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 Nous avions créé notre monde. C’était nous contre eux. - EZRA'

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MessageSujet: Nous avions créé notre monde. C’était nous contre eux. - EZRA'   Jeu 11 Oct 2012 - 19:20

“ Nous avions créé notre monde. C’était nous contre eux. ”


Les portes automatiques de l’hôpital se referment derrière moi, la journée est enfin terminée enfin devrais-je dire la nuit. Je regarde ma montre qui m’indique huit heures. A l’heure où les personnes partent travailler, moi je rentre dormir où est la logique ? Mon ventre cri famine, mon dernier repas j’ai dû le prendre sous les coups de dix heures hier soir, juste avant de prendre mon service. La soirée a était longues, les urgences se sont très rapidement accumulées, c’est en ça que je n’aime pas les hôpitaux publics. Mais c’est ainsi, je m’en contente et au moins je n’ai pas le temps de penser durant le temps passer ici. La pluie commence à tomber par petites gouttelettes. Je me frotte frénétiquement les yeux avant de rejoindre dans une foulée rapide ma tendre voiture. Je dors mal en ce moment, en fait ce serais plus juste que je ne dors que par besoin depuis des années déjà. Trop de pensées, trop d’images hantent mes nuits. Je m’endors par dépit, lorsque mes yeux ne tiennent plus ouvert, que mon corps devient trop lourd pour que je puisse le porter. Les journées sont longues puis j’ai la sensation étrange qu’elles sont toutes semblables les unes aux autres. Je regrette presque le temps où j’étais infirmière militaire… En fait je pense que je le regrette vraiment...

C’était dur, comme c’est impossible de l’imaginer tant que l’on ne l’a pas vécu. Voir des personnes avec qui vous vivaient constamment, franchir le seuil de la tente qui vous sert d’infirmerie couvert de sang, bien amoché. C’est dur, très dur même par moment. Mais c’était mon choix je ne l’ai jamais regretté. Je n’aurais jamais pu être une simple infirmière de quartier, j’avais un besoin d’aventure à assouvir, un besoin de reconnaissance surtout je pense. Puis j’y ai rencontré Ezraël. Je pourrais vous écrire un roman à son sujet. Dans toute cette pénombre il était ma lumière. Entre nous c’était une évidence, même au milieu de nulle part il a réussi à me redonner le sourire lorsque je n’arrivais plus à trouver la raison de ma présence là-bas. Mais mon père a toujours dit que les Hommes n’étaient pas sûr terre pour être heureux. Je pense sincèrement qu’il a raison. De toutes les horreurs que la guerre nous peut nous apporter, la perte d’un être aimé est la pire chose qui peut vous arriver. C’est tellement difficile à accepter, c’est même impossible. Trois ans se sont écoulés pourtant mon deuil n’est toujours pas fait. Ça fait trois longues années que je vie avec l’impression que je le verrais un jour franchir le seuil de la porte, que je me réveillerais d’un cauchemar interminable et qu’il sera à mes côtés… Depuis son départ, oui départ pas mort je n’arrive pas à m’y résigner, tout es plus dure. Même si nous n’avons pas eu le temps de vivre ensemble dans le civil, ce que l’on a vécu était tellement fort, tellement intense. Une chose est sûre, jamais personne ne pourra l’effacer de ma vie, ni même de mes pensées.

Les carrefours s’enchainent, je ne suis plus très loin de chez moi, juste un petit saut par un coffee shop histoire de faire taire mon ventre qui cri encore famine, sinon jamais je n’arriverais à m’endormir. Les personnes commencent à sortir de chez eux, le monde commence à s’entasser vers les écoles, des enfants et adolescent courent dans tous les sens. Je redouble de prudence, je n’aime déjà pas conduire, mais alors conduire lorsqu’une masse de piéton va et vient, très peu pour moi… Alors que je suis plongé dans mes pensées arrêté à un feu rouge à quelques mètres à peine de mon point d’arrivé, une silhouette au loin m’interpelle. Au milieu d’une foule, la pluie tombe encore par bride, je n’arrive pas à quitter cette silhouette des yeux. Tout le monde cour dans tous les sens entre les derniers collégiens étourdis qui risque d’être en retard et les travailleurs se dépêchant de trouver refuge dans leur bureau surchauffer, cette silhouette était différente. Ezraël… Ce mirage je l’ai eu d’innombrable fois. Surtout à mon retour d’Irak. J’avais l’impression de le voir partout, ça m’avait quitté un temps mais la fatigue doit la faire ressurgir. Comme je l’ai toujours fait, il faut que je vois de mes propre yeux cette personne comme pour me convaincre que ce n’est pas lui. Le feu passe au vert, je gars ma voiture en double file, coupe le moteur et saute à l’extérieur. Je traverse la route sans même regarder, je suis juste obnubilée, même les coups de klaxons des chauffards excéder ne m’atteignent pas. Mes pas s’enchaînent, je cours sans même m’en rendre compte, alors que j’arrive presque à son niveau un homme surgit de nulle part munie d’un café brûlant. Il ne faut pas un grand sens de déduction pour comprendre que ce qui devait arriver arriva… « VOUS POURRIEZ FAIRE ATTENTION ! » Je me stop net, les paroles de ce quadragénaire excéder me sorte de ma transe. A moins que ce soit la vision de son visage lorsqu’il s’est retourné sous les cris de ma victime. « Vous pourriez au moins vous excuser.. » Ses paroles ne m’effleurent même pas, à vrai dire je ne l’entends pas. Mon visage se décompose, l’impression étrange d’être dans une vieille série B américaine mielleuse. Ou alors juste l’impression de voir un fantôme du passé. « je suis désolé… » Le murmure c’est juste échappé de mes lèvres, mon visage est défait, je secoue légèrement la tête, je suis fatigué… C’est ça la fatigue…

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MessageSujet: Re: Nous avions créé notre monde. C’était nous contre eux. - EZRA'   Sam 13 Oct 2012 - 0:11


nous avions créé notre monde,
c'était nous contre eux

Solweig & Ezraël.



Ezra avait regardé les heures tourner sur son réveil sans réussir à se rendormir, ou bien à se lever, il avait laissé s’écouler la nuit et lorsque finalement son réveil sonna à 7h, il avait simplement écrasé le bouton arrêt pour éteindre la sonnerie stridente. Des nuits sans sommeil, c’était son lot quotidien, il redoutait presque tous les soirs le moment de se coucher, s’abrutissait devant la télé qu’il ne regardait pas vraiment, trop perdu dans ses pensées. Il était arrivé à Bowen depuis quelques semaines déjà et son visage à elle le hantait. Il était là pour la retrouver, il voulait la reconquérir et pourtant à chaque fois qu’il s’approchait de sa maison, de son lieu de travail, à chaque pas qu’il faisait vers elle, il reculait d’autant plus, la peur le paralysait et il n’arrivait pas à se résoudre à l’aborder. Comment le pouvait-il ? Il avait disparu de sa vie depuis trois trop longues années, elle le croyait mort, elle avait dû recevoir un magnifique drapeau américain, elle avait dû enterrer un cercueil vide en son nom, elle avait dû faire son deuil et tenté de se reconstruire. Alors comment pouvait-il débarquer dans sa vie et simplement lui dire qu’il est en vie ? Bordel c’était impossible. Pourtant il en avait besoin, il avait besoin d’elle, besoin de s’expliquer, besoin de la serrer dans ses bras ou bien de se prendre la claque du siècle. C’était donc très logiquement qu’il ne pouvait fermer l’œil de la nuit.

La seule solution qu’il eut pu avoir aurait été de se saouler jusqu’à l’abrutissement total et l’effondrement simple et primaire. Il l’avait déjà fait, il savait que cette méthode fonctionnait plus que bien sur lui, mais il ne voulait plus retomber dans cette déchéance qui lui avait fait toucher le fond durant un an, dans ce cercle vicieux qui lui avait fait se haïr au plus haut point. Pour Solweig il était sobre depuis quelques mois déjà, il n’avait pas touché à une goutte d’alcool et même si c’était difficile, même si certains soirs il se sentait totalement incapable de tenir plus, il gardait une volonté vacillant un peu plus chaque soir, mais n’avait pas encore craqué.

Il avait réussi à s’extirper de son lit avec difficulté, lorsqu’on ne dort que trop peu chaque nuit, il est évident que les forces nous manquent au levé. Mais il chassait la fatigue en allumant une cigarette salvatrice, son premier geste du matin, sale habitude, encore une, mais la clope le tenait debout, c’était sa nouvelle drogue, sa dose obligatoire, la première d’une longue série. Puis il s’était préparé un grand bol de café et avait allumé la télé, encore une fois il ne la regarderait pas, mais son seul bruit comblait le vide de cette maison trop grande dans laquelle il s’était installé et lui donnait l’impression d’être moins seul. Finalement, après une longue douche brûlante, il était sorti de chez lui vers huit heures du matin. Pour quoi faire ? Il devait trouver un job, il le savait, sa retraite de militaire, bien que confortable, ne règlerait pas toujours les factures et il avait besoin de s’occuper. Mais en attendant il errait dans les rues, cherchant la foule dans laquelle il s’enfonçait pour se sentir moins seul, encore une fois.
C’est à ce moment-là, au milieu de la rue et des gens, qu’il la vit. Au départ il était tellement dans son monde qu’il n’avait pas fait attention à l’environnement qui l’entourait, mais des éclats de voix le firent sortir de sa torpeur. Il avait tourné distraitement la tête pour assister à la scène, loin de se douter qu’elle en serait l’actrice principale. Solweig était là, à quelques mètres de lui. Elle se faisait incendier par un homme qu’elle venait visiblement de bousculer. Mais surtout, elle se moquait éperdument de celui qui lui hurlait dessus, elle avait les yeux rivés sur Ezra, elle le fixait intensément, comme pour se persuader que celui qu’elle voyait était réel.

Et voila mon vieux, le moment tant redouté est arrivé, tu ne peux plus reculer, t’as l’air d’un con maintenant hein ?! Il en aurait presque rit, ou aurait fondu en larme, il se demandait aussi s’il ne devait pas s’enfuir lâchement. Peut-être qu’il se trompait, peut-être ne l’avait-elle pas vu, peut-être que ce n’était pas lui qu’elle fixait … Tu rêves mon pote, elle t’as vu t’as plus le choix. Il avait rêvé milles fois le moment de leurs retrouvailles, il s’était imaginé de nombreux scénarios dans lesquels il prenait son courage à deux mains et où il allait l’aborder comme un homme. Mais jamais il n’avait pensé que s’eu put être aussi simple qu’une rencontre fortuite en pleine rue, par le simple fait du hasard. C’est donc totalement décontenancé et dans un état second qu’il commença à marcher vers elle, il bousculait la foule sans s’en rendre compte. Il arriva enfin à la hauteur de sa femme et alors que l’homme continuait à s’en prendre à elle, il se retourna vers lui. « C’est la femme la plus maladroite que je connaisse, et elle s’est déjà excusé alors laissez courir. ». Il n’attendit pas de réponse, il s’en moquait. Ezra prit la main de Solweig et, sans la quitter des yeux, l’entraina de l’autre côté de la rue. Il ne savait pas très bien où il l’emmenait, ni ce qu’il allait lui dire lorsqu’ils s’arrêteraient de marcher, mais le contacte de sa main dans la sienne le remplit d’une émotion intense et le bouleversait.
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MessageSujet: Re: Nous avions créé notre monde. C’était nous contre eux. - EZRA'   Lun 15 Oct 2012 - 20:35

“ Nous avions créé notre monde. C’était nous contre eux. ”


Il était là, juste face à moi et je ne savais que faire, ni même que dire. J’ai imaginé tant de fois le revoir que cet instant me semble tellement surréaliste. Il faut dire que des recherches j’en ai faites. Je suis une éternelle obstinée qui croit que ce qu’elle voit, alors autant vous dire que lorsque j’ai su que l’enterrement se ferait sans corps quelque chose clochait pour moi. Beaucoup de soldats sont décédés lorsque j’étais là-bas, mais à de très rares exceptions il n’y avait pas de corps, même si c’était dans un bien piètre état, il était rapatrié. Alors pourquoi pas celui d’Ezra’ ? Et si vous ne comprenez pas ma vision des choses mettez-vous à ma place un instant. Si demain vous perdiez l’être le plus cher à vos yeux, que l’on vous annonce que jamais plus vous ne verrez à nouveau son sourire que vous aimez tant, le son de sa voix qui vous amène sur le bon chemin lorsque vous pensiez être perdue, sa façon si particulière de vous prendre dans ses bras lorsque vous n’allez pas bien ou juste ses baisers volés qui sont si chers à vos yeux. Imaginez un instant avoir perdu tout cela, vous ne tenterez pas de vous persuader que tout ça n’est que mensonge ? Qu’il est quelque part et que pour une raison méconnue il ne revient pas ? On ne guérit jamais de la mort de quelqu’un on apprend à vivre avec. En tout cas c’est ma façon de voir les choses. Dès mon retour à New-York, chez mes parents, j’avais trouvé un combat qui me tenait debout, qui me donnait une raison de me réveiller chaque matin… Retrouver Ezraël. Mon père n’a jamais compris mon obstination, mais mon père ne m’a de toute façon jamais comprise. Les mois s’enchaînaient rapidement et les réponses plus négatives les unes que les autres arrivaient peu à peu. J’avais l’impression d’être seule contre tous.

Un matin je suis partie… J’ai tout laissé pour recommencer à zéro. J’ai pris des trains, changé de nombreuse fois de gare, de ville… pour finir par changer totalement de pays. Je suis arrivée en Australie, c’était comme une évidence c’était à Bowen que j’arriverais à me reconstruire. Je ne sais pas si j’ai réussi, mais après quasiment deux ans passés ici, j’ai l’impression de vivre, presque correctement. Ezraël ne cesse de hanter mes nuits, mais j’ai fait en sorte que mes journées soient assez interminables pour ne pas avoir le temps de penser. J’espérais vraiment que ce serait suffisant, non pas pour l’oublier, car ce serait tout bonnement impossible, mais pour tourner une page bien trop douloureuse. J’avais cessé toutes recherches, les réponses faisaient bien plus mal que les questions. Alors même si l’idée qu’il pouvait se trouver sur n’importe quel axe de cette terre me hantait, je dois l’avouer j’ai baissé les bras… J’avais gardé mon alliance au doigt, un symbole dont je ne serais pas me passer. Peu importe ce que le chemin que je prendrais plus tard, si tenté qu’il fallut un jour en prendre un autre, cette alliance ne quitterait jamais mon doigt, car jamais je ne pourrais aimer un autre homme comme j’ai pu aimer Ezra’… c’est impossible.

Le voilà maintenant devant moi et je suis pétrifiée. J’avais tellement espéré cet instant qu’il me semble irréelle. Mon état est tellement indescriptible, tout ce mélange dans ma tête. Je ne suis même pas sûr de ne pas être en plein rêve et c’est ça le plus douloureux, savoir que je peux ouvrir les yeux et d’un battement de cils tout foutre en l’air. Sa main vient attraper la mienne et je pense que c’est à cet instant que j’ai compris. Que j’ai compris que c’était lui. La situation est surréaliste, mais il est là… On finit par s’arrêter. Mon regard retombe dans le sien, dieu qu’il m’avait manqué. J’avais une envie folle de me blottir dans ses bras, de ne plus jamais les quitter. Seulement une question me revient en boucle « Où étais-tu ? ». C’est étrange, mais j’ai une impression de trahison, pourquoi est-il à Bowen alors que je ne le sais même pas ? Pourquoi est-il ici alors qu’il ne m’en a pas avertie. Peut-être qu’il ne le savait pas, mais pour moi ce n’est pas imaginable. On c’était juré de construire notre vie ici, il devait se douter que c’est ici que j’aurais trouvé refuge. Où peut-être pas en fait. Mais tout s’embrouille dans mon esprit. Je n’arrive même plus à être cohérente avec moi-même. Mon cœur bat à une vitesse que je ne lui connaissais pas, mon regard commençait à se brouiller à force de s’emplir de larme. « Tu n’as pas le droit de débarquer comme ça après toutes ses années. Tu n’as pas le droit de revenir comme ça après trois ans. J’ai cru mourir sans toi, tu m’as tellement manqué… » Mon corps frêle tremble, les larmes perlent sur mes joues, tout ce que je viens de dire n’est qu’un tissus de pensé qui me traverse, que j’ai besoin d’extérioriser. A vrai dire j’ai peur et je ne serais même pas dire pourquoi… C’est étrange tellement étrange…

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MessageSujet: Re: Nous avions créé notre monde. C’était nous contre eux. - EZRA'   Lun 22 Oct 2012 - 22:23


nous avions créé notre monde,
c'était nous contre eux

Solweig & Ezraël.



Tenir ta main dans la mienne, t’avoir là contre moi, sentir ton souffle, ton regard sur moi, il se répétait ces mots encore et encore, comme pour se persuader que ce moment était réel et dans l'espoir infini que cet instant volé s'éternise encore et encore. Tout n’était que flottement, Ezra avait l’impression d’avoir les jambes en coton, comme s’il allait s’écrouler dans la seconde, pourtant il marchait toujours, Solweig près de lui. Il n’arrivait pas à réfléchir, ni à stopper ses jambes. Il n’était pas sûr d’avoir envie de s’arrêter, sachant la confrontation inévitable. Finalement tout avait été simple avant ce moment. Certes les recherches pour retrouver sa femme avaient été périlleuses, mais il avait bien réussi à la localiser. Et même s’il avait rêvé milles fois de la serrer dans ses bras, c’était tellement plus facile de fantasmer sur des retrouvailles heureuses et passionnées. Pourtant il savait que la réalité n’aurait rien d’aussi idyllique et d’aussi simple. Parce que Solweig avait dû traverser de trop longues années sans lui et que la douleur de la disparition et le choc de retrouvailles aussi inattendues ne faisaient pas souvent bon ménages. Alors à cet instant précis, bien qu’il soit empli de joie à l’idée de l’avoir enfin près de lui, Ezra redoutait la réaction de Solweig lorsqu’elle se déciderait à ouvrir la bouche.

Mais en attendant il ne pouvait s’empêcher de l’observer, à la dérobée comme s’il n’en avait plus le droit, il la trouvait si belle. Elle l’avait toujours été mais après des années, les traits qui nous étaient si familiers s’estompent toujours un peu, pour ne laisser qu’une impression, un souvenir plus ou moins net. Et là il retrouvait enfin chaque parcelle oubliée de celle qu’il aimait tant. Bien sûr elle avait changé, les années avaient volé un peu de sa fraicheur pour lui donner plus de maturité, mais c'était presque imperceptible et ça lui allait bien, son visage, bien qu’étant sensiblement le même avait changé, certains de ses traits s’étaient figés, ses expressions paraissaient plus dures, probablement à cause de sa disparition à lui. Ses yeux avaient cette expression presque mélancolique, mais gardaient toujours ce pétillement et cette douceur qu’il leur avait connu. D’ailleurs à cet instant précis elle le fixait intensément, il n’aurait su dire ce qu’elle pensait, elle devait se dire qu’elle rêvait, ou bien le maudire intérieurement, comment savoir ? C’est difficile de se dire qu’on a si bien connu une personne et se voir observé par celle-ci comme si on était un étranger, ou un fantôme …

Puis ils s’arrêtèrent finalement de marcher, ils se trouvaient à l’entrée d’un parc qu’Ezra ne connaissait pas. Ils se fixaient mutuellement, Ezra ne savait par où commencer, mais c’est Solweig qui prit la parole en premier. Réentendre sa voie le toucha profondément, même si le ton était hésitant et presque dur. Bien entendu elle lui demandait où il était … Que pouvait-elle demander d’autre ? Alors pitoyablement il bafouilla, cherchait ses mots, que répondre ? Il voulait lui expliquer, tout lui raconter, il pensait à ces centaines de lettre qu’il lui avait écrites durant ces trois ans, toutes entassées dans une boite et reléguées au grenier, il avait été assez lâche pour ne pas les envoyé, mais n’avait pas non plus le courage de les jeter. Sur le papier il lui avait tout dit, presque jour après jours, dans les bons comme les pires moments, il n’avait rien omit, ni sa souffrance, ni sa lâcheté, ni son alcoolisme, ni sa tromperie, ni le manque qu’il avait d’elle, qui le bouffait et l'avait rendu fou. Mais aujourd’hui, face à elle, il était vulnérable et tétanisé. Solweig, elle, n’attendit pas de réponse, elle avait pris la parole et semblait ne plus pouvoir s’arrêter. Elle commençait à trembler et les larmes perlaient au coin de ses grands yeux, soudainement devenu terriblement tristes. Elle semblait ne plus pouvoir s’arrêter, lui reprochant d’avoir disparu, d’être revenu et surtout de débarquer sans prévenir après une absence si longue … elle n'a pas tord mon vieux, tu le sais bien. Et bien qu’il ait voulu se justifier, il n’y arrivait pas, parce qu’il était un homme et que les hommes ne savent pas s’exprimer, c’est bien connu, les femmes, elles, crient, pleurent, balancent tout ce qu’elles ont sur le cœur pour se soulager, les hommes eux ne peuvent faire ça. Donc la seule chose qu’il pouvait faire était de la prendre dans ses bras pour taire ses sanglots. Parce que la voir dans un état pareil le détruisait presque plus que la séparation. Il était en train de prendre conscience de ses actes, de comprendre à quel point il avait été lâche et à quel point il l’avait fait souffrir, il se prenait tout en pleine figure et ça faisait mal, mais pouvait-il s’en plaindre ? Alors maladroitement il la serra dans ses bras, elle paraissait si frêle, il eut peur de la casser, pourtant il la serra fort pour lui montrer qu’il ne partirait plus, faute de pouvoir le lui dire. Tout en la berçant doucement il réussit à prendre parole, presque dans un souffle, avec toute sa vulnérabilité. « Je suis tellement désolé, je ne voulais pas que l’on se rencontre de cette façon … »
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