutait d’ailleurs. Cox s’était approchée de lui et à présent elle caressait sa jambe, réussissant à trouver un morceau de peau qui n’était pas couvert par le drap. Il n’était pas contre ce genre de gestes, surtout venant d’elle, mais à ce moment précis, ne sentant rien de la caresse et s’inquiétant trop de la raison pour laquelle il en était privé, il avait bien d’autres choses en tête que de lui tendre la main pour prendre celle de la brune, s’aurait été plus tendre, moins brutal que son regard qui se détournait du sien pour aller se perdre dans l’extérieur que lui offrait la fenêtre, il tentait de s’y évader, de s’aérer l’esprit, mais celui-ci était récalcitrant, il tournait trop, il cogitait et Terrence savait que le plus simple serait de poser les vraies questions à ceux qui savaient, à Violet peut-être, ou bien en appelant un médecin. Mais les réponses l’effrayaient encore plus que le flou artistique dans lequel il baignait. Il réussit à briser le silence dans lequel il se terrait parce qu’il était surpris d’apprendre qu’elle avait été celle que le personnel avait contacté pour venir à son chevet, encore plus en apprenant qu’il l’avait réclamé. Il fronça les sourcils en la fixant. Evidemment qu’il l’avait voulu elle et personne d’autre, même dans les vapes, même assommé par la douleur ses pensées le ramenaient à elle, inexorablement. Et elle se trompait en insinuant qu’il aurait été capable de penser à autre chose ou à quelqu’un d’autre qu’elle, l’américaine était l’objet de tous ses doutes, de toutes ses peurs mais aussi de ses quelques espoirs, elle hantait son esprit, parfois en mal, surtout ces derniers temps, mais généralement elle l’apaisait, elle lui faisait du bien. S’il avait fallu que ce soient mes derniers instants je suis soulagé de savoir que c’est avec toi que je les aurais passé. Légèrement mélodramatique, le surfeur shooté à la morphine. Il afficha un sourire las, s’aurait pu être un bon moment pour se relever, la prendre dans ses bras et l’embrasser, hisser enfin le drapeau blanc en signe qu’ils en avaient fini avec cette guerre qui les minait tous les deux. Oui mais voilà il était cloué à son lit, cloué par les calmants, cloué par la peur de tout avoir perdu en plus d’elle. Alors la paix ce serait pour plus tard, si la chance lui était donnée, si elle ne prenait pas peur face au handicapé dont elle était stupidement tombée amoureuse. Et puis qu’il n’y tenait plus et qu’il faudrait bien qu’il ait des réponses, Terrence se décida à demander, en teintant ses mots d’humour, même si sa question était lourde de sens. La brune ne le prit pas avec autant d’humour que lui, de toute évidence, alors qu’elle prenait un ton dur et autoritaire pour le forcer à la regarder dans les yeux. L’heure était grave, mes amis, ses premiers mots semblaient tous aller dans le sens qu’il pensait, il avait tout foiré. Mais finalement elle lui expliqua de façon décousue comme la balle, sa fidèle compagne depuis des années déjà, avait doucement continué son entreprise de destruction jusqu’à leur faire une grosse frayeur, parce qu’il ne s’était pas écouté. Donc il avait encore sa jambe, l’usage ce n’était pas garanti, mais elle était toujours là. Sûrement parce que son chirurgien favori avait tout fait pour la sauver, il connaissait trop son patient et savait que s’il la lui avait amputé il aurait eu affaire à lui, mais Kelly savait qu’il était le meilleur dans sa spécialité, il lui faisait toute confiance pour faire des miracles avec son massacre à lui. Il soupira de soulagement, tout n’était pas perdu finalement, la pression commençait à redescendre. Violet n’avait pas tort le plus difficile serait la rééducation, mais il était déjà passé par là, il savait, et pour ça il était tenace, s’il y avait un espoir, même infime qu’il remarche, alors il allait y arriver. Et à entendre la belle, elle comptait bien être à ses côtés, ce qui faisait du bien à son ancien amant, il ne lui dirait pas, il était trop fier, mais il avait besoin d’elle. Il releva la tête vers la perfusion qui venait se loger dans son bras, voilà pourquoi il ne sentait pas ses caresses. Ma meilleure amie, la morphine. Sa main vint trouver celle de Violet et il la serra, s'autorisant enfin un peu de douceur et de chaleur envers celle qui lui faisait tant de bien même si elle ne s'en doutait pas. Merci d’être venue.... et restée. Il secoua la tête alors qu’elle se levait. Non, j’veux rien, un verre d’eau ce sera bien. Quitte à être là, autant profiter de son shot d’anti-douleurs offert, il n’aurait pas fait le voyage pour rien et au moins il ne sentait pas la douleur, si la dose était aussi forte c’était certainement parce que la douleur serait difficile à tenir sinon. Si tu trouves ce bon vieux professeur Hope dans les couloirs, dis lui qu’il ne se débarrassera pas de moi cette fois encore. Hope, c’était un nom presque providentiel pour celui qui tentait par tous les moyens de sauver la jambe de son patient le plus imbuvable depuis des années.


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grand kangou
MessageSujet: Re: Pain is only relevant if it still hurts + Violence   Pain is only relevant if it still hurts + Violence EmptyLun 2 Sep 2019 - 6:17

Soirées galantes, tenues habillées, ce n'était pas eux. Sable sur leurs pieds, vêtements de plage, sels dans les cheveux, soleil qui dorait leur peau, ça leur ressemblait plus. Et, au fond, Violet n'avait jamais eu besoin de plus que ça. De plus que son regard dans le sien, qu'il la trouve belle avec ses vagues sans les cheveux et son trop peu de maquillage, qu'il la dévore du regard avant de tirer sur les ficelles de son maillot de bain qui couvrait déjà trop son corps. De ces longues soirées sur la plage à discuter de leur passion commune, seul sujet de conversation qui ne créait pas d'accros entre eux, bière en main, Stan sur leur talon, un couché de soleil en toile de fond. De ces nuits à faire l'amour sur le matelas bruyant de sa caravane, les draps qui avaient maintenant l'odeur de la brune et sa forme imprégnée parce qu'elle était la seule à s'y glisser à présent. De ces moments de répit, cigarette en bouche, où il la regardait grimacer à l'odeur de la nicotine qui embaumait leur bulle d'amour. Toutes ces choses, c'était eux. Bien qu'elles ne soient plus, c'était eux. Pas cette robe. Pas ces chaussures qui claquaient et qu'elle avait envoyé balader contre le sol durant cette attente bien trop longue avant que son Terrence n'ouvre enfin les yeux. Mais si il le lui demandait, ne serait-ce que pour une soirée, d'enfiler une robe ajustée, de peindre ses lèvres en rouge, de se percher au sommet de hauts talons et de saupoudrer son cou d'une douce odeur de parfum, s'il l'invitait, un soir seulement, dieu qu'elle se mettrait belle pour lui. Elle vivait possiblement dans une autre vie, Violet, dans une vie volée par leurs querelles qui, à présent, avaient teinté leur présent d'une sombre tristesse, dépouillée de toute affection l'un envers l'autre, rompu de cet amour qui brûlait encore bien trop fort au fond de son coeur, sa main qui avait cessé ses caresses contre la jambe meurtrie de son amant, son coeur lourd, bien trop lourd, entre la tristesse de leur séparation et la peur de l'avoir presque perdu à tout jamais. Courant électrique qui passa au travers de son corps alors qu'il désigna son soulagement, sourire triste qui reposa sur le visage de Violet devant la beauté, mais aussi, la tragédie de ses paroles. Tu ne te débarrasseras pas de moi aussi facilement, Kelly, lança la brune en cachant sa douleur. Elle avait mal. Elle avait mal de s'être éloigné de lui. Mais, à présent, il était impossible de reprendre là où ils avaient laissé leur relation. Pas après les dernières semaines. Pas après leurs derniers échanges tous plus ponctués, les uns des autres, de cette haine et de cette douleur qui s'était installée entre eux. Impossible de tout effacer. Impossible de reprendre à zéro. Et malgré tout, elle s'était tout de même rendue à l'hôpital, dans cette tenue misérable, prête à y passer les prochaines nuits s'il le fallait, prête à tout pour lui. N'était-ce pas ça, au fond, l'amour ? Elle lui expliqua alors pourquoi il ne sentait rien, pourquoi sa jambe lui sentait si loin, tentant de rafraîchir sa mémoire quant à ce qui lui était arrivé dans les dernières heures alors qu'il avait été complètement inconscient des actes médicaux qui avaient été proférés autour de lui. Morphine, douce morphine, qui l'empêchait de souffrir, qui engourdissait son corps, mais non pas son coeur, alors qu'il venait serrer la main de la brune, Terrence qui était du genre à limiter ses marques d'affection, la remerciant d'être venue, mais surtout d'être restée. Elle esquissa un sourire aux coins de ses lèvres rougies par son Chanel réservé aux évènements spéciaux, sa main qui reposait toujours dans celle du surfeur fatigué, son pouce qui caressait la sècheresse de ses mains d'homme, qui en effleurait le revers avec douceur avant de glisser le long de ses doigts et de briser à nouveau cette étreinte. Elle se leva, s'approcha de la porte, il lui refusa un repas, quémandant qu'un simple verre d'eau, puis avant qu'elle ne s'éclipse il lui parla de celui qui était responsable de sauver cette jambe, celui qui lui donnerait peut-être l'espoir qu'elle ne le laisser pas tomber indéfiniment. Violet hocha la tête et poussa la porte de la chambre. Dès qu'elle fut à l'extérieur, elle longea le mur du long couloir, ses yeux se remplissaient d'eau, de larmes de rage, de peur, de tristesse, de désespoir. Elle lova son dos contre le mur blanc, ses mains qui rejoignaient son visage pour laisser quelques larmes timides couler sous le poids de la fatigue, mais surtout de l'émotion. Elle l'aimait. Aucun doute qu'elle l'aimait. Mais elle n'était pas certaine qu'ils étaient assez forts pour passer au travers des derniers mois, sans égratignures, sans séquelles. Ou même qu'ils puissent retrouver un jour leur amour perdu. Elle essuya ses larmes du revers de la main avant de se laisser engouffrer dans les couloirs des ailes médicales.
De longues minutes s'étaient écoulées avant qu'elle ne revienne à la chambre. La porte s'ouvrit sur un Terrence aux yeux fermés. Elle ne savait pas trop s'il s'était à nouveau endormi ou s'il attendait simplement son retour. Elle posa le verre d'eau sur la table de chevet près du lit ainsi qu'une part de tarte à la lime qu'elle avait prise spécialement pour lui, bien qu'il lui avait spécifié ne pas vouloir manger. Elle reprit place dans le fauteuil, replaçant les mèches des cheveux de l'homme qui étaient en désordre sur son visage, puis murmura sans le quitter des yeux : J'aimerais pouvoir revenir en arrière, mon amour, contrôler cette rage qui m'a séparé de toi... sans savoir s'il l'avait entendu.

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MessageSujet: Re: Pain is only relevant if it still hurts + Violence   Pain is only relevant if it still hurts + Violence EmptyLun 9 Sep 2019 - 23:46

Qu’est ce qu’il ne donnerait pas pour une clope face à la mer. Sur son lit dans cette chambre baignée de lumière, Terrence réalisait petit à petit qu’il allait à nouveau passer des heures et des jours à l’hôpital, enfermé, emprisonné. Lui qui avait besoin du grand air, d’espace, il savait qu’il avait trop tiré sur la corde, il était le seul à blâmer dans cette histoire, comme toujours. C’était comme si toute la vie du surfeur était faite de mauvais choix. Et malgré ça, dans tout cet océan d’erreurs. Violet était encore là, elle avait voulu le détester, elle lui en voulait, il avait gâché sa vie. Mais à son réveil son visage était le premier qui illumina ce retour à la réalité. Kelly était pourtant trop absorbé par cette peur qui le hantait, celle d’avoir perdu ce membre une bonne fois pour toute, gâchant tout son bonheur de retrouver enfin un peu de paix avec la brune. Il n’appréciait pas ses caresses, il en était incapable, puisqu’il ne les sentait pas, il était tout autant incapable de soutenir ce regard qu’elle posait sur lui, qui le réchauffait et le transperçait douloureusement à la fois. Il y avait tant de choses qu’il ne disait pas, même son aveu à demi soufflé, réalisant à peine ce qu’il venait de dire sous le coup du shoot de médicaments, tout était difficile face à la personne qu’il aimait si maladroitement depuis des années. Pour mieux faire passer les choses Violet eut l’intelligence de le prendre avec humour, le drama était derrière eux, ou ils le reprendraient plus tard si besoin, mais à ce moment précis, dans cette chambre silencieuse ils aspiraient à un peu de paix, le calme après la tempête pour apaiser les cœurs meurtris. C’était dans les moments les plus difficiles qu’il avait besoin d’elle, besoin d’un soutient qu’il ne réclamait jamais, il ne le lui prouva que par cette main qu’il glissa dans la sienne, ces quelques mots pour la remercier d’être venue jusqu’ici et d’être encore là. Terrence ne parlait pas beaucoup, l’américaine le savait, mais il savait choisir ses mots, souvent maladroits mais toujours francs, pour exprimer ce qu’il ressentait, il ne la remerciait pas d’avoir eu pitié de lui ou de sa compassion, il la remerciait d’être cette femme-là, celle qui le bouleversait depuis si longtemps et qui le touchait en plein cœur, un peu plus tous les jours. Mais il ne fallait pas trop en dire, sous peine de se perdre, alors il la laissa partir chercher les médecins, à manger ou simplement un peu d’air en dehors de cette chambre ou le silence retombait si facilement comme une chape de plomb entre les deux amants. Terrence était épuisé par l’opération et sûrement qu’en plus de sa jambe son corps tout entier disait stop, il implorait le répit, la tension infligée depuis des mois à cause de leurs querelles. L’esprit qui cherchait à prendre le dessus depuis trop longtemps et qui faisait oublier à Terrence qu’il n’avait plus le même physique qu’avant, il était blessé, intérieurement c’était certain, mais il avait trop donné le change alors qu’extérieurement il n’en menait pas large non plus. Il en avait trop fait et à présent il était cloué à ce lit, repos forcé pour une âme qui ne demandait que ça, finalement. Alors il battait en retraite, en fixant la fenêtre il laissa ses yeux papillonner jusqu’à tomber dans un demi sommeil, à peine conscient des petits bruits qui le berçaient, il apprécia enfin la quiétude retrouvée, celle de son cerveau qui se mettait enfin en veille et de cette douleur qu’il ne sentait plus, il savait que ce serait temporaire, les souffrances reviendraient, mais pour l’heure il était bien et il savait que Violet n’était pas loin. La porte claqua doucement, il l’entendit au loin, du fond des limbes, il sentit aussi cette présence qui le réchauffa instantanément et au contact de ses doigts sur son front il esquissa une ébauche de sourire, même s’il ne s’en rendit pas compte. Et puis cette voix qui venait doucement le tirer de ses rêves sans images. Juste parce qu’il était bien et aussi peut-être parce qu’il avait peur que s’il ouvrait les yeux il se rende compte que tout ça n’était qu’un songe, il garda les yeux clos encore quelques instants. Enfin une larme s’échappa sur son visage, il n’avait pas pleuré depuis si longtemps qu’il ne s’en souvenait plus, mais les calmants le rendaient visiblement émotif, ou bien était-ce une sorte de délivrance ? Enfin il s’autorisait à laisser s’échapper la peine d’être encore si proche de celle qu’il aimait alors qu’il l’avait perdue. Pardonne-moi, Violet. Il avait articulé ces mots d’une voix éteinte, à peine audible, puis il ouvrit les yeux mais s’obstina à garder le visage fixé vers le plafond pour ne pas affronter ses yeux ni qu’elle voit les larmes qui menaçaient de déborder des siens. Pas maintenant si tu n’en es pas capable. Mais pardonne-moi, un jour. Je n’ai pas pu changer celui que j’étais avant toi, ni les erreurs qui m’ont autant détruit que façonné. Mais j’ai changé, pour toi, j’ai essayé de devenir un homme meilleur. Et même si tu n’as vu que les échecs. Et même si ceux-là t’ont brisée, j’ai changé. Pardonne mon passé d’avoir brisé notre avenir. Le silence se fit à la suite de ce cri qui montait du fond de ses tripes. Terrence soupira puis sa respiration se fit à nouveau plus lente, il sombrait à nouveau.


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grand kangou
MessageSujet: Re: Pain is only relevant if it still hurts + Violence   Pain is only relevant if it still hurts + Violence EmptyMer 11 Sep 2019 - 6:18

Leur passion remplie de violence avait animé leur relation depuis le tout début. Ébats pressés, querelles cauchemardesques, bons et mauvais souvenirs tous teintés de cette violence qui les animait bien malgré eux, bien plus profondément qu'ils l'auraient souhaité. Toute leur histoire reposait sur ces braises qui les enflammaient, qui conduisait l'électricité de leurs pulsions. Et même dans la colère, il y avait de l'amour. C'était bien ce qui expliquait leur impuissance l'un envers l'autre, ce besoin de toujours se retrouver, et ce même lorsqu'ils imploraient de tout abandonner. Violet, elle, gravirait tous les monts pieds nus, traverserait toutes les mers transgressant sa peur qui lui en empêchait pour le retrouver, pour lui faire comprendre que malgré toutes leurs tentatives pour s'éloigner, il était sa raison de respirer. Dos appuyé contre la porte de la chambre, elle avait besoin qu'ils ouvrent les yeux, qu'ils cessent les batailles, que le feu s'éteigne. Elle avait besoin qu'ils cessent de lutter contre l'évidence même qu'ils s'aimaient à en mourir. Violet avait la peur au ventre, le courage envolé, peur que son amant n'ait plus la force de remonter la pente, de guérir. Elle avait eu peur de le perdre une fois pour tout et de laisser dans son esprit comme dernier souvenir une énième guerre qui pesait lourd. Et elle s'y opposait, elle refusait de laisser la vie les briser, de balayer la dernière année et ces sentiments qui malgré la rage étaient toujours bien présents.Elle retrouva le chemin de la chambre le coeur bien plus léger pour y découvrir un Terrence assoupi, corps fatigué de combattre pour lui la douleur silencieuse constante de sa jambe meurtrie. Sourire soulagé sur ses lèvres d'enfin le voir apaisé, son corps se laissa guider vers lui, ses mains retrouvèrent les mèches rebelles de ses cheveux bien trop longs et négligés des dernières semaines chaotiques pour les coiffer, confessions qui accompagnaient son geste. Et comme s'il l’avait entendu, le militaire esquissa l'ébauche d'un sourire au travers des gestes doux de sa belle, réchauffait le coeur de Violet, loin de se douter qu'il avait assimilé chacune de ses paroles. Elle ne vit pas la larme rouler sur la joue de Terrence, par chance, son coeur ne l'aurait pas supporté, mais elle perçut tout de même sa voix tremblante se briser alors qu'il lui implorait un pardon, lui qui, même assoupi, s'était montré à l'écoute de la belle, ses sens tous aiguisés quand elle était près de lui. Il ne se contenta pas de ces trois mots, yeux maintenant fixés vers le plafond, évitant tout contact avec elle comme pour protéger son coeur d'une éventuelle blessure évidente. Violet, silencieuse, laissait toujours ses doigts caresser le front du brun dans un mouvement lent alors qu'elle prenait conscience que le bleu de ses yeux sombre et mystérieux miroitait à présent de petites larmes qui semblait vouloir contrôler, défiant de s'écrouler contre sa peau pâle, affaiblit par l'opération, suivit d'un soupire presque de soulagement alors que toute sa peine venait de le quitter, yeux qui s'alourdissait face à cette nouvelle légèreté. La commerçante arrêta ses mouvements, le silence qui perdurait quelques instants de plus alors que son propre coeur qui s'affolait avait du mal à battre convenablement. Tu es déjà pardonné, finit-elle par lâcher. Ces disputes n'avaient plus de sens, lutter contre lui non plus. Elle le voulait, lui, comme il était, avec ses erreurs et ses défauts qui avaient fait de lui l'homme dont elle était bien trop amoureuse. Je n'ai pas envie de pardonner ton passé. Je te veux, toi, comme tu es. Parce qu'il l'avait changé, elle aussi, de par son passé et que sans ce dernier, ils ne seraient pas les amants qu'ils étaient, complexes mais emplit de cette adulation. Ne me laisse plus te quitter, mon amour. Elle lui sourit, espérant qu'il accepte de la garder à ses côtés, que lui aussi la pardonne de ses fautes. Elle savait bien que leur histoire ne se résoudrait pas aussi facilement, qu'ils leur resteraient bien des choses à mettre au point, mais elle n'imaginait à présent plus sa vie sans lui. C'est à cet instant qu'on est supposé s'embrasser, je crois, non ?, demande-t-elle, sourire sur les lèvres, larmes aux yeux, dans cette robe de soirée qui étaient à présent toute plissée. Derrière elle, la silhouette d'un homme vêtu d'un long sarrau blanc se dessina. Hope, aux nouvelles, prêt à leur expliquer l'issue de l'opération. Violet attrapa la main de Terrence, courage qu'elle lui transmettait au travers de ce simple geste, attentive à ce que le médecin avait bien à leur dire. Elle serait là, même s'il fallait lui retirer sa jambe.

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