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Bienvenue à Bowen, petite ville côtière du Nord-Est de l'Australie, abritant moins de 7 000 habitants. Si vous recherchez le calme, la bonne humeur et la joie de vivre, vous serez au paradis. Tous les habitants vous le diront, Bowen est l'endroit idéal pour se ressourcer. Et puis ne vous inquiétez pas pour l'intégration, ici tout le monde se connaît et les habitants adorent accueillir les nouveaux. › suite.

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 “tellement de fantômes dans le placard” Joaquim & Yani

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MessageSujet: “tellement de fantômes dans le placard” Joaquim & Yani   “tellement de fantômes dans le placard” Joaquim & Yani EmptyJeu 28 Déc 2023 - 3:57

Bowen. Coincée à Bowen. Les vacances dans la tribu s’étaient bien passées. Yani était prête, pressée même de repartir. Elle n’attendait que ça. La chaleur ici, les souvenirs la brûlaient. Elle n’avait pas le choix et devait attendre les ordres. Une violente, mortelle, traître offensive sur le terrain d’opération rendait tout départ immédiat inutile et même suicidaire. Ça ne valait pas le coup de sacrifier les quelques permissionnaires de Noël pour gagner quelques jours. Les ordres étaient de rester à Bowen, d’être prêts à repartir à tout instant. Les paquetages étaient faits, les tenues sur le dos. Ils avaient un semi quartier libre. La jeune aborigène ne pouvait pas retourner dans la tribu; c’était juste assez loin pour ne pas être dans la zone proche de la base.
Les premiers jours sont passés vite. Yani n’est pas sortie de la base. Elle passait du dortoir au mess aux salles et terrains de sports, aux salles de briefing, à la bibliothèque à son dortoir. Surtout tout pour ne pas laisser son esprit divaguer vers Bowen et ses fantômes. Tellement de fantômes…

Le décollage pour le terrain d’opération était enfin prévu. Les soldats en permission partiraient dans cinq jours rejoindre leurs escadrons. L’ambiance redevint sérieuse. Chacun se remettait en mode guerre. La récré était belle et bien terminée cette fois. Plus qu’une soirée autorisée en ville. A partir du lendemain les manœuvres et entraînements reprendraient de plus belle. Pour Yani cela ne changeait pas grand-chose à vrai dire. Elle n’avait pas cessé de s'entraîner et de préparer ses opérations à venir en lien avec son capitaine d’escadron resté sur le terrain.
Pour la dernière soirée libre le petit groupe de soldats ont proposé d’aller explorer et profiter des animations du marché de Noël. Histoire de lâcher prise, de se défouler avant de retrouver l’état d’esprit solide qui permet de supporter les horreurs de la guerre.
Derek, un natif de Bowen lui aussi et camarade d’escadron de Yani a passé la journée à convaincre la jeune femme de se joindre au groupe. Le marché de Noël n’avait pas changé depuis leur enfance et ca lui ferait sans doute plaisir de retrouver des souvenirs heureux avant de repartir. Si seulement Derek pouvait comprendre. Les souvenirs heureux ont été recouverts par un souvenir tellement douloureux, tellement profondément pénible qu’il n’y plus que cela qui soit associé à Bowen pour Yani. Évidemment elle n'essaya  même pas de lui expliquer et par lassitude elle finit par accepter de sortir avec eux.

Cette musique, ces parfums de sucre, de pancakes, de pâtisseries, d'effluves d’alcools mêlés aux bruits, aux rires, aux musiques diffusés par les hauts parleurs. Tout cela était oppressant pour Yani. Elle avait bien du mal à respirer et encore plus à se détendre. Chaque stand lui rappelait une phrase, un délire partagé avec lui. Il aimait manger des pancakes alors bien sûr elle ne s’en approchera pas. Il gagnait toujours une peluche pour elle au stand de jeux forains. Elle passa très vite dans cette allée, sans s’arrêter, sans lever les yeux du sol.
Son camarade Derek sentait bien que quelque chose la dérangeait mais il la connaissait. Si elle ne parlait pas il n’y avait rien à faire pour la faire craquer si ce n’est être présent et patient. Il voulait se montrer le meilleur des amis possible; espérant qu’un jour elle se confierait à lui, qu’un jour elle verrait en lui autre chose qu’un bon copain, un camarade d’escadron.
Pour Yani, absolument au fait des sentiments de son camarade, les choses étaient néanmoins très claires. Elle ne se laisserait pas aller. Il n’y avait de la place que pour lui dans son cœur. Lui qui était parti en emmenant tout d’elle avec lui. Il avait laissé son cœur en miettes. Rien ni personne ne pourrait jamais être aimé de Yani Daii depuis cette soirée de septembre il y a vingt ans.
La jeune femme étaient perdue dans ses pensées, luttant pour ne pas se laisser envahir par ces visions de lui, ces images d’eux ici-même… Quand soudain elle fut sortie de sa torpeur par une banale petite phrase prononcée par Derek.
“Tiens c’est marrant ça. Le mec là-bas à sur l’épaule le même tatouage que toi tu as dans le dos”.
Yani était comme foudroyée. Ce n’était pas possible. Lui seul possédait encré dans sa peau le même motif aborigène unique et si spécial qu’elle avait dans le dos.
L’espace d’un instant, elle se voit avec vingt ans de moins. Heureuse. Amoureuse. Ils ont enfin passé le cap. Après trois années à se découvrir, à grandir ensemble, à être les meilleurs et inséparables amis ils ont avoué ce que tous autour d’eux semblaient déjà savoir. Yani Daii et @Joaquim Russell étaient fous amoureux et heureux, libres de s’aimer. Elle le présentait enfin à sa famille, dans la tribu de ses ancêtres. Et lors d’une cérémonie intime, elle et lui, seuls dans le bush ils se tatouèrent l’un l’autre le symbole de l’amour. C’était là la seule chose de lui qu’elle n’avait pas abandonné en partant. Elle aurait put faire effacer ce tatouage avec les techniques modernes mais jamais elle ne put s’y résoudre.
Et maintenant, il était là. A deux pas d’elle dans ce marché de Noël vingt ans après.

Yani ne put résister et leva évidemment les yeux. Ils croisèrent les siens. Il avait aussi entendu la remarque de Derek. La Terre cessa de tourner. Le coeur de Yani battait tellement vite qu’il brûlait comme en feu dans sa poitrine. Les oreilles de la jeune femme bourdonnaient. Elle voyait le monde au ralenti. Chaque bruit comme dans du coton. Torpeur.
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MessageSujet: Re: “tellement de fantômes dans le placard” Joaquim & Yani   “tellement de fantômes dans le placard” Joaquim & Yani EmptySam 30 Déc 2023 - 11:06



Joaquim et les fêtes, c'est pas trop son délire. Mais cette année était différente. Cette année risquait d'être le dernier Noël de son père. Et Joaquim, dans toute sa tristesse, dans toute sa colère, allait pour une fois revêtir un pull moche et ridicule avec des rennes, il allait aider sa sœur et sa mère à créer la plus jolie des décorations pour voir une dernière fois le sourire émerveillé de celui qui lui avait tout appris. Il aurait préféré ne pas aller zoner tout seul dans la fosse au lion, aka le marché de Noël, mais il évitait sa sœur autant que possible, la rancune trop tenace, et son meilleur ami était lui occupé avec les préparatifs des fêtes. C'est donc seul, vaillant guerrier, qu'il allait mains dans les poches, l'air renfrogné, voir ce que ce marché tant aimé auparavant avait à lui proposer.

Pourtant, Noël, c'était ,il y a des années, sa fête préférée. Il choisissait des cadeaux qu'il faisait lui même, pour chacun de ses proches. Il pouvait passer des heures dans le garage à poncer, visser, pour faire plaisir à ses proches. Il aidait son père avec grand plaisir à décorer la maison, il chantait avec sa mère des chants à l'eau de rose. L'esprit de Noël, c'était tout lui. Tout a changé un jour, sans que quiconque ne sache pourquoi. Plus de Joaquim joyeux pendant les fêtes. Plus de pulls de Noël pour la photo, plus de cadeaux fait mains. Quand il a commencé ses études dans le droit, c'est un tout nouveau Joaquim qui a déboulé le soir de Noël. Quelque chose dans son regard s'était éteint pour ne plus jamais se rallumer pendant ses vingt dernières années.

Mais cette année, il se devait de faire un effort. Pour son père.

Le marché de Noël. Quelle torture. Tout le replongeait dans un passé qu'il s'interdisait d'y penser. A chaque chalet, la nausée lui prenait à la gorge, et il se maudissait de ne pas avoir pris le temps de tout commander sur le net. Idiot de Joaquim. Le voilà confronté à trop de joies, trop de beaux sentiments pour lui.

Il aurait pu survivre encore un peu, si son oreille n'avait pas été attirée bien malgré lui par une voix nasillarde qui sifflait "Tiens c’est marrant ça. Le mec là-bas à sur l’épaule le même tatouage que toi tu as dans le dos”.

Revêtu d'un marcel, l'on pouvait apercevoir un tatouage mal vieilli sur l'omoplate du quarantenaire. A qui osait demander son origine, Joaquim montrait son majeur bien relevé. Même son meilleur ami s'y était risqué, et même à lui, Joaquim n'avait pas avoué que ce tatouage représentait tout un pan de bonheur qu'il ne connaitra jamais. Parce qu'il est juste trop con.

C'est pas le genre, et pourtant, Joaquim est piqué par la curiosité. Autour de lui, il n'y a que lui qui a un tatouage et... qu'une seule personne au monde pourrait l'avoir aussi. Non, c'est pas possible. Il se retourne. Sa tête bourdonne quand il la voit.

Yani.

Son sang quitte son visage, ses mains se mettent à trembler. Yani, avec quelques années de plus. Quelques petites rides si mignonnes. Son regard aussi froid que le sien. Il sent la terre arrêter de tourner. Et tout ce qu'il a construit n'a de suite plus aucune valeur. Dieu, elle était encore plus belle qu'à son souvenir.

Yani.

La casse cou. La casse couilles, comme il aimait l'appeler. La seule qui ait réussi à se faire une place et à tatouer ce grand dadais de Joaquim. Leurs fous rires. Leurs conneries. Leur premier baiser, suivi d'un deuxième. Joaquim se souvient encore des nuits blanches à refaire le monde, à l'aimer encore et encore à la belle étoile. Il se souvient encore du goût de ses lèvres. Il se souvient encore de la chaleur de sa peau.

Yani.

Ce cœur qui se remet à battre pour autre chose que pour survivre dans ce monde de brutes et de désillusions. Il a perdu vingt ans, se retrouvant face à celle qu'il avait aimé plus que sa propre vie.

Yani est en face de lui. Plus rien autour d'eux ne compte, dans ces quelques secondes où juste eux deux existent. C'est carrément impossible, elle a disparu, Joaquim n'a jamais cherché à la chercher, trop idiot dès le départ pour tenter quoique ce soit quand il avait tout ruiné. Joaquim, le roi des clowns, se trouve face à celle qui lui avait tout donné et à qui il avait tout volé. Yani. Même son nom déclenche chez lui des frissons. Il s'interdisait de penser à elle, il s'interdisait tout ce qui pouvait lui rappeler à quel point tout était parfait à ses côtés. La douleur recreusait ce trou béant qu'il avait mis du temps à plus ou moins bien combler.

C'est quand la voix nasillarde rejaillit que Joaquim se remet à respirer

"Yan', c'était pas un tatouage unique? hey, Yani, tu vas bien?"

Mais il va arrêter de parler, cet idiot du village? Le regard de Joaquim le fusille sur place. Et c'est quand il descend qu'il remarque le bras du militaire autour de Yani. Son sang ne fait qu'un tour, et Joaquim, avant même d'avoir dit ouf, se rue sur le militaire pour lui casser le nez. Et c'est lui qui se retrouve en sang, au milieu d'une foule horrifiée et d'une Yani hystérique qui le remet debout par le colbac. Furieuse. Terriblement belle. Terriblement furieuse. Bordel. Yani.

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MessageSujet: Re: “tellement de fantômes dans le placard” Joaquim & Yani   “tellement de fantômes dans le placard” Joaquim & Yani EmptyMer 3 Jan 2024 - 16:10

Torpeur. Yani est figée. Joaquim. @Joaquim Russell là juste devant elle. Joaquim, l’homme qui hante tous ces souvenirs. Joaquim, le premier et dernier homme que la militaire ait aimé et de tout son cœur, de toutes ses tripes. Joaquim, l’homme pour qui Yani aurait tout donné, tout quitté, tout tenté, tout vécu. Ils n’étaient que des mômes avec toutes leurs vies devant eux à l’époque et ils s’étaient aimés comme s’il n’y avait pas de lendemain. Ce soir-là Yani avait perdu non seulement son amoureux, l’homme de sa vie à ses yeux mais aussi et peut-être même surtout son meilleur ami. Joaquim était celui à qui elle confiait tout, avec qui elle partageait autant le pire que le meilleur. Enfin elle venait de terminer le lycée, ils s’étaient l’un et l’autre déclarés et s’inventaient ensemble la plus belle des histoires.

Yani, même en cet instant où tout se bouscule dans sa tête, dans ses tripes, se refuse à repenser à cette dernière conversation franche. Parce qu’en plus, entre eux il n’y a jamais eu de mensonge, pas même cette fois-là. Joaquim lui avait tout avoué. Son cœur s’était brisé. Elle était simplement partie. Sans même un mot, sans même un éclat de voix. Elle s’était réfugiée immédiatement dans la tribu de ses ancêtres et en quelques jours avait abandonné l’université de médecine pour laquelle elle avait pourtant si brillamment réussi les concours d’entrée. Yani s’était fermée comme une coquille et avait confié son avenir à l’armée australienne pour une durée indéterminée. Partir loin pour tout oublier, pour tout effacer, pour que Joaquim ne soit plus qu’un mirage enfoui au fond d’une mémoire qu’elle ne voulait même plus visiter, qu’elle ne supportait plus de ressasser.

Reprenant ses esprits au coeur de ce marché de Noël hanté par ses souvenirs Yani n’a pas le temps de réaliser ce qu’il se passe que Joaquim se jette en râlant de rage sur Derek qui venait à peine de la rattraper après que la femme eu trébuché. Évidemment, Derek étant un jeune et fougueux militaire entraîné, il n'a aucun mal à repousser l’homme en colère qui se retrouve en un instant à peine sur le pavé, le visage en sang, le nez déjà très tuméfié. Le sang de Yani ne fait alors qu’un tour. Dans un geste de colère, elle attrape Joaquim par le col de son manteau et le regarde droit dans les yeux. Autour d’eux le monde est au ralenti. Les services de sécurité du marché re poussent déjà les curieux alors que les sirènes des voitures de polices se font entendre. D’ici quelques minutes les autorités seront là pour gérer la situation. Les deux protagonistes principaux de cette histoire ne réalisent même pas tout celà. Ils sont comme dans une bulle. Seuls au monde.

Cette bulle c’est Yani qui la perce; de quelques simples mots crachés avec colère et dégoût:
“Joa ! Mais bordel c’est quoi ton problème ? Ça t'arrive souvent de sauter sur les gens comme ça pour rien ? Je ne te félicite pas. Tu viens ENCORE de gâcher ma dernière soirée en ville. Même la plus dégueulasse des guerres m’est moins insupportable que de te revoir. Vivement que je reparte.”
Sur ces mots bien choisis bien que instinctifs et non répétés la jeune femme repousse violemment Joaquim, dont le diminutif affectueux venait le plus naturellement du monde, de quitter ses lèvres. Elle se retourne alors vers Derek, très énervé et en pleine discussion avec un lieutenant de police.
Sans savoir vraiment si c’est pour son propre intérêt ou celui de Joaquim, Yani met tout ce qu’elle a dans la négociation avec son collègue pour que celui-ci ne dépose pas plainte. Elle arrive à lui faire entendre raison: vu qu’ils partent au front dans cinq jours, ca ne serait ni utile ni de bonne augure auprès de leurs supérieurs d’avoir été mêlés, même victime, d’une rixe en plein marché.
Derek, rejoint par les autres camarades militaires accepte donc d’en rester là et prend congé de la police. Le groupe des militaires est prêt à rentrer à la base et Yani avec eux. La femme est toujours extrêment en colère et se refuse à laisser son regard glisser vers son ancien amant alors que celui-ci est soigné par un secouriste. Joaquim lui semble chercher la jeune femme des yeux. Derek et un autre collègue, exaspérés, attrapent Yani par les épaules, qui immédiatement se dégage tout en les suivant quand même vers l'extérieur du marché. Yani ne se retourne pas un seul instant et s’engouffre avec ses camarades dans le van sérigraphié.

De retour à la base, Derek prend sa collègue à part. Il veut absolument comprendre qui était ce type et la vraie raison pour laquelle Yani l’a empêché de porter plainte. Elle se ferme encore une fois, elle ne veut pas parler. Ca ne regarde qu’elle et Joaquim. Mais pour que Derek lâche l'affaire, elle sort néanmoins une version édulcorée de sa rupture avec Joaquim à l’époque et évidemment, pas un seul instant, elle n’évoque, même de loin, toutes les conséquences qui ont suivi cette triste soirée de septembre il y a vingt ans.
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MessageSujet: Re: “tellement de fantômes dans le placard” Joaquim & Yani   “tellement de fantômes dans le placard” Joaquim & Yani EmptySam 6 Jan 2024 - 12:34



@Yani Daii
Tout dans son corps, dans sa tête, tout ne vibrait que pour ces deux syllabes qu'il n'avait plus jamais prononcés. Il avait fait un beau travail, du beau Joaquim tout craché, c'était de l'art, cette conversation là. Il aurait fait exprès, il n'aurait jamais fait aussi grand, aussi fort et aussi terrible que ce soir de septembre. Et quand elle était partie, sans se retourner, ne jetant même pas un dernier regard froid sur lui, il s'était juré qu'il ne laisserait plus jamais personne entrer dans sa vie. Il avait alors tout cadenassé, effaçant jusque sa propre existence, ne la mentionnant jamais, se refusant de penser ne serait ce qu'à ces lèvres qui le rendaient fous rien qu'en s'étirant dans un sourire qu'il aimait par dessus tout.
A croire que Joaquim, il aime casser les choses auxquels il tient. D'abord elle, peut être d'autres après, Penny qu'il avait blessé (sinon, elle ne se serait JAMAIS éloignée de lui ainsi). Il restait ainsi ce loup solitaire, au sourire un peu con, aux yeux d'acier, se protégeant de tout ce qui pouvait le rendre vulnérable, parce que le monde est fait ainsi.

Yani.

Son regard était toujours aussi percutant. Un raté, un deuxième. Elle avait le don vingt ans après de lui couper le souffle, alors qu'elle se tenait à quelques mètres de lui. Et encore aujourd'hui, plus rien autour d'eux n'existait, seuls au monde dans cette bulle qui était leur, et qui avait fini par éclater à cause du bouffon qui la tenait de beaucoup trop près pour Joaquim. Cette main sur sa hanche, c'était trop pour le grand Blond. Bagarreur, il l'avait toujours un peu été, mais ces derniers temps, tout était prétexte pour qu'il se fasse éclater la tronche, histoire de ressentir une douleur physique plus supportable que la douleur de la perte de son père qui le lançait chaque jour un peu plus. Il ne réfléchissait pas, Joaquim, sinon, il n'aurait jamais plongé tête la première sur ce gars en pantalon militaire et en marcel blanc, un prénommé Derek qu'il déteste encore plus maintenant qu'il connait ce prénom idiot pour un mec idiot.

Il n'a pas fallu longtemps à Joaquim pour se retrouver à terre, le nez en sang, avant que Yani le relève brusquement.
“Joa ! Mais bordel c’est quoi ton problème ? Ça t'arrive souvent de sauter sur les gens comme ça pour rien ? Je ne te félicite pas. Tu viens ENCORE de gâcher ma dernière soirée en ville. Même la plus dégueulasse des guerres m’est moins insupportable que de te revoir. Vivement que je reparte.”
Joaquim se faisait hurler dessus, mais lui était beaucoup trop choqué pour se rendre compte de ce que Yani pouvait lui crier dessus. Elle m'a appelé par mon diminutif. La suite n'est que fouillis pour lui, et même si son nez lui faisait un mal de chien, qu'il pissait le sang, rien ne comptait. Il s'imaginait bien qu'elle lui disait des horreurs, elle qui hurlait sa rage face à lui, sa main encore sur son t shirt. Mais il ne voyait qu'elle, elle qui était encore plus belle que dans son souvenir, elle qui sentait si divinement bon, elle qui avait réveillé tout ce que Joaquim avait réussi à emmurer.

Alors que Yani se charge de son idiot de Dereck, et des agents de police, Joaquim titube jusqu'à se retrouver à un bras d'elle qui fait preuve d'imagination pour que tout le monde laisse tomber, que ça ne valait pas la peine.

Joa, ça

Stupide Joaquim. Bien sûr qu'il ne mérite même pas un regard d'elle, alors qu'un ambulancier lui fourre une mèche dans le nez et lui file de la glace, il la voit partir, suivie par ses chiens de garde, alors qu'il l'appelle inlassablement. Ou qu'il croit l'appeler, une main tendue là où elle disparait, toujours aussi fulminante.
Toujours aussi belle.
Bordel, Yani..

La foule se disperse un peu, Joaquim reprend peu à peu ses esprits. Il devait juste venir ici et prendre de l'inspiration pour les fêtes de Noël qui approchait. Pas prendre un uppercut dans le cœur. De tous les scénarios possibles qu'il aurait pu se faire, cette rencontre inopinée, cette Rencontre avec Celle qu'il avait brisée était bien la pire qu'il pouvait faire. Il réfléchissait au ralenti, à la fois trop sonné par sa douleur au cœur, et par son nez qui palpitait suite au mauvais coup filé par Derek. Quel prénom d'idiot, ça, encore. Yani allait bientôt partir. Elle ne reviendra plus. Il pouvait dormir tranquille. Aussi tranquille qu'il le voulait. Referme toi, con de cœur, fausse alerte.
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MessageSujet: Re: “tellement de fantômes dans le placard” Joaquim & Yani   “tellement de fantômes dans le placard” Joaquim & Yani EmptyLun 8 Jan 2024 - 5:07

“Joa”
Posée sur le toit terrasse de la caserne, sous le ciel noir d’encre et les étoiles brillantes Yani ne pense qu’à lui. Lui. Lui le fantôme qui hante sa vie depuis toutes ces années. Mais pourquoi ? Pourquoi avait-il fallut qu’ils se croisent ce soir au marché de Noël ? Elle part dans quelques jours à destination de l’un des plus dangereux théâtres d’opérations militaires du monde. et là voilà incapable de se concentrer. Sa vie et celles de ses camarades dépendront pourtant de cette concentration.
Les genoux remontés, les jambes entourés de ses bras, le visage fermé, Yani ne pleure même plus. Elle ne sait même plus pleurer pour lui. Pour lui il ne reste rien et pourtant… Pourtant il est le seul être au monde à pouvoir l’ébranler ainsi. Yani doit tout laisser derrière. Là où elle va, elle ne peut pas se permettre de lui laisser encore ce pouvoir. Sa vie en dépendra.
Elle ne reviendra jamais à Bowen, la jeune femme se le promet. Elle doit fermer ce chapitre pour de bon. Joa… Et ce surnom bordel ! Pourquoi est-ce qu’il vient encore si naturellement ce surnom ? Joaquim est son passé, son passé fini et enterré. Ce soir était le dernier chapitre de cette histoire.

Les jours suivants, avant son départ, passent comme dans un mirage. Les entraînements, les repas sans saveur au mess, les entraînements encore. Yani est passé en mode “guerre”. Rien ni personne n’a plus d’importance quand elle est dans cet état d’esprit. Elle n’a plus qu’une hâte. Être sur le terrain. Yani ne quitte même plus la base jusqu’au jour où enfin les permissionnaires arrivent à l'aéroport, prêts à embarquer.

En montant les escaliers qui mènent à l’avion Yani tourne la tête pour observer une dernière fois l’environnement, les toits de Bowen derrière les bâtiments de l’aéroport, le panorama au loin… Yani est enfin prête à tout laisser derrière. Encore une fois…
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