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 Être parisien, ce n’est pas être né à Paris, c’est y renaître + Léanche

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adm h
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MessageSujet: Être parisien, ce n’est pas être né à Paris, c’est y renaître + Léanche   Mar 21 Aoû 2018 - 15:57

Il faisait beau en cette fin de printemps à Paris. Le soleil commençait à chauffer doucement et les filles se découvraient un peu, ce qui n’était pas pour déplaire à Léo. Il avait revêtu une veste légère pour sortir, ayant pris l’habitude de se couvrir un peu plus, le climat européen n’était pas celui australien. Parfois la chaleur lui manquait, celle qui vous faisait vivre en short toute l’année et qui parfois devenait insupportable, bien qu’on prédise une nouvelle canicule pour cet été en France et ailleurs. En cette matinée ensoleillée il s’était arrêté à sa terrasse préférée dans le Marais, il aimait se balader dans ce quartier qui était devenu le sien et dans lequel il avait à présent ses habitudes. Un café et un croissant devant lui, auxquels il n’avait pas encore touché, il observait les gens, l’agitation parisienne autour de lui, il prenait son temps, un mince sourire aux lèvres. Il regardait les filles avec leurs jupes qui volaient au vent, les grands mères avec leurs chiens, les jeunes couples qui se tenaient la main, c’était cliché, peut-être, mais ici il aimait observer, sans voyeurisme ni jugement, juste pour le plaisir de voir la vie passer tranquillement. Cette ville avait une atmosphère particulière, romantique et insouciante, comme si le temps s’étirait et il s’y sentait bien. Il voulait croire qu’il avait changer, le Léo fougueux et toujours pressé d’avant avait laissé place à un homme plus mature, plus posé et réfléchi, il avait vieilli, probablement et du haut de ses tout jeunes trente six ans il voyait la vie d’une autre façon. Pourtant il ne fallut pas grand chose pour que des sensations du passé refassent surface alors qu’il observait cette fille qui tournait au coin de la rue. Blonde, les cheveux au vent, elle semblait découvrir les rues comme si elle y posait les yeux pour la première fois. Et c’était certainement le cas. Elle aurait pu passer inaperçu aux yeux de Léo, des jolies filles il y en avait beaucoup dans cette ville. Mais celle-ci en particulier, il n’aurait jamais pensé la voir ici. Blanche. Il avait soufflé son prénom pour lui-même, comme pour se persuader que c’était bien elle. Entre toutes celles qu’il connaissait ou avait connu elle était celle qui le surprenait toujours. Voilà des années qu’il ne l’avait pas vu mais il ne se souvenait que trop bien de leur dernière rencontre. Sans réfléchir il se leva pour lui faire signe de sa présence. Blanche ! Elle s’avançait vers lui et le visage de Léo se fendit d’un grand sourire. Mademoiselle Cambridge à Paris, quelle apparition ! Ils ne s’étaient pas quitté en bon terme, c’était le moins que l’on pouvait dire concernant le comportement qu’avait eu le jeune Emerson, mais le temps avait passé et celui-ci apaisait les douleurs, il ne pouvait que l’espérer.

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bowenien
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MessageSujet: Re: Être parisien, ce n’est pas être né à Paris, c’est y renaître + Léanche   Mar 21 Aoû 2018 - 18:42

Paris
21 heures de vol et 15 150 kilomètres plus tard, sans vraiment avoir trouvé le sommeil, Blanche avait posé ses pieds australiens sur la terre ferme, respirant l'air frais de l'Europe. Ses grands-parents maternels, qu'elle venait visiter pour la première fois, l'attendaient à la sortie de Charles-de-Gaulle, devant une voiture surplombée de l'enseigne "taxi parisien". Paris, cet endroit que la jeune femme avait toujours eu envie de découvrir. De son plus beau français, qu'elle avait été forcée d'apprendre, Blanche les salua en leur faisant la bise. Gentiment, son grand-père déposa son énorme valise dans le coffre de la voiture et elle se laissa guider jusqu'à leur demeure en plein cœur de la ville, un appartement pittoresque, mais typique de la vie en Europe. Ses yeux ne savaient où regarder alors qu'elle voulait tout voir en même temps de cette ville qu'elle ne connaissait pas, mais dont on lui avait trop souvent parlé. Cette ville qu'elle n'avait jamais eu la chance de connaître par manque de temps et d'argent et qu'aujourd'hui elle s'accordait à découvrir. Le temps avait passé, les choses avaient fini par se stabiliser dans sa vie, les rumeurs et les problèmes s'étaient finalement évaporés et elle avait pu se permettre quelque temps de repos, loin de son quotidien. Blanche avait repris contact avec ses grands-parents, apprenant que sa grand-mère Louise avait eu des soucis de santé. Le cancer, tragique maladie qui frappait sa famille, s'était emparé d'elle. Pour le temps qu'il lui restait à vivre, et parce qu'elle avait choisi de ne pas subir de traitement quelles conques, Blanche avait choisi de mettre ses problèmes familiaux de côté. Elle n'avait jamais eu la chance de la visiter, elle qui avait toujours refusé de profiter de la fortune familiale, mais aujourd'hui elle le faisait par guetté de cœur pour profiter de leurs derniers instants ensemble. Après une longue soirée de retrouvailles, autour d'un festin de roi, Blanche posa sa tête sur l'oreille de la chambre d'amis le cœur rempli de gratitude. Elle avait craché si longtemps sur ce qui entourait sa famille en oubliant presque tout le monde n'était pas comme ses propres parents.
Le lendemain matin, fraîche de sa nuit de sommeil réparateur, l'Australienne se réveilla avec l'envie d'enfin partir à l'aventure dans les rues de Paris. Seule, carte à la main, elle se laissa guidé par les pavés de la ville à la recherche d'un endroit pour se poser et apprécier un bon petit-déjeuner typique des films à l'eau de rose, croissant et café sur une terrasse extérieure surplombée de fleurs et de vivaces. La ville était belle et calme ce matin, le printemps rendait les lieux encore plus beaux qu'elle pouvait se l'imaginer. Vêtue d'une robe midi à rayures bleues et blanches, ses cheveux légèrement ondulés qui virevoltaient au vent, toujours sa carte à la main, la blonde tourna le coin d'une avenue passante où de cliché parisien s'y retrouvait. Exactement comme dans les films. Au coin de la rue, elle cherchait un endroit où se poser alors qu'elle entendit une voix familière retentir. Blanche fronça les sourcils, croyant rêver. Impossible d'être connue ici, alors qu'elle était qu'une touriste de passage. Elle releva la tête pour mieux voir d'où venait cette voix qu'elle avait reconnue entre mille jusqu'à voir son propriétaire lui faisant signe de sa présence. Précipitée, elle s'avança vers l'homme jusqu'à arriver à sa hauteur. Son cœur fit cent tours alors qu'il affichait son sourire charmeur, fidèle à ses habitudes. Elle le lui rendit, plus timidement que celui de l'homme. Je pourrais dire la même chose, Emerson, quelle surprise de te croiser dans les rues de Paris. Que fais-tu ici? C'était étrange de revoir l'homme ici alors que leur dernière rencontre ne s'était pas bien terminée. Ces images refirent surface dans son esprit brouillant alors ce qu'elle ressentait en le voyant : un mélange de joie et de tristesse s'empara d'elle. Rapidement, le besoin de se justifier prit place. Ma grand-mère est malade, je viens passer ces derniers instants avec elle avant que la maladie s'empare plus d'elle.. Elle haussa les épaules, tâchant d'être quelque peu détachée de la situation alors qu'en réalité elle ne l'était pas. Tu as l'air bien, Léopold. Elle l'avait dit avec une paix d'esprit, mais son cœur battait fort dans sa cache thoracique. Sur toutes les personnes qu'elle aurait pu croiser dans cette ville, au milieu des amoureux et des dames qui promenaient leurs chiens, c'était sur Léo qu'elle était tombée. Sur son passé qui refaisait surface alors qu'elle ne l'avait pas demandé. Il avait l'air heureux, bien mis dans son ensemble qui lui allait comme un géant, ses cheveux qui bouclaient toujours, mais qu'il portait plus court qu'autrefois. Il était beau avec son sourire et sa barbe toujours présente, quelques années en plus, mais l'air d'avoir encore vingt ans. Il avait l'air bien, c'était bien vrai. Et c'était justement ce qui était déchirant de leur rencontre hasardeuse alors que ses dernières paroles prononcées à la blonde refaisaient surface. Cinq ans plus tard, Blanche était toujours au même endroit lorsque les yeux de l'homme se posaient sur elle. Comme si rien ne s'était envolé complètement. Le temps avait passé, les douleurs s'étaient apaisées, mais elle n'avait jamais oublié l'homme qui avait brisé son cœur.

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MessageSujet: Re: Être parisien, ce n’est pas être né à Paris, c’est y renaître + Léanche   Mar 21 Aoû 2018 - 22:37

Il en avait parcouru du chemin, Léo, pour en arriver jusqu’à cette terrasse de café avec sa tasse et son croissant qui, soit dit en passant étaient bien plus qu’un cliché vu et revu dans les films à l’eau de rose, ils étaient une réalité pour beaucoup de français. Bref, il avait vécu beaucoup ces quelques cinq années, des moments de pur bonheur mais il avait aussi essuyé quelques désillusions, il s’était marié, il s’était séparé et puis il avait fait le tour du monde, ce rêve de gosse qu’il avait toujours gardé dans un coin de la tête, un vrai tour du monde, pas une escapade par-ci par-là dans des pays qu’il ne connaissait pas. Il avait pris son sac à dos et il avait vadrouillé. Appareil photo au poing, son fidèle compagnon, il avait ramené des clichés de partout et puis il avait ouvert un compte Instagram pour faire son récit de voyage, il ne comptait plus le nombre d’abonnés qu’il avait, c’était une histoire de fou, même si, en ce milieu d’année 2023 ce réseau social commençait à s’essoufler. Son périple avait duré un an, une année de déconnexion totale avec la vie qu’il avait connu, une année pleine de surprise et de joie, une année qu’il avait vécu pleinement et qu’il ne regrettait pas. Il avait vu les plus beau endroits de la terre et ceux-là n’étaient pas forcément ceux auxquels il s’attendait. Il était retombé amoureux de cette planète extraordinaire qu’il avait la chance d’habiter, de ses richesses et de ses habitants et à la fin de ses pérégrinations il avait signé un contrat avec une maison d’édition qui voulait publier ses mémoires de voyage, il pouvait en remercier le fameux compte Instagram. Il avait alors choisi d’emménager à Paris pour écrire ce livre. Il aurait pu retourner à Bowen mais il avait l’impression de ne plus être chez lui dans cette ville qui l’avait vu naître. Et puis il y avait à présent bien trop de souvenirs, bons ou mauvais, mais de ceux qui lui vrillaient le cœur. il avait besoin d’un endroit neutre, apaisant, pour écrire, pour se poser et avancer. La maison d’édition qui le publiait était franco/anglaise alors la ville était toute trouvée. La France était son deuxième pays, elle avait vu naître ses grands parents et ses oncles et tantes maternels, il y avait des cousins et quelques, amis, il s’y sentait chez lui et avait toujours rêvé d’y passer du temps. Paris était sa ville de coeur, il n’y avait que de bons souvenirs et il aimait se perdre dans ses rues chargées d’histoire et pleines de charme. Il avait alors élu domicile dans la ville lumière depuis presque un an et il s’y sentait bien. Il avait pris ses habitudes dans son quartier, le week-end il profitait des expos et jouait au touriste, ou bien il prenait une voiture et partait visiter ce pays qu’il aimait tant. Son livre avançait bien, son éditeur était content du travail accompli et espérait qu’il serait un succès. Léo se découvrait écrivain et il agrémentait son récit de quelques uns de ses clichés, lui se moquait bien que son livre se vende, du moment qu’il en soit satisfait. Et puis écrire lui faisait du bien, ça l’apaisait beaucoup. En vérité il sortait peu, du moins plus comme avant, les fêtes à n’en plus finir, l’alcool qui coulait à flot, une nouvelle fille chaque soir, cette époque était derrière lui. Il préférait les soirées entre amis autour de verres de vin, c’est sur ce point qu’on voyait qu’il s’était assagit.
Retrouver Blanche, telle une réminiscence du passé, d’une époque tellement lointaine qu’il n’était plus certain de l’avoir vraiment vécu, c’était déstabilisant. Pourtant il souriait, en sa présence il souriait toujours et plus elle s’approchait plus son sourire s’élargissait. Il passa la main dans ses boucles qu’il avait laissé pousser, elles prenaient quelques reflets dorés, on lui disait que ça lui allait bien. Je vis ici. Ce qui, dans sa bouche, semblait être la réponse la plus normale qu’il soit. Les nouvelles du côté de la blonde semblaient moins réjouissantes. C’était dommage que ce soit la maladie qui l’ait poussé à prendre pour la première fois cet avion qu’elle rêvait de prendre depuis des années. Mais peut-être qu’elle profiterait de ce séjour pour visiter la ville alors il y avait un peu de positif dans son histoire. Je suis navré de l’apprendre. J’espère que tu tiens le coup. Il était sincère, comme toujours lorsqu’un drame touchait les personnes auxquelles il tenait. Léopold, croyez-le ou non mais il s’était fait à ce prénom très français, enfin il assumait cette part de ses origines et probablement que son livre ne serait pas signé de son pseudonyme, Charles, comme toutes ses photos, mais bien de son véritable prénom, pour une fois. Il n’était pas rare que ses amis ici l’appellent par ce prénom. Au départ il l’avait refusé, entre autre pour la raison évidente qu’il lui rappelait un peu trop la blonde qui lui faisait face, finalement Blanche n’avait jamais totalement quitté son esprit. Puis il s’était fait à l’idée et avait arrêté de râler. Et toi tu es superbe. Il l’attira contre lui pour la serrer dans ses bras, Léo, toujours très tactile, ne se contentait pas d’une simple bise pour saluer celle qu’il était si heureux de revoir.  Il finit par la relâcher avant que ces retrouvailles ne deviennent gênantes. Tes grands-parents habitent loin ? Tu as le temps de prendre un café j’espère ? Il faisait déjà signe au serveur de venir vers eux. Et lorsqu’elle lui eut dit ce qu’elle prenait il le formula dans un français parfait mais teinté de cet accent australien qu’il n’avait toujours pas perdu et qu’il ne perdrait certainement jamais malgré ses années de pratique de la langue de Molière.

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MessageSujet: Re: Être parisien, ce n’est pas être né à Paris, c’est y renaître + Léanche   Mer 22 Aoû 2018 - 14:31

En cinq ans, bien des choses avaient changé, mais lorsqu'il posa son regard brillant sur elle, Blanche se retrouva transportée dans le temps. Exactement là où ils s'étaient laissés. Si la blonde avait su passer à autre chose, penser ses douleurs et vivre sa vie, tout se ressassait à présent dans sa tête. C'était malsain, à nouveau, puisque leur relation ne s'était pas terminée en très bon terme. Ils ne s'étaient d'ailleurs jamais revus, Blanche préférant disparaître pour leur bien mutuel. Elle avait entendu parmi les ragots de Bowen qu'il était heureux, finalement, avec une femme qu'il aimait sincèrement. Une femme qui avait finalement su occuper la place que l'a tatoueuse n'aurait jamais pu remplir. La nouvelle lui avait légèrement pincé le cœur, mais elle s'y était vite faite à l'idée. Elle ne pouvait changer leur destin, il ne l'avait d'ailleurs jamais réellement aimé, et elle était heureuse qu'il puisse enfin se stabiliser avec quelqu'un. Les choses avaient changé pour elle, en cinq ans. Elle avait pu enfin quitter son deuxième emploi au Wojna's pour s'occuper de son studio à plein temps. Après avoir essuyé les dégâts des rumeurs grotesques qu'il avait eues à son sujet peignant d'elle le portrait d'un escroc aux yeux des habitants de la ville, Blanche s'était concentrée sur sa carrière. Elle avait dû finalement gagner leur confiance à nouveau, puis les affaires s'étaient mises à rouler comme elle l'avait toujours espéré. Pour oublier Léo, elle était beaucoup sortie, rencontrer des hommes et rapidement elle s'en était lassée. Retomber dans ces algorithmes de rencontre et de séduction, ce n'était plus vraiment pour elle. Sans même crier gare, l'amour lui était tombé dessus, un autre fantôme du passé l'avait visité. CJ, celui qu'elle n'avait su aimer a sa juste valeur trop éprise d'un photographe envoutant à l'époque, s'était représenté sur son chemin. Au bon moment cette fois. Ils avaient partagé une partie de ces cinq années, jusqu'à ce que leur chemin se sépare à nouveau cherchant mutuellement où la vie devait véritablement les mener. En cinq ans, les choses étaient devenues stables, Blanche était finalement en paix avec sa vie. Son passé faisait d'elle aujourd'hui son présent. Elle avait grandi, son caractère s'était assagi quelque peu. Elle ne regrettait rien, aucune action posée ou décision prise jadis. Et même si elle ne regrettait pas ses actions, à près de 38 ans, son seul véritable regret était de n'avoir jamais pu fonder sa propre famille, de connaître les joies d'être mère, trop éprise à l'époque par ses sentiments voilés de mensonges.
Il se tenait droit devant elle, le sourire aux lèvres et la main dans ses cheveux que la blonde avait si souvent décoiffés. Il l'a regardait comme s'il n'existait qu'elle, alors qu'en réalité la ville était bondée de têtes blondes plus sublimes les unes que les autres. L'ultime fantôme de son passé avait refait surface, à des milliers de kilomètres de leur bercail. Attends, quoi ? Elle en avait manqué des choses alors que le brun lui annonçait qu'il s'était finalement installé à Paris. Blanche s'était monté une barrière de protection, avec avoir découvert qu'il était en couple avec une jolie blonde, pour éviter de se blesser. Elle avait coupé tous les ponts possibles avec son passé et elle ignorait qu'il s'était évadé jusqu'ici. Ébahie, elle le regardait droit dans les yeux. Wow, mais comment ça se fait ? La chance que tu as, c'est tellement beau l'Europe. Affirma-t-elle en regardant partout l'architecture classique du quartier et les verdures qui les garnissaient. Ce qu'elle aurait aimé y venir plus souvent à Paris, visiter ses origines et faire le plein de repos loin du brouhaha de Bowen. Blanche haussa les épaules à la remarque de l'homme. La maladie avait frappé sa vie depuis quelques années déjà, elle avait appris que sa grand-mère était malade près de trois ans déjà. Même si sa relation familiale était bancale, que rien de résultait d'une heureuse harmonie, elle avait jugé important de soutenir sa grand-mère. Elle lui avait parlé tous les jours depuis, parfois par appel vidéo, parfois par téléphone, jusqu'à aujourd'hui où elle leur faisait part de sa présence pour les prochaines semaines. Ça va... Elle n'était pas particulière fière de la façon dont elle avait repoussé toute sa famille et d'une certaine façon elle s'en voulait de ne pas avoir repris contact avec ses grands-parents plus tôt. Ils n'avaient rien à voir avec sa mère qui s'était totalement transformée une fois mariée à son père, avec qui elle n'avait toujours aucun contact. Ils n'étaient d'ailleurs même pas au courant que leur fille visitait la France à cet instant précis. Merci. Elle avait rougi sous les compliments de l'homme, se trouvant absolument immonde avec ces cernes de cadavre, gracieuseté du décalage horaire. Il était d'ailleurs surprenant que la belle puisse tenir sur ses deux jambes malgré la courte nuit de sommeil qu'elle avait eu, bien trop excitée de finalement découvrir la Ville lumière. Paris, c'était son rêve. Un rêve qu'elle avait jadis partagé avec l'homme. Elle ne pouvait penser à cette ville sans penser à lui, Léo, et ses promesses de l'emmener un jour. Ses promesses ne s'étaient peut-être pas réalisées après coup, mais ils étaient tout de même là, tous les deux, au même moment. Toujours aussi tactile, il l'a pris dans ses bras, son odeur enveloppa l'Australienne comme un vent de fraîcheur. Sa peau l'avait à peine effleuré qu'elle s'était mise à frissonner. Léo, il bouleversait ses sentiments à l'instant présent. Ils habitent dans le quartier, mais je ne pourrais te dire où exactement. Je dois t'avouer que je me suis un peu perdue pour me rendre ici. Dans un français parfait, Léo commanda pour la jeune femme qui le regardait d'un œil espiègle. Elle prit place à la table qu'il avait déjà réquisitionnée avant son arrivée, juste devant lui. Dans un français moins parfait que le sien, elle s'adressa à Léo. Tu sais que j'aurais pu commander mes propres choses ? Ces origines françaises l'avaient forcée à prendre des cours le weekend, à la demande de sa mère. Elle ne pensait jamais avoir besoin de cette langue, beaucoup trop compliquée à son goût, mais elle s'avérait utile dans la capitale de Molière. J'ai l'impression que ça fait des siècles que je t'ai vu, alors qu'en réalité seulement 5 ans ont passées... Elle tue le reste de sa phrase, les choses avaient beaucoup trop changées pour qu'elle poursuive sur sa lancée. Et même si ça faisait une éternité qu'ils ne s'étaient pas vus, elle ressentait à la fois qu'ils ne s'étaient jamais réellement perdus. Mais la blonde pouvait sans doute se tromper, elle qui s'était fait des illusions durant toutes ces années.

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MessageSujet: Re: Être parisien, ce n’est pas être né à Paris, c’est y renaître + Léanche   Mer 22 Aoû 2018 - 23:14

Son mariage avait fait grand bruit, le fils Emerson, éternel célibataire convoité, s’était enfin casé. Avec une none qui plus est ! Certains y étaient allé de leurs remarques graveleuses comme quoi il n’y avait qu’un homme comme lui pour pervertir une fille si prude. D’autres avaient simplement crié au scandale alors que beaucoup trouvaient cette histoire touchante, digne d’un joli roman. Léo se moquait bien de ce qu’on avait pu en dire, ce jour là, il avait été le plus heureux des hommes et c’était bien le plus important. Durant quelques temps il avait été comblé, en éternelle lune de miel avec celle qu’il aimait tant. Puis le temps avait filé, pas si longtemps que ça, même pas trois ans, certains démons du passé avaient resurgi. Ils étaient tellement différents, si divergents qu’ils avaient fini par ne plus se reconnaître dans les yeux de l’être aimé. Et puis cet enfant qu’ils désiraient tellement mais la nature capricieuse qui le leur refusait, tant de choses, des petites choses en fait, la vie qui faisait son oeuvre et qui, petit à petit les avait éloigné l’un de l’autre. Cette simple vérité si flagrante mais tellement injuste avait bouffé Léo durant des mois jusqu’à ce qu’un mot ressorte de tout ce gâchis, un mot qu’il ne voulait pas entendre : divorce. Ce jour là il avait fait son sac et il était parti, direction Brisbane pour voir son fils, passer le maximum de temps avec lui avant de prendre cette décision radicale, il allait tout plaquer pour faire ce fameux tour du monde. Il était alors revenu à Bowen, avait fait ses valises les yeux pleins de larmes, il avait embrassé Grace pour la dernière fois et puis claqué la porte de chez eux, sans cris, sans heurts. Une nouvelle fois il fuyait, sa meilleure arme à lui. C’était la dernière fois qu’il l’avait vue, il lui laissait tout, la maison, la voiture, les rêves brisés et les souvenirs de leur bonheur bien trop éphémère. Il ne supportait pas cet échec avec celle qu’il avait adoré, aimé comme il ne pensait jamais aimé personne. Il n’aimerait plus, plus jamais, plus personne, puisqu’ils n’avaient pas réussi à s’aimer eux. Quelques mois plus tard il avait appris qu’elle demandait le divorce, elle avait signé des papiers, il ne lui restait plus qu’à le faire également et il redeviendrait un homme libre. Mais il n’avait jamais eu le courage de les signer. Elle était la raison principale qui avait empêché Léo de revenir à Bowen et qui l’avait poussé à s’installer en France, le plus loin possible d’elle. Cette décision n’était pas sans gravité et c’était un véritable sacrifice parce qu’en s’éloignant d’elle il s’éloignait aussi de John. Son fils avait à présent huit et on ne pouvait pas dire qu’il le voyait grandir. Son choix de vie loin des siens l’empêchait de créer des liens avec cet enfant qui manquait clairement d’un père. Il était venu le voir l’été dernier, alors que Léo s’installait juste à Paris et il allait venir l’été prochain pour trois semaines. Ce n’était pas suffisant pour qu’ils resserrent les liens mais c’était mieux que rien. Depuis deux ans ils communiquaient beaucoup par téléphone et par Skype, mais ça ne faisait pas tout, il en était conscient. Son fils serait certainement la raison qui le ferait revenir en Australie, quand Léo serait prêt à le faire.
On ne pouvait se douter de ces blessures lorsqu’on voyait le photographe sourire à Blanche, d’ailleurs lorsqu’il n’y pensait pas, ce qu’il s’efforçait de faire la plupart du temps, il coulait une existence qui lui convenait totalement, il vivait au jour le jour, de la façon dont il l’entendait. Il se levait le matin sans réveil, flânait dans son quartier, écrivait son livre chez lui, dans un parc ou à la terrasse d’un café. Il regardait la vie autour de lui, prenait des photos, il dessinait un peu. Il avait une vie de bohème, celle dont beaucoup rêvaient en vérité, il n’avait pas à se plaindre. Il rit doucement alors que la blonde semblait sidérée d’apprendre qu’il vivait ici. C’est pas une chance, je l’ai choisi. Un énième caprice. Ca fait quelques mois que je vis à Paris maintenant. Bienvenue chez moi ! C’était presque ironique, lui qui avait tant parlé à Blanche de lui faire visiter cette ville qu’il aimait tant et où elle aussi avait de la famille. Cette famille vieillissante qui allait bientôt perdre l’un des siens. Elle gardait le sourire, la belle australienne, mais Léo voyait bien à quel point elle était affectée par la maladie de sa grand-mère. Le barbu aurait bien voulu l’aider, de n’importe quelle façon, mais il n’en avait plus le droit, il avait perdu tous les droits sur elle depuis qu’il lui avait brisé le cœur. Si elle se trouvait laide, lui la trouvait réellement belle, il ne mentait pas. Peut-être n’était-il pas objectif lorsqu’il s’agissait de son ex, mais elle ne changeait pas, toujours cette silhouette à tomber et ce sourire mutin. La prendre dans ses bras était probablement une mauvaise idée, elle ranima quelque sensations oubliées, qui ravivait cette douce chaleur au creux de lui. Même des années plus tard il se retrouvait comme quand ils étaient gamins. Il lui sourit, presque timidement. Et c’est en te perdant que tu m’a retrouvé… Qui aurait pu croire qu’un jour on serait finalement à Paris tous les deux ? C’était plus une question rhétorique qu’autre chose, le garçon était songeur, dans ses pensées, sans savoir vraiment lesquelles. Beaucoup de choses se mélangeaient dans sa tête et boire son café noir lui ferait certainement le plus grand bien. Ils s’installèrent alors après que Léo ait pris la commande pour Blanche. Elle ne manqua pas de l’apostropher, dans un français charmant. Il la fixa, un mince sourire en coin. Je n’en doute pas… mais j’ai toujours aimé t’impressionner, c’est une vieille manie. Ton accent est adorable soit dit en passant. Lui, éternel séducteur, il ne perdait pas ses habitudes. Pourtant des deux il était certainement le plus fasciné, par les progrès que Blanche avait fait dans cette langue. Il but une première gorgée de son petit déjeuner tout en l’écoutant. Cinq ans c’est long… Que deviens-tu ? Il était tellement déconnecté de tout son monde australien, il ne prenait plus de nouvelles de personnes, seule Lily, peut-être, continuait à lui donner quelques informations sur ses anciennes connaissances. Lui qui avait tant aimé sa ville, sa vie, ses amis, tous ses points de repère qui l’aidaient quand il était perdu à une époque, il avait tourné le dos à cette vie, du jour au lendemain et il n’avait pas l’intention d’y revenir. Pourtant retrouver Blanche le rendait soudainement nostalgique, lui, le grand sentimental, tant en amour qu’en amitié. Et puis il était curieux de savoir ce qu’il s’était passé dans la vie de la tatoueuse durant ces quelques années.

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MessageSujet: Re: Être parisien, ce n’est pas être né à Paris, c’est y renaître + Léanche   Jeu 23 Aoû 2018 - 3:48

Elle ne pouvait que se demander ce qu'il se passait dans la tête de l'homme, alors que des années avaient passées avant qu'ils ne s'adressent à nouveau la parole. Elle l'avait quitté, en avril 2018, sans se retourner pour lui offrir un dernier regard. Sans lui accorder la chance de s'expliquer, si explication à ses actions il y avait. Il avait prononcé ces mots, qui pour lui étaient vides de sens, et ça s'en était terminé là. Des mots que la blonde n'avait pu réellement oublier, elle s'était seulement forcée à voiler sa tristesse et à vivre sa vie comme elle le devait sans trop s'attacher à lui plus qu'elle ne l'était déjà. Il fallait se le sortir de la tête en évitant d'y penser, en divaguant sur autre chose pour occuper son esprit et ainsi passer l'éponge sur les seize dernières années de sa vie qu'elle pensait avoir perdues. Y pensait-il, Léo, à leur passé ? À leur dernière nuit ensemble, celle qui s'était terminée sur une note à en glacer le sang ? Tu n’as toujours été qu’une amie pour moi tournait en boucle dans sa tête, remuée depuis l'apparition du barbu dans ce qui devait être un voyage paisible pour renouer avec ses origines. Ce n'était pas ce qu'elle avait prévu, Blanche, tomber sur lui et ressasser les histoires du passé sans vraiment le vouloir. Elle s'était levée ce matin, prête à conquérir Paris, prête à découvrir toutes les facettes de la ville loin des clichés qu'on pouvait en faire. Elle s'était fait une liste de choses à voir, fouillant sur des sites et des forums de voyages, loin des attraits touristiques typiques qu'on voyait partout. Évidemment qu'elle allait visiter la tour Eiffel et l'Arc de Triomphe, sans quoi sa visite de la ville ne serait définitivement pas complète, mais elle voulait voir plus. Les recoins de la ville, l'architecture, les commerces locaux, toutes ses choses qu'on ne voyait pas dans les magazines de voyage traditionnels, mais qu'elle avait souvent vues sur les photos de son ex. Ce qui faisait rêver plus que le classique, le réel. Vivre la vraie vie parisienne au travers des habitants. Alors qu'elle était prête à voir le monde et avancer dans son avenir, par pur hasard, il fallait qu'elle tombe sur ce qui la ramena à des années-lumière de son voyage. Exactement où elle avait tant tenté de demeurer éloigné. Son coeur battait fort, aussi fort qu'à leur dernière rencontre, mais tant elle éprouvait un bonheur de l'avoir retrouvé, un nouveau sentiment s'empara d'elle. La haine. La haine de lui avoir fait subir tout cela durant des années, sans jamais avoir eu le courage de faire face à la blonde. D'avoir joué avec ses sentiments, de l'avoir réduit en miettes alors qu'il était évident qu'elle l'aimait, elle. Et de l'avoir chassé de sa vie aussi facilement, comme si elle n'avait jamais eu d'importance. Tu n’as toujours été qu’une amie pour moi, ces mots qui lui avaient tant fait mal, mais qui aussi n'avaient aucun sens pour elle. Quelques minutes avant, il disait lui-même que leur relation n'avait jamais été qu'amicale et voilà que pour la faire fuir, Blanche qui n'avait que demandé la pure vérité, il avait choisi d'éviter le réel problème. Cette nuit l'avait hantée, elle y avait trop souvent repensé. Comment était-il possible de faire l'amour ainsi à une femme qu'on n’avait jamais réellement aimée ? Cela demeurait un mystère pour elle, qui ne croyait pas autant aux talents d'acteurs de l'homme.
Ce qui irritait Blanche, c'était le détachement de son ex. Il agissait comme si rien n'était arrivé, cinq ans auparavant. Comme s'ils avaient toujours été des amis, en bon terme, sans même avoir la délicatesse de lui adresser des excuses pour ce qu'ils avaient vécu. Lorsqu'il parla de caprice, elle hocha la tête acquiesçant ce qu'il lui disait. Pour faire des caprices, il en faisait, oui, et cela en était un parmi tant d'autres. Elle aurait pu soutenir son argument par leur relation malsaine qu'ils avaient entretenue durant des années, mais elle se tue. Le temps l'avait assagi. Si sa vie n'avait qu'une seule once de noirceur, il n'en laissait paraître aucune, laissant croire à la tatoueuse qu'il vivait le rêve parisien qu'il lui avait tant décrite. Rendant sa propre vie assez misérable en comparaison à celle du photographe. Blanche chassa le sujet de sa famille d'une réponse facile et toute faite. Elle n'avait pas envie d'en parler, elle qui avait encore du mal à accepter la nouvelle et sa réconciliation avec cette infime partie de son réseau familiale. Elle se contenta de lui dire ce qu'on disait aux connaissances qui posaient des questions, que tout allait rentrer dans l'ordre, mais elle se doutait bien qu'au-delà de cette réponse, Léo voyait plus. Qu'il avait su lire en elle comme il l'avait toujours fait, de voir derrière ses yeux verts qu'elle avait une douleur. Presque la même qu'en le revoyant après toutes ces années. Tu m'avais quand même promis de m'y emmener un jour, tu te souviens ? Celle-là, elle ne put la retenir. C'était trop facile pour elle de lui répondre. Peut-être que Blanche aurait pu prendre sur elle, éviter de ramener sur la table leurs derniers moments houleux, mais elle en avait choisit autrement. Il y avait tant de choses, après coup, qu'elle avait souhaité lui dire, tant de choses qu'elle aurait aimé éclaircir auprès de lui, mais elle avaient respecté la promesse qu'elle s'était fait : le laisser tranquille. Le laisser vivre sa vie comme il le voulait. Il n'avait pas tenté de reprendre contact avec elle, d'ailleurs. Elle prit place à la table, celle qu'il lui avait demandé de partager avec lui. Ça, c'était avant son semi-règlement de compte. Blanche ne serait d'ailleurs pas surprise s'il lui demander de quitter les lieux, de le laisser retourner à sa vie paisible qu'il menait avant qu'elle n'arrive et, qu'une fois de plus, elle chamboule ses plans. Parce que c'était tout ce qu'elle savait faire, l'Australienne. Il était séducteur, fidèle au Emerson qu'elle connaissait. Elle ne pouvait dire s'il le faisait par exprès ou s'il l'était tout simplement par manie. Jouait-il les charmeurs de serpents pour l'amadouer une fois de plus ? Quoi qu'il en soit, sa remarque lui fit sourire, les joues teintées d'un rosé timide. À sa question, elle ne sut répondre. Le temps qui passe est relatif, Léo... Certains trouvent qu'il est long à s'écouler, d'autres qu'il passe trop vite. Blanche replaça une mèche de ses cheveux derrière ses oreilles, remerciant le serveur de son français parsemé d'un accent australien très présent. Elle coupa en deux son croissant de ses doigts fins et y ajouta du beurre frais avant de relever les yeux vers Léo, attentifs à sa réponse. Que pouvait-elle bien lui dire ? Sa vie n'avait l'air de rien en comparaison à la sienne, lui qui s'était coupé de tout ce qui pouvait lui remémorer son ancienne vie. Je.. je suis toujours la même Blanche, tu sais. La différence est que les affaires vont mieux, heureusement. C'est décevant, surtout à côté de ça... Elle désignait l'endroit où ils se trouvaient. Et toi, alors.. Que deviens-tu ? Blanche n'avait pas réellement envie de le savoir. Elle était heureuse pour lui, pour toutes les belles choses qui pouvaient lui arriver. Mais une partie d'elle lui en voulait encore, même cinq ans plus tard, pour ce qu'il lui avait fait vivre. Elle ravala sa mauvaise fois, puis avant de prendre une gorgée de son café latté, elle ajouta : Comment va Jonah ?

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MessageSujet: Re: Être parisien, ce n’est pas être né à Paris, c’est y renaître + Léanche   Jeu 23 Aoû 2018 - 14:11

Dire que Léo avait oublié Blanche durant toutes ces années serait un mensonge. Elle avait été son amie, son ex, sa maîtresse, elle avait compté pour lui et à plusieurs époques de sa vie elle avait été le seule phare dans ses tempêtes personnelles. Elle resterait toujours l’éternelle amoureuse, celle pour qui il éprouvait cette affection si particulière, teintée de douceur et d’amertume avec tout le mal qu’il était capable de lui faire. Il s’était voilé la face durant des années, croyant que leur relation semi-amicale leur convenait à tous les deux, fermant les yeux sur ce qui était pourtant évident, l’amour qu’elle éprouvait pour lui. Et aussi parfois sur ses propres sentiments à lui qui, s’il les avait écouté aurait pu leur faire vivre une belle histoire. Il avait toujours cru que c’était plus simple de la garder en tant qu’amie que de sauter le pas d’une histoire plus sérieuse, pensant simplement que ce qu’il éprouvait pour elle n’était pas assez fort, lui préférant toujours une autre. Après leur dernière nuit, après ses dernières paroles qu’il avait choisi, exprès pour qu’elle le déteste. Après ses larmes versées en silence, larmes qu’elle n’avait jamais vu, Léo n’avait plus repris contact avec Blanche. Il en avait assez fait, l’envie ne lui avait pas manqué, de l’appeler, de prendre des nouvelles, mais il était resté volontairement loin d’elle pour qu’elle puisse se détacher de lui, enfin. Le jour de son mariage il s’était pris une seconde à la chercher des yeux dans la foule des invités mais évidemment elle n’était pas là, elle n’y avait pas sa place et rapidement le sourire de sa femme lui avait fait oublier ses fantômes. Puis cinq années étaient passées. Aujourd’hui l’australien ignorait totalement si la blonde éprouvait encore du ressentiment envers lui, si elle lui en voulait encore ou si elle avait oublié, restant toujours l’éternelle Blanche docile qui fondait face à lui. Pour sa part il oubliait tout, les mots qu’il avait prononcés n’avaient plus de sens, il avait fait son deuil de cette relation avortée, il n’avait plus de colère ni envers lui-même ni envers les paroles de Blanche qui l’avaient égratigné ce soir-là. Il avait mûri et fait table rase de ses anciens conflits. On pouvait croire que c’était trop facile, peut-être bien, mais il était en paix avec lui-même, à peu près. Et puis il était de ceux qui pensaient que pour avancer dans la vie il fallait savoir aller de l’avant. Il était sincèrement heureux de retrouver Blanche, trouvant que le hasard faisait parfois bien les choses. Elle lui avait manqué, il ne pouvait le nier et même si ce n’était que le temps d’un petit déjeuner en terrasse, il comptait profiter de sa présence. Il remarqua pourtant assez vite qu’après les grands sourires et la surprise des retrouvailles, elle semblait plus froide, plus distante, tellement différente de celle qu’il avait connu. Et tu as toujours refusé mes invitations, Blanche. Il haussa les épaules, tentant de chasser ce sentiment de malaise qui s’emparait de lui, qu’attendait-elle, qu’il continue à lui courire après alors qu’il lui avait dit ne rien éprouver pour elle, ou cherchait-elle à lui faire passer un message ? L’atmosphère se détendit à nouveau quand Léo pris leur commande, redevenant le charmeur qu’il avait toujours été avec elle. Il savait y faire avec la blonde, il connaissait les mots qui la faisaient rougir et ce fut avec un plaisir non dissimulé qu’il remarqua qu’il savait toujours comment s’y prendre. Pourtant ce n’était pas un jeu, ça ne l’avait d’ailleurs jamais été, s’il la complimentait, s’il était félin avec elle, c’est qu’il aimait ça, c’était sa façon à lui de se comporter. Et dire qu’il se trouvait mauvais séducteur, pourtant sa méthode avait largement fait ses preuves pour attirer les jolies filles dans ses bras, Blanche la première. Sa réflexion le laissa le regard dans le vie quelques secondes, alors que sa main gauche, qui arborait toujours son alliance, jouait avec son croissant. Tout dépend des personnes avec qui on le passe, ce temps. Enfin j’imagine. En vérité il n’avait pas vu ces années passer, il allait bientôt entrer dans la quarantaine, celle qu’il redoutait encore plus que la trentaine, mais il avait l’impression d’être cet éternel gamin qui ne mûrirait jamais, qui faisait inlassablement les mêmes erreurs, celui qui parcourait le monde à la recherche de l’impossible, avide de découverte et jamais rassasié, celui qui aimait trop fort et trop mal, incapable de se poser ou de faire preuve de stabilité. Celui qui quittait tout sur un coup de tête mais qui déplacerait des montagnes pour celle dont il était épris. Ce gosse capricieux qui voulait tout. Ne dis pas que c’est décevant. Surtout face à ça. Il regardait autour de lui. On peut être dans la plus belle ville du monde et se sentir parfois très seul. Parce que ces moments là lui arrivaient, quand il pensait à son fils ou à ces papiers de divorce qui l’attendaient sur un coin de son bureau et qui signifiaient la fin de tout. Il savait que son passage à Paris serait transitoire et penser à l’avenir l’effrayait. Ne compare pas ta vie à la mienne, ni à celle des autres, il faut qu’elle te convienne à toi avant tout. Et puis moi je suis heureux de retrouver la même Blanche, elle me plait bien. Il lui sourit avec bienveillance. Tu sais que ce croissant est déjà constitué à 50% de beurre ?! Il la voyait manger et se régaler visiblement, alors même s’il la chariait, ça lui faisait plaisir qu’elle ait bon appétit. Il se cala dans le fond de son siège, les bras sur les accoudoirs, sa tasse entre les mains. Je crois moi aussi que je suis toujours le même, en fait. J’ai juste quelques tampons en plus sur mon passeport. J’ai fait un tour du monde d’un an et puis je me suis installé ici le temps d’écrire le récit de ce voyage pour en faire un livre qui devrait être publié, si tout va bien. Son regard se voila légèrement lorsqu’elle demanda comment allait son fils. Pour la simple raison qu’il n’en connaissait pas vraiment la réponse, quelques instants au téléphone dans la semaine ne suffisaient pas, malheureusement, à ce qu’ils restent proches. Il grandit, il aura huit ans cet été ! Je ne le vois pas souvent, bien moins que ce que je voudrais. Mais j’ai fait un choix en quittant tout, malheureusement ça implique des sacrifices. Croyez bien qu'il en était le premier désolé.

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MessageSujet: Re: Être parisien, ce n’est pas être né à Paris, c’est y renaître + Léanche   Jeu 23 Aoû 2018 - 16:27

La vérité c'était que malgré tout ce que Blanche avait fait pour oublier Léo, rien n'avait fonctionné. Tout ce qu'elle avait réussi à faire, c'était de vivre avec le manque de sa personne et l'accepter. Elle finissait toujours par y revenir involontairement. Chaque fois, elle se ramenait à l'ordre. Il l'avait ensorcelé, malgré les choses qu'il avait pu lui dire, malgré les actions qu'il avait pu poser. La blonde se détestait d'avoir été sous son emprise aussi longtemps. Le revoir déclenchait un bonheur amer. Elle n'y pouvait rien. Elle aurait tant aimé lui sauter dans les bras et faire comme si tout cela était derrière eux, mais ils n'avaient jamais eu l'occasion d'en parler. De revenir sur la situation, comme des adultes, et de passer l'éponge sur leur passé. Elle n'était pas rancunière, Blanche, elle avait seulement besoin de temps pour l'oublier. Cinq ans plus tard, alors qu'elle pensait y être parvenue, il revenait faire surface comme une claque au visage lui rappelant la personne faible qu'elle était lorsqu'il était question du beau Emerson. Elle n'avait pas toujours été malheureuse, Blanche, elle s'était bâti un monde, un univers où elle avait pu être heureuse sans penser au globe-trotteur chaque jour de son existence. Elle s'était mis la tête dans le travail, d'abord pour se sortir du pétrin après les affreuses rumeurs qui courraient à son sujet, mais aussi pour maintenir son esprit occupé. Puis, elle s'était accordé de trouver l'amour. Et l'amour, elle l'avait vraiment vécu. Elle l'avait aimé, CJ, de tout son coeur. C'était loin d'être une façon de compenser son manque. Ce n'était simplement pas son âme soeur, malgré tous les efforts qu'elle avait mis dans cette relation. Et même si elle s'était battue pour qu'elle fonctionne, leur relation de couple avait fini par se déchirer jusqu'à ne plus être existante. Jusqu'à disparaître. Tout était arrivé si vite. À cette époque, elle venait à peine d'apprendre que sa grand-mère était malade, que le cancer avait éclaté et qu'il était impossible pour la médecine de la guérir complètement. Les médecins ne pouvaient que la maintenir en vie, stable pour le moment, jusqu'à la prochaine crise. Même si CJ et elle n'étaient plus en couple, il avait été là pour l'épauler. Comme un ami savait le faire. Il avait pris de ses nouvelles, s'était occupé de lui changer les idées et de la garder les deux pieds sur terre malgré la mauvaise nouvelle qui lui était tombée sur la tête. Blanche ne lui avait rien demandé, il l'avait fait parce qu'avec toute l'affection qu'ils avaient partagée, cela valait de soi. Elle aurait fait la même chose dans la situation inverse. Elle n'en voulait pas à Léo de ne pas avoir tenu ce rôle, il fallait être honnête, comment aurait-il pu avoir vent de cette nouvelle affreuse ? Mais elle en voyait tout de même là la définition de l'amitié. Celle qu'ils ne partageaient plus, du moins, parce que malgré leurs amertumes, ils n'avaient pas su être là l'un pour l'autre. Maintenant, elle le voyait à Paris, l'air heureux de la voir comme s'ils ne s'étaient jamais querellés. C'était facile pour lui, lui qui avait décidé de mettre fin à leur amitié, lui qui avait toujours tenu le gros bout du bâton dans leur relation. Mais elle, faible esclave de sa personne, était incapable d'agir comme si rien ne s'était passé entre eux. Non pas par manque d'envie Léo, mais parce que je n'en avais pas les moyens.. Blanche soupira, se remémorer ce passé ne lui faisait aucun bien. Elle était vulnérable face à lui. Cette histoire de voyage, elle était vieille comme le monde. Il avait toujours voulu l'emmener visiter Paris, ensemble, juste tous les deux, dans des moments beaucoup plus heureux que celui présent. Mais la vie en avait choisi autrement. Blanche n'avait pas les moyens, à l'époque tout son argent lui servait à payer son loyer et aider son frère à se sortir du bordel dans lequel il était impliqué. Et la simple idée de profiter de ce voyage sur le bras de son ami, de son ex, lui était impossible à réaliser.
Léo était toujours aussi gentil avait elle, même s'ils ne s'étaient pas vus depuis des lunes. Il savait s'y prendre avec la blonde qu'il connaissait maintenant par coeur, sachant quoi lui dire pour lui faire du bien. Ses compliments en faisaient partie. Toujours aussi séducteur, il l'a faisait craquer de ses belles paroles qu'il savait utilisées. T'étais pas obligé de la perdre, cette Blanche, tu sais... avoua-t-elle comme un regret, haussant les épaules à la taquinerie du barbu. Elle l'écouta alors lui expliquer le récit de ses dernières années, ce qui l'amena finalement à s'installer ici et à vivre comme il le faisait. Elle se sentit soudainement plus près de lui qu'au début de leurs retrouvailles, s'adoucissant face à son histoire. En mentionnant son fils, Blanche ne put s'empêcher de ressentir un sentiment de compassion, elle attrapa la main droite de son ex entre ses mains frêle en guise de réconfort. Il t'aime malgré tout, je n'en doute pas... Il était encore le même, ça, c'était évident. Toujours le Léo qu'elle connaissait et sans vraiment savoir pourquoi, toute la rancoeur qu'elle avait contre lui disparu en une fraction de seconde. Elle était touchée par la décision qu'il avait dû faire, de laisser celui qu'il aimait plus que tout au monde derrière lui pour avancer. C'était remarquable et malheureux à la fois. Blanche baissa les yeux, les rivant sur son assiette pour se permettre de mieux réfléchir. Blanche sortie de ses pensées, revenant au moment présent et du coin de l'oeil elle vit les mains de son interlocuteur se balader vers son croissant. Ses mains qui l'avait touché autrefois, garnis d'une alliance. Elle fronça les sourcils, puis releva les yeux vers lui rapidement. Comment avait-elle pu se laisser berner une fois de plus ? Lorsqu'il était question de Léo, elle ne savait faire autrement. L'Australienne prit une dernière gorgée de son café avant de s'adresser à celui pour qui son coeur battait toujours aussi fort que la première fois. Merci pour le petit-déjeuner, Léo, c'est apprécié... Je dois retourner au chevet de ma grand-mère, peut-être qu'on aura la chance de se revoir avant mon départ... Elle soupira avant de poursuivre. J'espère qu'elle te rend heureux, Léo, je te le souhaite sincèrement. Tu mérites le bonheur, tu mérites d'être heureux. Elle sous-entendait son alliance qui régnait sur sa main gauche, bien en place, là où il le fallait. Il n'avait su lui avouer, mais elle l'avait découvert elle-même. En réalité, c'était peut-être mieux ainsi. Il était marié, il vivait à paris et elle s'en irait retrouver sa vie paisible à Bowen, fin de leur histoire. Il fallait être idiot pour penser que leur relation pouvait évoluer.

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MessageSujet: Re: Être parisien, ce n’est pas être né à Paris, c’est y renaître + Léanche   Ven 24 Aoû 2018 - 0:04

Léo aurait tout fait pour Blanche, s’il avait su qu’elle vivait ce drame dans sa famille. Elle avait toujours été son amie, au delà de l’attirance qu’il avait pour elle, il éprouvait cette affection particulière pour la blonde, il la connaissait depuis l’enfance, ils avaient beaucoup partagé tout au long de leur vie. Le photographe connaissait l’histoire de la tatoueuse, ses tourments familiaux, ses galères professionnelles et tout le reste, elle lui confiait beaucoup et il était toujours prêt à l’écouter. Mais après leur dernière soirée ensemble il avait perdu son statut de confident et d’ami auprès de la belle. Jamais plus elle ne lui avait donné de nouvelles, jamais elle ne lui avait parlé de cette nouvelle qui l’avait ravagé jusqu’à faire ce saut dans l’inconnu en prenant ce vol pour la France, seule. Pas pour un voyage touristique, pas pour flâner dans les rues de Paris, mais pour venir voir une dernière fois sa grand-mère vivante. S’il avait fait beaucoup de mal, Blanche n’avait pas le droit d’en vouloir à Léo pour cette raison-là, simplement parce que si elle l’avait appelé, si elle lui avait parlé, il aurait accouru pour venir la soutenir dans cette épreuve, en oubliant leurs disputes. Aujourd’hui, enfin réunis dans ce pays qui les avait tant fait parler et rêver, l’australien se prenait à penser furtivement qu’il pourrait peut-être lui faire découvrir cette ville qu’il connaissait si bien, si elle en avait l’envie et le temps. Mais à présent tu es là. Il la regarda, soleil espiègle, cherchant plus que tout à ne pas laisser la blonde s’enfoncer dans sa rancœur. A force de sourires enjôleurs et de mots bien placés, il réussit à lui faire retrouver le sourire, Blanche, caractérielle, n’était pourtant pas si revancharde envers Léo, une chance pour lui. Ses paroles à elle le laissèrent pantois, à la fixer sans vraiment la voir. Si cette journée qu’il pensait banale, durant laquelle il avait pour idée d’aller chiner aux puces, de retrouver quelques amis pour un dîner tranquille, si elle s’avérait en fait être une journée pas comme les autres, de celles qui réconciliaient le passé et le présent. Si ces retrouvailles avec Blanche annonçait un changement dans la vie de Léo, sans qu’il en soit conscient. Il sourit faiblement. Tu repartiras à Bowen ma belle, si ce n’est pas aujourd’hui, à la fin de ton séjour je te perdrai. Et finalement, cette idée-là ne le rendait pas forcément optimiste quant à l’idée de tisser à nouveau des liens avec elle, liens qu’il ne pourrait pas entretenir en vivant à l’autre bout du monde. Elle le rendait plutôt triste, en pensant qu’en s’étant exilé ici il s’était réellement coupé de toutes les personnes à qui il tenait. Cette main qu’elle glissa dans celle de Léo le surprit, il mit un instant à la serrer à nouveau. Sûrement qu’il m’aime, oui. Mais il attend plus de son père qu’une voix au téléphone. Il haussa les épaules, il devait assumer son choix. Habituellement il l’assumait, il n’y pensait pas. Mais en retrouvant Blanche il ne pouvait s’empêcher de ressasser ce qu’il laissait derrière lui en temps normal, ce matin elle avait ce don de le rendre mélancolique, d’une certaine façon. Il n’y avait rien de remarquable dans la décision qu’avait pris Léo de tout plaquer, elle était même totalement lâche, comme à chaque fois qu’il prenait la fuite. Il ne pensait qu’à lui et aux responsabilités qu’il refusait d’affronter, il restait cet éternel gamin trouillard. Et s’il se retrouvait aujourd’hui à mener la belle vie dans la capitale française, il tournait le dos à toutes ses responsabilités, en tant que père, en tant que mari, en tant qu’ami également.Tous les deux perdus dans leurs pensées, ils ne remarquèrent pas le silence qui s’était immiscé entre eux, créant un fossé alors qu’ils se retrouvaient à peine. Clairement le temps avait fait son oeuvre et les différentes épreuves de leurs vies respectives ne rendait pas ces retrouvailles si faciles qu’elles semblaient l’être au départ. Léo picorait encore son croissant, distraitement, sorti de sa rêverie, il observait Blanche qui pensait absorbée par la contemplation du bitume, il se demandait bien ce qu’il y avait dans sa tête à ce moment précis. Elle se ressaisit rapidement et, aussi vite qu’elle était arrivée, voilà qu’elle se levait, remerciant le barbu pour le petit déjeuner. Léo se leva, un peu sonné par le changement de ton et la distance qu’elle mettait soudainement entre eux. C’était… un plaisir. Tu veux… Mais elle ne lui laissa pas le temps de continuer, prononçant des mots qu’il ne comprit pas. Il fronça les sourcils, perdu. Et elle en profita pour tourner les talons, le plantant là, devant son croissant tout émietté et leurs tasses vides. Il la vit retourner au coin de la rue d’où elle avait surgi un peu plus tôt. Il repensa à ses paroles et observa sa main et son alliance qui brillait, comprenant enfin où elle avait voulu en venir. Pourquoi n’avait-il pas enlevé cet anneau qui ne signifiait plus grand chose mis à part le vide de sa vie ? Il avait tant souhaité que plus aucune femme ne l’atteigne depuis Grace, à tel point qu’il avait préféré garder cette marque d’attachement comme barrière pour éloigner tout risque. Mais à cet instant précis il la maudissait, cette alliance. Déposant un billet sur la table il quitta la terrasse sans attendre sa monnaie. Sans se presser il repris le même chemin de Blanche, qui était aussi le chemin pour rentrer chez lui. Sans trop savoir s’il la suivait ou s’il préférait abandonner et la laisser croire qu’il n’était pas libre. De toute façon, avait-il besoin de se justifier, de lui dire qu’il n’y avait plus personne pour le rendre heureux, comme elle semblait tant lui souhaiter. Qu’est-ce que cela changerait qu’elle sache ? Il n’eut pas à se poser la question très longtemps, déjà, après quelques pas, il la voyait au bout de la rue, elle semblait perdue. Il la rattrapa, les mains dans les poches de sa veste. Tu connais au moins leur adresse, à tes grands-parents ? Je vais te raccompagner chez eux, ça t’évitera de te perdre. Sa proposition n'autorisait aucune objection de la part de la blonde et le regard qu'il posait sur elle, lui faisant comprendre qu'il ne comptait pas la laisser partir comme un courant d'air, comme elle venait de le faire, non plus.

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MessageSujet: Re: Être parisien, ce n’est pas être né à Paris, c’est y renaître + Léanche   Lun 27 Aoû 2018 - 0:48

Elle avait toujours été là pour lui, Blanche. Léo, il était spécial à ses yeux. Elle aurait escaladé des montagnes, traversé des océans pour lui. Elle avait souvent tout plaqué pour simplement le voir sourire. Aujourd'hui, les choses avaient changé. Elle avait cette amertume, celle de n'avoir jamais été rien d'autre pour lui qu'une simple amie, qui malgré elle refaisait surface. Il n'y était pour rien, Léo, il n'avait que été honnête. Mais, plus fort qu'elle, ce sentiment était tout de même présent, au fond de son coeur, quand il lui parlait, quand il la touchait. Mélangé à son coeur qui battait la chamade sans même savoir pourquoi. Il l'avait toujours troublé, chamboulé son coeur comme personne ne l'avait jamais fait et aujourd'hui n'était pas différent du passé. Ce passé qui refaisait surface alors qu'elle le ressassait. Ça lui avait fait tellement mal de se détacher de lui, d'apprendre à vivre sans lui alors qu'il était jadis toute sa vie. Elle avait dû faire une coupure avec lui pour avancer, pour enfin se libérer de l'emprise qu'il avait sur elle. Parce qu'elle s'était détachée, elle ne lui en voulait pas de ne pas être au courant pour sa grand-mère, ou même pour tout autres choses. C'était surtout contre elle qu'elle était en colère de s'être amourachée de lui. De s'être fait de faux espoirs. De s'être laissé bercer par ses sentiments qui étaient irréels. Inexistants. À ses paroles, Blanche se referma. Froide, elle hocha la tête. Il y a quelques années, ça aurait pu être pour toi. mais aujourd'hui, elle avait pris l'avion et avait parcouru tous ses kilomètres pour être aux chevets de sa grand-mère malade. Pour profiter des derniers instants de bonheur avant qu'elle ne l'oublie, qu'elle ne soit plus en état d'en profiter. Les choses auraient tellement pu être différentes... Blanche haussa les épaules. Elle ne voulait pas être cruelle envers lui, il avait eu ses raisons, mais elle était triste. Triste de le revoir, maintenant que sa vie était stable, et de ressentir les mêmes sentiments que quelques années auparavant. Tant de choses qu'elle avait souhaité lui dire, lui confier, mais qu'elle n'avait pas pu lui dire. Les rumeurs qui faisaient d'elle la personne la moins fréquentable de Bowen, son frère qui ne sortirait pas de prison avant 10 autres années, mais surtout, surtout, les secrets qu'elle gardait depuis des années. Cette grossesse cachée et la décision qu'elle avait dû prendre seule de se départir de cet enfant. Cet enfant qui n'avait pas été désiré. Elle était tombée enceinte de lui et parce qu'elle respectait son bonheur, elle s'était tut. Elle avait décidé de garder la nouvelle pour lui, évitant par la même occasion de briser sa vie. Ça n'avait pas été facile pour elle, de vivre tout cela toute seule, mais elle préférait nettement gérer la situation seule que de se refaire du mal à le voir. Le voir, c'était réaliser à nouveau qu'elle l'avait perdu. Et cet enfant, elle ne voulait pas le garder si elle avait perdu son père. Il pourra venir te visiter, ici, à Paris. Où tu pourrais venir lui rendre visite à Bowen. Et me faire un coucou par la même occasion. elle était prise dans ses pensées, celles qui la transportait des années en arrière alors qu'ils étaient jeunes et insouciants. Mais ses pensées furent vite interrompues par l'alliance qui brillait fièrement sur son doigt. Elle n'était pas prête à faire face à nouveau à ça, lui qui l'avait rebâtit sa vie. Elle n'était pas prête d'avouer que sa vie à elle était beaucoup moins agréable que la sienne, avec moins d'amour et de joie. Elle se leva, rapidement, et tâcha à nouveau de retrouver le chemin vers l'appartement de ses grands-parents, sa carte toujours en mains en repensant à cette alliance. Cette bague qui l'avait refroidi. Léo l'avait rejoint aussi rapidement qu'elle s'était levée. Elle n'était pas difficile à retrouver, Blanche, l'aire perdue dans les rues d'une ville inconnue. Elle lui sourit en coin. Je ne veux pas te faire perdre ton temps, tu as sans doute bien d'autres choses à faire. Elle lui pointa une adresse écrite sur sa carte. Si tu pouvais seulement m'indiquer par où je dois passer.

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MessageSujet: Re: Être parisien, ce n’est pas être né à Paris, c’est y renaître + Léanche   Mar 28 Aoû 2018 - 9:51

S’il se demandait si Blanche avait encore de la rancœur envers lui depuis toutes ces années, Léo avait à présent sa réponse. Dans les répliques qu’elle avait et le ton employé, il comprenait qu’elle avait encore beaucoup de choses en travers de la gorge. Peut-être que ça ne l’avait pas empêcher de vivre et d’avancer, il l’espérait du moins, mais sûrement qu’en le retrouvant ici, de façon si inattendue, tout le mal qu’il lui avait fait ressortait d’un coup. Il ne pouvait pas lui en vouloir, à la blonde, il l’avait bien cherché. Le photographe se souvenait encore de ses derniers mots, de ces paroles qu’il avait choisi, pas pour la briser, mais pour qu’elle brise enfin ces chaînes qui semblaient la retenir prisonnière de son emprise depuis si longtemps. Il avait espéré qu’en lui faisant ce dernier affront elle ne souffrirait que sur l’instant pour enfin oublier cette histoire qu’il pensait vouée à l’échec. Il lui avait menti, avec aplomb, il avait affirmé, les yeux pleins de larmes qu’elle ne voyait pas, qu’il n’avait jamais rien ressenti d’autre que de l’amitié envers elle, osant admettre qu’il s’était plus ou moins servi d’elle depuis toujours. Il était allé loin, la laissant repartir chez elle avec ces mots qui résonnaient encore dans sa tête. Cette nuit là Léo avait pleuré, comme il n’avait plus pleuré depuis longtemps, il n’avait pas fermé l’oeil, se sentant tellement seul dans son grand lit. Il avait fait les cents pas dans sa maison, finissant par aller courir sur la plage vers cinq heure du matin quand le soleil se levait, il avait couru longtemps, ne ménageant pas ses efforts, comme pour faire ressortir toute sa peine, il avait besoin de se défouler, de se vider la tête, ne parvenant pas à oublier le visage décomposé de Blanche ni cette soirée entre larmes et plaisir, qui s’était terminée si mal. Il savait qu’il devait se détacher d’elle, parce qu’elle aussi, finalement, avait une emprise sur lui, bien qu’il n’éprouvait pas les mêmes sentiments qu’elle à son égard. A chaque fois qu’elle était dans les parages il se sentait irrésistiblement attiré par elle, par son corps et par tout ce qu’elle dégageait. Puis le temps était passé, rapidement il avait pris son courage à deux mains et il était allé retrouver Grace, il avait osé être honnête envers elle, lui dire clairement qu’il ne pouvait pas se passer d’elle, parce qu’elle était son évidence et comme toujours il avait rapidement oublié Blanche, parce qu’à l’époque seule l’autre blonde comptait à ses yeux, elle était sa muse, son égérie. Il la mettait sur un piédestal à tel point que les autres n’existaient plus. Et il l’avait aimé, sa précieuse fleuriste, il l’aimait encore aujourd’hui, même s’il avait fini par comprendre qu’un monde les séparait et qu’ils auraient beau s’aimer si fort, trop fort, ils n’arriveraient jamais à être heureux ensemble. Arrête, s’il te plais. Il avait plissé les yeux, témoignant des coups de poignards qu’il semblait sentir dans toute sa poitrine en pensant à tout ce qu’ils auraient pu faire en venant à Paris tous les deux, des années plus tôt, à cet avenir qui aurait pu être si différent, peut-être… On ne peut pas changer le passé, alors ça ne sert à rien. Il voulait avoir l’air détaché, mais il n’y arrivait qu’à moitié. En emménageant ici, Léo s’était promis d’arrêter les relations conflictuelles, en amour comme en amitié, il s’était éloigné de son père aussi qui lui créait bien des tourments avec son emprise et son héritage familial si lourd à porter. Ici il était un autre homme qui avait sacrifié son passé pour ne vivre qu’au présent, au jour le jour. Il avait décidé d’arrêter de prendre les choses trop à cœur, il voulait de la légèreté et de l’allégresse au quotidien. Mais retrouver Blanche et son lot de souvenirs bousculait un peu ce plan si bien ficelé.
Au fond il y avait encore bien des choses que Léo et Blanche ne s’étaient pas dites, qu’ils gardaient pour eux comme des secrets inavouables. Blanche ignorait que son amant terrible avait eu des sentiments pour elle, bien plus fort que cette simple amitié qu’il défendait pourtant avec conviction. Et elle aussi avait ses secrets, dont un qu’il pensait connaître, sans jamais avoir osé en demander plus, de peur de trop savoir. Il avait cru comprendre, lorsqu’ils étaient bien plus jeunes, que son ex avait traversé une période compliquée, elle avait refusé de le voir durant quelques temps, chose qu’elle ne faisait jamais, elle avait perdu sa lumière. Il y avait eu des rumeurs d’avortement et Léo n’avait pas voulu assumer le fait qu’elle avait peut-être porté son enfant et qu’elle avait dû affronter cette épreuve seule. A l’époque il était gamin et insouciant, il ne voulait surtout pas d’enfant, il n’avait pas encore eu Jonah et il ne comptait surtout pas s’attacher à une fille en fondant une famille. Alors il n’avait pas posé de questions, se disant que s’il ne savait pas, alors ça ne resterait toujours qu’une rumeur. Léo avait toujours été un grand lâche. C’est ce qu’on fait, enfin lui vient ici. Il arrive dans quelques semaines pour un mois, on va sillonner la France histoire qu’il découvre ses origines lui aussi. Mais je ne suis pas sûr que ce soit suffisant, un enfant a besoin de son père au quotidien. Mais il ne pouvait s’en vouloir qu’à lui-même, c’était lui et lui seul qui avait fait le choix de vivre loin de son fils. Il avait appris que son ex s’était mariée, elle avait eu un autre enfant, une fille à priori, qui avait cinq ans de moins que John, ça le rendait heureux pour son fils, qu’il puisse partager les joies de la fraternité. Et puis cet homme semblait être quelqu’un de bien, pour elle et pour leur fils, cette idée lui fendait le coeur mais il était très probable qu’il prenne ce fameux rôle que lui avait laissé, de figure paternelle quotidienne.
A cause de son alliance, Léo avait fait fuir Blanche. Sûrement qu’elle avait appris son mariage à l’époque et qu’à présent elle pensait que sa femme l’avait suivi à Paris. Elle était loin du compte, la belle tatoueuse, elle se trompait totalement, mais comment pouvait-elle savoir… Léo resta bloqué quelques instants, le temps d’encaisser le fait qu’elle venait de le fuir. Avant de se ressaisir, se disant que c’était peut-être mieux ainsi. Il repris son chemin avant de la retrouver. L’occasion était trop belle alors il la rejoignit. J’ai tout un tas de choses à faire. Et surtout beaucoup de temps pour les faire. En d’autres termes il n’avait rien de mieux à faire ce matin. Il attrapa la carte des mains de Blanche et regarda où habitait sa famille. Elle n’était pas bien loin mais dans le dédale des rues il n’était pas simple de s’y retrouver. Et il se fit la réflexion que ses grands-parents habitaient à deux rues de chez lui, le monde était petit. Carte toujours en main il avança avant de se rendre compte que la blonde, têtue, restait sur place. Il soupira doucement avant de la prendre par la main. Je ne vais pas te manger. A une époque tu étais moins farouche. Il aurait pu s’éviter cette réflexion douteuse. Viens. D'ici on en a pour deux minutes à pieds. Léo ne comptait pas rester sur une dispute, il n’en pouvait plus de se séparer de Blanche en mauvais terme alors qu’en vérité le contact de sa main dans la sienne et le simple fait qu’elle soit là, à le regarder, lui faisait tourner la tête.

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MessageSujet: Re: Être parisien, ce n’est pas être né à Paris, c’est y renaître + Léanche   Mar 28 Aoû 2018 - 21:43

Cette soirée-là, celle qui avait tout éteint de leur amitié et de leur complicité, elle avait remonté les rues de Bowen d'un pas lent, son coeur en mille miettes, brisé par celui qu'elle aimait. Et elle s'en voulait. Elle s'en voulait de l'avoir aimé. Elle s'en voulait de l'avoir espéré. Elle était rentrée chez elle dans un appartement aussi vide que son coeur pouvait l'être, seule avec sa peine qu'elle devait vivre solitairement. Il ne l'avait plus jamais appelé, pas comme les autres fois que leurs chemins s'étaient séparé. Non, cette fois tout était différent. Il avait trouvé l'amour, Léo, finalement. Celle qui faisait battre son coeur. Celle pour qui il aurait tout plaqué pour la rendre heureuse. Blanche était contente pour lui, malgré son amertume envers le photographe. Et aujourd'hui encore, elle était heureuse qu'il ait pu faire sa vie dans le bonheur absolu. Même si elle, elle qui avait souffert en silence toutes ces années, on ne s'interrogeait pas de ce qu'elle pouvait bien ressentir. Ce qu'elle avait bien pu vivre après leur rupture, si on pouvait décrire leur dernière nuit ainsi. Elle en voulait à la terre entière de l'avoir mise dans une situation ainsi, de se l'être imposée elle-même et de s'être bâti des histoires d'espoirs qu'un jour elle vivrait sa fin heureuse avec lui. Son amertume ne l'avait jamais finalement quitté, c'était bien ce qu'elle réalisait aujourd'hui alors qu'elle pensait être guérie du virus Emerson. Celui qui lui rendait les jambes molles et le coeur à l'envers. Léo lui demanda d'arrêter de ressasser le passé comme elle le faisait. Elle se contenta de hocher la tête docilement, une moue de tristesse camouflée dans son visage. Elle n'y pouvait rien, c'était de le revoir après toutes ses années qui avait déclenché à nouveau cette rancoeur qu'elle croyait disparue. Le photographe avait raison, le passé était le passé et en parler sans cesse ne le changerait pas. Il était ainsi parce qu'ils en avaient fait en sorte et aujourd'hui Blanche devait accepter de composer avec le livre qu'ils avaient déjà commencé à écrire. Les décisions qu'ils avaient chacun prises de leur côté, mais aussi celles mutuelles. Cette vision la transporta des années en arrière, avant même que toute cette histoire éclate. Le jour où elle avait appris, malgré elle, qu'elle portait la vie. Qu'un petit être s'était immiscé dans son ventre pour y bâtir son nid. Ce matin d'automne triste et froid, non pas dans l'atmosphère de la ville, mais plutôt dans son coeur, alors qu'elle devait choisir entre le garder ou s'en débarrasser. Léo et elle étaient si jeunes, ils avaient à peine vingt-ans, beaucoup trop immatures pour mettre au monde un enfant. Égoïstement, Blanche avait pris une décision seule, un choix qu'elle pensait judicieux et utile pour les deux partis. Elle choisissait de leur donner leur liberté, sans attache. Déjà là, sans même le savoir, elle avait compris que Léo ne la choisirait jamais. Et Blanche n'avait pas l'envie d'être une obligation dans la vie de l'homme. Parler de son fils lui avait toujours fait drôle après cette situation, une fois les années passées. C'est d'ailleurs surement l'une des raisons pour lesquelles Blanche n'abordait pas vraiment le sujet. Une part d'elle était triste, finalement, de ne pas avoir vécu cette aventure avec lui. Mais ce n'était pas une aventure idéale. Elle pouvait bien en convenir. Tu es le plus présent possible pour lui et c'est tout ce qui compte. Tu ne peux pas faire autrement en étant ici... Au moins Billie accepte qu'il voyage jusqu'ici, c'est déjà bien! Elle essayait de trouver sur positif dans son histoire complexe, même s'il était difficile d'en trouver. La situation n'était définitivement pas très heureuse et elle pouvait bien comprendre la peine de son ex, mais il avait choisi cette vie. Il aurait pu revenir à Bowen, y écrire son livre et être près de Jonah, mais il avait choisi de s'installer outre-mer, Cela faisait partie du jeu.
Elle s'était dépêchée de prendre la fuite, la belle blonde, effrayée par son alliance. Elle n'y pensait plus à son mariage, même s'il ne la croyait pas, mais de revoir cette bague autour de son doigt la ramena dans une vérité absolue. Peut-être qu'elle s'était remise dans ses pensées, peut-être qu'elle s'était encore créé de faux espoirs en le croisant ici, dans la ville qu'ils avaient toujours eu envie de visiter ensemble. Elle n'en savait rien, mais cette remise à niveau lui fit aussi mal qu'une balle en plein coeur. Je ne suis pas farouche, je me protège... S'enquit-elle alors qu'il tentait de la convaincre. Il était décidé à la ramener, fidèle à ses habitudes légendaires, mais Blanche voulait être le plus loin possible de lui et de l'attraction qu'il avait encore sur elle. Cette attraction qui finalement, après cinq ans, ne s'était pas vraiment perdue. Il attrapa sa main et un courant électrique parcourut le corps de la blonde. Elle ferma un instant les yeux, d'abord pour profiter de la sensation de chaleur qui l'envahit, mais ensuite pour cacher la tristesse qu'il y avait dans ses yeux alors qu'elle sentait à nouveau qu'elle l'avait perdu. J'aurais beau dire quoi que ce soit, tu ne me laisseras pas partir seule. Mais, je pense que c'est mieux si tu me laisses partir, Léo. Peut-être pas pour toi, mais pour moi. Je... Elle étouffa sa phrase et prit une pause avant de reprendre. J'ai pas envie de me faire encore du mal. J'en ai assez de souffrir.

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MessageSujet: Re: Être parisien, ce n’est pas être né à Paris, c’est y renaître + Léanche   Mer 29 Aoû 2018 - 20:07

S’il n’avait pas pensé à Blanche durant ces cinq années de silence, c’était pour la raison évidente qu’il aurait probablement craqué et cherché à la revoir. Parfois, dans la rue ou au supermarché, quand il apercevait une chevelure dorée qui ondulait, il avait le cœur qui ratait un battement, mais à chaque fois que jeune femme se retournait ce n’était pas elle, c’était une inconnue et tout espoir quittait le photographe. Il n’aurait su dire ce qu’il aurait fait, s’il l’avait croisé par hasard à Bowen avant qu’il ne quitte la ville, ce qu’il lui aurait dit, ce qu’il aurait fait. Cette rencontre aurait possiblement été gênante, pour tous les deux et puis, de toute façon, ce n’était jamais arrivé. La petite bourgade australienne n’était pourtant pas grande, c’était un tout petit monde où personne n’avait vraiment de secret pour les autres. Mais le hasard avait voulu que jamais plus ils ne se croisent et qu’ils attendent cinq années et un voyage à Paris, dans cette ville immense comparée à Bowen, pour se retrouver. C’était le moment idéal, loin de tout, Léo était apaisé depuis qu’il vivait ici, il était totalement disposé à renouer avec son passé. Même s’il ignorait à quel point celui-ci lui sauterait à à la poitrine pour empoigner son cœur et le presser comme un citron. Il ne se doutait pas non plus de la peine que ressentirait encore la jolie blonde qui n’avait visiblement rien oublié ni pardonné. Il ignorait encore tout ce qu’elle avait sur le cœur depuis des années et qu’elle n’avait jamais osé lui dire. Mais ses quelques piques lui laissaient imaginer tout ce qu’ils auraient à mettre à plat si d’aventure ils se revoyaient et s’il tentaient de reconstruire une relation quelle qu’elle soit. Il ne se rendait absolument pas compte qu’en lui parlant de son fils, Léo remuait des souvenirs qu’elle aurait voulu oublier, des sensations désagréables d’une vie avortée qu’elle avait sacrifié pour lui et son égoïsme démesuré. Elle avait raison, Blanche, il aurait été possible que son ex le prive totalement de son enfant, refusant qu’il voyage seule à l’autre bout du monde. Ce devait être un gros effort, pour une mère, que de laisser son fils prendre l’avion si jeune, si loin et pour si longtemps, sans qu’elle n’ait plus aucune prise sur lui. Elle devait lui accorder une totale confiance, au père qu’il était parce que toute responsabilité reposait sur ses seules épaules. Mais sur ce point là ils s’étaient toujours bien entendu, au fil du temps leurs conflits avaient finis par se tasser, le fait qu’elle ait trouvé un nouvel amour, Billie s’était adoucie envers Léo qui avait été si dur avec elle, un peu comme avec Blanche en vérité. Leurs rapports étaient meilleurs et puis elle savait qu’elle pouvait avoir une confiance aveugle en lui, s’agissant de son fils il était très responsable et mature, peut-être même trop protecteur. Oui j’ai beaucoup de chance je crois… Mais il voulait toujours plus, lui, l’éternel insatisfait. Il devait apprendre à faire avec ses choix et les conséquences qu’ils impliquaient.
Leur conversation fut bien vite écourtée quand Blanche pris ses jambes à son cou. Léo, toujours égal à lui-même, lorsqu’il la retrouva finalement, lui imposa sa présence et son aide, qu’elle le veuille ou non. Il était difficile dire non à un homme pareil qui savait parfois se montrer ferme mais avec toujours cette pointe de séduction, il était charmant et il savait qu’au fond Blanche ne résisterait pas bien longtemps. Ses mots, pourtant, lui firent l’effet d’un coup de poing, elle se protégeait. De lui. Et il comprenait parfaitement où elle voulait en venir. Même des années plus tard, même si tout avait été dit, ou presque, il restait toujours sa faiblesse et elle craignait qu’il en abuse, à nouveau, qu’il la brise comme il avait pu le faire. Et elle avait raison, il en était capable, il le savait bien. Il avait pourtant changé et pris conscience de ses défauts et de l’emprise malsaine qu’il avait eu sur elle. Il avait pris conscience de beaucoup de choses avec les années et l’âge faisait qu’il s’était assagit. Peut-être qu’il était différent sur certains points, peut-être que tout pourrait être différent entre eux. Mais au final il restait le même et elle également, ensemble ils faisaient des étincelles, ils étaient incapables de se quitter ou de se résister si d’aventure ils venaient à aller trop loin. Seulement la limite était si mince, si difficile à trouver, il s’en rendait compte, alors que, sa main dans la sienne, il se sentait revivre. Elle avait définitivement raison et il serait mauvais de continuer sur cette pente dangereuse alors qu’ils se retrouvaient à peine. L’australien, comprenant enfin qu’il commençait à dépasser les bornes, marcha en silence quelques mètres de plus. Puis s’arrêta. Face à Blanche il la fixa quelque secondes sans rien dire. Puis finit par sourire d’un sourire mélancolique. Tu es arrivée. Ce n’était vraiment pas loin. Il avait envie de passer sa main dans ses cheveux dorés mais il n’osait plus, tout geste affectif serait déplacé à ce moment là. Prends soin de toi, jolie Blanche. Et essaye de profiter de Paris. Tu es dans la plus belle ville du monde, ne l’oublie pas. Perds-toi, émerveille-toi, prends le temps de t’émouvoir et d’admirer. On se recroisera peut-être, qui sait. Hésitant une seconde, il s’approcha rapidement et l’embrassa furtivement sur la joue, avant de s’éloigner aussi rapidement qu’il était apparu. Il rentrait chez lui, à deux rues d’ici, il la laissait partir seule, comme elle le lui avait demandé. Ce jour-là il ne fut pas très productif dans l’écriture de son livre. Il préféra aller flâner dans le parc des Buttes-Chaumons, plein de vie, loin de sa solitude. Le soir il rejoignit quelques amis pour une soirée improvisée mais lui, d’habitude si bavard, ne fit qu’écouter les autres, à moitié dans ses pensées. Il passa quelques jours dans cet état un peu dans la lune, un peu perdu, repensant à Blanche et à tant d’autres chose qu’il avait tenté d’oublier en venant faire sa vie ici. Et puis son nouveau quotidien repris ses droits, il retrouva le plaisir d’écrire et de profiter de cette ville. Presque une semaine après ses retrouvailles avec son ex, Léo retourna dans son café préféré, pour prendre son petit déjeuner, comme à son habitude. Il lisait Le Monde sans se soucier de ce qu’il se passait autour de de lui quand il entendit une voix l’appeler.

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MessageSujet: Re: Être parisien, ce n’est pas être né à Paris, c’est y renaître + Léanche   Jeu 30 Aoû 2018 - 6:09

Il en voulait plus, Léo. Il avait toujours voulu avoir ce qu'il ne pouvait pas obtenir. Éternel insatisfait, il l'avait démontré à la belle blonde alors qu'il jouait au yo-yo avec son coeur et qu'il tentait de la garder près de lui alors que la vie cherchait à les séparer. Aujourd'hui, il en faisait de même avec son fils. Il avait une belle relation avec lui, cette chance que certains n'avaient pas dans sa situation, malgré la distance qui les séparait, mais il en voulait toujours plus. Blanche pouvait comprendre la réaction de l'homme. Elle aurait sans doute été pareille, elle aussi à en vouloir davantage. C'était un peu sa personnalité à elle aussi. Au cours des années elle l'avait démontré au barbu à force de souhaiter plus fort que nature d'être aimé par lui. C'était d'ailleurs en partie pour cette raison qu'elle lui avait caché son secret et qu'à ce jour il ne le savait pas encore. Elle lui avait caché la vérité parce qu'il voulait l'impossible et que, cet impossible, Blanche ne pouvait pas se le permettre. Accepter de garder cet enfant dans leur vie c'était d'accepter de toujours vivre sous l'emprise de l'homme, de toujours être lié à lui à cause de cet enfant. Et déjà à cette époque, sans même vraiment en être consciente, la blonde reconnaissait que leur futur amoureux n'existait pas réellement. Qu'il n'y avait pas de « nous » lorsqu'il était question d'eux. Mais ça, elle ne le savait pas. C'était son inconscient qui parlait. Parce qu'elle avait espéré toute sa vie être celle qui aurait la chance de partager avec lui, à son doigt, une alliance de promesse. Cette alliance qui venait tout chambouler de leurs retrouvailles. Qui venait la ramener sur terre. Peut-être qu'elle s'était fait des idées en le revoyant, charmeur comme il l'avait toujours été, comme chaque fois qu'elle le voyait. Parce qu'elle était incapable d'être autrement. Alors elle voulut le quitter, encore une fois, mais à ce jour il s'agissait d'une façon de protéger son coeur contre d'éventuelles déchirures. Son coeur qui ne supporterait pas une nouvelle déception concernant l'homme. Le retrouver, c'était bon, mais c'était aussi de se soumettre à la possibilité de souffrir à nouveau. De se briser en morceau comme leur destin l'entendait, parce qu'ils étaient commandés à agir ainsi. Charnels, ils avaient cette attraction qui était plus forte que tout, mais il y avait aussi cette tristesse des non-dits et des querelles du passé qui les guettait, prête à refaire surface. Peut-être qu'il avait changé, du moins elle l'espérait pour lui, pour lui donner un répit. En ce qui concernait la blonde, elle avait grandi. Elle était plus douce, moins explosive, plus en contrôle de ses émotions. À Bowen, du moins. Parce qu'en sa présence, l'ancienne Blanche revenait au galop. Elle revenait à la charge, ses sentiments menaçants de reprendre le dessus de son esprit. Léo avait agrippé sa main et le feu dans son ventre avait repris. Doucement, il brûlait juste assez pour qu'elle en soit déstabilisée. Et son coeur lui faisait mal à nouveau de se rendre compte que cet instant serait, cette fois, le dernier qu'ils auraient partagé. Une main l'une dans l'autre, silencieux, jusqu'à la demeure de ses grands-parents. Blanche voulait se protéger, éviter de souffrir et de devoir affronter une nouvelle fois sa perte. Mais sa main dans celle de l'homme était assez pour créer exactement ce qu'elle essayait d'éviter. Maintenant qu'ils étaient devant l'appartement de sa famille, elle ne voulait plus le quitter. Elle ne voulait plus lâcher cette main qui la tenait encore en vie. Son coeur criait de ne pas le laisser partir, de ne pas l'abandonner à nouveau, de rester avec elle jusqu'à demain matin, au moins, de passer vingt-quatre heures ensemble pour tenter d'apaiser le trou noir qui se créait dans son coeur quand elle pensait à leur séparation. Figée, elle ne pouvait rien faire d'autre que regarder sa main, les doigts entremêlés à ceux du photographe, le regard noyé. Il lui fit ses au revoir, des adieux qui ne plaisaient pas à la blonde. Merci de m'avoir raccompagné... Hésitant, son corps se pencha vers la blonde pour déposer sur sa joue un court, mais tendre baiser. Blanche ferma les yeux pour en profiter, souhaitant qu'il dure des minutes encore, mais Léo se détacha d'elle. Alors qu'il s'éloignait, elle prit la parole. Je ne t'en veux pas, Léo. Je ne t'en ai jamais voulu. Je te souhaite le plus beau des bonheurs... Puis elle le laissa partir, s'éloigner d'elle et la quitter pour ce qu'elle croyait être toujours. Cette nuit-là, Blanche n'avait pas bien dormi. Un peu sur le décalage horaire, elle vivait difficilement son arrivée à Paris, mais surtout ses retrouvailles amères qui l'avaient laissé, encore une fois, sans l'homme qu'elle avait toujours aimé. Elle pleura, beaucoup, jusqu'à tomber de fatigue sur son lit à peine défait. Les jours suivants, elle se trouvait dans le même état qu'elle était, cinq ans avant, alors qu'elle avait dû se détacher de lui. Elle tâcha de le cacher, parce que sa grand-mère était en forme pour un temps inconnu et qu'elle était ici pour profiter de leurs derniers instants, mais elle ne pouvait s'empêcher de voir le barbu dans sa tête. Comme un mirage. Un rêve inachevé. Puis les jours avaient passé, elle s'était finalement fait à l'idée qu'ils étaient mieux ainsi, séparés l'un de l'autre, elle qui devra, un jour, retourner à son quotidien Bowenien et modeste. Elle était ressortie, puis elle avait appris à lire la carte de Paris. De petites sorites, certes, mais elle s'était aventuré dans les rues. Elle ne se perdait presque plus et, lorsque cela arrivait, de son beau français, elle demandait à un passant de l'aider. Ils étaient pour la plupart gentils, charmés par son accent étranger, ses grands yeux bleus et sa fine taille. Aujourd'hui, près d'une semaine plus tard, elle prit la route déterminée à visiter Paris à nouveau, sans être interceptée par quoi que ce soit. Passant par le même chemin que la première fois, elle tomba à nouveau devant le café où elle avait apprécié le petit-déjeuné avec Léo. À la même table, dos à elle, une chevelure brune et ondulée comme elle connaissait trop bien y était installée. Elle s'approcha de lui, silencieusement, puis posa ses mains sur ses yeux. Devine qui c'est ? Prononça-t-elle d'un français presque sans accent. Elle le laissa enfin la découvrir, faisant le tour de la table pour lui faire face. C'est ton endroit favori ? Il me semble que l'on se croise qu'ici. Blanche gloussa avant de reprendre, le sourire niché à ses lèvres. Bon appétit, profite bien de ta journée. Puis elle se préparera à reprendre la route.

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MessageSujet: Re: Être parisien, ce n’est pas être né à Paris, c’est y renaître + Léanche   Mer 5 Sep 2018 - 13:48

D’aussi loin qu’il se souvenait, Léo avait toujours voulu plus, trop, ce qu’il pouvait avoir ou non. Ca avait commencé enfant, quand il en demandait toujours plus à ses parents, plus d’attention, plus d’amour, tout ce qu’ils n’étaient pas disposés à lui offrir, ils n’avaient pas le temps pour lui. Alors il s’était résigné et ne demandait plus que du matériel, des cadeaux, plus gros, plus chers et ils lui passaient tout. Peut-être que ça venait de là, de ce manque d’amour manifeste qu’il avait ressenti tout au long de son enfance et qu’il avait compensé comme il avait pu. Ou peut-être que c’était son caractère tout simplement. Adolescent il avait voulu les plus jolies filles, dans ses bras pour faire bien puis dans son lit pour se faire du bien. Adulte il voulait voir les plus belles choses sur terre tout en ayant ses proches qui acceptent ses absences et ses silences, il voulait le meilleur matériel photo et la voiture tendance tout en disant vouloir une vie simple loin du côté matériel. Ce n’était pas faux, chez lui tout été épuré, voir vide, il n’y avait jamais eu de télévision avant l’arrivée de son fils, ou il n’avait jamais eu le téléphone dernier cri, pourtant il avait son côté matérialiste, à sa façon. Et puis concernant les femmes c’était le summum, il voulait l’amour, de toutes ces demoiselles, sans forcément avoir à s’engager lui-même, il n’acceptait pas les refus, qui étaient plutôt rare, avouons-le. Il les voulait éprises, il avait ce besoin de se sentir aimé, comme un réflexe gardé de son enfance qui avait tant manqué de ce sentiment. Il avait alors toujours essayé de garder bon contact avec ses ex, parce qu’il ne supportait pas qu’on le détester d’être un mufle. Et Blanche était l’exemple parfait du jeu auquel il jouait sans vraiment s’en rendre compte, avec toutes. Il l’avait toujours gardé auprès de lui, la couvant d’un affection sincère mais qui n’avait pas grand chose à voir avec de l’amour, assez pour qu’elle ne l’oublie pas, jamais et qu’il puisse revenir vers elle quand il en avait envie. Pour qu’elle l’accueille à bras ouverts et qu’il se complaise le temps qu’il lui fallait dans cet amour qu’elle lui offrait volontiers, avant de repartir, toujours. Cet enfant, s’il avait su, peut-être aurait-il changé toute la donne, peut-être aurait-il permis qu’il s’assagisse plus vite et qu’il prenne le temps de regarder la jolie blonde avec des yeux neufs, peut-être aurait-il eu ce déclic qu’il avait eu furtivement quelques années plus tard. Peut-être qu’aujourd’hui ils formeraient une jolie famille et dans le tableau il n’aurait jamais rencontré Anna, Billie, ou Grace, les autres femmes de sa vie. C’était beaucoup de suppositions qui resteraient à jamais en suspens, parce qu’il ne savait pas, il n’avait jamais su et qu’il ne le saurait probablement jamais. A nouveau aujourd’hui, bien des années plus tard, Léo abandonnait Blanche, mais cette fois à regret, conscient de tout ce qu’elle ressentait pour lui et qui semblait vouloir ressortir, tout ce que son cœur à lui semblait vouloir crier également, mais qu’il refusait d’entendre. Il s’éloigna, avant qu’elle ne le retienne, parce qu’il sentait qu’elle allait le faire et que si elle prenait la parole il ne pourrait pas résister à l’envie de s’attarder encore. Mais il n’était plus ce gamin qui voulait tout, égoïste et inconscient, il se voulait plus réfléchi, plus adulte, il ne jouait plus avec les sentiments des filles depuis bien longtemps, surtout pas les siens. Il lui fit ses aux revoir, qui sonnaient comme des adieux même si cette idée le déchirait. Et quand il se retourna, dans son dos il entendit les dernières paroles de Blanche. Elle ne savait pas, il ne lui avait pas dit qu’aucun bonheur ne l’attendait au bout de sa route, que son appartement était vide autant que son cœur. C’était probablement mieux ainsi, qu’elle le pense heureux, c’était plus simple pour tous les deux. Puis en vérité ce serait beaucoup dire que d’affirmer que Léo était malheureux, ici à Paris, il avait fait ce choix de vie, il ne le regrettait pas et il en profitait tous les jours. Seulement les vieilles habitudes avaient la vie dure et les vieux souvenirs étaient plus difficile à oublier que ce qu’il pensait. Il n’avait pas fallu longtemps, une courte rencontre, pour que toute la vie de l’australien exilé soit chamboulée par des sentiments oubliés, par un parfum qu’il aurait reconnu entre mille et un sourire qui réchauffait tout son être. Il se sentait stupide d’autant plus que ce sentiment perdura durant de longues journées, hantant ses nuits également, jusqu’à ce qu’il se fasse une raison, espérant au fond de lui qu’ils se recroisent au hasard de leur vie parisienne ou bien qu’elle reparte rapidement, pour ne plus jamais la voir et faire taire son palpitant qu’il s’emballait un peu trop quand il pensait à elle. Ce matin, attablé à sa terrasse favorite, comme un vieux garçon qui avait ses habitudes, Léo lisait les nouvelles du monde, d’humeur légère. Et puis ce fut le noir complet. Et puis cette voix. Qui lui arracha un sourire franc et plein d’un soulagement auquel lui-même ne s’attendait pas. Il la laissa venir lui faire face et l’observa un instant silencieusement, le sourire toujours aux lèvres et l’oeil espiègle. Ce n’est toujours que la deuxième fois qu’on se croise. Ils ont un bon café et des croissants frais tous les matins. Ca et la serveuse adorable qui me sourit toujours quand j’arrive, c’est suffisant pour en faire ma cantine matinale. Emerson, fidèle à lui-même, qui ne résistait jamais à un joli minois féminin, même s'il était loin d'une démarche de séduction envers la jeune serveuse. Aussi vite Blanche était-elle arrivée, aussi vite elle voulait repartir, Léo, sortant de sa rêverie, se leva d’un bond et attrapa son bras. Attends ! Tu… tu as prévu quelque chose de ta journée ? Cette fois-ci ce fut elle qui l’avait abordé, consciemment, alors il n’allait pas la laisser filer si facilement. Bien qu’il ne sache pas où cette question allait l’emmener, il improviserait.

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Être parisien, ce n’est pas être né à Paris, c’est y renaître + Léanche
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